« CHANSONS ENFANTINES ET COMPTINES TRADITIONNELLES FRANCAISES »


« CHANSONS ENFANTINES ET COMPTINES TRADITIONNELLES FRANÇAISES »

Tirées des cahiers de leçons de Mlle Charlotte Sibi

Projet à l’usage des enfants, parents, instituteurs et professeurs

Partenariat : Institutul European – Ass. Charlotte Sibi – CCF Iasi

Premier temps : sur la base des cahiers de cours rédigés par Charlotte Sibi, plus d’une centaine de chansons… seront répertoriées, sélectionnées et copiées.

Deuxième temps : les textes seront remis aux professeurs partenaires du projets afin qu’ils choisissent ceux avec lesquels ils désirent participer au projet.

Troisième temps : les professeurs apprennent les chansons choisies à leur classes, éventuellement élaborent des exercices simples/commentaires et font illustrer les chansons par les élèves participant ainsi à un concours de dessins.

Quatrième temps : réception des exercices/commentaires des professeurs et des dessins des élèves.

Cinquième temps : publication des chansons illustrées par les élèves et commentés par les professeurs

Sixième temps: lancement/mini-concert au CCF/ récompenses des gagnants du concours de dessin

A partir de la richesse du patrimoine culturel français, qui comprend notamment ces chansons, comptines, fables et poésies qui ont bercé son enfance, Charlotte Sibi a construit un des fondements de sa pédagogie particulièrement destinée aux enfants. Née à Iasi en 1901, Charlotte Sibi n’a vécue que deux année en France entre 1917 et 1919 lorsqu’elle était déjà une jeune fille. Toute cette tradition de chansons et poésies enfantines lui à donc était transmise, d’abord oralement, par son père Joseph, français né près de Paris en 1870 et établi à Iasi au début des années 1890. Ce patrimoine est donc bien antérieur au 20ème siècle et c’est en cela aussi qu’il a une valeur culturelle historique et précieuse. Charlotte Sibi l’a fait vivre loin de la France jusqu’en mai 1989 au plus grand bénéfice des centaines d’enfants qui ont été ses élèves. C’est pour poursuivre son travail en faveur de la langue française auprès des plus petits et aussi pour lui rendre hommage que nous avons décidé de publier ces chansons, comptines, fables et poésies qui seront des plus utiles aux professeurs d’aujourd’hui comme ils l’ont été à Charlotte Sibi hier…

L’enfant est entouré de chansons depuis sa naissance, des berceuses qu’on lui fredonne pour l’endormir aux comptines servant à régler le tirage au sort des jeux. Il y a les chansons qu’on lui chante pour des raisons affectives, pratique ou pédagogique, et celles qu’il chante lui-même pour se distraire ou communiquer avec ses camarades.
Au-delà de leur vocation ludique, les chansons participent pleinement à l’éducation de l’enfant, et leur grand pouvoir de mémorisation l’aide à retenir les chiffres, les lettres de l’alphabet, les noms des jours de la semaine, l’ordre des mois… D’autres moins ouvertement didactiques l’aident néanmoins à développer sa fantaisie et son imagination à moins qu’elle ne le poussent à faire travailler sa mémoire en l’entraînant dans des récapitulation à perdre haleine.
D’autres encore – surtout parmi celles que lui chantent les adultes, qui sont généralement plus longues et d’une construction plus élaborée que celle de son propre répertoire – lui content des histoires ou des légendes qui le feront rêver et constitueront la base d’un enseignement oral plus tard relayé par l’écrit.
Enfin, il ne faut pas non plus négliger le fait que, sous un aspect le plus souvent anodin, ludique et peu contraignant, les chansons inculquent à l’enfant l’essentiel des valeurs et des interdits qui règleront ses relations avec le monde…
Ainsi, pour de multiples raisons, la chanson joue-t-elle un rôle de toute première importance dans le développement, l’équilibre et l’apprentissage de l’enfant.

CHANSONS ET COMPTINES TRADITIONNELLES FRANCAISES (ordre alph)

Ah ! Vous dirai-je maman

Ah ! Vous dirai-je maman,
Ce qui cause mon tourment ?
Papa veut que je raisonne
Comme une grande personne.
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que la raison.

Ah ! Mon beau château !

Première ronde :
Ah ! Mon beau château !
Ma tant’, tire, lire, lire ;
Ah ! Mon beau château !
Ma tant’, tire, lire, lo.

Deuxième ronde :
Le nôtre est plus beau,
Ma tant’, tire, lire, lire ;
Le nôtre est plus beau,
Ma tant’, tire, lire, lo.

Première ronde :
Nous le détruirons,
Ma tant’, tire, lire, lire ;
Nous le détruirons,
Ma tant’, tire, lire, lo.

Deuxième ronde :
Comment ferez-vous ?
Ma tant’, tire, lire, lire ;
Comment ferez-vous ?
Ma tant’, tire, lire, lo.

Première ronde :
Nous enlèverons une pierre
Ma tant’, tire, lire, lire ;
Nous enlèverons une pierre,
Ma tant’, tire, lire, lo.

Deuxième ronde :
Une pierre ne suffit pas,
Ma tant’, tire, lire, lire ;
Une pierre ne suffit pas,
Ma tant’, tire, lire, lo.

Première ronde :
Nous enlèverons deux pierres…

Ainsi font, font, font

Ainsi font, font, font
Les petites marionnettes.
Ainsi font, font, font,
Trois p’tits tours
Et puis s’en vont !

Les poings à côté,
Les petites marionnettes.
Les poings à côté,
Marionnett’s, sautez, sautez !

Faites la claquette,
Les petites marionnettes.
Faites la claquette,
Marionnett’s, frappez, frappez

À la claire fontaine

M’en allant promener
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je m’y suis baigné

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Sous les feuilles d’un chêne,
Je me suis fait sécher.
Sur la plus haute branche,
Un rossignol chantait.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Chante, rossignol, chante,
Toi qui as le cœur gai.
Tu as le cœur à rire…
Moi je l’ai à pleurer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

J’ai perdu mon amie
Sans l’avoir mérité.
Pour un bouquet de roses
Que je lui refusai…

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai

Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que ma douce amie,
Fut encore à m’aimer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai


A La Pèche Aux Moules

A la pêche aux moules, moules, moules
Je n’veux plus aller, maman
Les gens de la ville, ville, ville
M’ont prit mon panier, maman,
Les gens de la ville, ville, ville
M’ont prit mon panier, maman.

A la volette
Mon petit oiseau
A pris sa volée
Mon petit oiseau
A pris sa volée
A pris sa, à la volette
A pris sa, à la volette
A pris sa volée.

Est allé se mettre
Sur un oranger
Est allé se mettre
Sur un oranger
Sur un o, à la volette,
Sur un o, à la volette,
Sur un oranger.

La branche était sèche,
Elle s’est cassée
La branche était sèche,
Elle s’est cassée
Elle s’est, à la volette
Elle s’est, à la volette
Elle s’est cassée.

Mon petit oiseau,
Où t’es-tu blessé ?
Mon petit oiseau,
Où t’es-tu blessé ?
Où t’es-tu, à la volette
Où t’es-tu, à la volette
Où t’es-tu blessé ?

Me suis cassé l’aile
Et tordu le pied
Me suis cassé l’aile
Et tordu le pied
Et tordu, à la volette
Et tordu, à la volette
Et tordu le pied.

Mon petit oiseau,
veux-tu te soigner ?
Mon petit oiseau,
veux-tu te soigner ?
Veux-tu te, à la volette
Veux-tu te, à la volette
Veux-tu te soigner ?

Je veux me soigner
Et me marier
Je veux me soigner
Et me marier
Et me ma, à la volette
Et me ma, à la volette
Et me marier.

Me marier bien vite
Sur un oranger
Me marier bien vite
Sur un oranger
Sur un o, à la volette
Sur un o, à la volette
Sur un oranger.

Alouette
Alouette, gentille Alouette
Alouette, je te plumerai.
Je te plumerai la tête,
Je te plumerai la tête,
Et la tête, et la tête,
Alouette, Alouette, Aaaah…
Alouette, gentille Alouette,
Alouette, je te plumerai.
Alouette, gentille Alouette,
Alouette, je te plumerai.
Je te plumerai le bec,
Je te plumerai le bec,
Et le bec, et le bec,
Et la tête, et la tête,
Alouette, Alouette, Aaaah…
Alouette, gentille Alouette,
Alouette, je te plumerai.
et le nez… et le dos… et les jambes…
et les pieds… et les pattes… et le cou.

L’alouette est sur la branche
L’alouette est sur la branche
l’alouette est sur la branche
Faites un petit saut
l’alouette, l’alouette
Faites un petit saut
l’alouette comme il faut

Mettez vos bras en liance
Mettez vos bras en liance
Faites un petit saut
l’alouette, l’alouette
Faites un petit saut
l’alouette comme il faut

Faites nous trois pas de danse
Faites nous trois pas de danse
Faites un petit saut
l’alouette, l’alouette
Faites un petit saut
l’alouette comme il faut

Faites-nous la révérence
Faites-nous la révérence
Faites un petit saut
l’alouette, l’alouette
Faites un petit saut
l’alouette comme il faut

Au clair de la lune
Au clair de la lune, mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume, pour écrire un mot. (*)
Ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu.
Ouvre-moi ta porte, pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune, Pierrot répondit :
« Je n’ai pas de plume, je suis dans mon lit.
Va chez la voisine, je crois qu’elle y est,
Car dans sa cuisine, on bat le briquet. »

Au clair de la lune, s’en fut Arlequin
Frapper chez la brune. Elle répond soudain :
« Qui frappe de la sorte ? Il dit à son tour :
— Ouvrez votre porte, pour le Dieu d’Amour ! »

Au clair de la lune, on n’y voit qu’un peu.
On chercha la plume, on chercha du feu.
En cherchant d’la sorte, je n’sais c’qu’on trouva.
Mais je sais qu’la porte sur eux se ferma.
Musique généralement attribuée à Jean-Baptiste Lully (1632-1687)

Au feu les pompiers
Au feu, les pompiers,
Y a la maison qui brûle !
Au feu, les pompiers,
V’là la maison brûlée !

C’est pas moi qui l’ai brûlée,
C’est la cuisinière,
C’est pas moi qui l’ai brûlée,
C’est le cuisinier.

Au feu, les pompiers,
Y a la maison qui brûle !
Au feu, les pompiers,
V’là la maison brûlée !

Auprès de ma blonde (Dans le jardin de mon père)
Au jardin de mon père
Les lilas sont fleuris (bis)
Tous les oiseaux du monde
Y viennent faire leur nid

Refrain : Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon, fait bon, fait bon
Auprès de ma blonde
Qu’il fait bon dormir

La caille, la tourterelle
Et la jolie perdrix (bis)
Et ma jolie colombe,
Qui chante jour et nuit

Refrain

Qui chante pour les filles
Qui n’ont pas de mari (bis)
Pour moi ne chante guère
Car j’en ai un joli

Refrain

Dites-nous donc la belle
Où est votre mari ? (bis)
Il est dans la Hollande
Les Hollandais l’ont pris

Refrain

Que donneriez-vous, belle,
Pour ravoir votre mari ? (bis)
Je donnerai Versailles,
Paris et Saint-Denis

Refrain

Les tours de Notre-Dame,
Le clocher d’mon pays (bis)
Et ma jolie colombe
Qui chante jour et nuit

Refrain

Aux marches du palais
Aux marches du palais
Y a une tant belle fille, Lonla
Y a une tant belle fille

Elle a tant d’amoureux
Elle a tant d’amoureux
Qu’elle ne sait lequel prendre, Lonla
Qu’elle ne sait lequel prendre

C’est un p’tit cordonnier
C’est un p’tit cordonnier
Qu’a eu la préférence, Lonla
Qu’a eu la préférence

Et c’est en la chaussant
Et c’est en la chaussant
Qu’il fit sa confidence, Lonla
Qu’il fit sa confidence

La belle si tu voulais
La belle si tu voulais
Nous dormirions ensemble, Lonla
Nous dormirions ensemble

Dans un grand lit carré
Dans un grand lit carré
Orné de toile blanche, Lonla
Orné de toile blanche

Aux quatre coins du lit
Aux quatre coins du lit
Un bouquet de pervenches, Lonla
Un bouquet de pervenches

Dans le mitan du lit
Dans le mitan du lit
La rivière est profonde, Lonla
La rivière est profonde

Tous les chevaux du Roi
Tous les chevaux du Roi
Pourraient y boire ensemble, Lonla
Pourraient y boire ensemble

Et nous y dormirions
Et nous y dormirions
Jusqu’à la fin du monde, Lonla
Jusqu’à la fin du monde

Le bon roi Dagobert
Le bon roi Dagobert
Avait sa culotte à l’envers.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Votre Majesté
Est mal culottée.
C’est vrai, lui dit le roi,
Je vais la remettre à l’endroit. »

Le bon roi Dagobert
Chassait dans la plaine d’Anvers.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Votre Majesté
Est bien essoufflée.
C’est vrai, lui dit le roi,
Un lapin courait après moi. »

Le bon roi Dagobert
Voulait s’embarquer sur la mer.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Votre Majesté
Se fera noyer.
C’est vrai, lui dit le roi,
On pourra crier : le roi boit ! »

Le bon roi Dagobert
Mangeait en glouton du dessert.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Vous êtes gourmand,
Ne mangez pas tant.
C’est vrai, lui dit le roi,
Je ne le suis pas tant que toi. »

Le bon roi Dagobert
Avait un grand sabre de fer.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Votre Majesté
Pourrait se blesser.
C’est vrai, lui dit le roi,
Qu’on me donne un sabre de bois. »

Le bon roi Dagobert
Se battait à tort, à travers.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Votre Majesté
Se fera tuer.
C’est vrai, lui dit le roi,
Alors, mets-toi bien vite devant moi. »

Quand Dagobert mourut,
Le diable aussitôt accourut.
Le grand saint Éloi
Lui dit : « Ô mon roi !
Satan va passer,
Faut vous confesser.
Hélas ! lui dit le roi,
Ne pourrais-tu mourir pour moi ? »

Cadet Rousselle
Cadet Rousselle a trois maisons, (bis)
Qui n’ont ni poutres, ni chevrons, (bis)
C’est pour loger les hirondelles,
Que direz-vous d’Cadet Rousselle ?
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois habits, (bis)
Deux jaunes, l’autre en papier gris, (bis)
Il met celui-ci quand il gèle,
Ou quand il pleut, ou quand il grêle…
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois chapeaux, (bis)
Les deux ronds ne sont pas très beaux… (bis)
Et le troisième est à deux cornes,
De sa tête, il a pris la forme…
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois souliers, (bis)
Il en met deux dans ses deux pieds ; (bis)
Le troisième n’a pas de semelle,
Il s’en sert pour chausser sa belle…
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois cheveux, (bis)
Deux pour la face, un pour la queue, (bis)
Et quand il va voir sa maîtresse,
Il les met tous les trois en tresse.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois gros chiens, (bis)
L’un court au lièvre, l’autre au lapin ; (bis)
Le troisième fuit quand on l’appelle,
Tout comme le chien d’Jean de Nivelle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois beaux chats, (bis)
Qui n’attrapent jamais les rats ; (bis)
Le troisième n’a pas de prunelle,
Il monte au grenier sans chandelle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois garçons, (bis)
L’un est voleur, l’autre est fripon ; (bis)
Le troisième est un peu ficelle,
Il ressemble à Jean de Nivelle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a marié (bis)
Ses trois filles dans trois quartiers ; (bis)
Les deux premières sont moins que belles,
La troisième n’a pas de cervelle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois deniers, (bis)
C’est pour payer ses créanciers ; (bis)
Quand il a montré ses ressources,
Il les resserre dans sa bourse.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle ne mourra pas, (bis)
Car avant de sauter le pas, (bis)
On dit qu’il apprend l’orthographe,
Pour faire lui même son épitaphe
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !
Gaspard de Chenu

C’est la Mère Michel (voir La Mère Michel)

C’était Anne de Bretagne

C’était Anne de Bretagne, duchesse en sabots, (bis)
Revenant de ses domaines, en sabots, mirlitontaine.
Ah ! Ah ! Ah ! Vive les sabots de bois ! (bis)
Revenant de ses domaines, avec des sabots, (bis)
Entourée de châtelaines, en sabots, mirlitontaine.
Ah ! Ah ! Ah ! Vive les sabots de bois !
Voilà qu’aux portes de Rennes, duchesse en sabots, (bis)
Rencontra trois capitaines, en sabots, mirlitontaine.
Ah ! Ah ! Ah ! Vive les sabots de bois ! (bis)
L’on vit trois beaux capitaines, avec des sabots, (bis)

Tenant un bouquet de verveine, duchesse en sabots, (bis)
« S’il fleurit, tu seras reine », en sabots, mirlitontaine.
Ah ! Ah ! Ah ! Vive les sabots de bois ! (bis)
Elle a fleurit la verveine, en sabots, duchesse en sabot (bis)
Anne de Bretagne fut reine, en sabots, mirlitontaine.
Ah ! Ah ! Ah ! Vive les sabots de bois ! (bis)
Anne de France fut reine, duchesse en sabots, (bis)
Les Bretons sont dans la peine, en sabots, mirlitontaine
Les Bretons sont dans la peine, ont perdu leur souveraine
Ah ! Ah ! Ah ! Vive les sabots de bois ! (bis)

Colchique dans les prés

Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent,
Colchiques dans les prés : c’est la fin de l’été.

La feuille d’automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant.

Châtaignes dans les bois se fendent, se fendent,
Châtaignes dans les bois se fendent sous les pas.

La feuille d’automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant.

Nuages dans le ciel s’étirent, s’étirent,
Nuages dans le ciel s’étirent comme une aile.

La feuille d’automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant.

Et ce chant dans mon coeur murmure, murmure,
Et ce chant dans mon coeur appelle le bonheur.

La feuille d’automne emportée par le vent
En ronde monotone tombe en tourbillonnant.

Compagnons de la Marjolaine (XVIIème siècle)
Qu’est-c’ qui passe ici si tard,
Compagnons de la Marjolaine,
Qu’est-c’ qui passe ici si tard,
Gai, gai, dessus le quai ?
C’est le chevalier du guet,
Compagnons de la Marjolaine,
C’est le chevalier du guet,
Gai, gai, dessus le quai.
Que demande le chevalier,
Compagnons de la Marjolaine,
Que demande le chevalier,
Gai, gai, dessus le quai ?
Une fille à marier,
Compagnons de la Marjolaine,
Une fille à marier,
Gai, gai, dessus le quai.
Sur la minuit repassez,
Compagnons de la Marjolaine,
Sur la minuit repassez,
Gai, gai, dessus le quai.
Voilà la minuit passée,
Compagnons de la Marjolaine,
Voilà la minuit passée,
Gai, gai, dessus le quai.
Qu’est-c’ que vous me donnerez,
Compagnons de la Marjolaine,
Qu’est-c’ que vous me donnerez,
Gai, gai, dessus le quai ?
De l’or, des bijoux assez,
Compagnons de la Marjolaine,
De l’or, des bijoux assez,
Gai, gai, dessus le quai.
Je n’suis pas intéressée,
Compagnons de la Marjolaine,
Je n’suis pas intéressée,
Gai, gai, dessus le quai.
Mon coeur je vous donnerai,
Compagnons de la Marjolaine,
Mon coeur je vous donnerai,
Gai, gai, dessus le quai.

Compère Guilleri
Il était un petit homme
Qui s’appelait Guilleri, Carabi
Il s’en fut à la chasse
A la chasse aux perdrix, Carabi

Refrain
Titi Carabi, Toto Carabo
Compère Guilleri
Te laisseras-tu, te laisseras-tu
Te laisseras-tu mouri’ ?

Il s’en fut à la chasse
A la chasse aux perdrix, Carabi
Il monta sur un arbre
Pour voir ses chiens couri’, Carabi

Refrain

Il monta sur un arbre pour voir
Ses chiens couri’, Carabi
La branche vint à rompre
Et Guilleri tombit, Carabi

Refrain

La branche vint à rompre
Et Guilleri tombit, Carabi
Il se cassa la jambe
Et le bras se démit, Carabi

Refrain

Il se cassa la jambe
Et le bras se démit, Carabi
Les dames de l’Hôpital
Sont accourues au bruit, Carabi

Refrain

Les dames de l’Hôpital
Sont accourues au bruit, Carabi
L’une apporte un emplâtre
L’autre de la charpie, Carabi

Refrain

L’une apporte un emplâtre
L’autre de la charpie, Carabi
On lui banda la jambe
Et le bras lui remit, Carabi

Refrain

On lui banda la jambe
Et le bras lui remit, Carabi
Pour remercier ces dames
Guilleri les embrassit, Carabi

Refrain

Le coq est mort
Le coq est mort, le coq est mort,
Le coq est mort, le coq est mort,
Il ne dira plus : cocodi, cocoda !
Il ne dira plus : cocodi, cocoda !
Il ne dira plus : cocodi, cocoda !

Cot ! Cot ! Cot !
Cot ! cot ! cot ! qu’avez-vous vu
La poule a pondu
Cot, cot, cot ! qu’est-il arivé ?
La poule a couvé
Cot, cot, cot ! qu-y at-il de neuf ?
Un poulet dans l’œuf
Il brise la coque
Bonjour petit coq !

Dame tartine
Il était une Dame Tartine
Dans un beau palais de beurre frais.
Les murailles étaient de praline,
Le parquet était de croquets,
Sa chambre à coucher
Etait d’échaudés
Son lit de biscuits
C’est fort bon la nuit.

Quand elle s’en allait à la ville,
Elle avait un petit bonnet
Les rubans étaient de pastille,
Le fond était de raisiné.
Sa petite carriole,
Etait d’croquignole.
Ses petits chevaux,
Etaient de patés chauds.

Elle épousa Monsieur Gimblette
Coiffé d’un beau fromage blanc.
Son chapeau était de galette
Son habit était de vol-au-vent,
Culotte en nougat,
Gilet d’chocolat,
Bas de caramel
Et souliers de miel.

Leur fille, la belle Charlotte,
Avait un nez de massepain,
De superbes dents de compote,
Des oreilles de craquelin.
Je la vois garnir
Sa robe de plaisirs
Avec un rouleau
De pâte d’abricot.

Le puissant prince Limonade
Bien frisé, vient lui faire sa cour
Ses longs cheveux de marmelade
Ornés de pomme cuites au four
Son royal bandeau
De petits gâteaux
Et de raisins secs
Portait au respect

On frémit en voyant sa garde
De câpres et de cornichons
Armés de fusils de moutarde
Et de sabres en pelures d’oignons
Sur de belles brioches
Charlotte vient s’asseoir
Les bonbons d’ses poches
Sortent jusqu’au soir

Voici que la fée Carabosse,
Jalouse et de mauvaise humeur,
Renversa d’un coup de sa bosse
Le palais sucré du bonheur
Pour le rebâtir,
Donnez à loisir,
Donnez, bons parents,
Du sucre aux enfants.

Dans la forêt lointaine
Dans la forêt lointaine
On entend le coucou
Du haut de son grand chêne
Il répond au hibou
Coucou, coucou, coucou,
Hibou, coucou.
Dans les prisons de Nantes
Dans les prisons de Nantes
Y’avait un prisonnier (bis)
Que personne ne va voir
Que la fille du geôlier
La la la lalalère, La la la lalala !

Que personne ne va voir
Que la fille du geôlier (bis)
Va lui porter à boire
A boire et à manger
La la la lalalère, La la la lalala !

Va lui porter à boire
A boire et à manger (bis)
On dit par toute la ville
Que demain vous mourrez
La la la lalalère, La la la lalala !

On dit par toute la ville
Que demain vous mourrez (bis)
Las! Si demain je meurs
Déliez moi les pieds.
La la la lalalère, La la la lalala !

Las ! Si demain je meurs
Déliez moi les pieds. (bis)
Toutes les cloches de Nantes
Se mirent à sonner
La la la lalalère, La la la lalala !

Toutes les cloches de Nantes
Se mirent à sonner (bis)
Le fillette était jeune
Elle se mit à pleurer
La la la lalalère, La la la lalala !

Le fillette était jeune
Elle se mit à pleurer (bis)
Le prisonnier alerte
Dans la Loire a sauté
La la la lalalère, La la la lalala !

Le prisonnier alerte
Dans la Loire a sauté (bis)
Vivent les filles de Nantes
Et tous les prisonniers
La la la lalalère, La la la lalala !

Dansons la capucine
Dansons la capucine
Y’a plus de pain chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
You !

Dansons la capucine
Y’a pas de vin chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
You !

Dansons la capucine
Y’a pas de feu chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
You !

Dansons la capucine
Y’a du plaisir chez nous
On pleure chez la voisine
On rit toujours chez nous
You !

Dodo, l’enfant do !

Do, do, l’enfant do,
L’enfant dormira bien vite.
Do, do, l’enfant do,
L’enfant dormira bientôt.

En passant par la Lorraine
En passant par la Lorraine avec mes sabots (bis)
Rencontrais trois capitaines, avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Rencontrais trois capitaines avec mes sabots (bis)
Ils m’ont appelée « Vilaine », avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Ils m’ont appelée « Vilaine », avec mes sabots (bis)
Je ne suis pas si vilaine, avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Je ne suis pas si vilaine, avec mes sabots (bis)
Puisque le fils du roi m’aime, avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Puisque le fils du roi m’aime avec mes sabots (bis)
Il m’a donné pour étrenne avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Il m’a donné pour étrenne avec mes sabots (bis)
Un bouquet de marjolaine avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Un bouquet de marjolaine avec mes sabots (bis)
Je l’ai planté dans la plaine avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Je l’ai planté dans la plaine avec mes sabots (bis)
S’il fleurit je serai reine avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

S’il fleurit je serai reine avec mes sabots (bis)
S’il y meurt, je perds ma peine avec mes sabots dondaine
Oh, oh, oh ! avec mes sabots

Fais dodo, Colas mon p’tit frère (XVIIIème siècle)
Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Fais dodo, t’auras du lolo

Maman est en haut
Qui fait du gâteau
Papa est en bas
Qui fait du chocolat

Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Fais dodo, t’auras du lolo

Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Fais dodo, t’auras du lolo

Ta sœur est en haut
Qui fait des chapeaux
Ton frère est en bas
Qui fait des nougats

Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Fais dodo, t’auras du lolo

Ton cousin Gaston
Fait des gros bonbons

Ta cousine Charlotte
Fait de la compote

Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Fais dodo, t’auras du lolo

Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Fais dodo, t’auras du lolo

Frère Jacques (XVIIème siècle)

Frère Jacques, frère Jacques
Dormez-vous, dormez-vous?
Sonnez-les matines, sonnez-les matines
Dig, ding, dong, dig, ding, dong.

Le furet (XVIIème siècle)
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.
Il est passé par ici
Le furet du bois, mesdames
Il est passé par ici
Le furet du bois joli.
Refrain :
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.
Il repassera par là
Le furet du bois, mesdames
Devinez s’il est ici
le furet du bois joli.
Refrain :
Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.
Le furet est bien caché
Le furet du bois, mesdames,
Pourras-tu le retrouver ?
Le furet du bois joli.

Gentil coquelicot
J’ai descendu dans mon jardin (bis)
Pour y cueillir du romarin.
Gentil coquelicot, Mesdames,
Gentil coquelicot, nouveau.

J’n’en avais pas cueilli trois brins (bis)
Qu’un rossignol vint sur ma main
Gentil coquelicot, Mesdames,
Gentil coquelicot, nouveau.

Qu’un rossignol vint sur ma main (bis)
Il me dit trois mots en latin
Gentil coquelicot, Mesdames,
Gentil coquelicot, nouveau.

Il me dit trois mots en latin (bis)
Que les hommes ne valent rien
Gentil coquelicot, Mesdames,
Gentil coquelicot, nouveau.

Que les hommes ne valent rien (bis)
Et les garçons encore bien moins !
Gentil coquelicot, Mesdames,
Gentil coquelicot, nouveau.

Et les garçons encore bien moins !
Des dames, il ne me dit rien
Mais des d’moiselles beaucoup de bien
Gentil coquelicot, Mesdames,
Gentil coquelicot, nouveau.

Le Grand Cerf

Dans la foret un grand cerf
Regardait par la fenetre
Un lapin venir a lui
Et lui dire ceci :
Cerf cerf ouvre moi
Ou le chasseur me tuera
Lapin lapin entre et vient
Me serrer la main

Et le chasseur s’en alla
Le cerf lui fit un diner
Carottes et navets
Cerf cerf grand merci
Tu es mon meilleurs ami
Et le lapin rejoui
S’en alla chez lui.

Il était un petit navire
Il était un petit navire (bis)
Qui n’avait ja-ja-jamais navigué (bis) Ohé, Ohé

Il partit pour un long voyage (bis)
Sur la mer Mé-Mé-Méditerrannée (bis) Ohé, Ohé

Au bout de cinq à six semaines, (bis)
Les vivres vin-vin-vinrent à manquer (bis) Ohé, Ohé

On tira à la courte paille (bis)
Pour savoir qui qui qui serait mangé (bis) Ohé, Ohé

Le sort tomba sur le plus jeune (bis)
C’est donc lui qui qui qui sera mangé (bis) Ohé, Ohé

Mais aussitôt un grand miracle (bis)
Pour l’enfant fut fut fut réalisé (bis) Ohé, Ohé

Des petits poissons dans le navire (bis)
Sautèrent par par par milliers (bis) Ohé, Ohé

On les prit on les mit à frire (bis)
Le jeune mousse mousse mousse fut sauvé (bis) Ohé, Ohé

Il était une bergère
Il était une bergère
Et ron et ron petit patapon
Il était une bergère
Qui gardait ses moutons,
Ron, ron, qui gardait ses moutons

Elle fit un fromage,
Et ron et ron petit patapon
Elle fit un fromage
Du lait de ses moutons
Ron, ron, du lait de ses moutons

Le chat qui la regarde,
Et ron et ron petit patapon
Le chat qui la regarde
D’un petit air fripon
Ron, ron, d’un petit air fripon

Si tu y mets la patte
Et ron et ron petit patapon
Si tu y mets la patte
Tu auras du bâton
Ron, ron, tu auras du bâton

Il n’y mit pas la patte
Et ron et ron petit patapon
Il n’y mit pas la patte
Il y mit le menton
Ron, ron, il y mit le menton

La bergère en colère
Et ron et ron petit patapon
La bergère en colère
Tua le p’tit chaton
Ron, ron, tua le p’tit chaton.

Elle fut à confesse
Et ron et ron petit patapon
Elle fut à confesse
Obtenir son pardon
Ron, ron, obtenir son pardon.

Il pleut, il pleut bergère
Il pleut, il pleut bergère
Rentre tes blancs moutons
Allons sous ma chaumière
Bergère vite allons
J’entends sous le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit
Voici, venir l’orage,
Voilà l’éclair qui luit

Entends tu le tonnerre ?
Il roule en approchant
Prends un abri bergère,
à ma droite en marchant
Je vois notre cabane
Et tiens voici venir
Ma mère et ma soeur Anne
Qui vont l’étable ouvrir

Bonsoir, bonsoir ma mère
Ma soeur Anne bonsoir
J’amène ma bergère
Près de nous pour ce soir
Va te sécher, ma mie
Auprès de nos tisons
Soeur, fais lui compagnie
Entrez petits moutons

Soignons bien, oh ma mère,
Son tant joli troupeau
Donnez plus de litière
A son petit agneau
C’est fait allons près d’elle
Eh bien donc te voilà
En corset qu’elle est belle
Ma mère voyez la

Soupons, prends cette chaise
Tu seras près de moi
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage,
Il a lassé tes pas

Eh bien voilà ta couche,
Dors-y bien jusqu’au jour,
Laisse moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour
Ne rougis pas bergère,
Ma mère et moi demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main

J’ai du bon tabac
J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas

J’en ai du fin et du bien râpé
Mais ce n’est pas pour ton vilain nez

J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas

J’en ai du blond, du noir et du gris
Mais je n’en donne qu’à mes amis

J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas.

J’ai une maison

J’ai une maison
Pleine de fenêtres
Pleine de fenêtres
En large et en long
Et une porte aussi
Mais c’est pour sortir.

J’ai une maison
Pleine de fenêtres
Pleine de fenêtres
En large et en long
Et un ascenseur
Qui grimpe qui grimpe
Et un ascenseur
Qui fait mal au cœur

J’ai une maison
Pleine de fenêtres
Pleine de fenêtres
En large et en long
Et un escalier qui monte qui monte
Et un escalier qui fait mal aux pieds

J’ai une maison
Pleine de fenêtres
Pleine de fenêtres
En large et en long
Et des habitants
Qui grognent, qui grognent
Et des habitants
Qui n’ont pas le temps
J’ai une maison
Pleine de fenêtres
Pleine de fenêtres
En large et en long
Je te tiens

Je te tiens, tu me tiens
Par la barbichette.
Le premier qui rira
Aura une tapette !

Joli tambour (voir Trois jeunes tambours)

La légende de Saint Nicolas (1582)
Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Tant sont allés, tant sont venus
Que le soir se sont perdus
Ils sont allés chez le boucher
Boucher, voudrais-tu nous loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Ils n’étaient pas sitôt entrés
Que le boucher les a tués
Les a coupés en p’tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Saint Nicolas au bout d’sept ans
Vint à passer dedans ce champ
Alla frapper chez le boucher
Boucher, voudrais-tu me loger ?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Entrez, entrez Saint Nicolas
Il y a de la place, il n’en manque pas
Il n’était pas sitôt entré
Qu’il a demandé à souper

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Du p’tit salé, je veux avoir
Qu’il y a sept ans qu’est dans le saloir
Quand le boucher entendit ça
Hors de la porte il s’enfuya

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Boucher, boucher, ne t’enfuis pas
repens-toi, Dieu te pardonnera
Saint Nicolas alla s’assoir
Dessus le bord de ce saloir

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Petits enfants qui dormez là
Je suis le grand Saint Nicolas
Et le Saint étendant trois doigts
Les petits se lèvent tous les trois

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Le premier dit « j’ai bien dormi »
Le second dit « Et moi aussi »
Et le troisième répondit
« Je me croyais au Paradis »

Lundi matin
Lundi matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi nous reviendrons mardi ! »

Mardi matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi nous reviendrons mercredi ! »

Mercredi matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi nous reviendrons jeudi ! »

Jeudi matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi nous reviendrons vendredi ! »

Vendredi matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ i’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi nous reviendrons samedi ! »

Samedi matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi nous reviendrons dimanche ! »

Dimanche matin, le roi, la reine et le p’tit prince
Sont venus chez moi pour me serrer la pince.
Comm’ j’n’étais pas là, le p’tit prince se vexa :
« Puisque c’est comme ça nous ne reviendrons pas ! »

Malbrough s’en va-t-en guerre
Malbrough s’en va-t-en guerre
Mironton, mironton, mirontaine,
Malbrough s’en va-t-en guerre,
Ne sait quand reviendra. (bis)

Il reviendra à Pâques,
Mironton, mironton, mirontaine,
Il reviendra à Pâques,
Ou à la Trinité. (bis)

La Trinité se passe,
Mironton, mironton, mirontaine,
La Trinité se passe,
Malbrough ne revient pas. (bis)

Madame à sa tour monte,
Mironton, mironton, mirontaine,
Madame à sa tour monte,
Si haut qu’elle peut monter. (bis)

Elle aperçoit son page,
Mironton, mironton, mirontaine,
Elle aperçoit son page,
Tout de noir habillé. (bis)

« Beau page, mon beau page,
Mironton, mironton, mirontaine,
« Beau page, mon beau page,
Quelle nouvelle apportez ? (bis)

« Aux nouvelles que j’apporte,
Mironton, mironton, mirontaine,
« Aux nouvelles que j’apporte,
Vos beaux yeux vont pleurer. (bis)

Quittez vos habits roses,
Mironton, mironton, mirontaine,
Quittez vos habits roses,
Et vos satins brochés. (bis)

Monsieur Malbrough est mort,
Mironton, mironton, mirontaine,
Monsieur Malbrough est mort,
Est mort et enterré. (bis)

J’l’ai vu porter en terre,
Mironton, mironton, mirontaine,
J’l’ai vu porter en terre,
Par quatre officiers. (bis)

L’un portait sa cuirasse,
Mironton, mironton, mirontaine,
L’un portait son grand sabre,
L’autre son bouclier. (bis)

Maman, les p’tits bateaux
Maman les p’tits bateaux
Qui vont sur l’eau
Ont-ils des jambes?
Mais oui, mon gros bêta
S’ils n’en avaient pas
Ils ne march’raient pas.

Allant droit devant eux
Ils font le tour du monde
Mais comme la terre est ronde
Ils reviennent chez eux.

Va quand tu seras grand
Tu sauras comment faire
Pour lutter vaillamment
Contre la mer et le vent.

La marche des Rois
De bon matin j’ai rencontré le train
De trois grands Rois qui allaient en voyage,
De bon matin j’ai rencontré le train
De trois grands Rois dessus le grand chemin.
Venaient d’abord des gardes du corps,
Des gens armés avec trente petits pages,
Venaient d’abord des gardes du corps
Des gens armés dessus leurs just’au corps.

Puis sur un char, parmi les étendards
Venaient trois rois modestes comme d’anges,
Puis sur un char, parmi les étendards,
C’est Melchior, Balthazar et Gaspard.
L’étoile luit qui les Rois conduit
Par longs chemins devant une pauvre étable,
L’étoile luit qui les Rois conduit
Par longs chemins devant l’humble réduit.

Au fils de Dieu qui est né en ces lieux
Ils viennent tous présenter leurs hommages,
Au fils de Dieu qui est né en ces lieux
Ils viennent tous présenter leurs doux voeux.
Or, myrrhe, encens sont les beaux présents
Qu’ils ont porté à cet Enfant adorable
Or, myrrhe, encens sont les beaux présents
Qu’ils ont porté à ce divin Enfant.

La mère Michel
C’est la mère Michel qui a perdu son chat
Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra.
C’est le père Lustucru qui lui a répondu :
Allez, la mère Michel, vot’ chat n’est pas perdu

Refrain
Sur l’air du tralalala (bis),
Sur l’air du tradéridéra,
Et tralala.

C’est la mère Michel qui lui a demandé :
Mon chat n’est pas perdu, vous l’avez… donc trouvé ?
Et l’compère Lustucru qui lui a répondu :
Donnez une récompense, il vous sera rendu.

Refrain

Et la mère Michel lui dit : C’est décidé,
Si vous rendez mon chat, vous aurez un baiser.
Et l’compère Lustucru, qui n’en a pas voulu,
Lui dit : « Pour un lapin votre chat est vendu ! »

Refrain (x 2)

Meunier tu dors

Meunier, tu dors
ton moulin, ton moulin
va trop vite.
Meunier, tu dors
ton moulin, ton moulin
va trop fort.

Ton moulin, ton moulin
va trop vite.
Ton moulin, ton moulin
va trop fort.

Ton moulin, ton moulin
va trop vite.
Ton moulin, ton moulin
va trop fort.

Mon âne
Mon âne, mon âne
A bien mal à la tête,
Madame lui a fait faire
Un bonnet pour sa fête ;
Un bonnet pour sa fête,
Et des souliers lilas, la, la,
Et des souliers lilas.

Mon âne, mon âne
A bien mal aux oreille,
Madame lui a fait faire
Une paire de boucles d’oreille ;
Une paire de boucles d’oreille,
Un bonnet pour sa fête,
Et des souliers lilas, la, la,
Et des souliers lilas.

Mon âne, mon âne
A bien mal à ses yeux,
Madame lui a fait faire
Une paire de lunettes bleues ;
Une paire de lunettes bleues,
Une paire de boucles d’oreille,
Un bonnet pour sa fête,
Et des souliers lilas, la, la,
Et des souliers lilas.

Mon âne, mon âne
A bien mal à son nez,
Madame lui a fait faire
Un joli p’tit cache-nez ;
Un joli p’tit cache-nez,
Une paire de lunettes bleues,
Une paire de boucles d’oreille,
Un bonnet pour sa fête,
Et des souliers lilas, la, la,
Et des souliers lilas.

Mon âne, mon âne
A bien mal à sa gorge,
Madame lui a fait faire
Un bâton d’sucre d’orge ;
Un bâton d’sucre d’orge,
Un joli p’tit cache-nez,
Une paire de lunettes bleues,
Une paire de boucles d’oreille,
Un bonnet pour sa fête,
Et des souliers lilas, la, la,
Et des souliers lilas.

Mon âne, mon âne
A mal à l’estomac,
Madam’ lui a fait faire
Une tasse de chocolat ;
Une tasse de chocolat,
Un bâton d’sucre d’org’,
Un bâton d’sucre d’orge,
Un joli p’tit cache-nez,
Une paire de lunettes bleues,
Une paire de boucles d’oreille,
Un bonnet pour sa fête,
Et des souliers lilas, la, la,
Et des souliers lilas.

Mon beau sapin
Mon beau sapin
Roi des forêts
Que j’aime ta verdure
Quand par l’hiver
Bois et guérets
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël
Planta chez nous
Tout brillant de lumière
Joli sapin
Comme ils sont doux
Et tes bonbons
Et tes joujoux
Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire

Mon chat mon petit chat

Mon chat mon petit chat
A mal à sa tête
Maman lui a fait
Un chapeau pour sa fête
Et des souliers lilas la la
Et des souliers lilas (bis)

Mon chat, mon petit chat
A mal à ses yeux
Maman lui a fait
Des lunettes bleues
Et des souliers lilas la la (bis)

Mon chat, mon petit chat
A mal à son nez
Maman lui a fait
Un joli petit cache-nez
Et des souliers lilas la la (bis)

Mon chat, mon petit chat
A mal à l’estomac
Maman lui a fait
Une tasse de chocolat
Et des souliers lilas la la
Et des souliers lilas la la
Mon petit oiseau a pris sa volée (bis)
a pris sa à la volette (bis)
a pris sa volée.
Il s’est appuyé sur un oranger (bis)
sur un o à la volette (bis)
sur un oranger.
La branche était sèche la branche a cassé (bis)
la branche a à la volette (bis)
la branche a cassé.
La branche a cassé l’oiseau est tombé (bis)
l’oiseau est à la volette (bis)
l’oiseau est tombé.
Mon père m’a donné un mari
Mon père m’a donné un mari
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Mon père m’a donné un mari
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

D’une feuille on fit son habit
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
D’une feuille on fit son habit
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Je l’ai perdu dans mon grand lit
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Je l’ai perdu dans mon grand lit
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

J’pris une chandelle et le cherchis
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
J’pris une chandelle et le cherchis
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

A la paillasse le feu a pris
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
A la paillasse le feu a pris
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Je trouvai mon mari rôti
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Je trouvai mon mari rôti
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Sur une assiette je le mis
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Sur une assiette je le mis
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Le chat l’a pris pour une souris
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Le chat l’a pris pour une souris
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Au chat, au chat, c’est mon mari
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Au chat, au chat, c’est mon mari
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Fillette qui prenez un mari
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Fillette qui prenez un mari
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Ne le prenez pas si petit
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme !
Ne le prenez pas si petit
Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit !

Mon petit oiseau
Mon petit oiseau où t’es-tu blessé? (bis)
où t’es-tu à la volette (bis)
où t’es-tu blessé?
Je m’ suis cassé l’aile et tordu le pied (bis)
et tordu à la volette (bis)
et tordu le pied
Mon petit oiseau veux-tu te soigner? (bis)
veux-tu te à la volette (bis)
veux-tu te soigner?
Je veux me soigner et me marier (bis)
et me ma à la volette (bis)
et me marier.

Ne pleure pas Jeannette
Ne pleure pas, Jeannette,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Ne pleure pas, Jeannette,
Nous te marierons, nous te marierons.

Avec le fils d’un prince,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Avec le fils d’un prince,
Ou celui d’un baron, Ou celui d’un baron

Je ne veux pas d’un prince,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Je ne veux pas d’un prince,
Encore moins d’un baron ! Encore moins d’un baron !

Je veux mon ami Pierre,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Je veux mon ami Pierre,
Celui qui est en prison, Celui qui est en prison,

Tu n’auras pas ton Pierre,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Tu n’auras pas ton Pierre,
Nous le pendouillerons, Nous le pendouillerons,

Si vous pendouillez Pierre,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Si vous pendouillez Pierre,
Pendouillez moi avec, Pendouillez moi avec,

Et l’on pendouilla Pierre,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
Et l’on pendouilla Pierre,
Et sa Jeannette avec, Et sa Jeannette avec

A cett’ histoire si triste,
Tra lalala lalala lalala la, la, la,
A cett’ histoire si triste,
Tous les gens pleureront, Tous les gens pleureront

Nous n’irons plus aux bois (XVIIIème siècle)
Nous n’irons plus aux bois, les lauriers sont coupés
La belle que voilà la laiss’rons nous danser
Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

La belle que voilà la laiss’rons nous danser
Et les lauriers du bois les laiss’rons nous faner
Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

Non, chacune à son tour ira les ramasser
Si la cigale y dort, ne faut pas la blesser
Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

Le chant du rossignol la viendra réveiller
Et aussi la fauvette avec son doux gosier
Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

Et Jeanne, la bergère, avec son blanc panier,
Allant cueillir la fraise et la fleur d’églantier
Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

Cigale, ma cigale, allons, il faut chanter
Car les lauriers du bois sont déjà repoussés
Entrez dans la danse, voyez comme on danse,
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

La paimpolaise

Quittant ses genêts et sa lande,
Quand le Breton se fait marin,
En allant aux pêches d’Islande
Voici quel est le doux refrain
Que le pauvre gâs
Fredonne tout bas
« J’aime Paimpol et sa falaise,
« Son église et son grand Pardon ;
« J’aime surtout la Paimpolaise
« Qui m’attend au pays breton. »

Quand leurs bateaux quittent nos rives,
Le curé leur dit : « Mes bons fieux,
« Priez souvent Monsieur Saint Yves
« Qui nous voit, des cieux toujours bleus. »
Et le pauvre gâs
Fredonne tout bas ;
« Le ciel est moins bleu, n’en déplaise
« A Saint Yvon, notre Patron,
« Que les yeux de la Paimpolaise
« Qui m’attend au pays breton ! »

Guidé par la petite Étoile,
Le vieux patron, d’un air très fin,
Dit souvent que sa blanche voile
Semble l’aile d’un Séraphin…
Et le pauvre gâs
Fredonne tout bas :
« Ta voilure, mon vieux Jean-Blaise,
« Est moins blanche, au mât d’artimon,
« Que la coiffe à la Paimpolaise
« Qui m’attend au pays breton. »

Le brave Islandais, sans murmure,
Jette la ligne et le harpon ;
Puis, dans un relent de saumure,
Il se couche dans l’entrepont…
Et le pauvre gâs
Soupire tout bas :
« Je serions ben mieux à mon aise,
« Devant un joli feu d’ajonc,
« À côté de la Paimpolaise
« Qui m’attend au pays breton. »

Puis, quand la vague le désigne,
L’appelant de sa grosse voix,
Le brave Islandais se résigne
En faisant un signe de croix…
Et le pauvre gâs
Quand vient le trépas,
Serrant la médaille qu’il baise,
Glisse dans l’Océan sans fond
En songeant à la Paimpolaise…
Qui l’attend au pays breton !…
Petit papa
Petit Papa c’est aujourd’hui ta fête,
Maman m’a dit que tu n’étais pas là.
J’avais des fleurs pour couronner ta tête
Et un bouquet pour mettre sur ton cœur.
Petit Papa, petit Papa
Pomme de reinette
Et pomme d’api
Tapis tapis rouge
Pomme de reinette
Et pomme d’api
Tapis tapis gris

Cache ta main derrière ton dos
Ou j’te donne un coup d’marteau…

C’est la belle nuit de Noël
la neige étend son manteau blanc
et les yeux tournés vers le ciel
à genoux les petits enfants
avant de fermer les paupières
font une dernière prière

Refrain
Petit papa Noël
Quand tu descendras du ciel
avec des jouets par milliers
n’oublie pas mon petit soulier

Mais avant de partir
il faudra bien te couvrir
dehors tu vas avoir si froid
c’est un peu à cause de moi
il me tarde tant que le jour se lève
pour voir si tu m’as apporté
tous les beaux joujoux
que je vois en rêve
et que je t’ai commandés.

Le marchand de sable est passé
les enfants vont faire dodo
et tu vas pouvoir commencer
avec ta hotte sur le dos
au son des cloches des églises
ta distribution de surprises
et quand tu seras sur ton beau nuage
viens d’abord sur notre maison
je n’ai pas été tous les jours très sage
mais j’en demande pardon.

Plantons la vigne (comptine)

Plantons la vigne,
La voilà la jolie vigne
Vigna, vigno, vignons le vin
La voilà la jolie vigne au vin
La voilà la jolie vigne

De vigne en grappe,
La voilà la jolie grappe,
Grappi, grappa, grappons le vin,
La voilà la jolie grappe au vin…
La voilà la jolie grappe

De grappe en presse,
La voilà la jolie presse,
Pressi, pressa, pressons le vin,
La voilà la jolie presse au vin…
La voilà la jolie presse

De presse en cruche,
La voilà la jolie cruche,
Cruchi, crucha, cruchons le vin,
La voilà la jolie cruche au vin…
La voilà la jolie cruche

De cruche en verre,
Le voilà le joli verre,
Verri, verro, verrons le vin,
Le voilà le joli verre au vin…
Le voilà le joli verre

De verre en bouche,
La voilà la jolie bouche,
Bouchi, boucha, bouchons le vin,
La voilà la jolie bouche au vin…
La voilà la jolie bouche

Pomme de reinette

Pomme de reinette
Et pomme d’api
Tapis tapis rouge
Pomme de reinette
Et pomme d’api
Tapis tapis gris

Promenons-nous dans les bois
Refrain (les enfants)
Prom’nons-nous dans les bois
Pendant que le loup y est pas
Si le loup y était
Il nous mangerait
Mais comme il n’y est pas
Il nous mangera pas
Loup, y es-tu ?
Que fais-tu ?
Entends-tu ?

(le loup) Je mets ma chemise.

Refrain

(le loup) Je mets ma culotte.

Refrain

(le loup) Je mets mes bottes.

Refrain

(le loup)
Je mets ma veste.
Je mets mes chaussettes.
Je mets mes bottes.
Je mets mon chapeau.
Je mets mes lunettes.
Je prends mon fusil, j’arrive !

Quelle heure est-il ?

Bonjour Madame.
Quelle heure est-il ?
Il est midi.
Qui est-ce qui l’a dit ?
La petite souris.
Où est-elle ?
Dans la chapelle.
Qu’y fait-elle ?
De la dentelle.
Pour qui ?
Pour les dames de Paris
Qui portent des souliers gris.
Pin pon d’or
La plus belle est en dehors.

Rondin, picotin
Rondin, picotin la Marie a fait son pain
Pas plus gros que son levain
Son levain était moisi
Et son pain tout aplati
Tant pis.
Savez-vous planter les choux
Savez-vous planter les choux,
A la mode, à la mode,
Savez-vous planter les choux,
A la mode de chez nous ?

On les plante avec le doigt,
A la mode, à la mode,
On les plante avec le doigt,
A la mode de chez nous.

Refrain

On les plante avec le pied,
A la mode, à la mode,
On les plante avec le pied,
A la mode de chez nous.

Refrain

On les plante avec le g’ nou,
A la mode, à la mode,
On les plante avec le g’ nou,
A la mode de chez nous.

Refrain

On les plante avec le nez,
A la mode, à la mode,
On les plante avec le nez,
A la mode de chez nous.

Refrain

On les plante avec le coude,
A la mode, à la mode,
On les plante avec le coude,
A la mode de chez nous.

Scions du bois
Scions, scions, scions du bois
Pour la mère, pour la mère,
Scions, scions, scions du bois
Pour la mère Nicolas

Sur le pont d’Avignon
Sur le pont d’Avignon,
On y danse, on y danse,
Sur le pont d’Avignon,
On y danse tous en rond.

Les beaux messieurs font comme ça,
Et puis encore comme ça.

Sur le pont d’Avignon,
On y danse, on y danse,
Sur le pont d’Avignon,
On y danse tous en rond.

Les belles dames font comme ça,
Et puis encore comme ça.

Sur le pont d’Avignon,
On y danse, on y danse,
Sur le pont d’Avignon,
On y danse tous en rond.

Sur l’pont du nord (Chanson de moralité)

Sur l’pont du Nord un bal y est donné
Sur l’pont du Nord un bal y est donné
Adèle demande à sa mère d’y aller
Adèle demande à sa mère d’y aller
Non, non ma fille vous n’irez pas danser
Non, non ma fille vous n’irez pas danser
Monte à sa chambre et se met à pleurer
Monte à sa chambre et se met à pleurer

Son frère arrive dans un bateau doré
Son frère arrive dans un bateau doré
Ma soeur, ma soeur, qu’avez-vous donc à pleurer ?
Ma soeur, ma soeur, qu’avez-vous donc à pleurer ?
Maman ne veut pas que j’aille au bal danser
Maman ne veut pas que j’aille au bal danser
Mets ta rob’blanche et ta ceintur’ dorée !
Mets ta rob’blanche et ta ceintur’ dorée !

Ils firent trois pas et les voilà noyés
Ils firent trois pas et les voilà noyés
Voilà le sort des enfants obstinés
Voilà le sort des enfants obstinés
Les cloches du Nord se mirent à sonner
Les cloches du Nord se mirent à sonner

La tour prends garde

–Les gardes–
La tour, prends garde (bis)
De te laisser abattre.
–La tour–
Nous n’avons garde (bis)
De nous laisser abattre.
–Le colonel–
J’irai me plaindre (bis)
Au duc de Bourbon.
–Le colonel–
Mon duc, mon prince (bis)
Je viens à vos genoux.
–Le duc–
Mon capitaine mon colonel (bis)
Que me demandez-vous?
–Le colonel–
Un de vos gardes (bis)
Pour abattre la tour.
–Le duc–
Allez mon garde (bis)
Pour abattre la tour.
–Les gardes–
La tour, prends garde (bis)
De te laisser abattre.
–La tour–
Nous n’avons garde (bis)
De nous laisser abattre.

Trois jeunes tambours
Trois jeunes tambours s’en revenaient de guerre (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
S’en revenaient de guerre.

Le plus jeune a dans sa bouche une rose (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Dans sa bouche une rose.

Fille du roi était à sa fenêtre (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Etait à sa fenêtre.

Joli tambour donne-moi donc ta rose (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Donne-moi donc ta rose.

Fille de roi donne-moi donc ton coeur (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Donne-moi donc ton coeur.

Joli tambour, demande le à mon père (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Demande le à mon père.

Sire le roi, donnez-moi votre fille (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Donnez-moi votre fille.

Joli tambour, tu n’es pas assez riche (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Tu n’es pas assez riche.

J’ai trois vaisseaux dessus la mer jolie (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Dessus la mer jolie.

L’un chargé d’or, l’autre de pierreries (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
L’autre de pierreries.

Et le troisième pour promener ma mie (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Pour promener ma mie.

Joli tambour, dis-moi quel est ton père (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Dis-moi quel est ton père.

Sire le roi, c’est le roi d’Angleterre (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
C’est le roi d’Angleterre.

Joli tambour, tu auras donc ma fille (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Tu auras donc ma fille.

Sire le roi, je vous en remercie (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Je vous en remercie.

Dans mon pays y’en a de plus jolies (bis)
Et ri et ran, ran pa ta plan,
Y’en a de plus jolies.

Un, deux, trois
1, 2, 3, j’irai dans les bois
4, 5, 6, cueillir des cerises
7, 8, 9, dans un panier neuf
10, 11, 12, elles seront toutes rouges.

Une araignée sur le plancher
Une araignée, sur le plancher
Se tricotait des bottes

Dans un flacon, un limaçon
Enfilait sa culotte

J’ai vu dans le ciel
Une mouche à miel
Pincer sa guitare

Un rat tout confus
Sonner l’angélus
Au son d’la fanfare
Une poule sur un mur
Une poule sur un mur
Qui picore du pain dur
Picoti, picota
Lève la queue et puis s’en va.
Une souris verte (début du XVIIIème siècle)
Une souris verte
qui courait dans l’herbe
je l’attrape par la queue
je la montre à ces messieurs
ces messieurs me disent
trempez-la dans l’huile
trempez-la dans l’eau
ça fera un escargot tout chaud
je la mets dans mon chapeau
elle me dit qu’il fait trop chaud
je la mets dans mon tiroir
elle me dit qu’il fait trop noir
je la mets dans ma culotte
elle me fait trois petites crottes.
je la mets dans ma chemise
elle me fait trois petites bises.
je la mets dans son lit
elle me dit « j’veux faire pipi »
je l’envois dans son école
elle me dit « j’en ai ras l’bol ».
Domaine public

Vive le vent
Sur le long chemin
Tout blanc de neige blanche
Un vieux monsieur s’avance
Avec sa canne dans la main.
Et tout là-haut le vent
Qui siffle dans les branches
Lui souffle la romance
Qu’il chantait petit enfant, oh !

Refrain
Vive le vent, vive le vent,
Vive le vent d’hiver,
Qui s’en va sifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts, oh !
Vive le temps, vive le temps,
Vive le temps d’hiver,
Boule de neige et jour de l’an
Et bonne année grand-mère.

Et le vieux monsieur
Descend vers le village,
C’est l’heure où tout est sage
Et l’ombre danse au coin du feu.
Mais dans chaque maison,
Il flotte un air de fête
Partout la table est prête
Et l’on entend la même chanson, oh !

Refrain

Sur le long chemin
Tout blanc de neige blanche
Un vieux monsieur s’avance
Avec sa canne dans la main.
Et tout là-haut le vent
Qui siffle dans les branches
Lui souffle la romance
Qu’il chantait petit enfant, oh !

Refrain

Voici ma main …
Voici ma main,
(présenter la main doigts serrés)
elle a cinq doigts,
(écarter les doigts)
en voici deux, en voici trois.
(de l’autre main saisir ensemble le pouce et l’index, puis le majeur avec l’annulaire et l’auriculaire)
Mon premier le petit bonhomme,
(de l’autre main tenir le pouce)
c’est mon gros pouce que je nomme.
L’index qui montre le chemin
(de l’autre main tenir l’index)
est le deuxième doigt de ma main.
Entre l’index et l’annulaire
(de l’autre main tenir le majeur)
le majeur paraît un grand frère.
L’annulaire porte un anneau,
(de l’autre main tenir l’annulaire)
avec sa bague il fait le beau.
Le minuscule auriculaire
marche à côté de l’annulaire.
Regardez les cinq doigts travailler,
(remuer les cinq doigts)
Chacun fait son petit métier.

POESIES ET FABLES

Après la bataille
Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
 » Donne-lui tout de même à boire « , dit mon père.
Victor Hugo
L’autome
Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis ;
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas ! les beaux jours sont finis !
On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor :
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or.
La pluie au bassin fait des bulles ;
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules :
Voici l’hiver, voici le froid !
Théophile Gautier

Aux enfants de l’école

Enfants de l’école
Travaillez gaiement
Chaque instant s’envole
Profitez du temps

Et dans sa jeunesse
Pour bien acquérir
Instruction sagesse
Sachez obéir.

Le bon chien

Azor était un brave chien
Fidèle et courageux gardien
Et cependant, la pauvre bête
Avait des coups à tout moment
Sur le dos, les pattes, la tête
Il n’était pas un seul tourment
Dont Petit Paul lui fit grâce

Un jour en jouant sur la glace
Le Petit Paul tomba dans l’eau
Du ruisseau
Azor entend ses cris, arrive
Dans l’eau se jette et triomphant
Dépose sur la rive
Le malheureux enfant
Le réchauffe, le lèche, aboie
On vient ; Azor est plein de joie

Et c’est ainsi que Paul apprit d’un animal
Que l’être vraiment bon rend le bien pour le mal

Louis Ratisbonne

Le boulanger

Que fais tu là boulanger ?
Je fais du pain pour manger
Tu vois je pétrie la pâte
Le monde à faim, je me hâte

Qu’as-tu fait là boulanger ?
J’ai, pour faire mon pain léger,
Mis du levain dans ma pâte
Le monde a faim, je me hâte

Et puis après boulanger ?
Dans mon four je vais ranger
Tous mes pains de bonne pâte
Le monde a faim, je me hâte

Merci, brave boulanger
Le monde pourra manger.

Jean Ailard

La carpe et les carpillons
Prenez garde, mes fils, côtoyez moins le bord,
Suivez le fond de la rivière ;
Craignez la ligne meurtrière,
Ou l’épervier, plus dangereux encor.
C’est ainsi que parlait une carpe de Seine
À de jeunes poissons qui l’écoutaient à peine.
C’était au mois d’avril ; les neiges, les glaçons,
Fondus par les zéphyrs, descendaient des montagnes ;
Le fleuve enflé par eux s’élève à gros bouillons,
Et déborde dans les campagnes.
Ah ! Ah ! Criaient les carpillons,
Qu’en dis-tu, carpe radoteuse ?
Crains-tu pour nous les hameçons ?
Nous voilà citoyens de la mer orageuse ;
Regarde : on ne voit plus que les eaux et le ciel,
Les arbres sont cachés sous l’onde,
Nous sommes les maîtres du monde,
C’est le déluge universel.
Ne croyez pas cela, répond la vieille mère ;
Pour que l’eau se retire il ne faut qu’un instant.
Ne vous éloignez point, et, de peur d’accident,
Suivez, suivez toujours le fond de la rivière.
Bah ! Disent les poissons, tu répètes toujours
Mêmes discours.
Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine.
Parlant ainsi, nos étourdis
Sortent tous du lit de la Seine,
Et s’en vont dans les eaux qui couvrent le pays.
Qu’arriva-t-il ? Les eaux se retirèrent,
Et les carpillons demeurèrent ;
Bientôt ils furent pris,
Et frits.
Pourquoi quittaient-ils la rivière ?
Pourquoi ? Je le sais trop, hélas !
C’est qu’on se croit toujours plus sage que sa mère,
C’est qu’on veut sortir de sa sphère,
C’est que… c’est que… je ne finirais pas.
Florian
La cigale et la fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Oût, foi d’animal,
Intérêt et principal.  »
La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
– Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
– Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.
Jean de la Fontaine
Le colimaçon

Sans ami, comme sans famille
Ici-bas, vivre en étranger,
Se retirer dans sa coquille
Au signal du moindre danger
S’aimer d’une amitié sans bornes
De soi seul emplir la maison
En sortir suivant la saison
Pour faire à son prochain les cornes
Enfin chez soi, comme en prison
Vieillir, de jour en jour plus triste
C’est l’histoire de l’égoïste
Et celle du colimaçon.

Arnault

Le coq

Le coq sur son mur cocorique
Le soleil paraît magnifique
Bravo ! dit le coq solennel
Comme il entend bien mon appel !
Poules, levez-vous paresseuses
Venez admirez son éclats
C’est heureux pour vous, ô dormeuses
Que le soleil soit si exact

Cot ! Cot ! Cot !
Cot ! cot ! cot ! qu’avez-vous vu
La poule a pondu
Cot, cot, cot ! qu’est-il arivé ?
La poule a couvé
Cot, cot, cot ! qu-y at-il de neuf ?
Un poulet dans l’œuf
Il brise la coque
Bonjour petit coq !

Le Couteau

Pardon, monsieur le Métayer
Si de nuit je dérange
Mais je voudrais bien sommeiller
Au fond de votre grange

Mon bon ami, la grange est pleine
Du blé de la moisson
Donne-toi donc plutôt la peine
D’entrer dans la maison

Mon bon monsieur je suis gueux
Quel gâchis vous ferais-je
Je suis pieds nus, sale et boueux
Et tout couvert de neige.
Mon bon ami, quitte bien vite
Tes hardes en lambeaux
Pouille-moi ce tricot de suite
Chausse-moi ces sabots

De tant marcher à l’abandon
J’ai la gorge bien sèche
Mon bon monsieur baillez-moi donc
Un grand verre d’eau fraîche.
L’eau ne vaut rien lorsque l’on tremble
Le cidre guère mieux
Mon bon ami trinquons ensemble
Goûte-moi ce vin vieux.

L’écheveau de fil

Qui veut, dit la bonne grand-mère
Regardant Pierre de profil
Me tenir l’écheveau de fil
C’est moi ! C’est moi ! dit Petit pierre

Il jette un rire frais et clair
Qui ressemble au cri des linottes
Et vient présenter les menottes
Quatre doigts et le pouce en l’air

Et puis il se tient lèvres closes
Comme un bon soldat à son rang
Pendant que le beau fil tout blanc
Se dévide sur ses poings roses

Il s’amuse, c’est si nouveau
Et sa figure s’illumine
En regardant sur la bobine
S’enrouler le gros écheveau

Mais sa grand-mère est un peu lente
Lui va plus vite quand il court
Le fil est long, l’écheveau court
Petit Pierre s’impatiente

Et pour le faire encore faiblir
Ses amis entr’ouvrent la porte
L’appellent et le vent lui porte
Ce cri : Pierre, viens-tu courir

Tiens-donc tes mains dit la grand-mère
Mais bientôt l’une et l’autre
Défaillent au milieu du chemin
Le fil se rompt, peine amère

Alors Petit Pierre abattu
Pleure et laisse tomber l’ouvrage
Eh ! bien voilà tout ton courage
Plus tard hélas ! que feras-tu ?

Enfant, tout l’écheveau commence
Quand se dévideront les jours
Quelquefois tristes et souvent courts
Si tu n’as pas de patience.
Louis Ratisbonne

L’écho

Rôdant triste et solitaire
Dans la forêt du mystère
J’ai crié le cœur très las
La vie est triste ici-bas !
L’Echo m’a répondu : Bah !

Echo, la vie est méchante
Et d’une voix si touchante
L’écho m’a répondu : Chanter

Echo, écho des grands bois
Lourde, trop lourde est ma croix
L’écho m’a répondu : Crois

La haine en moi va germer
Dois-je rire ou blasphémer
Et l’écho m’a dit : Aimer

Comme l’écho des grands bois
Me conseilla de le faire
J’aime, je chante et je crois
Je suis heureux sur terre

Théodore Botril

L’enfant et l’abeille

Abeille si jolie
Conte-moi je te prie
Pourquoi dès le malin
Ramassant ton butin
Sur les œillets, les roses
Tour à tour tu te poses
Sans penser un moment
A ton amusement
Enfant, répond l’abeille
Si dès que je m’éveille
Tu me vois travailler
Sans jamais me lasser
Prends-moi pour ton modèle
Et d’une ardeur nouvelle
Hâte-toi d’acquérir
Ce qui ne peut périr
Prépare en ta jeunesse
De vertus de sagesse
Une riche moisson
Pour l’arrière-saison

L’enfant qui ne savait pas lire
Un enfant au bout d’une route
Trouva tout à coup deux chemins
Il s’arrêta rempli de doute
Roulant son chapeau dans ses mains
Fallait-il prendre à gauche, à droite,
Ou bien rester là jusqu’au soir
Sur un arbre, une planche étroite
Portait un écrit peint en noir

Mais l’enfant ne savait pas lire
Il eut beau se gratter le nez
La planchette ne put lui dire
C’est par ici, petit, venez

Par bonheur une paysanne
Vint et le tira d’embarras,
Elle lui dit, Suis bien mon âne
Et jamais tu ne te perdras

Et l’enfant baissa la tête
Et contre lui-même il boudait
D’être conduit par une bête
Et d’être plus sot qu’un baudet

Gloire à la France

Gloire à la France au ciel joyeux
Si belle au cœur, si douce aux yeux
Sol béni de la Providence
Gloire à la France !

Forêts au front, vigne en côte
Elle a ce qui fait la beauté
Et ce qui donne l’abondance
Gloire à la France !

Tout vient vers elle t tout en part
Elle est le progrès, elle est la

Mais de ces traits de sa splendeur
Le plus parfait et le meilleur
C’est sa grande âme au souffle immense
Gloire à la France

Et c’est pourquoi, nou, ses enfants
Soit terrassés, soit triomphants,
Nous gardons tous une espérance

Paul Déroulède

Le grillon et le papillon

Un pauvre petit grillon
Caché dans l’herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie
L’insecte ailé brillait des plus vives couleurs
L’azur, le pourpre et l’or éclataient sur ses ailes.
Jeune, beau, petit-maître, il court de fleur en fleur,
Prenant et quittant les plus belles.
Ah! disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents! dame Nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
Je n’ai point de talent, encor moins de figure;
Nul ne prend garde à moi, l’on m’ignore ici bas!
Autant voudrait n’exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d’enfants.
Aussitôt les voilà courans
Après le papillon dont ils ont tous envie:
Chapeau, mouchoirs bonnets, servent à l’attraper.
L’insecte cherche vainement à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L’un le saisit par l’aile, un autre par le corps;
Un troisième survient, et le prend par la tête:
Il ne fallait pas tant d’efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh! oh! dit le grillon, je ne suis pas fâché;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde!
Pour vivre heureux, vivons cachés.

Florian
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.
Joachym du Bellay
L’Hirondelle

Le soleil rayonne
Sur les belles fleurs
Et le printemps donne
Toutes ses splendeurs

Légère hirondelle
Viens nous égayer
Viens à tire d’aile
Dans notre foyer
Histoire du blé
Avant que l’hiver recommence
La terre reçoit la semence
Dans les sillons à pleine main
Le semeur a jeté le grain,
Le grain travaille sans relâche
Nuit et jour il poursuit sa tâche
Il germe, il écarte sans bruit
Un peu de terre, jour et nuit
La terre enfin s’est entr’ouverte
L’épi montre sa tête verte,
Il respire le beau temps
Le soleil et le printemps
L’été vient, l’épi blond se lève
Et le grain se gonfle de sève ;
Le vent balance dans les champs
Les blés alourdis et penchants
La faucille enfin le moissonne
Le fléau bat la gerbe. On donne
Du froment pur au moulin.
Et le blé se change en pain.
L’horloge

Pauvre vieille horloge
C’est assez marcher,
Au fond de ta loge
Tu peux t’arrêter,

M’arrêter ! et l’heure
Qui donc la lira
Et dans ta demeure
Qui donc la saura

Ton aiguille passe
Et fais mille tours
Tu dois être lasse
De marcher toujours

Je ne suis jamais lasse
Pour faire le bien,
Mais le monde entasse
Des riens sur des riens

Et la vieille horloge
Achevant son tour
Dans la vieille loge
Marche nuit et jour

Alain Ribot

Jeannette et sa poupée

Jeannette est occupée
A bercer sa poupée
Sur son cœur tendrement
C’est un tableau charmant
Mais pouponnette
La bondinette
N’a pas de sommeil
Il fait soleil
Mademoiselle veut sortir
Elle tourne ses beaux yeux
Si velouté, si bleu
Vers sa jeune maîtresse
Qui toujours la caresse
Vous ne dormez donc pas
Dit Jeannette tout bas,
Embrassez-moi, vilaine
Ce sera votre peine.

La leçon à la poupée

Je vous trouve, ma poupée
Bien souvent inoccupée ;
Il faut vous prendre le bras
Pour vous faire faire un pas

Vous n’aimez que la toilette
C’est si laid d’être copquette
Prenez un peu le balai
Et balayez s’il vous plait

Lavez-moi cette vaisselle
Et vivement, Mademoiselle
Ecumez le pot au feu
Remuez-vous donc un peu

Une fille adroite et sage
Aide sa mère à votre âge
Et je vous battrais je crois
Si vous n’étiez pas de bois

Légers traîneaux

Légers traîneaux
Glissez sur les canaux
Le ciel est pur et la glace solide
Faisons gaiment une course rapide
Glissez, glissez, légers traîneaux

Comme la houle
Je vois la foule
Des citadins
Sur leurs patins
En longs cortèges
Fendant la neige
Nous nous croisons
Et nous rions

Le léopard et l’écureuil

Un écureuil sautant, gambadant sur un chêne,
Manqua sa branche, et vint, par un triste hasard,
Tomber sur un vieux léopard
Qui faisait sa méridienne.
Vous jugez s’il eut peur ! En sursaut s’éveillant,
L’animal irrité se dresse ;
Et l’écureuil s’agenouillant
Tremble et se fait petit aux pieds de son altesse.
Après l’avoir considéré,
Le léopard lui dit : je te donne la vie,
Mais à condition que de toi je saurai
Pourquoi cette gaîté, ce bonheur que j’envie,
Embellissent tes jours, ne te quittent jamais,
Tandis que moi, roi des forêts,
Je suis si triste et je m’ennuie.
Sire, lui répond l’écureuil,
Je dois à votre bon accueil
La vérité : mais, pour la dire,
Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis.
– Soit, j’y consens, monte. -j’y suis.
À présent je peux vous instruire.
Mon grand secret pour être heureux,
C’est de vivre dans l’innocence ;
L’ignorance du mal fait toute ma science ;
Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux.
Vous ne connaissez pas la volupté suprême
De dormir sans remords : vous mangez les chevreuils,
Tandis que je partage à tous les écureuils
Mes feuilles et mes fruits ; vous haïssez, et j’aime :
Tout est dans ces deux mots. Soyez bien convaincu
De cette vérité que je tiens de mon père :
Lorsque notre bonheur nous vient de la vertu,
La gaîté vient bientôt de notre caractère.
Florian

Le lion et le rat

Entre les pattes d’un lion
Un rat sortit de terre assez à l’étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu’il était et lui donna la vie .
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu’un aurait-il jamais cru
Qu’un lion d’un rat eût affaire ?
Cependant il avint qu’au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
Jean de la Fontaine
Ma mère

Ma mère que j’aime beaucoup
M’a donné tout
J’aimerai cette bonne mère
Ma vie entière

Elle m’a soigné tout petit
On me l’a dit
Elle a balancé ma couche
Blanche et proprette

M’apprit à marcher pas à pas
Tenant mon bras
A dire un mot puis à tout dire
Même à sourire

Je veux rendre heureuse ma mère
Ma vie entière
Travailler et l’aimer bien fort
Jusqu’à la mort

Mars

Oh ! que mars est un joli mois !
C’est le mois des surprises ;
Du matin au soir dans les bois
Tout change avec les brises

Le ruisseau n’est plus engourdi
La terre n’est plus dure
Le vent qui souffle du midi
Prépare la verdure

Gelée ou vent, pluie ou soleil
Alors tout à ses charmes
Mars a le visage vermeil
Et sourit dans ses larmes

Matin d’été

Il fait jour, le ciel est rose
L’horizon vermeil,
Quand la lune se repose
Lève-toi soleil !

On entend sous la feuillée
Les oiseaux siffleurs
Et l’abeille réveillée
Dit bonjour aux fleurs

En rêvant de belle eau fraîche
Beuglent nos grands bœufs
Ils voudraient quitter leur crèche
Pour les prés herbeux

Tous les coqs du voisinage
Sonnent le réveil ;
Sur ce gai remue-ménage
Lève-toi soleil

Maurice Bouchor

Minet et Minette

Minette la jeune chatte
Un jambonneau sous sa patte
Se régalait près du feu.
Veux-tu m’en donner un peu ?
Dit Minet d’un air honnête
Veux-tu m’en donner un peu ?
Qui, répondit la gourmande
Laisse moi finir la viande
Et je te donnerai l’os ;
L’os, dit Minet, belle affaire
C’est quand tu n’en as que faire !
Que tu m’offres tes cadeaux
Non point de mérite, écoute ;
A donner sans qu’il en coûte
Et Minet tourna le dos.

Mon cheval

A la fontaine du village
Je menai boire mon cheval
Il est si doux, si bon, si sage
Tout fort qu’il est blanc ou normal

Je monte dessus, il s’arrête
Pour me laisser me mettre bien,
Il trotte sans que je le fouette
Et devant lui bondit mon chien

Hier nous allâmes à la foire
En ville avec le charaban
Il trottait ferme on peut me croire
Mon cheval gris devenu blanc

Jean Aicard

Le moulin à vent

Joli moulin à vent
Planté sur la colline
Vers le soleil levant
Fais-nous farine fine
Pour que le pain soit blanc
Joli moulin à vent

Joli moulin à vent
Sois au meunier fidèle
Ne chôme pas souvent
Et que tes grandes ailes
Tournent, tournent gaiement
Joli moulin à vent

L’orthographe

Regardez ce pauvre chat
Comme il gribouille et griffonne
Il est pourtant délicat, Mais vienne un mot qui l’étonne
Et ce n’est pas rareté
Car notre langue admirable
Entre toutes vénérable
Est hélas fort variable
Que faire, sauf un pâté
Combien de l dans colline
Et combien dans mandoline
Combien de m dans moment
Plus ou moins que dans comment
Quand on dit ruban au mètre
Est-ce écrit comme cher maître
Et quand on dit le masseur
Est-ce écrit comme ma sœur
Comment écrit-on demain
Comme frein ou bien comme chemin
Et quand on dit le maire
Est-ce écrit comme la mère
Et quand on veut dire la classe
Est-ce écrit comme la glace
Pour ne pas faire de gaffe
Il faut savoir l’orthographe
Mais si possible apprenons
Gaiement des dures leçons

Persévérance

On avait dit : Lis une page
Et sur son alphabet penché
Demeuré seul Pierre très sage
Suivait du doigt le mot tracé

Mais voici que par la fenêtre
L’appelle un brilant rayon d’or
L’enfant va regarder peut-être
Non, cinq lignes restent encore

Puis le pommier par la fenêtre
Montre sa pomme tout au bord
L’enfant va la cueillir peut-être
Non, trois lignes restent encore

Puis un oiseau, par la fenêtre
Joyeusement chante bien fort
L’enfant va l’écouter peut-être
Non, deux lignes restent encore

Enfin voici la page dite
Plus de livre pour aujourd’hui
Et Pierre le remplaçant vite
Se redresse tout fier de lui

Au jeu maintenant, sur sa branche
L’oiseau chante encore son refrain
Sous ses pommes, le pommier penche
Le soleil remplit le jardin

Et pour toi brave petit homme
Pour toi le droit d’être joyeux
Bien des héros que l’on renomme
N’ont fait souvent ni plus ni mieux

On voit dans les sombres écoles
Des petits qui pleurent toujours
Les autres font leurs cabrioles
Eux, ils restent au fond des cours

Petit Pierre

Que fais-tu donc Pierre
Au bois ce matin ?
Je fais pour la mère un bouquet de thym

Où vas-tu donc Pierre
Ce panier au bras ?
Je vais voir mon Père
Qui pioche la terre
Au solei là-bas
Porter son repas

Où vas-tu donc Pierre
Il fait déjà nuit ?
Chaque soir sans bruit
Dans cette chaumière
Où l’on meurt de faim
Au nom de ma mère
Je porte du pain

Louis Ratisbonne

Le pin des Landes

On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes
D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ;
Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L’homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu’aux dépens de ce qu’il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !
Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.
Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu’il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d’or !

Théophile Gautier

La pluie

Pim ! Pam ! qui frappe à mon carreau
Ce sont de grosses gouttes d’eau
On n’entre pas, madame Pluie
Et votre visite m’ennuie
Allez plutôt dans le jardin
Allez arroser le jasmin
L’églantine, la pâquerette
On n’entre pas dans ma chambrette

Plic ! Ploc ! vous perdez votre temps
Allez arroser dans les champs
Le blé, le fourrage et la vigne
Soyez pour eux douce et bénigne
Et nous aurons assez de pain
De blé, de beurre et de bon vin
Allez que le vent vous emporte
Je n’ouvre ni vitre ni porte

Flic ! Floc ! vous avez beau rager
Passez donc par notre verger
J’aime tant les pommes, les poires
Les cerises rouges ou noires
Les grosses prunes et les noix
Faites pousser tout à la fois
Partez sans tambour ni trompette
On n’entre pas dans ma chambrette

Quand nous habitions tous ensemble

Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d’autrefois,
Où l’eau court, où le buisson tremble,
Dans la maison qui touche aux bois,

Elle avait dix ans, et moi trente;
J’étais pour elle l’univers.
Oh! comme l’herbe est odorante
Sous les arbres profonds et verts!

Elle faisait mon sort prospère,
Mon travail léger, mon ciel bleu.
Lorsqu’elle me disait : Mon père,
Tout mon coeur s’écriait : Mon Dieu!

A travers mes songes sans nombre,
J’écoutais son parler joyeux,
Et mon front s’éclairait dans l’ombre
A la lumière de ses yeux.

Elle avait l’air d’une princesse
Quand je la tenais par la main;
Elle cherchait des fleurs sans cesse
Et des pauvres dans le chemin.

Elle donnait comme on dérobe,
En se cachant aux yeux de tous.
Oh! la belle petite robe
Qu’elle avait, vous rappelez-vous?

Le soir, auprès de ma bougie,
Elle jasait à petit bruit,
Tandis qu’à la vitre rougie
Heurtaient les papillons de nuit.

Les anges se miraient en elle.
Que son bonjour était charmant!
Le ciel mettait dans sa prunelle
Ce regard qui jamais ne ment.

Oh! je l’avais, si jeune encore,
Vue apparaître en mon destin!
C’était l’enfant de mon aurore,
Et mon étoile du matin!

Quand la lune claire et sereine
Brillait aux cieux, dans ces beaux mois,
Comme nous allions dans la plaine!
Comme nous courions dans les bois!

Puis, vers la lumière isolée
Étoilant le logis obscur,
Nous revenions par la vallée
En tournant le coin du vieux mur;

Nous revenions, coeurs pleins de flamme,
En parlant des splendeurs du ciel.
Je composais cette jeune âme
Comme l’abeille fait son miel.

Doux ange aux candides pensées,
Elle était gaie en arrivant… —
Toutes ces choses sont passées
Comme l’ombre et comme le vent!
Victor Hugo
Le rat des villes et le rat des champs
Autrefois le rat des villes
Invita le rat des champs,
D’une façon fort civile,
A des reliefs d’ortolans.

Sur un tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête :
Rien ne manquait au festin;
Mais quelqu’un troubla la fête
Pendant qu’ils étaient en train.

A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit :
Le rat de ville détale ,
Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt ;
Et le citadin de dire :
«Achevons tout notre rôt.

-C’est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi.
Ce n’est pas que je me pique
De tous vos festins de roi ;

Mais rien ne vient m’interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc. Fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre!»
Jean de la Fontaine
Le roi boiteux
Un roi d’Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied;
C’était au pied gauche, je pense;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espèce adroite,
S’appliquèrent à l’imiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait;
Et, de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura : »Monsieur, qu’est-ce à dire?
Je crois que vous ne boitez pas »
Gustave Nadaud
Les saisons

J’aime le Printemps
Quand il fait beau temps
Quand l ‘école nous finissons
Les examens et les leçons

J’aime beaucoup l’été aussi,
Quand nous n’avons pas de souci
Quand nous passons tout le temps
Dans la forêt et dans les champs

J’aime encore l’Automne
Quand la saison est bonne
Pour manger du raisin
Et pour du vin

J’aime beaucoup l’hiver aussi
Quand nous glissons sur nos skis
Quand nous attendons tout le temps
Noël et le jour de l’an.

La semaine du paresseux

Lundi, mardi, fête
Mercredi peut-être
Jeudi, on ne travaille pas
Vendredi la Saint Nicolas
Samedi, petite journée
Dimanche on va se promener

Solitude
On voit dans les sombres écoles
Des petits qui pleurent toujours
Les autres font leurs cabrioles
Eux, ils restent au fond des cours

La source

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l’eau prend sa course
Comme pour s’en aller bien loin.

Elle murmure : Oh ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m’oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M’égratignent dans leurs ébats ;

A ma coupe l’oiseau s’abreuve ;
Qui sait ? – Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l’Océan où tout finit.

Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d’avenir ;
Comme l’eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;

Mais le berceau touche à la tombe ;
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l’engloutit !

Théophile Gautier

Tire l’aiguille

Tire l’aiguille,
Petite fille,
Il faut apprendre à travailler
Avec courage
Vite courage
Tu vas coudre ce tablier
Puis à ta mère
La mine fière
Ce bel ourlet tu montreras
En conséquence
Pour récompense
Tendrement on t ‘embrassera

La vipère et la sangsue

La vipère disait un jour à la sangsue :
Que notre sort est différent !
On vous cherche, on me fuit, si l’on peut on me tue ;
Et vous, aussitôt qu’on vous prend,
Loin de craindre votre blessure,
L’homme vous donne de son sang
Une ample et bonne nourriture :
Cependant vous et moi faisons même piqûre.
La citoyenne de l’étang
Répond : oh que nenni, ma chère ;
La vôtre fait du mal, la mienne est salutaire.
Par moi plus d’un malade obtient sa guérison,
Par vous tout homme sain trouve une mort cruelle.
Entre nous deux, je crois, la différence est belle :
Je suis remède, et vous poison.
Cette fable aisément s’explique :
C’est la satire et la critique.

Florian

4 Réponses to “« CHANSONS ENFANTINES ET COMPTINES TRADITIONNELLES FRANCAISES »”

  1. Violeta Mazaroaie Says:

    Bonjour,
    Je suis professeur à l’école no.2 de Barcea, Galaţi et j’ai lit sur le concours <> . D’abord je vous félicite pour cette magnifique idée, ensuite je voudrais participer avec deux classes. Que dois-je faire??

    J’attends votre reponse,
    Merci
    À bientôt,
    Violeta Mӑzӑroaie

  2. Alexandra Necula Says:

    Moi aussi, je voudrais participer avec mes eleves. J’enseigne le francais dans une ecole generale de 23 August- Constanta. Je voudrais bien des details sur notre participation: quand doit-on s’inscrire, ou devons-nous envoyer les dessins, termes. Merci d’avance pour toute information suppementaire.

  3. anton Says:

    je suis professeur a l’ecole no 38 de Galati et ee voudrais participer avec mes eleves au concours. Mais je ne sais pas les details sur la participation.
    Merci d’avance.
    Georgiana Anton

  4. ioana Says:

    Bonjour
    Je suis professeur a l’ecole Iulia Hasdeu Galati,j’ ai lu sur le concours et je voudrasi participer avec une classe Que dois-je faire? Quand doit on s’inscrire et ou doit on envoyer les dessins? Ou peut on trouver des infos suplimentaires?
    Merci d’avance
    Ioana

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