Les Cahiers de Charlotte (Archives)

Les Cahiers de Charlotte

Buletinul Asociaţiei « Charlotte Sibi » Nr. XII Iarna 2013-2014
Anciens numéros sur: http://www.charlottesibi.wordpress.com et http://www.lescahiersdecharlotte.wordpress.com

 

Extraits du sommaire/Din cuprins :

5ème édition du Concours « Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français »
Hommage à Charlotte Sibi du 26 décembre 2013/Omagiu din data de 26 decembrie 2013
Interview de Cristina Poede (revue Arc en ciel CN « Emil Racovita » Iasi, nov. 2013)
Projets de l’Association culturelle francophone « Charlotte Sibi » pour 2014
Les Cahiers de Charlotte N°3/2014 (à paraître)
Adhésions 2014…
5ème édition du Concours « Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français » (Finale à l’Institut Français le 07.12. 2013)
Cette année a été marquée par un développement du concours, tant au niveau des participants que des partenaires. Le nombre d’établissements a été de 10, le nombre de classes et de professeurs de 20, le nombre de finalistes de 122 et celui des participants à l’étape de sélection de plus de 500 élèves. Notons les premières participations du Collège National « Emil Racovita » de Iasi, et celle, hommage à Charlotte Sibi, de l’Ecole N°17 de Botosani. Le concours a été co-organisé par l’Association « Charlotte Sibi », l’Institut Français de Iasi et l’Ambassade de France. Au niveau des partenaires du concours : 14 contre 5 l’année précédente, le développement est exceptionnel avec l’arrivée du Lectorat de français de l’UAIC, de la librairie française de Bucarest Kyralina et des éditions Humanitas, Gallimard, Meteorpress, Hachette, Corint, Litera et surtout Larousse ! Ce quoi nous a permis d’offrir des Prix remarquables et nous ouvre de nouvelles perspectives pour décembre 2014 avec un développement maximum de notre concours.
Perspectives pour 2014 : Nous souhaitons toucher en 2014, tous les établissements de Iasi où le français tient encore une place d’honneur en passant de 10 à 15 écoles (nous pensons par exemple à : « N. Iorga » ; « T. Maiorescu » ; « Miron Costin » ; « V. Alecsandri » et au Collège Economique) et en passant de 122 à 152 élèves finalistes ! L’une des thématiques de 2014 sera la 1ère Guerre Mondiale.

DIPLÔME
CONCOURS « CHARLOTTE SIBI » 2013
« Connaissance de la France et de la langue française »
1er PRIX
« Récompense pour le bon travail » accordé à

Présidente de l’Association « Charlotte Sibi » Secrétaire du Jury Cristina Poede Olivier Dumas

Résultats 2013 (Remise des Prix le 14.12.2013 à l’Institut Français de Iasi)
Elèves de VIIIe
1er PRIX : DOBREA OLIVIA – Collège National Iasi
2ème PRIX : SPULBER ALEXANDRA – CN « Emil Racovita » Iasi
3ème PRIX : BUHUSI GABRIEL et SANDULACHE IOAN – CN « Mihai Eminescu »
MENTIONS : Pocnet Stefan (CNME) ; Vasiliu Cezar (CN) ; Pricop Ana-Maria (« B.P. Hasdeu ») ; Olariu Ana-Maria (« B.P. Hasdeu) ; Steclaru Alexandru (« B.P. Hasdeu »)
ELEVES DE VIIe
1er PRIX : ZAMURCA ROBERT – CN « Mihai Eminescu » Iasi
2ème PRIX : CIORNEA ILINCA – Scoala N°17 Botosani
3ème PRIX : COJOCARU ANDREI – CN « Mihai Eminescu » Iasi
MENTIONS: Nistor Vlad Constantin (CNME) ; Lazarescu Mara (CNME) ; Moisuc Tiberiu (CN « E. Racovita ») ; Ifitime Teodora (CN) ; Sotropa Ioana (Scoala 17 Boto.)
ELEVES DE VIe
1er PRIX : DUMAS EMMANUEL – CN « Garabet Ibraileanu » Iasi
1er PRIX : CHIRIAC SOPHIA – CN « Emil Racovita » Iasi
2ème PRIX : OLENIUC IULIAN – CN « Emil Racovita » Iasi
3ème PRIX : ISTRATE TUDOR – CN « Costache Negruzzi » Iasi
MENTIONS : Ichim Cosmin Stefan (CN) ; Stefan Ioana (Lycée « D. Cantemir ») ; Palaghean Teodora (CN)
http://www.concourscharlottesibi.wordpress.com

Remise des Prix par Alain Ramette (dir. IFI), Raphaël Bruchet (lecteur UAIC), Olivier Dumas (Ass. « Ch. Sibi »/IFI)
Hommage à Charlotte Sibi du 26 décembre 2013/Omagiu din data de 26 decembrie 2013
Le 26 décembre 2013, à 10.00, au cimétière « Eternitatea » de Iasi, une dizaine de membres de l’association ont rendu hommage à Charlotte Sibi en déposant des fleurs et en allumant des cierges sur sa tombe (qu’elle partage avec sa sœur Marie et son père Joseph). Moments d’émotion, de recueillement et de souvenir.

Rencontre des anciens élèves de Mlle Charlotte Sibi à Iasi, rue Pallady, nr. 12 (septembrie 2013)
Ca în fiecare an, cu câteva zile înaintea începutului anului şcolar, am organizat o întâlnire amicală, care s-a desfăşurat în jurul unei ceşti de ceai (sau de cafea) şi a câtorva prăjituri, în interiorul casei Sibi din strada Pallady nr 12 (din cauza vremii), unde familia Caraman ne-a facut plăcerea de a ne primi in prezenta lui Alain Ramette (directorul Institutului Francez din Iasi) si a lui Raphael Bruchet (noul lector francez la Univeristatea « Al.I. Cuza »). Cu aceasta ocazie, dl. Ramette a fost facut membru de onoare al asociatiei « Charlotte Sibi ».

Interview de Cristina Poede, présidente de l’Ass. « Charlotte Sibi » (pour la revue francophone Arc-en-ciel du Collège National « Emil Racovita »)
Mlle Charlotte Sibi a été une éminente professeur de français de Iaşi qui a marqué toute une génération d’élèves et qui s’est éteinte dans cette ville quelques mois avant l’éclat de la Révolution de décembre 1989. Nous vous proposons ici un entretien avec Mme Cristina Poede, une de ses anciennes élèves et présidente de l’Association “Charlotte Sibi”.
Mme Cristina Poede, cet entretien a l’intention d’évoquer la personnalité de Charlotte Sibi, célèbre parmi les francophones de Iaşi. Pouvez-vous nous dire quand et comment l’avez-vous connue?
Quand je parle de Charlotte Sibi c’est une grande joie et un sentiment de réconfort qui m’envahissent, car, presque sans m’en rendre compte, je me sens plonger dans un monde pur, harmonieux, rassurant… Vous avez peut-être deviné, c’est l’enfance, saison de grâce de notre vie où nous retrouvons à maintes reprises les forces les plus vives dont notre existence a besoin.
A cinq ans j’ai connu mademoiselle Sibi. J’allais à la maternelle, c’était le riant mois de mai, les boules de neige et les pivoines fleurissaient dans les jardins de Iasi – et il y en avait bien plus qu’à présent, hélas ! Ma mère me conduisait aux leçons qui se déroulaient dans une maison imposante en style roumain de la rue Pallady. C’était fabuleux : le bel escalier tortueux en pierre, la terrasse sous un énorme mûrier où l’on faisait les leçons, la grande pièce pleine de revues, de jouets et de chats qui trônaient sur des piles de livres… Et surtout, mademoiselle Charlotte, avec son sourire fin et encourageant, son regard bleu et sa voix douce. A la maternelle on devait présenter une saynète, « Malina et les trois ours ». J’étais la protagoniste mais je n’avais pas la moindre ombre d’orgueil. L’aventure de Malina, perdue dans la forêt, m’intéressait fort, voilà tout. Dans les dialogues que Mlle Sibi écrivait dans mon cahier j’ai retrouvé, avec combien d’émotion, l’histoire de Malina…
Comment peut-on décrire la relation entre Mlle Charlotte Sibi et ses élèves et quelles étaient les principales qualités pour lesquelles elle était aimée et admirée par tous ceux qui la connaissaient ?
Elle représentait certainement un modèle pour tous, car tant de dons étaient réunis dans sa personne : vaste culture, connaissance profonde de la langue, bonté naturelle, sensibilité, humour, dignité, tolérance, élégance des actions, foi véritable, franchise.
Pouvez-vous nous raconter un souvenir particulier avec Mlle Charlotte Sibi ?
Je ne saurais identifier un épisode ponctuel, c’était une présence très fluide, égale à elle-même… Elle se tenait près d’une petite table ronde, deux ou trois enfants l’entouraient et répétaient sagement leur leçon. Elle était un peu courbée, les cheveux argentés brillaient comme une couronne dans la douce lumière de la lampe…Parfois un chat sautait dans ses bras, elle le caressait et lui parlait avec affection, comme à un être humain. A la fin de la leçon, si on avait bien su les proverbes, la poésie, si on s’était bien débrouillé avec la conversation d’après les images, on était récompensé et on avait le droit de choisir un livre ou une revue Pif de la bibliothèque de Tante Charlotte.

L’élève Radu Linde, récompensé pour son travail avec Mlle Charlotte

A présent, vous êtes la Présidente d’une Association en l’honneur de Charlotte Sibi. En quelques mots, quelle est sa mission et ses différents projets?
L’Association « Charlotte Sibi » créée par les anciens élèves de Charlotte Sibi – et je vous assure que la première rencontre a été bien émouvante – se propose de faire connaître la personnalité et l’activité de Charlotte Sibi, fille du dernier consul français à Iasi, professeur admirable, chrétienne sincère et modeste. Un but essentiel de l’association est certainement la promotion du français, grâce aux concours de langue et de civilisation françaises « Charlotte Sibi » qui s’adressent aux collégiens. M. Olivier Dumas, secrétaire de l’Association, a mis au point l’organisation des concours et les remises de prix. C’est toujours M. Dumas qui a organisé les visites au cimetière Eternitatea, à l’occasion des jours – anniversaire de Charlotte Sibi et qui a écrit un livre captivant sur sa vie.
La publication d’une biographie bilingue de Charlotte Sibi en 2011, 110ème anniversaire de sa naissance, l’a fait découvrir par beaucoup de personnes qui n’avaient pas eu la chance de la connaître personnellement. Pensez-vous que la “demoiselle de français” continuera à toucher les francophones de notre ville dans le temps à venir ?
Née avec le XXe siècle, Charlotte Sibi reste une figure très actuelle par son humanisme et sa mobilité intellectuelle. Devant les vicissitudes de la vie – et elle n’en a pas été épargnée, si l’on pense aux deux guerres mondiales et à son expérience du communisme – elle a su témoigner du courage et de la force morale, des qualités qui fascineront toujours les gens – francophones ou pas.
Projets de l’association culturelle francophone „Charlotte Sibi” pour 2014
Concours de dessins dans le cadre du mois de la Francophonie co-organisé avec l’Institut français de Iasi et destiné aux élèves des écoles du cycle primaire (mars 2014).
Hommage à Charlotte Sibi (26 mai 2014)
Les Cahiers de Charlotte 3/2014: publication de la revue annuelle de l’association „Charlotte Sibi” avec une dossier sur le 100ème anniversaire de la première guerre mondiale (mai 2014).
Rencontre autour de la revue Pif avec les anciens élèves, membres de l’association et autres lecteurs (mai 2014)

Publication du livre bilingue sur les écrits de Charlotte Sibi (2ème semestre)
Rencontre des anciens élèves (septembre 2014)
Concours „Charlotte Sibi” (décembre 2014)

Le nouvel „Espace Enfants” de la Médiathèque Charlotte Sibi de l’Institut français de Iasi

http://ccfiasi-mediatheque.over-blog.com/

Les Cahiers de Charlotte 3/2014 http://www.lescahiersdecharlotte.wordpress.com
La revue paraitra fin mai 2014 et aura pour thème le 100ème anniversaire du début de la Première Guerre Mondiale. Nous y commémorerons aussi la mémoire de la soeur de Charlotte, Alice (Sibi) Caraman, dont ce sera le 30ème anniversaire de la disparition. Un appel à communication est envoyé à destination des professeurs pour des articles et des fiches pédagogiques sur la civilation française, l’histoire de France et la Première Guerre Mondiale.
Charlotte Sibi, pensées, journal, lettres et écrits divers
Le premier travail de collecte, sélection, notes et traduction en roumain des écrits (en français) de Charlotte Sibi touche à sa fin. Les professeurs de français membres de l’association ont réalisé les traductions en roumain et l’ensemble des écrits sera publié en édition bilingue au cours de l’année 2014 aux éditions Institutul European de Iasi. Après la biographie bilingue de Charlotte Sibi (Olivier Dumas, Institutul European, 2012) ce travail sera le complément nécessaire à la connaissance de la pensée de celle que nous admirons.

„J’aime les enfants de tous les âges. Je les aime pour eux-mêmes, pour les possibilités qui sont en eux, pour leur âme immortelle et le bien qu’ils peuvent faire par leur conscience. J’aime beaucoup les enfants.
Je commence parfois mes leçons de français avec des petits de 4 ans et demi et cela va très bien, leurs esprit est plus libre. Naturellement je collabore avec les parents c’est la condition essentielle que je pose en commençant les pourparlers. Car il faut que les petits de moins de 8 ans fassent chaque jour un peu de français pour savoir quelque chose et il faut continuellement répéter. Pour que ce ne soit pas abstrait je prends des livres illustrés… »
(Charlotte Sibi, 22 octobre1967)

Photos inédites de Charlotte Sibi et ses élèves (source: Radu Linde)

Mademoiselle Charlotte Sibi et ses elèves en 1959

Adhésions 2014
Notre association compte une cinquantaire d’adhérents. Depuis sa création en 2009 la cotisation annuelle était de 10 lei. A partir de cette année, nous avons décidé de demander une cotisation de 20 lei/an (soit 1,6 lei/mois).
Nous invitons les membres et sympathisants de l’Association « Charlotte Sibi » à acquitter le paiement de leur cotisation pour l’année 2014 (20 lei) à :
Asociatia « Charlotte Sibi » – Association culturelle francophone
Informations et adhésions : Olivier Dumas (Institut Français Iasi – 0232.267.637)
charlottesibi@yahoo.fr http://www.charlottesibi.wordpress.com

https://www.facebook.com/pages/Asociatia-Charlotte-Sibi-Association-culturelle-francophone/128209647361500

BONNE ANNEE 2014 !

Buletinul Asociaţiei « Charlotte Sibi » Nr. XI Vara 2013
Anciens numéros sur: http://www.charlottesibi.wordpress.com et http://www.lescahiersdecharlotte.wordpress.com

Sommaire/Cuprins :

Journée du 25 mai 2013 – Hommage à Charlotte Sibi
Bilans des actions et projets à venir
Nouveaux adhérents et nouveaux partenaires
Concours de dessin « la France au Printemps »
Extraits du journal et de la correspondance de Charlotte Sibi
Traduction des écrits de Charlotte Sibi et publication bilingue en 2014
Rencontre annuelle à la maison Sibi-Caraman
Sommaire des Cahiers de Charlotte 2014
Journée du 25 mai 2013 – Hommage à Charlotte Sibi

1. 10h00 – Dépôt de fleurs et recueillement sur la tombe de Charlotte Sibi – Cimetière « Eternitatea » Iasi

2. 11h00 – Assemblée des anciens élèves de Mlle Charlotte Sibi et des membres de l’Association « Charlotte Sibi » (ACS) – Institut Français Iasi
Bilan des activités; Rapport moral et financier; Projets 2013-14 ; Présentation d’archives inédites de Charlotte Sibi
Bilan des activités de l’Association (sept. 2012 – mai 2013)
Septembre 2012 : réunion des anciens élèves et membres de l’Association à la maison Sibi-Caraman (str. Pallady) ;
Octobre : Lancement de la biographie de Charlotte Sibi à la CCD de Botosani (ancien Lycée « Carmen Sylva) et partenariat avec l’Ambassade de France à Bucarest ;
Novembre : sélection des extraits des lettres et du journal de Charlotte Sibi ; rénovation de la tombe de Charlotte Sibi (à l’initiative de M. Radu Linde)
Décembre 2012 : 4ème Concours de français « Charlotte Sibi » et don de livres et revues à une professeur de français de Schitu Duca (Iasi)
Janvier-février 2013 : Préparation des Cahiers de Charlotte, début des traductions des extraits choisis, campagne d’adhésion et appel aux dons (2%…), partenariat avec la chorale francophone « Mélodie » ;
Mars : Réédition des Cahiers de Charlotte « Chansons enfantines… ») ;
Avril : lancement de la page Facebook de l’association, correction des Cahiers de Charlotte et poursuite des traductions ;
Mai : Journée d’hommage, recherche de sponsors et concours de dessins (en partenariat avec l’Institut français).
Rapport moral :
L’ACS a été créée il y a 4 ans autour d’anciens élèves de Mlle Charlotte Sibi ayant la volonté de poursuivre le travail de mémoire engagé lors de la première réunion des anciens élèves au CCF.
L’ACS – association culturelle francophone – poursuit donc depuis 2009 les deux buts principaux suivants :
- Honorer la mémoire de Charlotte Sibi et faire connaître son œuvre ;
- Soutenir par tous les moyens ceux qui enseignent et apprennent le français.
Adhérents : L’association se porte bien (+ 4 adhérents par rapport à 2012) avec 50 membres à jour de leur cotisation (dont la moitié d’anciens élèves et la moitié qui ne le sont pas, professeurs de français essentiellement).
Visibilité et communication : 3 blogs (+ 2 par rapport à 2012), 1 page Facebook (2013), 1 bulletin/newsletter (3 nr/an envoyé à une centaine de membres et sympathisants), 1 revue annuelle (une centaine d’exemplaires), un numéro spécial ou un livre/an, un espace permanent à la Médiathèque « Charlotte Sibi ».
Partenariats : Ambassade de France, Institut français Iasi, Institut European, Inspectorat de français, ARPF, ARDUF, ASFI, Campus France, Eglise catholique, Chorale « Mélodie ».
Projets 2013 – 2014
Juin 2013: remise des prix du Concours de dessin ;
Juillet-août : fin des traductions des extraits des lettres et du journal de Ch. Sibi ;
Septembre : Réunion des anciens élèves et des membres de l’Association à la maison Sibi-Caraman (lectures d’extraits du journal bilingue) ; recherche de sponsors ;
Octobre : homogénéisation et correction des traductions ;
Novembre : préparation du manuscrit des écrits de Ch. Sibi et du Concours «Ch. Sibi » ;
Décembre 2013: 5ème Concours « Charlotte Sibi » ;
1er semestre 2014 : Parution du livre bilingue (traduits par les professeurs de français membres de l’association) sur les écrits de Charlotte Sibi (sélection et introduction d’Olivier Dumas, préface du père Anton Despinescu) et lancements en partenariat avec l’Eglise Catholique et l’Institut Français.
3. 11h30 – Concert d’hommage à Charlotte Sibi par les enfants de la chorale « Mélodie » (dirigée par Mme Mirela Palamariu, membre de l’Association « Charlotte Sibi »).

 

 

« Mesdames, Messieurs, chers parents et amis, les enfants de la chorale « Mélodie », dirigée par Madame Mirela Palamariu, dédient le concert d’aujourd’hui à Mademoiselle Charlotte Sibi, à ses anciens élèves et aux membres de l’association qui porte son nom».
4. 12h00 – Lancement des numéros 2013 des Cahiers de Charlotte : « Chansons enfantines » et « Présence française à Iasi »
Le premier numéro de la revue de l’Association « Charlotte Sibi » est sorti en mai 2010, depuis, nous avons publié – avec l’aide précieuse de Institutul European – 6 numéros, dont 2 numéros spéciaux.
Les Cahiers de Charlotte dont la devise est « Apprendre et enseigner le français », est une revue qui s’adresse à la fois aux anciens élèves de Charlotte Sibi et aux élèves d’aujourd’hui, ainsi bien sûr qu’à leurs professeurs de français qui composent l’essentiel de son comité de rédaction.
Le 25 mai 2013 nous avons lancé deux numéros.
Le premier est un numéro spécial « Chansons enfantines », qui comprends 68 chansons traditionnelles, dont celle que chantait déjà Charlotte Sibi à ses élèves, ainsi que des articles de professeurs sur l’utilisation de la chanson en classe de FLE.
Le second, de mai 2013, est le numéro annuel de la revue, qui comprend trois parties : un dossier sur la présence de la France et de langue française à Iasi aujourd’hui, des fiches pédagogiques de professeurs, des extraits du journal spirituel et de la correspondance de Charlotte.

 

CONCOURS DE DESSIN « LA FRANCE AU PRINTEMPS »
Organisé en partenariat avec l’Institut français de Iasi, ce concours a rassemblé une centaine de dessins et de participants des classes primaires.
DIPLOME 1er PRIX : Ciubotaru Laura, cl. III, CN « G. Ibraileanu » Iasi (Inv. Stanciu Elvira)

DIPLOME 2ème PRIX : Vieru Oana, cl. III, CN « G. Ibraileanu » Iasi (Inv. Stanciu Elvira)

DIPLOME 3ème PRIX : Amarandei Laura, cl. IV, Chiscareni-Sipote-Iasi (Prof. Ungureanu Violeta)
Diplôme PRIX SPECIAL DU JURY avec Mention: Tălașca Catalina, cl. IV, Poiana-Iasi (Prof. Anca Elena Cristea)
Diplôme PRIX DE L’ORIGINALITE avec Mention : Ajităriți Monalisa, cl. I, CN « G. Ibraileanu » (Inv. Redinciuc, Iulia)
Diplôme PRIX DES PLUS BELLES COULEURS avec Mention: Goronoiu Mădălina, Castranova – Dolj, (Prof. Mitrache Laura-Grigorita)
Diplôme MENTION : Inimosu Diana Teodora, cl. IV, Scoala « BP. Hasdeu » (Prof. Anca Gavril)
Diplôme MENTION : Pîslaru Nicoleta, cl. IV, Preutesti-Suceava (Prof. Dumbravanu Gabriela)
Diplôme MENTION : Șuhan Cristian Mihai, cl. I, CN « G. Ibraileanu » (Prof. Redinciuc Iuliana)
Diplôme MENTION : Muha Nicoleta, cl. IV, Preutesti-Suceava (Prof. Dumbravanu Gabriela)

Extraits du journal et de la correspondance de Charlotte Sibi

21 août 1929
Oh ! Seigneur, c’est la plus mauvaise journée de mes vacances. Je suis si brusque, si peu patiente, si peu douce et j’exige des autres ce que je sais si peu donner moi-même. Oh ! Pardon, pardon mille fois. Je ne suis rien sans vous.
16 octobre 1929:
Il y a toujours quelque chose qui presse, qu’on ne peut laisser en retard ; et sous ce prétexte, sans dessein formé, par le seul entrainement des occupations qu’on s’est faite ; on abandonne peu à peu les exercices qui nourrissent la piété.
Mon Dieu, c’est donc difficile de se recueillir dans le monde ! Cette journée sur laquelle je comptais est passée presque toute entière en discussions si pénibles. Cette directrice a offensé notre famille, c’est incontestable, mais ne puis-je être calme devant une injustice ?
Seigneur, Vous qui saviez si merveilleusement Vous taire en face de vos pires ennemis ; donnez-moi d’être un peu plus douce, plus humble, de penser plus à Vous et moins à toutes les autres choses.
Oh ! Seigneur, quand finira donc cette dualité dans ma vie ? Mais suis-je digne d’un meilleur sort ? Je suis si peu spirituelle, parfois, des journées entières sans réciter le chapelet, sans élever mon cœur. Oh ! Seigneur, ayez pitié de moi ! Je me sens si mal quand je prie peu. Venez m’aider. Je ne puis rien sans vous, prenez place en mon cœur et occupez-le tout entier.
Oh ! Jésus doux et humble de cœur, sauvez mon cœur semblable au Vôtre.
20 octobre 1929
Me vaincre et me soumettre quand il n’y va pas du bien de l’âme. Seigneur, voilà ce qu’il faut absolument avant d’être digne de Vous recevoir
14 août 1930
Mon Dieu, c’est demain le 15 août. Je Vous offre de tout mon cœur tout ce que j’ai, ou plutôt tout ce que Vous m’avez donné. Ce qui me coûte le plus c’est de renoncer à ma volonté propre (avis, désir, conception d’idées). Faites que je sache céder joyeusement, sans qu’on se doute de l’effort, pour que le mérite n’ait pas l’ombre d’une récompense humaine.
Je veux faire cet acte de renoncement et de réparation, de désir de souffrance en un mot. Le Père Ghiuzan. m’y a autorisée – et au commencement je partagerai mon temps en semaines – ainsi à dater de demain ce sera un effort sur ma volonté. Je veux faire chaque jour un pas dans cette direction et savoir céder joyeusement avant même qu’on ait eu le temps de s’apercevoir que j’étais d’un avis contraire.
15 janvier 1931
Mon Dieu, est-il possible que lorsque je suis si ingrate Vous soyez si bon si miséricordieux jusqu’à me faire entendre une parole qui m’a été un si doux encouragement : « Mata faci bine cu atâta simplicitate ». Dire que c’est mon rêve depuis si longtemps… mais je n’ose pas croire qu’il soit réalisé. Mon Dieu, aidez-moi à faire le bien vraiment, à aimer véritablement, à faire tout pour Vous et à être plus fidèle.

10 juillet 1931
Mon Dieu, que de choses, que de faits ! que d’inquiétudes inutiles. Parfois il me semble qu’on reconnaît la valeur de la piété. Mais en ce sens, fais-je bien tout mon devoir ? Quelle lourde responsabilité nous avons du salut des âmes ! Il faut de ma part des réponses plus douces. Un ton calme plus soutenu, peut-être un peu plus d’amour, en tout cas moins d’orgueil. Voilà deux ans jour pour jour que j’écris dans ce cahier pour examiner ma conscience par écrit. Ai-je fait quelque progrès ? Si peu. Domine veni et vide.
17 septembre 1931
Je suis en chemin de fer. Tant de préoccupations, le plus souvent inutiles. Seule cette lettre du Père Ghiuzan a été une consolation sensible. Avidité dans la prière, dans la communion. Solitude spirituelle plus forte que jamais. Mais je veux faire mon devoir au jour le jour ? Ne compter sur personne. Moi seule rendrai compte de mon âme à Dieu. Oh ! Maman, comme je voudrais l’attirer vers une piété plus évidente. Mon Dieu fortifiez-la, elle se sent faible, trop de fatigue, sûrement.
Je veux faire le tableau d’inscription sur ce cahier même et y marquer mes manquements tous les jours. Il faut plus de régularité, plus de souci de faire d’abord mon devoir religieux, le reste ensuite.
Meditatiunea ; Rugaciune de diminineata. ; Rug. pace suflefteasca din P. ; Sfânta Liturghie ; Sfânta Impartasanie ; Sfântul Rozariu ; Oficiul Maicii D. ; Examen de constiinta ; Acte de blândete ; Lectura spirituala ; Indeplinirea bilunara., Rugaciunea de seara. ; Sfânta spovada. ; Reculegere lunara ; Vigil. Sf. C. ; Ave Maria ; Zi buna ; Notarea actele de credinta ; Mici sacrificii.
21 janvier 1968
Ma Chère R… Vous allez amener une nouvelle âme au monde… Je prie de tout mon cœur que ce soit une sainte âme et qu’elle sanctifie la vôtre. Dieu vous envoie ce nouveau petit ange dans votre vie à la suite de ce geste merveilleux que vous avez fait de revenir à Lui. Je vous conseille de l’instruire avec joie et amour : c’est la meilleure chose que vous puissiez faire.
13 octobre 1968
Je vous accorde la note 10. Un 10 souligné deux fois, comme j’ai l’habitude de le faire actuellement pour celles qui répondent très bien. Vous n’avez pas fait de fautes ou presque pas, une ou deux qui ne comptent guère ; je vous les indiquerai à la fin de ma lettre. 5 mois ! Que vous êtes mère pour la troisième fois. Donc un troisième garçon. Dieu veuille qu’il soit prêtre et bon prêtre, tel qu’il en est tellement besoin. Mais c’est là son secret… Se soumettre à la volonté de Dieu est la suprême sagesse. Vouloir ce que Dieu veut est la seule science qui nous mette en repos.
19 janvier 1969
Je suis si heureuse que vous ayez maintenue pure, dans votre cœur cette flamme de l’amour divin qui fait tout le prix de notre vie, et quand vous êtes fatiguée, inquiétée par quelque état de chose, dites-vous bien que « l’amour seul compte », que lui seul donne du prix à nos actions et transforme en or surnaturel nos moindres efforts. Si notre intention de plaire à Dieu est pure, toute notre vie en est transformée.
2 juin 1969
La question que vous me posez est l’une des plus importantes ; puisque Jésus nous dit de ne pas juger, il est incontestable qu’il faut s’efforcer de ne point juger, excepté, comme vous le dites si l’on est mère, juge ou professeur. J’ai aussi, longtemps, été tourmentée par cette quasi-impossibilité où nous sommes de ne pouvoir vivre sans juger ; et mes confessions portaient presque toujours à leur actif ce péché. Mais j’ai toujours espéré qu’il n’est pas grave, étant donné ma nature de professeur. Et voilà qu’un jour je remarque dans l’Evangile cette phrase du Sauveur : « mais si vous jugez… » donc pensai-je, notre Seigneur lui-même reconnaît qu’il y a des cas où il faut juger. Et depuis lors je n’ai plus d’inquiétude à ce sujet, mais il va sans dire que mes efforts sont toujours à la lutte contre le jugement trop rapide et inutile… Pour résumer : Ne jugeons pas en principe, constatons, prions, offrons et si nous parlons, que toujours la charité soit à la base de ce que nous disons. Et ayons le courage de couper court à une conversation où l’amour du prochain est lésé.
Donnez à votre époux l’exemple d’un parfait amour de Dieu et des hommes et vous l’amènerez à Celui pour qui notre âme est faite. Qu’il comprenne l’humilité et l’amour et nécessairement il ira alors à Dieu. Dimanche je commencerai des prières à Saint Joseph qui durent 6 mois et vous verrez le résultat…

22 août 1969
Comment faire pour ne pas juger ? Il y a une chose très importante et vraie : quand on aime vraiment, on juge toujours bien, car on juge avec amour et le discernement du bon Dieu qui lui, juge par le fait qu’Il pense ; comme Il sait tout, la pensée pour Lui a du poids, un fondement, une réalité bien plus valable que nos pauvres apports pour savoir et comprendre. Mais quand on aime tout prend un autre aspect : l’amour éclaire tout, fortifie, pénètre l’âme du prochain comme un baume réconfortant, aujourd’hui surtout où il y a tant d’indifférence, d’hostilité, de haine. Nous sommes bien heureuses de savoir cela, de comprendre cela, de sentir cela et de vouloir, avec l’aide de Dieu, le vivre. Une joie si grande est de la communiquer aux autres ! Et Jésus attend. Il est si heureux quand il trouve une âme qui veut bien l’écouter, Le comprendre, Le laisser parler et dire tous ces divins secrets qui sont si doux à méditer.
10 décembre 1969
Votre visite à Jassy m’a fait du plaisir et du bien. Ma vie est morcelée et, les leçons à part, je ne puis rien faire avec suite. Tel est sans doute le sort que Dieu m’a réservé…
J’ai trouvé en rangeant quelques papiers une phrase de Saint Jean de la Croix : « Aimer c’est se dépouiller pour Dieu de tout ce qui n’est pas Dieu ». Quelle admirable définition qui vous conduit directement au ciel ; mais pour nous, qui sommes encore rivés à cette terre, aimer c’est plus que se dépouiller, c’est supporter saintement tout ce qui n’est pas Dieu pour Le mettre Lui, un peu au moins, au milieu de ce monde si païen. C’est vivre quand même alors que tout nous invite à nous dépouiller, nous isoler, nous renfermer. Il faut savoir juger ce qui est Lui et ce qui n’est pas Lui. Nous revenons au jugement ! On ne peut pas vivre sans juger quand on est intellectuel, mère de famille ou éducatrice. Mais il faut juger comme Dieu juge, avec amour, bonté, surnaturel. Je crois qu’un excellent moyen de bien juger est de se dire : comment Dieu jugerait-il cette circonstance, cette personne, cet événement. La réponse – si nous avons l’esprit clair et le cœur libre – est la norme de notre conduite, de notre jugement, de notre vie. Voilà pour le moment ce que j’en pense. Et si vraiment dans une circonstance nous ne savons pas ce que Dieu pense, prions intensément le Saint Esprit de nous éclairer.
Sîngeorz, 3 août 1972
A Iassy je suis sans cesse tiraillée et si à 7.00 du soir je suis libre, je vais à l’église ou plutôt j’y cours. Ici tout est plus simple, mais il n’y a pas d’église et nous avons avec nous les quatre petits neveux de ma sœur, deux filles et deux garçons entre 14 et 12 ans et demi qu’il faut occuper et distraire, et ce n’est pas facile. Votre fils est-il resté fidèle à Dieu ? C’est si important à son âge ! il faut surtout insister sur la nécessité de l’instruction religieuse ; car c’est seulement par la connaissance profonde des choses de Dieu qu’on arrive à Le connaître et à L’aimer.
Traduction des écrits de Charlotte Sibi et publication bilingue en 2014

L’équipe des professeurs de français de l’Association « Charlotte Sibi » coordonnée par Mme Cristina Poede et Olivier Dumas, travaille, à la traduction en roumain d’une sélection du journal spirituel et des lettres de Charlotte Sibi (rédigés en français). Nous souhaitons en effet publier ses Ecrits, en édition bilingue français/roumain, en 2014 (en mai, avec l’aide de Mme Anca Untu Dumitrescu et de Institutul European). Après un travail d’homogénéisation et de correction, le manuscrit sera revu et préfacé par le Père Anton Despinescu.

Remise de la médaille des Palmes Académique par SE Philippe Gustin, Ambassadeur de France en Roumanie, à Mme Cristina Poede, présidente de l’Association Charlotte Sibi (IF Iasi, le 26.06.2013)
Rencontre annuelle à la maison Sibi-Caraman

La rencontre traditionnelle des anciens élèves et des membres de l’Association « Charlotte Sibi » a lieu chaque année dans le jardin de la maison de la rue T. Pallady où vécut Charlotte Sibi ; la réunion se déroulera un samedi (fin d’après-midi) du mois de septembre 2013 (date exacte à préciser avec nos hôtes, la famille Caraman).
Thématique et sommaire (provisoire) des Cahiers de Charlotte 2014

Thème du dossier : Un symbole de la France à Iasi : la famille Sibi (1891-1991) – Documents, témoignages, contexte historique.
Portraits de Joseph, Hortense, Marie, Alice et Charlotte Sibi ; Témoignages ; L’enseignement du français entre 1891 et 1991 ; L’enseignement parallèle du français entre 1948 et 1989 ; Le phénomène Pif ; Liste des anciens élèves de Charlotte Sibi.

Buletinul Asociaţiei « Charlotte Sibi » Nr. X Iarna 2012/2013
Anciens numéros sur: http://www.charlottesibi.wordpress.com et http://www.lescahiersdecharlotte.wordpress.com

Sommaire/Cuprins :

Lancement de « Charlotte Sibi/Demoiselle de français » à Botoșani – 06.10.2012
4ème édition du Concours Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français
Hommage à Charlotte Sibi du 26 décembre 2012/Omagiu din data de 26 decembrie 2012
Témoignage du Prof. Dr. Liviu Pendefunda, ancien élève de Ch. Sibi
Recension publiée par la Prof. Dr. Lelia Trocan dans les Annales de l’Université de Craiova – 2012
Extraits du journal spirituel de Charlotte Sibi
Extraits de la correspondance de Charlotte Sibi (1ère Partie)
« Les Cahiers de Charlotte » N°2/2013 (à paraître)
Adhésions/Ré-adhésions 2013

Lancement de la biographie Charlotte Sibi/Demoiselle de français à la Casa Corpului Didactic de Botosani le 06.10.2012

Une quarantaine de personnes ont participé au lancement de la biographie de Charlotte Sibi organisé par le professeur Paul Ungureanu, membre de l’Association « Charlotte Sibi » (ACS), à la Casa Corpului Didactique (ancien Lycée « Carmen Sylva ») de Botosani, le 6 octobre 2012.
Cet événement s’est déroulé en présence, entre autres, de Mme Cristina Poede, présidente de l’ACS, de Mme Silvia Carmen Diaconu, directrice de la CCD, de M. Olivier Dumas, secrétaire général de l’ACS et auteur de la biographie, M. Radu Linde, membre de l’ACS. Le public était composé d’une quarantaine de personnes, dont Monseigneur Alois Fechet, membre de l’ACS, trois anciennes élèves de Charlotte Sibi (dont Rodica Cârja et Lucretia Andronic) et de nombreux professeurs de français, dont plusieurs ont adhéré à l’ACS.
Cette rencontre émouvante a permis le « retour » spirituel de Charlotte Sibi dans les murs de son ancien lycée de Botosani et dans les cœurs de ceux qui l’ont connue ou découverte. Les médias locaux et régionaux ont relayé l’information.
Liceul Carmen Sylva (1930) / Casa Corpului Didactic din Botosani (2012)

 
4ème édition du Concours Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français – Décembre 2012 à l’Institut Français de Iasi

Pour la 4ème édition du concours, en décembre 2012 – nous nous sommes proposés de développer encore le concours en l’ouvrant aux élèves des classes de VIIIème.

Cette année le nombre de participants à la phase finale du concours a été de 113, mais plus de 300 ont participé aux tests de sélections organisés en classes par les professeurs.

Organisé par l’Association « Charlotte Sibi », l’Institut Français de Iasi et l’Ambassade de France en Roumanie, les institutions participantes au Concours ont été : l’Institut Français, les Collèges nationaux « M. Eminescu », « National », « C. Negruzzi », « G. Ibraileanu », Lycée Pédagogique « V. Lupu », Lycée « D. Cantemir » et l’Ecole Générale « B.P. Hasdeu ».
Les partenaires du concours ont été : les associations des Départements Universitaires de Français de Roumanie (ARDUF), des Etudiants Francophones (AEFI), des Professeurs de Français de Iasi (ARPF), Campus France ainsi que la maison d’édition « Institutul European ».

Les épreuves se sont déroulées à l’Institut Français de Iasi le 8 décembre 2012. Les remises des prix et des diplômes ont eu lieu le 15 décembre à l’Institut Français en présence de son directeur, M. Alain Ramette.

Pentru cea de-a 4-a ediție a concursului din decembrie 2012, am deschis concursul elevilor din clasa VIII-a.
In 2012, numărul participanților la probe finale a fost de 113, însă mai bine de 300 au participat la teste de selecție organizate în cadrul orelor de clasă de la școlile lor.
Concursul a fost organizat de Asociatia “Charlotte Sibi”, Institutul Francez si Ambasada Frantei în România. Instituțiile participante au fost: Institutul Francez, Colegiile naționale « Mihai Eminescu », « Național », « Negruzzi », « Garabet Ibrăileanu », liceul pedagogic “Vasile Lupu”, liceul « Dimitrie Cantemir » și Școala Generală « B.P. Hasdeu ». Partenerii concursului au fost: Asociația română a departamentelor universitare francofone (ARDUF), Asociația studenților francofoni (AEFI), Asociația profesorilor de franceză din Iași (ARPF), Campus France și Editura «Institutul European».
Probele s-au desfășurat la Institutul Francez din Iasi pe 08 decembrie 2012. Acordarea premiilor și diplomelor a avut loc pe 15 decembrie la Institut Francez în presenta directorului sau, Dl. Alain Ramette.

RESULTATS de la Finale du Concours « Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français» – 2012 – http://www.concourscharlottesibi.wordpress.com
8ème
I. ISTRATI Claudia 88/99 (C.N. »M. Eminescu »)
II. GRIGOROVSCHI Theodor Gabriel 76.5/99
(C. « National) »)
III. ATITEI Crina 74.5/99 (C.N. « M.Eminescu »)

7ème
I. BUHUSI Al. Gabriel et SANDULACHE Ioan 37/40 (CNME – IFI) 13 ans
II. VASILIU Cezar 35.25/40 (C. « National »)
III. ATANASIU Lucian 34 (« D. Cantemir ») et POCNET Stefan (IFI-CNME)

6ème
I. PARASCHIV Stefan 33/40 (CNME) 12 ans
II. ZAMURCA Robert 32.5 (CNME)
III. COJOCARU Andrei 32.25 (CNME)

Merci à tous les professeurs participants : Gela Barbu, Irina Damaschin, Sorina Danaila, Delia Dudca, Cristian Elenin, Anca Gavril, Dumitruna Gazzi, Ana Maria Huzum, Lorina Iacob, Camelia Mancea, Maria Moisuc, Ioana Teodorescu et Oana Untu, Raluca Vârlan.

Hommage à Charlotte Sibi du 26 décembre 2012/Omagiu din data de 26 decembrie 2012

Depuis 2009, nous lui rendons hommage en marquant ce jour en nous rendant le matin, à 10.00, sur la tombe de Charlotte Sibi – qui est aussi celle de sa sœur Marie et de son père. Cette année nous avons pu apprécier la rénovation du tombeau réalisé début novembre par les soins de M. Radu Linde.
Inaînte (oct. 2012) Dupa (noiembrie 2012)

Incepând cu anul 2009, ii aducem un omagiu. Pe 26 decembrie 2012, la ora 10.00, am mers la mormântul lui Charlotte Sibi – care este şi mormântul surorii sale Marie şi al tatălui său Joseph. Anul aceasta am putut aprecia renovarea mormântului realizata la inceputul lunii noiembrie prin grija Dlui Radu Linde.

Témoignage du Prof. Dr. Liviu Pendefunda, ancien élève de Ch. Sibi

Îngerul fetiţei mele
Într-o dimineaţă de vară,mama, poloneză din regiunea Huşilor, cunoscătoare la perfecţie a limbilor franceză şi germană, m-a condus pe strada din spatele casei, trecând pe lângă conacul lui Petru Poni şi Liceul de fete "Oltea Doamnă" spre vechile case dintre străzile Ralet şi Palade. Ne mutasem de curând într-un mic apartament pe strada Muzelor şi tata, descendent al vechilor familii Pendefunda din nordul Greciei, muncea cu trei servicii să poată menţine o stare socială cât de cât acceptabilă în regimul comuniştilor, părinţii mei neavând o origine "bună". Aşa am cunoscut-o pe Charlotte Sibi, o femeie sfântă, care mi s-a părut dintru început că are o asemănare perfectă, prin prestanţă, modestie şi mărinimie totodată, cu imaginea mea despre Sfânta Fecioară.
Domnişoara Sibi, cum o numeam noi, elevii ei, sârguincioşi şi mândri, m-a întâmpinat cu un zâmbet cald, dar care dădea de înţeles că urma să mă studieze în amănunţime şi, dacă nu eram ascultător, va găsi leacul să mă îndrepte pe calea cea bună. Lecţiile au început, în general după-amiezile şi, când mama i-a sugerat că nu se poate apropia de biserică pentru că tatăl meu şi-ar putea pierde şi bruma de bani pe care o câştiga şi poziţia pe care începuse să şi-o creeze prin atâta muncă, a aşezat orele mele marţea şi vinerea înainte de oa 6 după-amiază. Din prima zi, m-a atras cu stilul lecţiilor: un verb, o poezie, câteva cuvinte de vocabular, un cântecel şi totul se puncta. La mai multe puncte primeam un cadou. Chiar mama se întreba dacă banii aduşi pentru lecţii ajungeau pentru atâtea Récompense pour le Bon Travail. Şi azi mai am în pod jocuri pe al căror capac scrie şi semnează Charlotte Sibi. Mi-a plăcut duioşia ei, blândeţea, toleranţa şi chiar când ascultându-te, închidea ochii, nu puteai greşi. Spiritul ei veghea asupra mea ca un înger.
Am iubit-o din ce în ce mai mult. Mă întâlneam acolo cu mulţi copii a căror soartă se schimbase de când veneau în mica curte plină de liliac şi ale cărei scări se roteau spre terasa unde stăteam ades să respir încă, pe vremea aceea, un aer patriarhal. Am simţit că şi ea mă îndrăgise, poate chiar de la început, acordându-mi încrederea de a aprinde lumânările pe micul altar aflat deasupra cărţilor pe perete şi învăţându-mă ceea ce era interzis în casa mea, Crezul şi Tatăl nostru în franceză şi latină. Mult timp le-am ştiut doar aşa şi de câte ori am mers împreună în vechea bisericuţă de pe strada Ştefan cel Mare, le rosteam fără grijă că cineva mi-ar face vreun rău. Eram cu ea. Mama mă încredinţase aripilor sale care mă vegheau. Ascultam siderat şi în extaz, pios şi pătruns liturghia, pentru ca apoi să ne întoarcem pe jos spre casă pe strada nou numită Karl Marx. Sunt sigur că au atras-o, poate, dorinţa mea de a învăţa o limbă ce mi-a devenit a doua limbă maternă, cel puţin aşa îmi place să spun gândindu-mă la măicuţa Sibi şi faptul că a simţit că, în acea lume căreia nu-i aparţineam, aveam nevoie de ea. O ţineam de braţ pe stradă şi ea citea, îmi citea, îşi citea, şi ascultam; manierele, comportamentul, buna cuviinţă făceau parte din învăţăturile pe care le-am zărit mult mai târziu înscrise cu litere de aur în mine. Şi era atât de modestă. Pisicile roiau în jurul nostru, alintându-se, mângâindu-se de picioarele mele şi de fusta ei lungă. Împărţea mâncarea şi laptele cu ele. Mă chema după amiaza, şi începusem să facem lecţii fără să-mi mai primească cei cinci lei pe care mama mi-i strecura în buzunăraşul de la pantalonii mei scurţi şi ne rugam împreună.
Ştii ce-i acesta?, m-a întrebat arătându-mi rozariul. Nu ştiam. De unde să ştiu când nici icoana din casa unor vecini ortodocşi nu o văzusem la mine în casă. Am învăţat să-l descânt la început în cel mai simplu mod şi apoi… A aflat tata de la un om de bine care i-a şoptit faptul că mă văzuse la Biserica Catolică din centru.
Dar era prea târziu. Crescusem şi învăţasem franceză şi în acelaşi timp să-mi cercetez cugetul. Cu ajutorul îngerului meu îl descoperisem pe Isus şi îmi dezvăluiam felul de a gândi, de a simţi, îmi arătam sentimentele adevărate de creştin. Imi povestea despre o lume care dispăruse, dar nu din ochii ei, despre oameni care nu mai erau dar nu din amintirea ei. Imi povestea despre tinereţea ei, despre momentele frumoase de pe cînd tatăl ei era consul şi drama iubirii, a refugiului şi obida unui oarecare domiciliu forţat. Iubea copiii în dorul celor pe care nu’i avusese ea.
Într-o zi, în camera aceea mare împărţită de mese şi vrafuri de cărţi m-a luat de o parte şi mi-a dat o misiune. Un scop reprezintă pentru un tânăr adolescent o sarcină extrem de tainică, secretă chiar: să nu uit niciodată să fiu bun, să-i ajut pe ceilalţi (mai ales că aflase că alesesem medicina ca vocaţie), să fiu un bun creştin (nu întrevedea vreo şansă de schimbare a societăţii) şi în acelaşi timp să citesc şi să scriu. Să citesc mult, numai cărţi de valoare, aşa cum îmi recomandase şi îmi dăruise ea şi să mărturisesc un crez în faţa tuturor, de care să nu-mi fie ruşine, şi să scriu.
Acum când fetiţa mea a luat Prima Sfântă Împărtăşanie, se duce singură la biserică, cu credinţă şi chemare, citeşte şi scrie, cântă şi pictează osana către Dumnezeu, văd puritatea şi curăţenia sufletească a îngerului care, poate, acum din ceruri, o călăuzeşte şi pe ea.
Liviu Pendefunda, si cu alti copii (Tudor Lozba…) la Dra Ch. Sibi, prin decembrie 1961 ?
Recension publiée par la Prof. dr. Lelia Trocan dans les Annales de l’Université de Craiova – 2012

DUMAS Olivier. CHARLOTTE SIBI. DEMOISELLE DE FRANÇAIS. DOMNIŞOARA DE FRANCEZĂ, – Ediţie bilingvă. Traducere din limba franceză de DUMAS Felicia, Iaşi, România, Institutul European, 2012, 480p.

L’ouvrage d’Olivier Dumas, Charlotte Sibi. Demoiselle de français. Domnişoara de franceză, revisite l’histoire et braque son projecteur sur «toutes celles et [...] tous ceux qui enseignent la langue française, par passion et avec amour, malgré toutes les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et où qu’ils se trouvent». (p.7), mettant en exergue la personnalité de la Française Charlotte Sibi qui a initié, «à la civilisation, à la culture et à la langue» (p.204), trois générations d’élèves, à Iaşi, à Botoşani, à Zlatna. «Le choix des contenus à enseigner attestait la préoccupation profonde de Charlotte Sibi pour une éducation plus complexe et plus nuancée de ses élèves, qui soit en parfait accord avec la morale chrétienne.» (p.214) De plus, «la méthode Sibi pour les jeunes enfants était aussi une méthode à valeur stimulatrice – du Piaget avant la lettre». (p.214)
La devise de la vie de Charlotte Sibi peut se résumer dans les paroles d’Elisabeth Lesueur: «Penser est bien, prier est mieux, aimer est tout». (p.217) Le tout «pour ne pas perdre son temps». (p.221) «Fais bien ce que tu fais!» (p.224) signifie pour Charlotte Sibi «travailler en donnant tout». (p.224)
«La moitié de Iaşi a appris le français avec Mlle Sibi.» (p.230) «[...] parents, amis, anciens élèves, enfants devenus grands» (p.230) témoignent en ce sens. C’est pourquoi elle n’est pas morte, elle «dort» (p.230) seulement. Charlotte Sibi a été «une encyclopédie de connaissances», «une pédagogue née» (ces milliers de cahiers le prouvent), «un modèle européen à suivre», «un vrai modèle qui s’imposait par une solide formation et une solide éducation». (p.231)
Olivier Dumas s’est sérieusement documenté sur l’époque (surtout le XIX-e siècle) et les personnages qu’il veut faire revivre, notamment Charlotte Sibi, «Présence française, personnalité catholique franco-roumaine ou symbole de la France et de la langue française à Iaşi pendant la période communiste, [...] une enfant du siècle, une européenne avant l’heure, partagée entre les cultures française, roumaine, allemande…, blessée par les guerres et isolée par le régime communiste». (p.237) Cette trame historique est plus qu’une toile de fond: elle contribue à déterminer l’évolution des idées et des sentiments.
Le thème central de l’écrit visé réside dans la récupération du passé et de ses propres racines, mais décrypte en égale mesure la manière de l’histoire de se muer en narration, l’angle d’incidence entre le réel et le fictionnel, la sensibilité profonde de l’héroïne, la modalité d’être dans le récit. L’ouvrage d’Olivier Dumas parle également d’amour, de religion, de famille, de trahison ou de mort, mais aussi des ressorts qui les déclenchent et de la logique qui les sous-tend.
L’auteur accorde les vies de ses personnages à la grande histoire. Mlle Sibi est passionnée de didactique, de littérature, de musique, de théâtre, de philosophie; elle est fortement attirée par le travail de la mémoire, la tension entre l’identité personnelle et les rôles sociaux. Ce n’est pas difficile d’y déchiffrer l’allusion à un processus de séparation d’un certain système d’auto-représentation dérivé des valeurs imposées de l’extérieur. Olivier Dumas ne limite pas son explication à la mécanique simplifiée d’un excès qui compense un manque; pour Mlle Sibi, les fondements de la réalité ont été entièrement ébranlés ou, autrement dit, elle a tenté de se soustraire à la manière canonique de la comprendre.
Le livre d’Olivier Dumas étaye une problématique complexe. Le titre de l’ouvrage en témoigne bien car il ne s’agit pas uniquement de l’enseignement du français par un professeur éminent, mais de la mise en lumière d’un réseau matriciel qui, non seulement articule une thématique étendue à l’ensemble de l’œuvre, mais engendre un mode d’écriture. C’est pourquoi l’instrumentation théorique mise en œuvre se veut ouverte, favorisant plusieurs lectures dans le domaine de l’imaginaire et celui de la textualisation.
L’ouvrage d’Olivier Dumas départage deux types de lectures, l’une portant sur le contenu, l’autre sur les formes textuelles, mais on est loin d’un plan binaire du type «le fond / la forme» car l’amour pour le français de Mlle Sibi permet une construction à la fois homogène et centrée de l’analyse dans une dimension extensive qui devrait recouvrir beaucoup d’aspects du livre d’Olivier Dumas, permettant au lecteur de pénétrer véritablement dans l’univers trouble et troublé du communisme, un moment de l’Histoire où l’humanité a été mise en question.
Le livre met en relief la voix profonde du narrateur qui souhaite faire comprendre à son lecteur le pourquoi du dévouement inconditionné et de l’amour total que Mlle Sibi voue au français, à ses élèves, à la culture et à la civilisation française et universelle, sous le signe d’une vraie quête de l’absolu.
Pour accéder à la réalité vue par «l’œil caméra» d’Olivier Dumas, on cherche des traces, images, photos, points marginaux, en faisant appel à l’imaginaire pour maîtriser le réel. Incitante est, en ce sens, l’analyse des rêves de Mlle Sibi et de ses rapports avec l’écriture. L’image devient révélatrice et, en même temps, garde son caractère d’énigme, laquelle, si elle correspond à l’appel de l’écriture, elle n’autorise qu’en partie la connaissance de soi.
Dans ce «livre-bibliothèque», qui enchaîne aussi un vrai dialogue des cultures, l’agrégation bien coordonnée des motifs a pu permettre le passage du «sens perdu» à la «reconquête du sens» par le biais des valeurs-refuge symboliques ou affectives, religieuses ou laïques (l’oubli, la nature, les mots, les livres, les chats), à l’aventure ontologique du sujet en quête d’unité au-delà de l’errance.
L’essentiel, quant à l’originalité de l’écriture d’Olivier Dumas, a été de trouver l’exacte relation à Mlle Sibi, celle qui permet la catharsis, le pouvoir initiatique de la langue de secréter la connaissance plutôt que la révéler, d’être une vraie forme de purification, une valorisation nouvelle du silence et de la simplicité langagière. D’ailleurs, c’est justement le trait saillant de l’excellente traduction de notre collègue, Felicia Dumas.
Le livre-mémoire d’Olivier Dumas témoigne de nombreuses lectures de Mlle Sibi, mais tout aussi bien de celles de l’auteur. Ni celui-ci, ni le personnage central de l’ouvrage n’ont ménagé leur peine. Le lecteur entend clairement la voix du narrateur mais aussi celle de son héroïne. Bien touchantes sont les analyses de détail, l’art du portrait, la cohérence des idées, le jeu systématique des paradoxes.
La force de l’écriture d’Olivier Dumas et du traducteur, Felicia Dumas, tiennent à la diversité des discours qui l’habitent et à leur volonté d’être à l’écoute des voix venues de partout. D’ailleurs, auteur et traducteur mettent en forme une polyphonie de discours qui s’harmonisent sous la houlette du scripteur / souffleur, mi-chef d’orchestre, metteur en scène, présence-absence, dans ce jeu de cache-cache, où le brassage des histoires hantées par les aléas de l’existence, passée ou présente, préfigurant l’avenir, produit une parabole littéraire, espace ouvert, espace de renaissance, après les souffrances.
Olivier Dumas, suivant presque la méthode interactive de Charlotte Sibi, incite le lecteur, «notre frère humain», à repenser bien des éléments de l’enseignement des langues étrangères, en espèce, le français. Lui, un autre François qui habite Iaşi, féru de littérature, culture et civilisation françaises, décentre et prolonge le regard qu’ont pu poser, en matière d’éducation, de nombreux pédagogues, critiques, philosophes, humanistes, anthropologues, ayant étudié la même problématique. Olivier Dumas a dépassé dans son écrit le devoir de mémoire par l’intégration du devoir de penser.
Ce livre interdisciplinaire, autour de la figure emblématique de Mlle Sibi, témoigne d’un travail de recherche (une solide bibliographie), d’une aptitude de la théorisation et d’une compétence de lecteur qui révèlent des capacités d’Olivier Dumas. Mais, surtout, de même que pour Mlle Sibi, d’un amour touchant du français et de «la douce France», qui sous-tend chaque ligne de l’ouvrage et chaque instant de l’existence de son auteur.

 

Extraits du Journal spirituel de Charlotte Sibi

Commencement. 10 juillet 1929
Mon Dieu, je crois à votre infinie bonté, non seulement à cette bonté qui embrasse le monde, mais à cette bonté particulière et toute personnelle qui aboutit à cette misérable créature que je suis et qui dispose tout pour son plus grand bien.
Et c’est pourquoi, Seigneur, même quand je ne vous vois pas, quand je ne comprends pas, quand je ne sens pas, je crois que l’état où je me trouve et tout ce qui m’y arrive est l’œuvre de votre amour, et de toute ma volonté. Je le préfère à tout autre état qui me serait plus agréable mais qui viendrait moins de vous.
Je me mets entre vos mains, faites de moi ce qu’il vous plaira ne me laissant que la consolation de vous obéir.
Divin cœur de Jésus, je vous offre par le cœur immaculé de Marie, les prières et les souffrances de cette journée, en réparation à nos offenses et à toutes les intentions pour lesquelles vous vous immolez continuellement.
Je vous les offres en particulier pour le développement des retraites fermées et la défense des missions contre le bolchévisme. Et en ce jour particulièrement encore pour le Pape.
Un Pater, un Ave et un Gloria pour l’Union des Eglises…

27 janvier 1937
Pourquoi au-je pris ce cahier ce soir ? J’ai senti fortement la solitude, ou plutôt comme dit si bien Elisabeth Leseur l’isolement – et j’ai relu. De nombreuses pages depuis 1932. Quelle irrégularité dans ma conduite spirituelle et pourtant mon Jésus que mon amour est pur ! Je le sens. Vous me préserver, je le sens aussi. « Vivre votre amour, mon Jésus, dans le recueillement de mon âme, vivre votre éternel amour dans la plénitude de l’instant présent ». Déhival.
Intentions du mois : 1. Maman, 2. Papa, 3. Marie, 4. Alice et Pierre, 5. La Tante Louise (+juin 1936), 6. Toute la famille de Papa et de maman, 7. Mon Directeur, 8. Le Pape, 9. Tous les prêtres, 10. Toutes les religieuses, 11. Tous les Juifs, 12. Tous les orthodoxes, 13. Tous les protestants, 14. Tous les païens, 15. Toutes mes compagnes de lycée et d’Université, 16. La famille Launay, La famille Gregorian et surtout mon petit filleul, 17. Pour les personnes de Iassy qui pensent à devenir catholiques, 18. Pour tous les catholiques de Iassy, 19.Pour la personne qui m’aura demandé de prier pour elle ; 20. Pour toutes les jeunes filles entre 20-30 ans, 15-20 ans, 10-15 ans; 21. Pour tous les enfants entre 1-10 ans ; 22. Pour le patronage ; 22. Pour toutes les mères de famille ; 23. Pour tous les défunts du mois ; 24. Pour toutes les âmes du purgatoire et spécialement pour l’âme du P. qui est le plus loin du terme ; 25. Pour toutes mes élèves ; Pour tous ceux qui m’ont fait de la peine durant le mois.
18 décembre 1941
Commencement d’apostolat effectif. Jeunes filles de 16 à 25 ans. Je suis si heureuse de cela, un bien effectif, je le sens parfaitement et pourtant mon Dieu, vous me donnez de n’en ressentir aucun orgueil, pas le moindre, mais la joie, la joie entière.
Parfois des velléités de découragement, des visions claires de défections douloureuses possibles, mais toujours sous votre doux regard, mon Jésus, et tout passe, votre amour demeure.
13 novembre 1942
Eveilleuse d’âme, quel bel idéal ! A ceux qui me disent que le propre de l’idéal est de ne pas pouvoir être atteint, j’ai envie d’être immodeste et de leur dire : je l’ai atteint, moi. Mais je sais que, malgré tout, « ils ne comprendraient pas ». Ils n’ont pas compris Jésus, comment prétendrions-nous qu’ils nous comprennent nous ! L’idéal peut, à mesure devenir de plus en plus élevé, oui, mais c’est le même, et on l’a atteint. Je dirais même plus : c’est à mesure qu’on l’atteint vraiment qu’on se rend compte que c’était réellement là notre idéal. Et on l’intensifie, on l’aime davantage, mais c’est le même que l’on sert.

 

20 mars 1943
Quelle année féconde ! Oui, les petits moutons sont devenus un grand troupeau. Je donne de moi-même, mais la source est intarissable. Mon Doux Sauveur, gardez-moi bien fidèle. Vous savez que j’accepte tout ce que vous voulez.
Les âmes d’enfants, de jeunes filles, font ma continuelle préoccupation. Aidez-moi, mon Dieu, à les former, les éclairer, les guider, vers vous. Suprême sagesse et suprême joie.
1er janvier 1944
Mon Dieu, tant de belles âme : Claudia, Sylvia, Liliane, Lenus surtout. Et Ionel, Tindi, Gusta, Misa, Duluta, Columbita me charment. Pensant à mon action trop récompensée parfois, je m’inquiétais. Et Dieu m’a exaucée dans ma demande simple : « Vous suis-je désagréable par cette clairvoyance ? Ne puis-je la considérer comme inévitable, mais aussi comme une source de désir d’avancer – progrès, amour, joie – d’être un bel instrument ». Et je demandais une réponse personnelle et précise. (1er novembre) Et oh ! bonté divine, Dieu a daigné répondre par Misa Bazas qui m’écrit le 20 novembre : « L’influence que vous exercez sur moi fait partie des choses qui ne dépendent point des circonstances indépendamment de notre contact « réel » vous me faites énormément de bien par le simple fait que vous existez. Savoir qu’il y a près de moi un homme qui a réalisé l’oubli de soi et qui ne pense qu’à Dieu constitue un appuie considérable pour mes efforts d’avancer dans la voie de la spiritualité. Ce qui sans vous m’apparaitrait comme un fin lointaine qu’on a de la peine à apercevoir, est pour moi, grâce à vous, une réalité vivante sous mes yeux. A ceux qui ne pensent qu’à faire le bien, Dieu a accordé une récompense bien précieuse : faire le bien constamment quoi qu’ils fassent : quoiqu’ils disent, par le simple fait de leur existence ».
Voilà comme Dieu traite ceux qui L’aiment.
Janvier-mars 1944 : Inquiétude, débats, occupation intense. Avril-décembre : refuge – Zlatna, douleur, joie de l’Eglise chaque jour. Tout et tant d’âmes à éclairer… Joie de l’apostolat.
Mai-décembre 1945 : retour à Iassy et Botosani. Douloureuses constatations : école et enseignement si nouveaux ; Quelques joies, la messe presque tous les jours.
Décembre-juin 1946. Retour à Zlatna, détachée au gymnase. Conditions de vie dures à tous les points de vue. Maman souffrante. Papa renfermé et de plus en plus infirme. Ni amitié, ni correspondance régulière. Rien humainement. 26 février : mort de maman. Restée seule avec Papa. Constate que Dieu seul peut remplir mon âme et inspirer mon activité. Messe et communion tous les jours.
12 juin 1948
Que d’évènements. Mais toujours forte et douce présence de Jésus. Et aussi cette amitié nouvelle, amie vraie, comme jamais je n’en ai eue. Sur laquelle je compte pour me vérifier vraiment. Est-ce parce que l’aurore d’une véritable persécution se lève que Dieu m’a envoyé cet ange intelligent, fin et passionné, qui sera enfin l’amie idéale, la sœur de mon âme… Apprenant que dernièrement j’ai été persécutée « pour la justice » j’ose le dire, elle m’écrit : « Mă gândesc mult la tine, și mai mult de când te știu așa de supărată și nedreptățită…” (Marioara Baltaceanu) Mon Dieu gardez-moi pure pour que je sois digne de cette amitié.
J’ai parlé de persécution. On me signifie en effet que ma manière d’enseigner ne correspond pas aux vues des dirigeants que deviennent nettement matérialistes et athées. On m’a pris en mars la dirigeance sous prétexte que j’étais trop religieuse, sans même venir voir comment je faisais les heures de dirigence, seulement en interrogeant (peut-être intimidant) les élèves. Dernièrement on m’a fait encore toutes sortes de reproches accusateurs par la même méthode cynique à force d’être absurde; enfin on veut éloigner de moi cet enfant qui est ma consolation (Rodica Petrovan) dont l’âme cette année a été particlièrement avancée. Mon Dieu, tout nous arrive par votre volonté sainte. Rien n’est imprévu ou ne peut nous nuire si vous ne le permettez pas. Donc, j’élève mon âme à Dieu et Lui adresse mon amour et ma joie de Lui obéir jusque dans les moindres détails. Je demande seulement la force et la pureté.
Enfin, c’est encore par l’entremise de cette amie du ciel que je suis entrée en relation avec la Supérieure des Soeurs Sociales. Seigneur, est-ce là que vous me voulez ? Etre toute à vous et pourtant rester dans le monde. Continuer à me dépenser pour les hommes qui me le rendent si souvent en persécution et mépris. O doux esprit, venez éclairer mon âme et fortifier mon coeur. Ces coïncidences si nettes de mise hors de service, d’une façon, pour que je puisse entrer au service de Dieu plus pleinement, cela me ravit, me soutient et me fait sentir plus fortement encore mon indignité si réelle.
Extraits de la correspondance de Charlotte Sibi (1ère Partie)

Sîngeorz, le 1er août 1967
…Cette année j’ai travaillé plus que jamais… Toute la semaine je donne des leçons aux petits enfants entre 5 et 12 ans. Je leur mets des notes, je donne des récompenses; ils apprennent très bien. Mais cela me prends tout mon temps. Je puis heureusement aller à l’église tous les matins.
Iassy, le 14 août 1967
Elever (a ridica) une âme est la plus belle mais aussi la difficile chose au monde…
Les enfants, il ne suffit pas de les connaître et même de les comprendre ; il faut surtout les aimer ; les enfants ont besoin d’amour comme la plante du soleil. Et encore : il faut être gai avec eux, n’oubliez pas qu’un « cœur joyeux tue plus de microbes que tous les antiseptiques du monde ». Les enfants surtout ont besoin de gaité, car ils oublient vite les petits ennuis, les contrariétés, les punitions et surtout les conseils… tout cela passe, glisse. Mais la gaité demeure comme les pierres dans le courant et forme leur caractère plus solidement et sainement. Ce qu’on fait dans la joie est généralement bien fait.
22 octobre 1967
J’aurais voulu vous écrire pour la fête de notre chère petite Sainte Thérèse. Mais je dois tout faire à la hâte, et même, hélas, les leçons, parfois, car il y a trop d’élèves et trop à faire pour les faire avancer. A propos des leçons : avez-vous un peu commencé avec vos fils ? Le plus tôt est le mieux ; je commence parfois avec des petits de 4 ans et demi et cela va très bien, leurs esprit est plus libre. Naturellement je collabore avec les parents c’est la condition essentielle que je pose en commencent les pourparlers. Car il faut que les petits de moins de 8 ans fassent chaque jour un peu de français pour savoir quelque chose et il faut continuellement répéter. Pour que ce ne soit pas abstrait je prends des livres illustrés – les livres russes pour cela sont excellents- et je décris le tableau. Si vous vous décidez à commencer je puis vous indiquer précieusement le procédé.
Iassy, 18 avril 1976
Je me revois parfois dans la jolie petite église de Botosani. Que les prières étaient douces alors de grâces reçues par notre cher Père Clofanda. Du haut du ciel, il voit tout… Quand je pense parfois que toutes les bonnes actions de ceux qui n’ont pas la grâce de Dieu ne servent à rien, pour le moment du moins, une grande tristesse remplit mon âme et un désir intense de les éclairer, de leur expliquer, qu’ils vont les yeux fermés, vers un abîme de malheur sans nom.
4 avril 1984
J’étais inquiète n’ayant pas de vos nouvelles depuis assez longtemps. Les temps sont aujourd’hui si pleins d’évènements que je craignais qu’il ne fut arrivé quelque chose : on démolit, on déménage on a toutes sortes d’ennuis. Je vois que vous n’avez pas été épargnée ; mais enfin on n’a pas démoli votre maison et c’est toujours quelque chose. Mais il ne faut pas être triste : vous savez que saint François de Sales a dit : « Un saint triste, c’est un triste saint ». Mais je vous comprends car moi-même je lutte pour ne pas être trop triste dans ma grande épreuve dont je ne vois pas la fin.
Pour votre fête je vous souhaite de tout mon cœur une bonne santé, de la chance, la paix de l’âme et du cœur. Ce sont les seuls biens que l’on peut souhaiter, les autres sont si aléatoires !
Cette année, le 19 mars, jour et fête de St Joseph, je n’ai pas pu aller à l’église, ni auprès de la statue qui m’est si chère et où on me réservait la place même quand il y avait beaucoup de monde. Parce que depuis octobre dernier un mal étrange, une sorte de varices m’a forcée à m’interner le 8 novembre jusqu’au 12 mars. J’ai dû subir une opération – greffe- le 25 janvier étant obligée de rester immobile les muscles se sont ankylosés et maintenant je ne puis marcher… C’est une épreuve qui me fait souvent pleurer. Dieu cependant a eu pitié de moi car le 8 décembre on a consacré au séminaire 24 diacres qui ont la permission de donner la Sainte Communion et ils sont venus régulièrement tantôt l’un, tantôt l’autre, le mardi, le jeudi et le dimanche quand leur programme le leur permet. Ils viennent ici aussi, rue Paladi.
19 novembre 1984
J’entends dire que Botosani est bien changé – j’espère toutefois que le jardin public est resté le même – et le lycée, l’a-t-on modifié comme architecture ?
Les leçons de français clarifient les connaissances, les ordonne, les classe. Je passe mes journées à prier – lire – écrire – donner quelques leçons à des petits et petites de 5 à 6 ans – les parents sont enchantés car les enfants progressent vite à présent – mais on les occupe trop avec les mathématiques. Ce sera une génération de cerveaux fatigués.
Iassy, le 5 août 1985
« Ne soyez en dette avec personne, sinon de l’amour mutuel » nous dit si joliment Saint Paul. Votre visite m’a fait un plaisir immense. Tout ce que vous avez dit, je l’ai enregistré avec soin et amour. Il est si doux de voir, de sentir que parfois ce que vous avez semé donne de bons fruits. Je vous souhaite le même bonheur.
Je fais tous les jours pour votre famille les prières de Saint Joseph. Les prières que Jésus lui-même a dictées à Sainte Brigitte et qui sont d’une efficacité extraordinaire. Dernièrement j’ai repris ces prières pour ma famille qui – ma sœur Alice Caraman exceptée – ne fréquente plus l’église depuis des années. Et le 7 décembre 1984, au dernier moment presque, ma sœur Alice a reçu la visite du père Dobos qui l’a confessée et lui a donné la Sainte Communion- 5 heures après elle mourrait. Enfin, le 1er février, l’aînée de nous trois, ma sœur Marie, se confessait après quarante ans d’abstention. Le Père Despinescu vient tous les mercredis m’apporter la Sainte Communion.
Je vous remercie pour le précieux cadeau que vous m’avez fait lors de votre visite avec votre mari. Fraga (la femme de Petrisor) a poussé un cri de joie en recevant le paquet car depuis 10 jours on n’a vu l’ombre de viande…

 

Les Cahiers de Charlotte N°2/2013 (à paraître)

Nous lançons un appel à tous les professeurs de français qui veulent participer à la rédaction du prochain numéro des Cahiers de Charlotte (N°3/2013 à paraître en mai prochain) et écrire sur le thème suivant : « Présence et enseignement de la langue française à Iasi » ou réaliser des fiches pédagogiques sur un sujet de Civilisation française (éventuellement avec le concours d’élèves, notamment pour les illustrations). Délais d’envoi : fin mars 2013.
http://www.les cahiersdecharlotte.wordpress.com
Solidarité avec les professeurs de français et leurs élèves du milieu rural

Au mois de décembre 2012, l’Association Charlotte Sibi a offert des dizaines de livres, revues pour les enfants et documents audio-visuels en français, aux élèves (3ème, 4ème et 5ème) des villages de Satu Nou et Poiana de Schitu Duca (Iasi) et à leur professeur, Mlle Anca Cristea.
Adhésions/Ré-adhésions

Nous invitons les membres et sympathisants de l’Association « Charlotte Sibi » à acquitter le paiement de leur cotisation pour l’année 2013 (10 lei minimum) à :

Asociatia « Charlotte Sibi » – Association culturelle francophone
Informations et adhésions : Olivier Dumas (Institut Français Iasi – 0232.267.637)

Buletinul Asociaţiei « Charlotte Sibi » Nr. IX Toamna 2012

Sommaire/Cuprins :

24 mai 2012 Zi omagială Charlotte Sibi

Lancement de Charlotte Sibi/Demoiselle de français à Casa Corpului Didactic – Iași

Charlotte Sibi – Demoiselle de français dans « Biblioteca », « Dacia Literară » et la « Revue roumaine d’études francophones »

Interview de Mme Petrescu-Dâmbovița, amie de Charlotte Sibi

Rencontre des anciens élèves et des membres de l’association, rue Pallady, nr. 12

Témoignage de Rodica Cârja, ancienne élève de Botoșani et amie de Charlotte Sibi

Extraits d’interwiews d’Ileana Turusancu (1909-2004), collègue et amie de Ch. Sibi

Lancement de « Charlotte Sibi/Demoiselle de français » à  Botoșani – 06.10.2012

4ème édition du Concours Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français

24 mai 2012 Zi omagială Charlotte Sibi

- Lecție deschisă de « Civilizație franceză » cu profesorii Cristina Poede și Anca Gavril (Institutul Francez din Iași, orele 13.00)»

- Lansarea revistei Les Cahiers de Charlotte, numarul al III-lea (I.F., 18.00)
- Marturii si proiecție de fotografii; Bilanțul anual și proiectele Asociației « Charlotte Sibi »

- Omagiu la cimitirul Eternitate din Iași, sâmbata 26 mai – ora 10.00

Lancement de Charlotte Sibi/Demoiselle de français à Casa Corpului Didactic – Iași

Joi 31 mai 2012, la Casa Corpului Didactic “Spiru Hareț” din Iași a avut loc lansarea cărții Charlotte Sibi – Demoiselle de français/Domnisoara de franceza și revistei Les Cahiers de Charlotte 2012, cu Felicia Dumas, Olivier Dumas, Nicoleta Marinescu…

 

Extraits de deux interviews d’Ileana Turușancu (1909-2004), collègue et amie de Charlotte Sibi

Ileana Turușancu s-a născut în 1909, la Botoșani. Studiile liceale le urmează la Liceul Carmen Sylva.

-         Unde ați debutat în învațământ ?

-         Am debutat în anul 1932 la Școala Normală de fete din Botoșani… Apoi, timp de 20 de ani în perioada 1946-1965, am predat limba română sau franceza la Liceul teoretic Carmen Sylva, transformat apoi în școala medie nr. 2 Mihai Eminescu. Țin să remarc că la școala am fost bună prietenă cu Charlotte Sibi (de origină franceză după tată și germană după mamă), profesor de limbă franceză, o profesoară extraordinară, de elită…

(Interview par Paul Ungureanu pour Jurnalul de Botoșani și Dorohoi 26-28.10.1999)

Ileana Turusancu la 92 de ani – despre îndoctrinarea învățamântului în perioada stalinistă

-         Vă rog să dați câteva exemple de cadre didactice botoșănene care n-au pactizat cu noul regim politic.

-         Și în învățământul botoșănean avem cadre didactice de valoare, care datorită coloanei vertebrale au avut mult de suferit. Și, ca să fie mai convigători, șefii din învățământ, de acord cu dispozițiile politice, au procedat la suspendarea definitivă din învățământ, a următoarelor cadre didactice: Charlotte Sibi, profesoară eminentă de limbă franceză la Liceul de Fete din Botoșani Carmen Sylva. Tatăl ei a fost consul francez la Iași. Cred că o asemenea profesoară nu se va mai ivi. A fost cea mai bună prietenă de-a mea… (Interview par Paul Ungureanu pour Viata Botosanilor – 4 iulie 2001)

 

 

 

Interview de Mme Petrescu-Dâmbovita (90 ans), amie de Charlotte Sibi

 

Polonaise, j’étais réfugiée à Iasi – venue de Cernauti -quand j’ai connu Charlotte Sibi, pendant la guerre (M.Singevin était alors lecteur de français) – il y avait  beaucoup de réfugiés polonais à Iasi. Mon amie, Marika, jeune blonde, très belle, était réfugiée avec sa famille et ils étaient énormément aidés par Charlotte et sa famille. Elle lui donnait même de l’argent.  Les Polonais avaient très peur alors des Allemands car ils pouvaient à tout moment les expulser. Elle a été placée à Notre-Dame de Sion où Mère Laurence était la directrice et Charlotte s’occupait beaucoup d’elle et c’est ainsi que je l’ai connue.

La première fois que je l’ai vue c’était chez elle où plus tard elle donnera ses leçons. Les visites chez la famille Sibi, pendant la seconde guerre étaient une bénédiction pour les intellectuels de Iasi. Le professeur Sibi représentait l’Europe occidentale à Iasi, agent consulaire de France, professeur de français et d’anglais. Il représentait la France et l’Angleterre pendant la guerre et sa maison était une institution consulaire française… Tout le temps il écoutait les radios de l’ouest pour se tenir au courant de l’évolution de la guerre.

Une parenthèse : pendant la présence militaire allemande, dans une unité de l’armée stationnée à Iasi s’est trouvé un Français, Alsacien ou Lorrain incorporé de force. Il a appris qu’il y avait des Français ici, s’est enfui de la caserne et a été courageusement aidé par toute la famille Sibi, caché et évacué.

Je rencontrais Charlotte bien sûr aussi à l’église puisque nous étions catholiques. Elle allait tous les jours à la messe du matin, puis à ses leçons. Elle était très modeste et très discrète, mais celui qui s’adressait à elle avait toujours une réponse… Elle aidait beaucoup de personnes, discrètement, de l’argent dans des enveloppes…

Charlotte racontait souvent l’histoire du bateau que la famille devait prendre pour rejoindre la France pendant la 1ère guerre mondiale, qu’ils ont raté à cause d’un retard et qui a coulé. Cette histoire l’a profondément marquée et elle y voyait un signe.

C’était une grande chrétienne mais pas une chrétienne rigide, par exemple lorsqu’elle était à Botosani elle était amie avec un prêtre orthodoxe érudit dont je ne retiens pas le nom, peut-être celui du lycée. Elle discutait avec lui de littérature allemande, elle connaissait la langue allemande. Sa mère était d’origine allemande, protestante.

Les trois sœurs étaient formidables, mais l’éducation de Madame Sibi leur avait été inculquée, de rigueur. Sa mère se promenait souvent dans la maison avec un coussin sur la tête, elle souffrait de maux de tête. Elle était assez réservée, rigide, se plaignant souvent de différentes douleurs. Monsieur Sibi était plus sympathique et ouvert comme les Français. Sa sœur Alice a pratiquement été « enlevée » par son mari. Charlotte était belle et Marie très belle même. Charlotte ne s’entendait pas parfaitement avec sa sœur Marie qui ne croyait pas vraiment.

Charlotte était une grande patriote. Elle parlait tout le temps aux enfants de la France, leur chantait en français et tous les enfants l’aimaient et aimaient la France avec elle. Je l’ai beaucoup aimée. Elle a vécu très modestement. Elle n’avait pas une vie sociale très développée après la mort de son père et le mariage d’Alice, ils recevaient peu de visites à la maison à part celle des élèves.

Elle m’a informée sur le dr. Alexis Carrel, assistant du grand Testut dont on parlait parfois.

A partir des années 1960, ma fille Wanda prenait des leçons de français avec Charlotte qui venait à la maison puisque nous étions amies, mais ma fille allait chez elle lorsqu’il y avait des fêtes des anniversaires. Elle avait une telle patience et consacrait tant de temps pour chaque élève.

J’ai eu de beaux cahiers avec des exercices spirituels qu’elle avait écrits mais avec le refuge je les ai perdus.

Je suis très contente que nos prêtres et nos évêques, Despinescu, Gherghel et Fechet lui accordent toute l’attention. Et s’ils ont été d’accord pour ouvrir le procès de béatification de Charlotte, je les admire pour cela. C’est une belle chose et tout à fait méritée pour Charlotte. Elle  a été une grande chrétienne mais pas une rigide, elle était très tolérante avec toutes les confessions. Elle mettait l’accent sur nos racines religieuses judéo-chrétiennes « nous sommes tous judéo-chrétiens ». Elle admirait les Grecs et les Juifs avec leurs philosophes.

J’ai été la voir à l’hôpital aux urgences avec Risette, la fille d’Alice, qui s’est mariée avec un gréco-catholique et dont le fils est évêque gréco-catholique de Cluj-Gherla. J’étais à l’hôpital quand un parent d’élève est venu avec une phrase en français que sa fille n’avait pas écrit correctement.  Elle a bondi pratiquement et lui a donné la réponse ! (Iasi, 05.06.2012)

Rencontre des anciens élèves et des membres de l’association, rue Pallady, nr. 12 (08.09.2012)

 

Ca în fiecare an, cu câteva zile înaintea începutului anului şcolar, am organizat o întâlnire amicală, care s-a desfăşurat în jurul unei ceşti de ceai (sau de cafea) şi a câtorva prăjituri, vineri 7 septembrie 2012 la ora 17.00, în strada Pallady nr 12 (vechea casă a lui Charlotte Sibi), unde familia Caraman ne-a facut plăcerea de a ne primi. Cu această ocazie am citit şi am descoperit împreună, în exclusivitate, extrase inedite din corepondenţa lui Charlotte Sibi. A fost un adevarat moment de relaxare şi de îmbogăţire intelectuală.

                                 

Témoignage de Rodica Cârja, ancienne élève de Botosani et amie de Charlotte Sibi

 

Am cunoscut-o pe Charlotte Sibi – deoarece am făcut parte din ultimele ei eleve – la Liceul de Fete din Botoșani. Când am terminat liceul, în același an1949 a ieșit și ea la pensie. A ieșit mai devreme cu mult decât trebuia, deoarece comunismul era în floare și a fost obligată să o facă prin amenințări – din cauză că se ocupa prea tare de elevele ei – și le aducea la credință.

A venit ca profesoară de franceză la Botoșani datorită unei persoane de la noi – Cornelia Braitenfeld care lucra la Biblioteca Centrală din Iași. După ce și a primit posturile de franceză libere la școli, Charlotte Sibi a recurs la ea ca s-o îndrume unde să se ducă să fie profesoară, adică în special, unde este biserică catolică și un preot bun. Și Cornelia a sfătuit-o să ceară orașul Botoșani – unde este o biserică mică dar frumoasă – și mai ales un preot foarte bun Wilhelm Clofanda. Și ea a acceptat. Preotul respectiv a fost tot timpul cât a trăit, pentru ea, un sprijin, un sfătuitor și un duhovnic.

Tot timpul a fost profesoară la Botoșani. A stat în chirie la o altă profesoară – Solange Ionescu – până a plecat la Iași după pensionare.

Eu am cunoscut-o prin anul 1941. Eram în clasa IV la Liceul Comercial si atunci m-am transferat la liceul de fete. Din clasa V am avut-o dirigintă. N-am să uit niciodată de felul în care făcea diriginția.

În prima oră pe care am avut-o cu ea ne-a pus întrebări scrise – la care trebuia să răspundem tot în scris. Erau întrebări care, prin răspuns, îți dezvăluiai felul de a gândi, de a simți, îți arătai, fără să vrei, sentimentele religioase pe care le aveai, pe scurt tot interiorul tău îl descopereai, aproape fără să-ți dai seama. Eu eram ortodoxă, religia era cam de suprafață, fără conținut, părinții mei nu prea erau religioși – pe mine mă atrăgea frumusețea și perspectiva Paradisului.

Din prima zi, Charlotte Sibi m-a atras. Mi-a plăcut duioșia ei, blândețea ei, faptul că parcă respira bunătate și iubire. Am iubit-o mult tot timpul. Și ea m-a îndrăgit, cred, de la început. Au atras-o, poate, răspunsurile mele sau și-a dat seamă că aveam nevoie de ea. Am devenit cu adevărat, ca mamă și fiică. În primul rând a început cu educația religioasă. Odată cu învațarea limbii franceze mă învața religia. Mă chema după amiaza, aproape în fiecare zi, făceam lecții fără să-i dau bani – și ne rugam împreună, atunci m-a învațat să fac Rozarul – îl făceam împreună. Se străduia să mă instruiască, să mi-l descopere pe Isus, pe Sfânta Fecioară, visa să mă facă călugăriță. M-a dus la Biserica Catolică, mergeam dimineața cu ea la slujbă și apoi la școala. Mă forma la catolici. Toată lumea o iubea. Era foarte apropiată de eleve.

Dădea lecții. Odată cu ele îi instruia pe copii și religios. A dat lecții până la sfârsitul vieții.

Am aflat că a avut, odată, un prieten. S-a desparțit de el pentru că el a vrut să se facă preot. Ea era de părere că nu trebuie să te căsătorești cu un bărbat care vrea să se facă preot deoarece, dacă se răsgândește, prin căsătorie – preoția nu mai poate exista. Bărbatul respectiv era medic. L-am cunoscut. Era medic bun. Ea nu s-a mai măritat – și nici bărbatul în cauză nu s-a căsătorit.

Era foarte ocupată. Camera ei era plină de cărți – în special religioase. Era foarte citită, foarte cultă. Prețuia fiecare clipă din timp. Când mergea la școală avea mereu, cu ea, o carte de citit – și citea tot timpul pe stradă.

A fost diriginta mea 8 ani – din clasa V până în clasa XII. A reușit să mă învețe franceza fără nici un ban, pentru că, mama mea, geloasă, nu era prea bucuroasă de această prietenie. M-a învățat franceza ca să pot vorbi și citi cărți. M-a instruit și religios și mi-a deschis alte perspective de viață. La 18 ani am devenit catolică și nici o secundă din viață mea nu am regretat acest pas.

Pentru mine Charlotte Sibi a fost îngerul care m-a condus și m-a format.

Casa în care a locuit în Botosani a fost demolată. A plecat în Iași unde a stat în casa părinților ei. Am ținut legatura cu ea și după plecare. Era aceeași dar fără putere. Mergea în fiecare zi la biserică – dar, după un timp, a renunțat, nu mai putea. Mi-a zis că venea, miercurea, în fiecare săptămână, un preot care celebra Sfânta Liturghie la ea, și îi dădea Sfânta Împârtășanie. S-a îmbolnăvit, după câte știu, pe 23 aprilie 1989 – și a murit pe 24 mai 1989. Pe 19 mai, mi se pare, am fost la ea. Era la spital, a fost ultima noastră întrevedere.

Toată viața s-a ocupat de copii și a căutat să-i îndrume spre Dumnezeu.

Știu că exista în școală o evreică – nu-i mai știu numele, care, datorită lui Charlotte Sibi se făcuse catolică. Părintele Wilhelm Clofanda a spus de ea că era foarte credincioașă – și că micile păcate pe care le spunea la spovadă îl facea să-i fie rușine, căci păcatele lui, deși preot, erau mai mari.

Se ruga mult, era nelipsită la biserică. În timpul Postului Mare făcea zilnic Calea Crucii – singură sau în grup cu alți credincioși din biserică.

Era foarte discretă – deși prietenoasă și gata de a servi și ajuta pe ceilați. Ea nu vorbea nimic despre ea. Avea o frază pe care o spunea mereu: „ le moi est haïssable”. Prietena ei din cer era Sfânta Tereza a Pruncului Isus – pe care o iubea mult și pe care căuta să o imite prin viața ei.

Am scrisori în care se vede mai clar unirea ei cu Dumnezeu și dorința ei permanentă de a face voința Lui în toate. Scrisorile sunt din anul 1967 și ajung până în anul morții ei 1989.

Charlotte Sibi a rămas în conșținta tuturor care au cunoscut-o ca o persoană sfântă, modestă, bună și iubitoare cu toate persoanele cu care venea în contact.

Charlotte Sibi : Portrait d’une professeur formatrice  de consciences – 1ère  Partie – Olivier Dumas (Revue Roumaines d’Etudes Francophones)

 

Nous aimerions brosser dans ce travail le portrait d’une personnalité bien connue à Iasi, Mademoiselle Charlotte Sibi, éminente professeur de français et également formatrice de consciences, membre importante de la communauté catholique de la ville.

Charlotte Sibi est née à Iasi en 1901. Son père, Joseph Sibi, était professeur de français (et d’anglais) et agent consulaire de la France dans la capitale moldave. Sa mère, Hortense, était roumaine d’origine allemande. Les langues maternelles de Charlotte Sibi étaient le français – langue d’usage de la famille – puis l’allemand et le roumain, appris avec sa mère. Charlotte Sibi étudiera également ces langues à l’école aux côtés du latin, du grec et de l’anglais. L’éducation reçue par les trois filles Sibi (Marie, Alice et Charlotte) dans leur famille a été sérieuse et rigoureuse, basée sur une certaine discipline.

Charlotte Sibi n’a pas reçu d’éducation religieuse à la maison mais a eu la chance de pouvoir être élève-interne au Lycée des Sœurs de Notre-Dame de Sion de Iasi entre 1911 et 1917. C’est là qu’elle a découvert la religion, la foi, devenant profondément croyante et grande pratiquante. De 1917 à 1919 elle vit à Paris avec sa famille et se met à lire énormément de littérature française et de livres de spiritualité catholique, notamment l’Histoire d’une âme de Sainte Thérèse de Lisieux, qui aura une énorme influence sur elle. Charlotte Sibi a alors deux passions : la langue française et la religion ; elle se voyait sœur de Notre-Dame de Sion, enseignant le français dans un lycée de la congrégation.

De retour à Iasi en 1919, son père lui fait promettre de renoncer à rejoindre les ordres et comme elle avait le plus grand respect pour lui, elle se conformera à cette décision. Pour la surveiller de plus près, Joseph Sibi la fait inscrire au Lycée de filles orthodoxes, où il enseigne. Après son baccalauréat, en 1922, Charlotte Sibi entre à l’Université où elle est étudiante en section de français de la Facultés des Lettres. Elle a comme professeurs Neculai Serban (chaire de français), les lecteurs français Voilquin et Pinot, Al. Philippide, I. Iordan (langue roumaine), G. Ibraileanu (littérature roumaine), C. Balmus (latin), C. Papacostea (grec) et G. Bratianu (histoire). Parallèlement à ses études, Charlotte donne – déjà – des leçons particulières de français et des cours à l’Ecole Commerciale et au Lycée de filles orthodoxes de Iasi. En 1928, elle obtient sa licence en philologie moderne (langue et littérature française). En 1929, elle termine le Séminaire Pédagogique Universitaire de Iasi où sa sœur est professeur d’anglais et son père enseigne le français. Pour éviter les conflits d’intérêts, sa mère l’envoie passer son examen de « Capacitate » à Bucarest. Elle sera la première de sa promotion et choisira d’aller enseigner à Botosani à cause du très bon prêtre catholique qui s’y trouvait, le Père Clofanda.

En 1930, Charlotte Sibi commence sa carrière au Lycée « Carmen Sylva » de Botosani. Il s’agit du plus renommé lycée public de filles de la ville. Ses élèves sont généralement issues de bonnes familles, orthodoxes et juives – il y a peu de catholiques. La même année, elle publie, avec son père, son premier manuel de langue française : Carte de limba franceza pentru clasa III-a liceelor si gimnaziilor, (Cartea Românească, Bucuresti, 1930). Jusqu’à la guerre, Charlotte va travailler à Botosani durant la semaine et rentrer à Iasi pour le week-end. Tous les matins, avant d’aller à l’école,  elle va à l’église et le soir, si rien ne l’en empêche, elle y retourne également.

À Botosani, en 1931, l’inspecteur de français Dimitriu Bârlad, de l’Inspectorat Régional Iasi du Ministère de l’Enseignement, assiste au cours tenu par Charlotte Sibi à sa classe de VIème. Il consignera : « ce fut une leçon réussie », appréciant par la suite la facilité avec laquelle la professeur parle aux élèves ; « une leçon conduite avec une grande capacité pédagogique, pas apprise mais innée, avec une rare adresse ; elle a évoqué à l’aide du texte toute la vie sociale, psychologique, littéraire, la cour et les mœurs du siècle. Naturellement, la page de livre devenait pour toutes les élèves la représentation caractéristique du XVIIème siècle. Pour la réalisation de ces évocations ont contribué aussi bien la facilité que l’habileté à parler de Mlle la professeur (dans la leçon sur « La Bruyère »). Le résultat recherché par Mlle la professeur a été entièrement atteint ». Pour Charlotte Sibi, l’inspecteur précisera encore la « dextérité et le professionnalisme inné, non créé ! ».[1]

Charlotte Sibi s’avère être une professeur dynamique, charismatique, aux connaissances riches et variées, s’appuyant notamment sur la philosophie et la littérature française. De plus, son français et ses méthodes sont excellents, et ses élèves obtiennent les meilleurs résultats. Dans le rapport de fin d’année scolaire 1932-1933, écrit par Elena Haralamb, la directrice du lycée, et envoyé au Ministère de l’Enseignement, sont comprises les observations faites dans les conseils des professeurs par Charlotte Sibi concernant la notation des élèves avec des qualificatifs (on avait introduit ce système). Voilà ce qu’elle soutenait : « nous croyons que ce n’est pas une juste appréciation de la situation des enfants, c’est à l’avantage de certains et au désavantage d’autres. Tout le corps didactique est de l’avis d’introduire à nouveau la notation par chiffres, cela étant aussi un critère plus juste dans le classement de fin d’année scolaire. Le manque de précision est un grand défaut et y habituer les élèves signifierait préparer pour la vie des êtres superficiels ; nous demandons donc avec insistance de revenir aux notes. Ce n’est pas une méthode qui date, c’est la seule modalité d’appréciation juste, impartiale, où décide le calcul, et non la disposition de ceux qui apprécient ».

Pour l’année scolaire 1933-1934, les manuels rédigés par Charlotte Sibi, Gabriela Leornardescu et Olga Savinescu sont approuvés et utilisés pour les cours de langue française. Il s’agit des manuels de IIIème classe (1930) et 1ère classe (1933). En 1934, à l’issue d’une inspection faite par C. Botez, Charlotte Sibi est recommandée pour obtenir son « definitivat » dans l’enseignement.

En 1936, les professeurs Gabriela Leonardescu, Charlotte Sibi et Joseph Sibi co-signent : Livre de français à l’usage des élèves de la IIIe classe secondaire et Livre de français à l’usage des élèves de la VIe classe secondaire. Les manuels : Livre de français à l’usage des élèves de la IVe classe secondaire Livre de français à l’usage des élèves de la Ve classe secondaire, Livre de français à l’usage des élèves de la VIe classe secondaire, Livre de français à l’usage des élèves de la VIIe classe secondaire, Livre de français à l’usage des élèves de la VIIIe classe secondaire « ouvrages approuvés par le Ministère de l’Instruction Publique (1936)» et publiés à Botosani, chez « Imprimerie B. Saidman » étant co-signés seulement par « Charlotte Sibi et Gabrielle C. Léornardesco – Professeurs ». Il s’agit de manuels ayant entre 234 et 319 pages, illustrés de gravures et tableaux, et répondant au nouveau programme analytique de 1935 et où sont étudiés notamment la vie et l’œuvre des grands auteurs français.

À la fin de la semaine et pendant les vacances scolaire, à Iasi, Charlotte Sibi est l’âme et le mentor d’une équipe de femmes très pieuses qui, ensemble, dans l’église de la paroisse restent encore après la messe à prier ou à faire des exercices de piété tel le Chemin de Croix. En effet, Charlotte anime un groupe de prière composée de femmes souvent pauvres de la communauté catholique, et dont elle est en quelque sorte le leader. Elle les guide, leur prête des livres de sa riche bibliothèque ascétique, leur donne des conseils, et même de l’argent, discrètement,  lorsqu’elles sont dans le besoin.

Charlotte Sibi est également devenue une collaboratrice fidèle de la revue Lumina Creştinului qui paraît à Iasi, sous l’égide de l’évêché catholique. Elle y est abonnée et y fait même des dons. Au début elle traduira des dépêches, du français ou de l’allemand, notamment des informations condamnant le communisme en Russie, son avancée en France et en Espagne et le danger de la montée du nazisme en Allemagne. Bientôt, elle écrira des articles, en particulier sur le rôle des laïques dans l’église. Jamais, par modestie, elle ne signera de son nom, mais seulement  par Ch. ou ch. Fin 1937, elle rédigera un article offensif (toujours en roumain), « Acţiunea Catolică sau Apostolatul Laic » (L’Action Catholique ou l’Apostolat Laïque) dans lequel elle déclare : « La vie sociale, morale et religieuse est attaquée par des ennemis organisés et décidés qui, haut et fort, crient : « nous n’avons pas besoin de Dieu ; nous allons bâtir un monde où ni Dieu ni les vieilles idées de morale et de croyance ne soient plus à la base !». Ces ennemis sont : le communisme, aux côtés de l’incroyance et de l’immoralité (…) ils se sont groupés en associations sans Dieu, où ils ont rassemblé des enfants, des jeunes, des vieux, des ouvriers et des intellectuels, pour les engager tous contre Dieu et la croyance (…) Chacun doit devenir premièrement pleinement un homme et un chrétien correct, pour qu’après par des mots mais surtout par des faits, il attire les autres à la croyance du Christ. Et pour aider notre propre formation, l’Eglise nous met à la disposition des Associations pieuses et d’activité sociale catholique, dont nous allons parler à l’avenir dans notre revue à la « Page de l’Action Catholique », que nous allons ouvrir dans Lumina Creştinului à partir de janvier 1938 ».[2]

À l’époque de la montée de l’extrémisme politique, Charlotte Sibi résiste. A Botosani, près de la moitié de la population et des élèves du lycée « Carmen Sylva » sont d’origine juive. La professeur, qui déjà se rend presque quotidiennement à l’internat du lycée pour aider les élèves les plus faibles à faire leurs devoirs, n’hésite pas à accueillir chez elle ses élèves ou anciennes élèves juives. « Tous les jours, mademoiselle Charlotte Sibi recevait plusieurs élèves, auxquelles elle donnait des leçons, sans jamais demander de l’argent pour cela ».[3]

Charlotte Sibi est décrite par ceux qui l’ont connue à cette époque comme une professeur distinguée. Pour ses anciennes élèves, ses cours sont restés dans la mémoire de tous comme étant très riches en informations et en exemples. « Avec elle c’était comme si nous étions déjà à la faculté… »,  avoue une ancienne élève. « Des volumes entiers de littérature et de philosophie étaient présentés, commentés de façon pertinente et attrayante » écrit Cristina Poede[4] dont la mère avait été l’élève de Charlotte Sibi à Botosani. Ses leçons faisaient vibrer les cœurs et parfois percevoir le côté comique de la vie. Elle « formait des consciences ». Ses élèves provenaient de milieux éduqués et souvent aisés, d’origines religieuses diverses, mais elle « respectait strictement les convictions de chacune, se limitant à souligner l’importance de croire en un Dieu plein de bonté et le respect de quelques impératifs moraux universellement valables (…) C’est par elle que ces jeunes filles ont acquis un vaste horizon de culture, un programme de vie rigoureux et un système clair de valeurs morales ».[5]

Charlotte Sibi travaillait énormément. Elle a mis en place une bibliothèque de français à partir de ses propres livres, prenant soin que ses élèves l’utilisent et fassent des comptes-rendus de lecture. Elle faisait preuve de compassion envers les élèves moins douées, ou plus pauvres. Elle avait déjà une sensibilité à part et n’hésitait pas à apporter son aide aux élèves n’ayant pas les mêmes moyens intellectuels ou  financiers que les autres. Ces élèves devenues adultes ne pourront jamais l’oublier et viendront parfois lui rendre visite à Iasi.

Au printemps 1944, Charlotte Sibi rejoint ses parents évacués à Zlatna en compagnie de leur fille Alice, épouse du professeur Petru Caraman et de leurs trois enfants. Elle y sera professeur de français au collège, puis au lycée, tout en donnant de nombreuses leçons privées. En septembre 1946, elle est rappelée à Botosani et l’année suivante, avec 18 heures de cours de français, elle est professeur principal de la classe de VIIIème. Mais avec le nouveau régime pro-communiste, les habitudes commencent à changer,  il faut par exemple apprendre l’hymne russe et avoir en classe des tableaux russes.

Le décret du 2 août 1948 du Ministère de l’Enseignement Public réorganise le système scolaire d’après le modèle soviétique. On introduit le russe, la géographie de l’URSS, l’histoire du PC Bolchevique et le marxisme-léninisme comme objets d’études obligatoires dans l’enseignement secondaire et supérieur.

À Botosani, les cours reprennent dans des classes dépourvues d’icônes et de tous signes religieux. La nouvelle direction du lycée veille par ailleurs à ce qu’aucune prière ne soit dite en début de cours. Charlotte, la mort dans l’âme, se conforme aux nouvelles directives mais ne renonce pas à évoquer Dieu et la morale chrétienne pendant chacune de ses leçons.

La surveillance des citoyens suspectés d’être hostiles au nouveau régime se généralise. „D’origine bourgeoise et malsaine”, catholique pratiquante n’hésitant pas de parler de Dieu et de religion en cours, Charlotte Sibi sera éliminée de l’enseignement à la suite du rapport d’une „camarade inspectrice” l’ayant accusée de prosélitisme religieux. C’était en 1949, et Charlotte Sibi avait 48 ans.

À partir de ce moment-là – et jusqu’à son dernier souffle en mai 1989 – Charlotte Sibi, célibataire, va continuer à vivre en donnant des leçons de français à des centaines d’enfants, chez elle, dans sa maison de la rue Pallady de Iasi.

Lancement de Charlotte Sibi/Demoiselle de français à la Casa Corpului Didactic à Botosani le 06.10.2012 à 11.00

 

 Liceul Carmen Sylva actuala CCD Botosani

 

4ème édition du Concours Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français – Décembre 2012 à l’Institut Français de Iasi

 

Informations et Inscriptions : Olivier Dumas 0232.267.637

charlottesibi@yahoo.fr

concourscharlottesibi.wordpress.com


[1] Apud Mihai Matei, Profesoara Charlotte Sibi, revista Luceafărul nr.12, Botoşani, 2010, pp. 18-19.

[2] Lumina Creştinului, decembrie 1937, Iasi, pp.184-186.

[3] Témoignage de Gheorghe Dragomir Ionescu, dont la famille hébergea Charlotte Sibi à Botosani.

[4] « Charlotte Sibi : pedagogia fermecarii » dans Les Cahiers de Charlotte, Institutul European, Iasi, 2010, p. 15.

[5] Ibidem.

Les Cahiers de Charlotte

Buletinul Asociaţiei « Charlotte Sibi » Nr. VIII Primăvara 2012

Portrait d’une formatrice

Sommaire/Cuprins :

Charlotte Sibi – Demoiselle de français / Domnişoara de franceză

L’Evêché Catholique de Iasi et Charlotte Sibi/Episcopia catolică şi Ch. Sibi

L’Association « Charlotte Sibi » – Association culturelle francophone

Les Cahiers de Charlotte – Apprendre et enseigner le français (Nouvelle formule)

Manifestations du 25 mai 2012

Le Concours « Charlotte Sibi » ; La France à Iasi ; La Médiathèque Charlotte Sibi…

 

Charlotte Sibi – Demoiselle de français / Domnişoara de franceză

 

« « Iată o carte-muzeu, o carte de neuitare, o carte-mărturie, o carte întru pomenirea spiritelor modeste, dar puternice, luminate și luminoase, curajoase și întreprinzătoare, aducând prinos de cultură și dăinuind peste veacuri. Olivier Dumas a realizat o operă de bijutier, cu minuție și acribie, cu dăruire și talent. Soția sa, Felicia Dumas, l-a secondat cu strălucire, dar și cu fidelitate, fără să trădeze sensurile puternic conotate și pline de sensibilitate. Această carte excepţională, serveşte cea mai nobilă dintre cauze, cea care redă gloriei spiritul generos al celor care se găsesc într-un mod injust în penumbra istoriei. Charlotte Sibi – Domnişoara de franceză este un adevărat monument dedicat spiritului de sacrificiu şi tenacităţii sufletelor tandre şi pasionate, care trimit prin intermediul trecutului plin de frământări un mesaj reconfortant către viitor». 

        (Prof. univ. dr. Lelia Trocan)

 

La biographie de Charlotte Sibi écrite par Olivier Dumas et traduite par son épouse Felicia Dumas est apparue en 2012 aux éditions Institutul European, à Iasi.

L’ouvrage bilingue comporte 492 pages, des dizaines de photos, une chronologie et un index.

Cette biographie est en vente dans les librairies au prix de 40 lei et à l’Institut français de Iasi  au même prix (réduction de 5 lei pour les membres de l’Association « Charlotte Sibi »).

Biografia lui Charlotte Sibi scrisă de Olivier Dumas şi tradusă de  soţia sa Felicia Dumas a apărut în 2012 la editura Institutul European din Iași.

Ediţia bilingvă cuprinde 492 de pagini, zeci de fotografii, un index de nume şi o cronologie.

 

Această biografie se poate cumpăra în librarie la preț de 40 lei și la Institut francez din Iași la acelasi preț (reducere de 5 lei pentru membri Asociației “Charlotte Sibi”).

 

Un lancement aura lieu à Iasi – Casa Corpului Didactic (str. Octav Botez, 2 A) le 31 mai 2012 à 11.00. Il nous permettra de lancer également Les Cahiers de Charlotte.

 

 

L’Evêché Catholique de Iasi et Charlotte Sibi/Episcopia catolică şi Ch. Sibi

Monseniorul Petru Gherghel ne-a confirmat că s-a înfiinţat o comisie pentru a cerceta dovezile necesare unei beatificări a domnişoarei Charlotte Sibi.

Excelenta sa Episcop Petru Gherghel, a dispus ca Mons. Dr. Alois Fechet – Vicar episcopal – sa fie “Postulatorul” cauzei de beatificare pentru Charlotte Sibi, începând cu data de 25 martie 2012 (deschiderea fazei Diecezane Iasi). Adjunct, prof. Dr. Anton Despinescu (consultant).

Comitetul laic desemnat pentru contributie si sprijin în aceasta faza Diecezana. Colaboratori ai preotilor Fechet si Despinescu: Dna Poede Cristina, Dl. Dumas Olivier si Dl. Cuba Antonius Cristinel (printre initiatori ai deschiderii cauzei de beatificare).

Mgr Gherghel a disposé que Mons. Alois Fechet soit le « postularor » dans la cause de béatification de Charlotte Sibi à partir du 25 mars 2012 (ouverture de la phase diocésaine Iasi). Son adjoint sera le Père Despinescu (consultant) et le comité laïque désigné pour la contribution et le soutien de cette phase diocésaine, collaborateur des prêtres Alois Fechet et Anton Despinescu : Mme Poede, M. Dumas et M. Cuba.

Une liste de personnes à rencontrer et interviewer a été élaborée par l’Association et envoyée à Mons. Alois Fechet.

 

 

L’Association « Charlotte Sibi »  – Association culturelle francophone /

Asociația « Charlotte Sibi » – Asociație culturală francofonă

 

Cette année, notre association a décidé de poursuivre son évolution et son ouverture au-delà des anciens élèves de Charlotte Sibi et de ceux qui l’ont connue. Ainsi, depuis déjà un certain temps, elle accueille de nouveaux membres et notamment de nombreux professeurs de français qui se retrouvent dans ses objectifs et ses activités.

Afin d’assurer une « lisibilité » plus claire vis-à-vis de son public et de ses partenaires éventuels, l’Association « Charlotte Sibi » a donc décidé de s’afficher à partir de 2012 avec le « sous-titre » d’Association culturelle francophone (en français).

Anul acesta, asociația noastră a hotărât să-și deschidă porțile nu numai foștilor elevi ai profesoarei și celor care au cunoscut-o. Astfel, asociația primește de ceva vreme noi membri, mai ales numeroși profesori de limba franceză, care se înscriu dealtfel în obiectivele și activitățile asociației.

Pentru a se face înțeleasă ca atare publicului și eventualilor săi parteneri, asociația a decis ca, începând cu anul 2012, să se afișeze cu subtitlul Association culturelle francophone.

Promotion et développement de l’Association

Un nouveau tract de présentation de l’Association existe désormais en version française et en version roumaine. Il est disponible en couleur et en noir et blanc. Une affiche au format A3 en roumain et en couleur est également à la disposition des adhérents.

La distribution des cartes de membre 2012 se poursuit à un rythme soutenu auprès des anciens et des nouveaux membres. On compte à ce jour 44 adhérents actifs (à jour de leur cotisation), 26 inactifs et 10 membres d’honneur.

Promovarea și dezvoltarea Asociației

 

Asociația are deja un nou afiș de prezentare, în variantă franceză și română, disponibil în variantă color sau alb-negru. Aderenții au de asemenea la dispoziție un afiș format A3, color, în limba română.

 

Cardurile de membru 2012 sunt distribuite în ritm susținut foștilor și noilor membri. Astăzi numărăm 44 de membri activi (cu cotizația la zi), 26 inactivi și 10 membri de onoare.

Soutien financier à l’Association

Les adhérents et sympathisants peuvent donner 2% de leurs impôts à l’Association.

Les formulaires nr.230 de l’ANAF à compléter sont disponibles auprès de M. Olivier Dumas à l’Institut français, mais ils peuvent être aussi imprimés à : http://static.anaf.ro/static/10/Anaf/formulare/dec_230_2012.pdf

Une fois remplis, les formulaires sont à remettre à Olivier Dumas qui les fera parvenir à l’ANAF qui versera la somme récoltée sur le compte de l’Association « Charlotte Sibi ».

 

 

Susținerea financiară a Asociației

 

Aderenții și simpatizanții pot dona Asociației 2% din impozitul anual pe venit. Formularul ANAF nr 230 ce trebuie completat în acest sens este disponibil la Institutul Francez la dl. Olivier Dumas, dar poate fi descărcat și de pe http://static.anaf.ro/static/10/Anaf/formulare/dec_230_2012.pdf

 

După completarea lui, îl puteți preda d-lui Olivier Dumas care îl va depune la ANAF, urmând ca aceasta să verse suma adunată în contul  Asociației « Charlotte Sibi ».

ASOCIAȚIA « CHARLOTTE SIBI »

                                              Association culturelle francophone

 

Asociaţia a fost fondată în 2009 de către foşti elevi ai lui Charlotte Sibi şi profesori de franceză din Iaşi şi din alte oraşe din România.

Principalele scopuri ale asociaţiei sunt :

-          Celebrarea şi reactualizarea memoriei şi operei profesoarei Charlotte Sibi

-          Susţinerea prezenţei limbii franceze pentru toţi cei care o predau, o studiază şi o practică

-          Susţinerea dezvoltării culturii franceze şi a relaţiilor franco-române

-          Informarea asupra prezenţei franceze la Iaşi şi în Moldova în decursul anilor

Asociaţia a fondat o publicaţie anuală numită Les Cahiers de Charlotte– Apprendre et enseigner le français – o revistă de promovare a limbii franceze destinată profesorilor, elevilor şi tuturor francofonilor din România. Scopul ei este de a aduce informatii culturale, pedagogice şi didactice pentru a susţine prezenţa limbii franceze printre toţi cei care o predau, o studiază şi o practică.

Asociaţia a creat un concurs anual intitulat “Concursul Charlotte SibiCunoaşterea Franţei şi a limbii franceze” destinat elevilor şi desfăşurându-se în decembrie la Institutul francez din Iaşi. Acest concurs, vizând să încurajeze, să motiveze şi recompenseze pe tinerii francofoni, este organizat în parteneriat cu Ambasada Franţei în România, Asociaţia studenţilor francofoni din Iaşi şi asociaţiile de profesori de franceză (ARDUF, ARPF).

www.charlottesibi.wordpress.com         tel. 0723.120.820         charlottesibi@yahoo.com

 

Les Cahiers de Charlotte – Apprendre et enseigner en français (Nouvelle formule)

 

A partir de 2012, le numéro spécial annuel des Cahiers de Charlotte se transforme en Les Cahiers de Charlotte – Apprendre et enseigner le français, revue de promotion du français publiée par l’Association « Charlotte Sibi ». Cette revue aura un numéro par an, un numéro ISSN, un collège directeur, un comité de rédaction et un conseil scientifique. A noter Les Cahiers de Charlotte – Buletinul Asociatiei « Charlotte Sibi » continuera à paraître pour les adhérents 3 fois par an.

Les Cahiers de Charlotte – Apprendre et enseigner en français

Collège Directeur : dr. Cristina Poede cpoede@yahoo.com, dr. Anca Untu-Dumitrescu euroedit@hotmail.com, Olivier Dumas olivier.dumas@institutfrancais-roumanie.com

Rédacteur en chef : Olivier Dumas

Comité de rédaction: Cristina Poede, Anca Gavril, Iulia Raclaru, Nicoleta Marinescu, Felicia Dumas, Ioana Teodorescu, Lorina Iacob, Sorina Dănăilă, Raluca Vârlan, Mira Cucinschi, Ioan Bița, Cristian Elenin.

Conseil scientifique: Prof. univ. dr. Anca Sîrbu (Univ. « Al.I. Cuza » Iasi) ; Prof. univ. dr. Marina Mureșanu (Univ. « Jean Monnet », Saint-Etienne et « Al.I. Cuza » Iasi) ; Prof. univ. dr. Elena-Brândușa Steiciuc (Univ. « Stefan cel Mare » Suceava, ARDUF) ; Conf. dr. Doina Spiță (Univ. Paris Sorbonne IV et « Al.I. Cuza » Iasi – FIPF) ; Conf. dr. Felicia Dumas (Univ. « Al. I. Cuza » Iasi); Conf. dr Nina Cuciuc (Univ. “Mihail Kogalniceanu” Iasi); Conf. dr. Doina Mihaela Popa (Univ. “Petre Andrei” Iași) ; dr. Cristina Poede (Collège “National” Iași); dr. Sorina Dănăila (Col. « M. Eminescu » Iași) ; dr. Irina Cosovanu (Școala Normala, ARPF Iași) ; Nathalie Duplaissy (experte au Centre International d’Etudes Pédagogiques, Paris) ; Michel Louyot (écrivain, Strasbourg), Jil Silberstein (écrivain, Lausanne) ; Astrid Stevens (professeur, Bruxelles) ; Iolanda Vasiliu (directrice des cours de l’Institut français de Iași).

Les langues de travail sont le français – principalement – mais aussi le roumain. Les articles des correspondants extérieurs (max. 3 pages – 6000 signes) sont à envoyer à : charlottesibi@yahoo.fr ou olivier.dumas@institutfrancais-roumanie.com

Consultez: www.lescahiersdecharlotte.wordpress.com

Numéro de mai « Français et civilisation française »

SOMMAIRE :

Introduction – La parole aux professeurs

Civilisation française – Langue française

 

 

Manifestations du 25 mai 2012 

Cette année, les activités marquant l’anniversaire du 26 mai 1989 (décès de Charlotte Sibi) se dérouleront le vendredi 25 mai (le 26 tombant un samedi !).

L’Association « Charlotte Sibi » organisera en début d’après-midi, à l’Institut français de Iasi (salle 2) et en collaboration avec l’Inspectorat de français, une leçon ouverte (Anca Gavril et Cristina Poede) avec des élèves et des professeurs invités sur le thème de la civilisation française.

Cette activité sera suivie par une table ronde sur le même thème et la présentation des Cahiers de Charlotte « Français et civilisation française ».

A 18.00, sera organisé le rassemblement annuel des anciens élèves et des membres de l’Association, Salle Fondane (Institut français de Iasi) et le lancement-vente des Cahiers de Charlotte, suivi d’une conférence-projection sur le thème « Charlotte Sibi. Portrait de formateur ».

Le lendemain – samedi 26 mai – une invitation est faite à se rendre sur la tombe de Charlotte Sibi à 10.00, cimetière Eternitatea (rendez-vous au Monument des héros français).

Asociația « Charlotte Sibi »

                                                Association culturelle francophone

Bulletin d’adhésion 2012

Nom, Prénom

Adresse

Tél.

e.mail

Je souhaite adhérer à l’Association « Charlotte Sibi »

Et joins à cette demande ma cotisation: 10 lei (ou plus)

Compte bancaire : RO36RZBR0000060013598660 Raiffeisen Bank S.A. – Agenția Podu Roș Iași

 

A Iasi, le

Signature

Charlotte Sibi (octobre 1980 avec des élèves de la promotion 1940)

Le Concours « Charlotte Sibi – Connaissance de la France et du français »

Ce concours, réservé aux élèves de 11 à 16 ans, est organisé chaque année depuis 2009 au mois de décembre par l’Association Charlotte Sibi et l’Institut Français de Iași, où il se déroule.

Les principaux partenaires du concours sont : l’Ambassade de France en Roumanie, l’Association des Départements Universitaires de Français de Roumanie, l’Association des Professeurs de Français et l’Association des Etudiants Francophones de Iași.

Le but du concours est de motiver, encourager et récompenser les élèves dans leur apprentissage de la langue française.

Le concours se déroule en deux étapes. Dans une première phase, les professeurs voulant participer avec leurs classes reçoivent un test de sélection – Questionnaire à Choix Multiples (QCM) – à faire passer aux élèves à l’école ; cela leur permet de choisir les meilleurs éléments qui participeront à la deuxième étape. Dans une deuxième phase, les élèves sélectionnés dans chaque établissement (une centaine) passent l’épreuve de l’étape finale à l’Institut Français de Iași.

Cette épreuve consiste principalement en un Questionnaire à Choix Multiples de maximum 50 questions à réaliser en 40 minutes. La thématique du concours est la langue française et la civilisation française (histoire, géographie, traditions, culture, vie quotidienne, etc.).

Une semaine après, les corrections faites et le classement établi, la remise des Prix et des diplômes se fait à l’Institut Français de Iasi. Il y a 3 sections (11-12 ans ; 13-14 ; 15-16) avec 3 Prix (1er ; 2ème ; 3ème) pour chacune d’elles. Ces gagnants remportent des diplômes et des « Récompenses pour le bon travail » (Dictionnaires, livres, guides, DVD, CD, CDROM, revues pour la jeunesse en français, abonnements à la Médiathèque Charlotte Sibi de l’Institut Français de Iași). Tous les autres participants reçoivent néanmoins un diplôme de participation et une « récompense pour le bon travail » (revue, CD, etc.).

Renseignements : concourscharlottesibi.wordpress.com

Elèves récompensés lors du Concours « Charlotte Sibi » 2011

 

La France à Iasi

Un consulat de France a été ouvert à Iași en 1797 (fermé en 1910). Le premier théâtre permanent de Moldavie a été créé à Iași en 1832, par la troupe française des frères Foureaux. L’Union des Principautés de Moldavie et de Valachie a été rendue possible grâce au soutien de l’Empereur Napoléon III et au travail de son consul à Iași, Victor Place. Au 19ème siècle la capitale moldave a compté des dizaines d’écoles-pensions françaises. La salle de concert de la philharmonie « Moldova » de Iași est l’ancienne chapelle du lycée de la congrégation française de Notre-Dame de Sion. L’Hôtel Traian est l’œuvre de la société de Gustave Eiffel (1882). La statue de Ștefan Cel Mare (Palais de la Culture) a été réalisée par le sculpteur français Emmanuel Frémiet (1883). Le bâtiment principal de l’Université de Iași (Bd. Carol I), inauguré en 1897, est l’œuvre de l’architecte français Louis Blanc.

Pendant la première guerre mondiale, la France envoie à Iași une Mission militaire, ayant à sa tête le général Berthelot, ce qui a permis les premières victoires sur l’armée allemande (Mărășești…). L’Institut français de Iasi (appelé Centre Culturel Français avant 2012) a été créé dans l’ancienne capitale moldave en 1990. La ville de Iași est jumelée avec les villes françaises de Poitiers et de Villeneuve d’Ascq.

Franţa la Iaşi

La Iaşi s-a deschis un Consulat francez în 1797. Primul teatru-ca instituţie- în Moldova a fost înfiinţat la Iaşi în 1832, de către trupa franceză a fraţilor Foureaux. Unirea Moldovei cu Ţara Românească a fost posibilă datorită sprijinului împăratului Napoleon III şi a efortul depus de consulul său Victor Place. În secolul al 19-lea capitala Moldovei avea zeci de şcoli-pension franceze. Sala de concerte a Filarmonicii »Moldova » din Iaşi este fosta capelă a liceului congregaţiei Notre-Dame de Sion. Hotelul Traian este opera societăţii Gustave Eiffel (1882). Statuia lui Ştefan cel Mare (din faţa Palatului Culturii) a fost realizată de sculptorul francez Emmanuel Fremiet (1883). Clădirea principală a Universităţii din Iaşi (Bd. Carol I) inaugurată în 1897 este lucrarea arhitectului francez Louis Blanc.

În timpul primului război mondial, Franţa trimite la Iaşi o Misiune militară având în fruntea sa pe generalul Berthelot, ceea ce a permis obţinerea primelor victorii asupra armatei germane (Mărăşeşti…). Institutul francez din Iaşi (numit până în 2012 Centrul Cultural Francez) a fost înfiinţat în fosta capitală a Moldovei în 1990. Oraşul Iaşi este înfrăţit cu oraşele din Franţa : Poitiers şi Villeneuve d’Ascq.

Affiche retrouvée dans les archives de la famille Sibi/CaramanAfiş găsit în arhiva familiei Sibi/Caraman

La Médiathèque Charlotte Sibi de l’Institut français de Iași est l’unique médiathèque française de la ville de Iași et de Moldavie. Ses collections comptent plus de 20 000 livres, 70 titres de périodiques, 5000 DVD, CD et CD-ROM. Son Cyber-Espace offre l’accès à Internet à tous ses abonnés.

Les salles de consultation et lecture sur place comptent 20 places assises et 2 places assises pour regarder et écouter des DVD et CD. La Bibliothèque de l’apprenant est conçue pour aider les abonnés en apprentissage de la langue française. Ses documents (livres, DVD, CD) sont classés par niveaux de langue (A1, A2, B1, B2, C1, C2).

La médiathèque porte le nom de Charlotte Sibi depuis 2010 et comprend en son sein, depuis la même année, un Fonds documentaire « Charlotte Sibi » ayant pour thématique la présence française à Iași, ainsi que l’œuvre de la professeur.

Offrant des informations et une bibliographie utile à tous les candidats au Concours « Charlotte Sibi – Connaissance de la langue française », la médiathèque est partenaire de l’Association «Charlotte Sibi » lors de l’organisation de celui-ci.

Mediateca Charlotte Sibi a Institutului francez din Iaşi este singura mediatecă franceză din Iaşi şi Moldova. Colecţiile sale numără mai mult de 20.000 cărţi, 70 titluri de periodice, 5000DVD, CD şi CD-ROM. În incinta sa toţi abonaţii au  acces la Internet. Sălile de lectură şi consultare pe loc numără 20 de locuri  şi 2 locuri pentru a privi şi asculta DVD-uri şi CD-uri. Biblioteca este concepută pentru a-şi ajuta abonaţii la învăţarea limbii franceze. Documentele sale (cărţi, DVD, CD) sunt grupate pe nivele de cunoaştere a limbii ( A1, A2, B1, B2, C1, C2)

Mediateca poartă numele lui Charlotte Sibi din 2010 şi conţine în incinta sa, din acelaşi an, un Fond documentar « Charlotte Sibi » având ca tematică prezenţa franceză la Iaşi, dar şi opera profesoarei. Oferind informaţii şi o bibliografie utilă candidaţilor la Concursul « Charlotte Sibi-cunoaşterea limbii franceze », mediateca este partenera Asociaţiei « Charlotte Sibi », organizată în afara acesteia.

Le Fond documentaire « Charlotte Sibi »

Fondul documentar aparține Asociației “Charlotte Sibi” și este disponibil la Mediateca Charlotte Sibi de la Institutul Francez – Iași spre consultare la sală de publicul instituției. Fondul conține 172 de documente în franceză, română sau ediție bilingvă și are ca tematică istoria relațiile franco-române, în special prezența franceză și francofonă la Iași: Charlotte Sibi (pedagogia și predarea limbii franceze), comunitatea franceză sau de origine franceză și francofonă, locurile, instituțiile și monumentele franco-române din Iași.

Catalogul fondului poate fi gasit aici: http://charlottesibi.wordpress.com/fonds-documentaire-charlotte-sibi/

Cîteva exemple:

Almanach « Presa Buna », Iasi, 1996 ; Album foto « Charlotte Sibi » ; Annuaire des anciens élèves de Mlle Charlotte Sibi, Ass. « Charlotte Sibi »; Barcan Doina, Sterpu Bogdan, Regimul comunist în România (decembrie 1947 – decembrie 1989), Institutul European, Iasi, 2003; Blondel, Yvonne, Jurnal de razboi 1916-1917, ICR, Bucuresti, 2005 ; Bogdan, N.A., Orasul Iasi, Junimea, Iasi, 2008; Budeanca, Cosmin, Stat si viata privata în regimurile comuniste, Polirom, 2009, Iasi ; Burada, Teodor T., Istoria teatrului în Moldova, vol. 1, Arte grafice, Iasi, 1915 ; Cahiers de Charlotte (Les), bulletin de l’association « Charlotte Sibi », Institutul European, Iasi, Collection complète ; Carte des Fromages et des vins de France, Paris, 1990 ; Cartea roz a comunismului, Versus, Iasi, 2004 ; Castellan, Georges, Histoire de la Roumanie, PUF, Paris, 1984 ; Cazaban, Theodor, Captiv în lumea libera, Exhinox, Cluj, 2002 ; Ballade urbaine sur les pas des Francophones de Iasi, 2007 ; Cesereanu, Ruxandra, Comunism si represiune în România, Polirom, Iasi, 2006 ; Chivu-Duta, Carmen, Cultele din România între prigonire si colaborare, Polirom, Iasi, 2007 ; Ciubotaru, Ion, H., Petru Caraman destinul carturarului, Univ. « Al.I. Cuza », Iasi, 2008 ; Courtois, Stéphane, Pata oarba a memoriei europene, 23 august 1939 : alianta sovieto-nazista, Fundatia Academia Civica, Bucuresti, 2009 ; Craia, Sultana, Francofonie si francofilie la români, Demiurg, Iasi ; Cultura, politica si societate în timpul domniei lui Carol I, Demiurg, Iasi, 2011 ; Desfeuilles, Paul et Lassaigne Jacques, Les Français et la Roumanie, Bucarest, 1937 ; Pif

Si, printr-altele, cartile lui Charlotte si Joseph Sibi ; Felicia si Olivier Dumas…

 Asociația « Charlotte Sibi »

Association culturelle francophone

 

INVITAȚIE

25 mai 2012 – Zi omagială Charlotte Sibi

 

Program :

 

- Lecție deschisă de « Civilizație franceză » urmată de o masă rotundă cu profesorii

Cristina Poede și Anca Gavril (Institutul Francez din Iași, orele 13.00)

- Intîlnirea foștilor elevi și membrilor Asociației Charlotte Sibi (I.F., 18.00)

- Lansarea revistei Les Cahiers de Charlotte, numărul al III-lea (2012)

- Conferințe pe tema « Charlotte Sibi : portrait d’une formatrice »

- Mărturii și proiecție de fotografii 

- Bilanțul anual și proiectele Asociației « Charlotte Sibi »

- Omagiu la cimitirul Eternitatea din Iași, sâmbătă 26 mai – ora 10.00

 

Buletinul Asociaţiei Charlotte Sibi – Nr. VII – Iarna 2011/2012

A 110-a aniversare a naşterii lui Charlotte Sibi

Sommaire/Cuprins :

La Journée d’hommage du 26 décembre 2011/Omagiu adus domnisoarei Charlotte Sibi pe 26 decembrie 2011
Bilan et résultats du Concours « Charlotte Sibi » 2011/ Bilanțul și rezultatele Concursului « Charlotte Sibi » 2011
Biografia Charlotte Sibi – Demoiselle de français / Domnişoara de franceză
L’Evêché Catholique de Iasi et Charlotte Sibi/Episcopia catolică şi Ch. Sibi
La rencontre des anciens élèves – rue T. Pallady/ Întâlnirea foştilor elevi – str Pallady Les anciens élèves et l’Association « Charlotte Sibi »/Foştii elevi și Asociaţia
Je suis membre de l’Association « Charlotte Sibi », que puis-je faire ?/Sunt membru al Asociaţiei « Charlotte Sibi », cum aş putea ajuta ?
Les Cahiers de Charlotte 2012

La Journée d’hommage du 26 décembre 2011/Omagiu în data de 26 decembrie 2011

Depuis 2009, nous lui rendons hommage en marquant ce jour par plusieurs activités. Le matin, nous allons sur la tombe de Charlotte Sibi – qui est aussi celle de sa sœur Marie et de son père Joseph. Le 26 mai, une douzaine de personnes – anciens élèves, famille, amis, membres de l’Association Charlotte Sibi -étaient là avec des fleurs, pour une petite cérémonie autour du Père Anton Despinescu. Le 26 décembre, nous nous y retrouvons chaque année à 10.30.

Incepând cu anul 2009, ii aducem un omagiu marcând aceasta zi printr-o serie de evenimente. În cursul dimineții, am mers la mormântul lui Charlotte Sibi – care este şi mormântul surorii sale Marie şi al tatălui său Joseph. Pe 26 mai, un grup de douăsprezece persoane – fosti elevi, familie, prieteni, membri ai Asociaţiei « Charlotte Sibi » – au fost prezente cu flori la o mică ceremonie oficiată de Preotul Anton Despinescu. Pe 26 decembrie, ne dam „rendez-vous” în fiecare an la ora 10.30.

Bilan et résultats du Concours « Charlotte Sibi » 2011/ Bilanțul și rezultatele Concursului « Charlotte Sibi » 2011

En 2010, le nombre de participants a été de 70 (soit le double par rapport à 2009) mais plus d’une centaine ont participé à des tests de sélection que nous avions préparés au sein de leur classe et de leur école.
Pour la 3ème édition du concours, en décembre 2011 – et pour le 110ème anniversaire de la naissance de Charlotte Sibi – nous nous sommes proposé s de développer encore le concours avec un nombre symbolique de 110 participants sélectionnés en phase finale !
Organisé par l’Association Charlotte Sibi et le Centre Culturel Français de Iasi, les institutions participantes au Concours ont été : CCF, Collèges nationaux « Mihai Eminescu », « National », « C. Negruzzi », « G. Ibraileanu », Lycée « Dimitrie Cantemir » et Groupe Scolaire « B.P. Hasdeu ».
Les partenaires du concours ont été : L’Ambassade de France en Roumanie, les associations des Départements Universitaires de Français de Roumanie (ARDUF), des Etudiants Francophones (AEFI), des Professeurs de Français de Iasi (ARPF) et « Moldova-Normandia » ainsi que la maison d’édition « Institutul European ».
Les épreuves se sont déroulées au CCF le 3 décembre 2011. Les remises des prix et des diplômes ont eu lieu le 10 décembre au CCF.
In 2010, numărul participanților a fost de șaptezeci (adică dublu față de 2009), însă mai bine de o sută au participat la teste de selecție organizate în cadrul orelor de clasă de la școlile lor.
Pentru cea de-a 3-a ediție a concursului din decembrie 2011 și pentru a 110-a aniversare a nașterii lui Charlotte Sibi, am organizat concursul cu numărul simbolic de 110 participanți selecționați pentru etapa finală !
Instituțiile participante au fost: CCF, Colegiile naționale « Mihai Eminescu », « Național », « Negruzzi », « Garabet Ibrăileanu », liceul « Dimitrie Cantemir » și Școala Generală « Bogdan Petriceicu Hasdeu ».
Partenerii concursului au fost: Ambassada Frantei în România, Asociația română a departamentelor universitare francofone (ARDUF), Asociația studenților francofoni (AEFI), Asociația profesorilor de franceză din Iași (ARPF), Asociația «Moldova-Normandia» și Editura «Institutul European». Probele s-au desfășurat la CCF pe 03 decembrie 2010. Acordarea premiilor și diplomelor a avut loc pe 10 decembrie la CCF.

Gagnants du concours « Charlotte Sibi » 2011 / Cîstigatorii concursului :

Groupe élèves 10-12 ans

1er Prix ex aequo:

BUHUSI Gabriel (34.75/40) Collège national « Mihai Eminescu » – 12 ans DUMAS Emmanuel Andrei (34.75/40) Col. nat. « M. Eminescu » -10 ans
(Professeurs : Camelia Mancea et Mira Cucinschi)

2ème Prix : SANDULACHE Ioan ((34/40) Col. nat. « M. Eminescu » – 12 ans

3ème Prix : IPATOV Antonie (32.25/40) Col. nat. « M. Eminescu » – 12 ans
(Professeur : Camelia Mancea)

Groupe élèves 13-14 ans

1er Prix : MOLNAR Stefan (32.25/40) Col. nat. « M. Eminescu » – 13 ans
(Professeurs : Mira Cucinschi et Sorina Danaila)

2ème Prix : GRIGOROVSCHI Theodor (31.50/40) Collège « National »
(Professeurs : Maria Moisuc et Ioana Teodorescu)

3ème Prix : ISTRATI Claudia (31.25/40) – Col. nat. « M. Eminescu » – 13 ans
(Professeur : Mira Cucinschi et Sorina Danaila)

Groupe élèves CCF Prof. Gela Barbu

1er Prix : BARHALESCU Tudor Matei (25/40) 12 ans (« C. Negruzzi »)
2ème Prix : ENE Lina (24.5/40) 11 ans – (« National »)
3ème Prix : NITA Maria-Elena (24/40) – (« C. Negruzzi »)

Pour l’année prochaine nous proposons d’équilibrer le nombre de participants en deux groupes : 12 ans-13 ans (6ème) et 13-14 ans (7ème), avec 40 élèves dans chaque série et de créer un groupe de candidats de 14-15 ans (8ème) avec une vingtaine d’élèves sélections auparavant dans leurs écoles.
Pentru anul viitor ne propunem să echilibrăm numărul participanţilor în două grupe : 11-12 ani ( cl. a 6-a) şi 13-14 ani (a 7-a) cu câte 40 de elevi în fiecare serie şi să înfiinţăm o grupă de candidaţi de 15-16 ani(cl. a 8-a) cu aproximativ 20 de elevi selecţionaţi mai întâi în şcolile lor.

Les Prix du Concours « Charlotte Sibi » 2011 Les gagnants de la série des 10-12 ans

Biografia Charlotte Sibi – Demoiselle de français / Domnişoara de franceză

La biographie de Charlotte Sibi écrite par Olivier Dumas et traduite par son épouse Felicia Dumas est apparue dans une première étape sous la forme d’un numéro Hors-Série des Cahiers de Charlotte.
Son lancement a eu lieu le 26 septembre 2011 au CCF de Iasi – 1er anniversaire et Journée Portes Ouvertes de la Médiathèque Charlotte Sibi – en présence de Monseigneur Petru Gherghel et d’un public venu nombreux.

L’ouvrage bilingue comporte 449 pages, des dizaines de photos et la liste (partielle) des anciens élèves de Charlotte Sibi. Cette biographie, plus particulièrement réservée à nos membres et aux anciens élèves est en vente uniquement au CCF au prix de 40 lei (voir O. Dumas) au seul bénéfice de l’Association Charlotte Sibi. Près d’une centaine d’exemplaires ont déjà été diffusés.

Nous tenons à remercier ici la Maison d’édition Institutul European pour ses efforts concernant la publication de cet ouvrage.
Le livre sera disponible en librairie en 2012 dans une version ne comprenant plus la liste des anciens élèves mais avec en plus une « Chronologie » et un « Index ».

Biografia lui Charlotte Sibi scrisă de Olivier Dumas şi tradusă de soţia sa Felicia Dumas a apărut într-o primă etapă sub forma unui supliment al colecţiei Cahiers de Charlotte/Caietele lui Charlotte.
Lansarea a avut loc în 26 octombrie 2011 la CCF din Iaşi-prima aniversare- şi Ziua Porţilor Deschise ale Mediatecii Charlotte Sibi-în prezenţa Monseniorului Petru Gherghel şi a unui public numeros.
Ediţia bilingvă cuprinde 449 de pagini, zeci de fotografii şi lista(parţială) a foştilor elevi ai lui Charlotte Sibi. Această biografie, destinată în mod special membrilor şi foştilor elevi se poate cumpăra numai de la CCF la preţul de 40 RON (vezi O. Dumas) suma intrând în beneficiul Asociaţiei Charlotte Sibi. Aproape 100 de exemplare au fost deja difuzate.
Ţinem să mulţumim pe această cale Institutului European pentru eforturile făcute pentru publicarea acestei lucrări. Cartea va fi disponibilă în librării din 2012 într-o versiune care nu va mai cuprinde lista foştilor elevi dar va avea în plus o « Cronologie » şi un « Index »

L’Evêché Catholique de Iasi et Charlotte Sibi/Episcopia catolică din Iaşi şi Charlotte Sibi
Mgr Petru Gherghel nous a confirmé le 26 octobre, qu’une commission d’enquête était mise en place pour établir les preuves pouvant servir à un futur procès de béatification de Mlle Charlotte Sibi. M. Antonius Cuba (antoniuscuba@gmail.com), membre de notre association est membre de cette commission et nous demandons à tous ceux qui ont connu Charlotte Sibi de l’aider dans son travail.
Monseniorul Petru Gherghel ne-a confirmat că s-a înfiinţat o comisie pentru a cerceta dovezile necesare unei beatificări a domnişoarei Charlotte Sibi. Domnul Antonius Cuba (antoniuscuba@gmail.com), membru al asociaţiei noastre şi membru al acestei comisii roagă pe toţi cei care au cunoscut-o pe Charlotte Sibi să ne ajute în demersurile noastre.

La rencontre des anciens élèves – rue T. Pallady/ Întâlnirea foştilor elevi în casa din str. Pallady

Comme l’année dernière, à la veille de la rentrée scolaire de septembre, les membres de l’association étaient invités à se retrouver autour d’une tasse de thé ou de café, dans le jardin de la maison de la rue Pallady, que beaucoup ont fréquentée pour leurs leçons avec Mlle Sibi.

Ca şi anul trecut, în ajunul începerii anului şcolar din septembrie, membrii asociaţiei au fost invitaţi să se regăsească în jurul unei ceşti de ceai sau de cafea în grădina casei din str. Pallady nr. 12, imobil în care mulţi au luat lecţii de franceză cu domnişoara Sibi.

Les anciens élèves et l’Association « Charlotte Sibi »/ Foştii elevi ai Asociaţiei « Charlotte Sibi
Notre association est devenue officielle en ce début d’année 2011. Nous remercions pour cela le dévouement de notre vice-présidente Mme Anca Untu Dumitrescu qui a mis à notre disposition juriste et comptable de l’Institutul European qu’elle dirige. Grâce à cette existence officielle nous avons pu recevoir une première petite subvention de la part de l’Ambassade de France pour le Concours « Charlotte Sibi ».
Le lancement de la biographie en octobre 2011 nous a permis de connaître d’autres anciens élèves (ou enfants d’anciens élèves) de Charlotte Sibi, dont certains ont adhéré à l’association, et de recevoir plusieurs photos – notamment du Lycée Carmen Sylva de Botosani.
Asociaţia noastră a devenit oficială la începutul anului 2011. Mulţumim devotamentului vicepreşedintei Anca Untu Dumitrescu care ne-a acordat consultanţă juridică şi contabilă prin Institutul European pe care îl conduce. Datorită existenţei oficiale am putut primi o primă mică subvenţie din partea Ambasadei Franţei pentru concursul « Charlotte Sibi ».
Lansarea biografiei în octombrie 2011 ne-a permis să cunoaştem alţi foşti elevi (sau copii ai foştilor elevi) ai lui Charlotte Sibi ; unii au aderat la asociaţia noastră ; am primit mai multe fotografii-în mod special cele de la liceul Carmen Sylva din Botoşani.

En 2012, nous allons pouvoir recevoir le reversement des 2% d’impôts de tous ceux – membres, anciens élèves et autres – qui voudront bien nous les accorder. En espérant accroître notre budget nous espérons faire plus encore pour réaliser nos actions.

Adhésions 2012 : Si vous voulez renouveler votre adhésion à notre Association vous pouvez le faire dès maintenant auprès de M. Olivier Dumas (Médiathèque Charlotte Sibi – CCF Iasi – 26 Bd. Carol I – Iasi).
În 2012 vom putea primi cei 2% din impozitul membrilor, foşti elevi şi nu numai-persoane care ar dori să ni-i acorde. Sperăm ca bugetul mărit să ne permită organizarea altor activităţi.
Adeziuni 2012 : Dacă doriţi să vă reînnoiţi adeziunea dumneavoastră la Asociaţia noastră, puteţi să o faceţi chiar de acum apelând la domnul Olivier Dumas.

Je suis membre de l’Association « Charlotte Sibi » que puis-je faire ?/ « Sunt membru al Asociației « Charlotte Sibi ». Ce pot face în această calitate ?

Le « devoir » de tout membre de l’association est d’aider à la réalisation de ses objectifs :

- Témoigner de la vie et du travail de Charlotte Sibi – notamment si on l’a connue.
On peut ainsi écrire quelques lignes de souvenirs, répondre au questionnaire (voir ci-dessous), chercher des photos que l’on peut avoir d’elle afin de les déposer au Fonds documentaire « Charlotte Sibi » de l’Association ou qu’elles y soient scannées, chercher ses cahiers et les déposer au Fonds documentaire « Charlotte Sibi » ;
- Faire connaître la vie et l’œuvre de Charlotte Sibi, notamment en diffusant Les Cahiers de Charlotte et sa biographie ;
- Faire connaître l’Association « Charlotte Sibi » et son travail, recruter de nouveaux membres parmi les anciens élèves, les professeurs de français…
- Participer aux réunions et activités de l’association ;
- Traduire de courts articles en roumain pour Les Cahiers de Charlotte ou le blog de l’Association ;
- Soutenir financièrement l’Association et ses activités par des dons ;
- Participer au Fonds permettant d’acheter les Prix du Concours « Charlotte Sibi » (les « Récompenses pour le bon travail » ou offrir des Prix (dictionnaires…)
- Sponsoriser le Concours Charlotte Sibi

« Datoria » membrilor asociației este să sprijine realizarea obiectivelor acesteia :

- Să aducă mărturii despre viața și munca lui Charlotte Sibi – mai ales dacă au cunoscut-o.
- Membrii pot astfel scrie câteva rânduri despre amintirile legate de ea, să răspundă la chestionare (vezi mai jos), să caute fotografii pe care le au cu ea pentru a fi donate Fondului documentar « Charlotte Sibi » al Asociației sau pentru a fi scanate, să caute caiete lucrate cu ea, tot pentru a îmbogăți Fondul documentar « Charlotte Sibi » ;
- Să facă cunoscută viața și opera lui Charlotte Sibi, difuzând mai ales Les Cahiers de Charlotte și biografia sa;
- Să facă cunoscute publicului Asociația « Charlotte Sibi » și activitatea acesteia, să recruteze noi membri printre foștii elevi, profesorii de franceză…
- Să participe la ședințele și acțiunile asociației;
- Să traducă scurte articole în limba română pentru Caietele lui Charlotte sau pentru blogul Asociației;
- Să susțină financiar Asociația și activitățile sale prin donații ;
- Să participe financiar la achiziționarea Premiilor pentru Concursul « Charlotte Sibi » «Récompenses pour le bon travail» sau să ofere Premii (dicționare…)
- Să sponsorizeze Concursul Charlotte Sibi

Chestionar membrilor asociatiei "Charlotte Sibi"

-Cum va numiti? Care este data nasterii ?
-In ce imprejurare ati cunoscut-o pe dra. Charlotte Sibi ?
-In ce an ati luat lectii de franceza cu dumneaiei ?
-Ce virsta aveati? In ce clasa erati ? Faceati franceza si la scoala ?
-Cind aveau loc lectiile? ( ora, ziua ,durata)
-Unde era si ce facea cind o intilneati ?
-Puteti sa povestiti cum se derula o ora ?
-Ce teme va dadea pentru acasa?
-Ce va dadea de citit ? (autori, carti, poezii,…)
-Ce va placea la ea ?
-In afara de franceza ce v-a mai invatat ?
-Dupa lectii ce facea,despre ce vorbea cu dvs. sau cu parintii ?
-O intilneati in oras, la biserica ?
-Ce parare aveti despre ea ca profesor, ca personalitate ?
-Care sunt cele mai puternice (marcante ) amintiri despr dinsa ?
-Faceti portretul ei in citeve rinduri.
-Cum ati descri-o fizic ?
-Care erau principalele ei calitati ?
-De ce era o personalitate iesita din comun ?
-Dupa dvs. ce-i placea cel mai mult ?
-Ce avea asa de special in comparatie cualte persoane din vremea ei ?
-Cind ati vazut-o ultima data ?
-Ce ati fi vrut sa-i spuneti sau s-o intrebati inainte sa moara ?
-Ati fost la inmormintare ? Ati putea s-o descrieti ?
-Mai cunoasteti si alti elevi care nu sunt in asociatie? Ati putea sa-i contactati ?

Chestionarul poate fi trimis la charlottesibi@yahoo.frhttp://charlottesibi.wordpress.com

Les Cahiers de Charlotte 2012

La revue de l’Association « Charlotte Sibi » se dote à partir de janvier 2012, d’un véritable Comité de Rédaction chargé d’écrire, lire, sélectionner, corriger et traduire pour chaque numéro à préparer. Font partie de ce CR : Cristina Poede, Anca Untu Dumitrescu, Olivier Dumas, Nicoleta Marinescu, Anca Gavril, Iulia Raclaru.
Pour le numéro spécial à paraître en mai 2012, la thématique choisie rejoindra celle du Concours « Charlotte Sibi », à savoir la « connaissance de la France et du français ».
Ce numéro sera donc entièrement consacré à la civilisation française et aux connaissances de base de la langue française (grammaire et conjugaison). Pour cela, nous nous appuierons notamment sur le manuel de Charlotte et Joseph Sibi, Carte de Limba Franceza, écrit en 1930.

Revista Asociației « Charlotte Sibi » a creat, începând cu ianuarie 2012, un Comitet de Redacție responsabil cu scrierea, lecturarea, selecția, corectura și traducerea articolelor pentru numerele ce urmează a fi publicate. Comitetul este format din : Cristina Poede, Anca Untu Dumitrescu, Olivier Dumas, Nicoleta Marinescu, Anca Gavril, Iulia Raclaru.
Pentru numărul special din mai 2012, tema aleasă este cea a Concursului « Charlotte Sibi », « Cunoștinte despre Franța și limba franceză ».
Numărul respectiv va fi așadar în întregime consacrat civilizației franceze și cunoștințelor de bază despre limba franceză (gramatică și conjugări). În acest sens, ne vom folosi mai ales de manualul lui Charlotte și al lui Joseph Sibi, Carte de Limba Franceză, scris în 1930.

Un appel sera lancé aux professeurs de français via l’Inspectorat Scolaire de Iasi afin qu’ils témoignent de leurs expériences en matière d’utilisation de la Civilisation française en classe de français. Les meilleurs articles seront publiés dans Les Cahiers. De même, il sera demandé aux professeurs de faire dessiner leurs élèves sur ce thème afin que les meilleurs dessins participent à l’illustration du numéro spécial.

En mai 2012, une table ronde et une « leçon ouverte » seront organisées au CCF sur le thème de la Civilisation française et le soir le numéro spécial sera lancé avant que ne commence l’Assemblée Générale des membres de l’Association « Charlotte Sibi ».

Prin intermediul Inspectoratului Școlar Iași, vom lansa un apel la adresa profesorilor de limba franceză, în urma căruia aceștia vor face mărturii despre experiențele avute în folosirea Civilizației franceze la clasă. Cele mai bune articole vor fi publicate în Caietele lui Charlotte. Profesorii vor ruga, de asemenea, pe elevii lor să ilustreze această temă, iar cele mai bune desene vor fi incluse în acest număr special.

În mai 2012, vom organiza o masă rotundă și o ”lecție deschisă” la CCF pe tema Civilizației franceze; seara, înainte de Adunarea Generală a membrilor Asociației « Charlotte Sibi », va fi lansat numărul special al Caietelor.

JOYEUSES FETES DE NOEL 2011 ET BONNE ANNEE 2012 !

Buletinul Asociaţiei Charlotte Sibi – Nr. VI – Vara 2011
Numéros I, II, III,IV et V sur le site : http://charlottesibi.wordpress.com

A 110-a aniversare a naşterii lui Charlotte Sibi

Sommaire/Cuprins :
La Journée d’hommage du 26 mai 2011/Omagiu adus domnisoarei Charlotte Sibi pe 26 mai 2011
Concours « Comptines et Chansons enfantines – Charlotte Sibi »
Lancement des Cahiers de Charlotte « Chansons enfantines traditionnelles françaises »
Réunion des anciens élèves et de l’Association Charlotte Sibi
L’Association Charlotte Sibi et ses membres/Asociaţia Charlotte Sibi şi membri săi
L’équipe de traduction de l’Association Charlotte Sibi
Profesoara Charlotte Sibi – Mihai Matei (Ultima parte)
La biographie « Charlotte Sibi – Demoiselle de français » (Ch. Sibi – Domnişoara de franceză)
Informations diverses et prochaine réunion de l’Association

La Journée d’hommage du 26 mai 2011/Omagiu în data de 26 mai 2011

Le 26 mai 1989 nous quittait Mademoiselle Charlotte Sibi… Depuis 2009, nous lui rendons hommage en marquant ce jour par plusieurs activités. Le matin, nous allons sur la tombe de Charlotte Sibi – qui est aussi celle de sa sœur Marie et de son père Joseph. Cette année, une douzaine de personnes – anciens élèves, famille, amis, membres de l’Association Charlotte Sibi -étaient là avec des fleurs, pour une petite cérémonie autour du Père Anton Despinescu.

In data de 26 mai 1989 domnisoara Charlotte Sibi pleca dintre noi….Incepând cu anul 2009, ii aducem un omagiu marcând aceasta zi printr-o serie de evenimente. Dimineată, am mers la mormântul lui Charlotte Sibi – care este şi mormântul surorii sale Marie şi al tatălui său Joseph. In acest an, un grup de douăsprezece persoane – fosti elevi, familie, prieteni, membri ai Asociaţiei « Charlotte Sibi » – au fost prezente cu flori la o mică ceremonie oficiată de Preotul Anton Despinescu.

Concours « Comptines et Chansons enfantines – Charlotte Sibi »

Ce concours, destiné aux élèves de la 3ème à la 5ème classe, lancé en mars, s’est déroulé en deux étapes. La première : un concours de dessins devant illustrer des chansons enfantines traditionnelles françaises. La seconde : un concours d’interprétation des chansons.
A la première étape « illustration » ont participé 17 classes de 14 écoles (environ 300 élèves et 14 professeurs). Nous avons reçu des centaines de dessins, remis des centaines de diplômes de participation et récompensé des dizaines d’élèves (Numéro spécial des Cahiers de Charlotte, CD…). Les meilleurs dessins ont été exposé au CCF du 26 mai au 16 juin et 20 dessins ont illustré le numéro de printemps des Cahiers de Charlotte consacré aux « Chansons enfantines et comptines traditionnelles françaises ».
La seconde étape « interprétation » s’est déroulée le 26 mai au CCF de Iasi à partir de 16.30. 8 classes venus de toute la Moldavie (Galati, Botosani, Iasi) ont participé au concours de chant devant une salle pleine et un jury attentif (Solenn Pierre (CCF Iasi), Iolanda Vasiliu (CCF Iasi), Anca Dumitrescu (Institutul European/Association Charlotte Sibi), Nina Cuciuc (Univ. M. Kogalniceanu Iasi/Dir. Festival-concours étudiant de la chanson française), Olivier Dumas (CCF/Association Charlotte Sibi – Président du Jury)

Acest concurs, destinat elevilor din clasele III – V, lansat în martie, s-a derulat în doua etape. Prima : un concurs de desene menite sa ilustreze cîntece tranditionale franceze pentru copii. Cea de-a doua : un concurs de interpretare de cîntece.
La prima etapa, « ilustratiile», au participat 17 clase din 14 scoli (aproximativ 300 de elevi si 14 profesori). Am primit sute de desene, am decernat sute de diplome de participare si am recompensat zeci de elevi (vezi Numarul special al Caietelor Charlottei, cu CD…). Cele mai valoroase desene au fost expuse la CCF de pe 26 mai pîna pe16 iunie iar 20 dintre ele au ilustrat numarul de primavara al Caietelor Charlottei consacrat « Cîntecelor pentru copii».
Cea de-a doua etapa, « interpretarea», s-a desfasurat pe 26 mai la CCF Iasi de la ora 16.30. Opt clase venite din toata Moldova (Galati, Botosani, Iasi) au participat la concursul de interpretare în fata unei sàli pline si a unui juriu interesat format de : Solenn Pierre (CCF Iasi), Iolanda Vasiliu (CCF Iasi), Anca Dumitrescu (Institutul European/Asociatia Charlotte Sibi), Nina Cuciuc (Univ. M. Kogalniceanu Iasi/Dir. Festival-concurs studentesc de la chanson française), Olivier Dumas (CCF/Asociatia Charlotte Sibi)

Câştigătorii au fost :
Premier Prix : clasele 3-a, 4-a şi 5-a Şcoala B.P. Haşdeu (prof. Anca Gavril)
Deuxième Prix : classe de 4ème Şcoala din Bârcea (Jud. Galaţi ; prof. Violeta Mazaroiae) şi clasa 4-a Colegiul national « M. Eminescu » din Iaşi (prof. Sorina Danailă – M. Bunduc)
Troisième Prix : Clasa 4ème Şcoala din Româneşti (Jud. Botoşani ; Prof. Maria Sârbu)
Prix Spécial du jury : Clasa « debutanţi» din CCF Iasi (Prof. Camelia Mancea)
Là aussi vainqueurs et participants (élèves et professeurs) ont été récompensés de diplômes et cadeaux (livres, revues, CD, Cahiers de Charlotte…).

Lancement du numéro spécial Printemps 2011 des Cahiers de Charlotte « Chansons enfantines et comptines traditionnelles françaises »

Après un premier numéro spécial (printemps 2010) entièrement consacré à Charlotte Sibi et aux souvenirs de ses anciens élèves, le deuxième numéro spécial (printemps 2011) s’est voulu tourné vers les nouvelles générations de petits francophones.
« A partir de la richesse du patrimoine culturel français, qui comprend notamment ces chansons et comptines qui ont bercé son enfance, Charlotte Sibi a construit un des fondements de sa pédagogie particulièrement destinée aux enfants. Née à Iasi en 1901, Charlotte Sibi n’a vécue que deux années en France entre 1917 et 1919 lorsqu’elle était déjà une jeune fille. Toute cette tradition de chansons enfantines lui à donc été transmise, d’abord oralement, par son père Joseph, français né près de Paris en 1870 et établi à Iasi au début des années 1890. Ce patrimoine est donc bien antérieur au 20ème siècle et c’est en cela aussi qu’il a une valeur culturelle historique et précieuse. Charlotte Sibi l’a fait vivre loin de la France jusqu’en mai 1989 au plus grand bénéfice des centaines d’enfants qui ont été ses élèves.
Toutes les chansons enfantines et les comptines présentes dans ce numéro spécial des Cahiers de Charlotte ont été utilisés par la professeur et se retrouvent dans les cahiers de leçons qu’elle rédigeait et dans certains enregistrements audio que certains parents d’élèves ont réalisé.
110 ans après sa naissance, c’est pour poursuivre son travail en faveur de la langue française auprès des plus petits et aussi pour lui rendre hommage que nous avons décidé de publier ces chansons et comptines, qui seront des plus utiles aux professeurs d’aujourd’hui comme ils l’ont été à Charlotte Sibi hier… » (Introduction de la revue par Olivier Dumas)
Signalons que ces Cahiers comprennent 150 pages, 68 comptines et chansons, partitions, illustrations (élèves) et commentaires (professeurs et Charlotte Sibi). Ce numéro est en vente au CCF (Médiathèque Charlotte Sibi) au prix de 10 lei (15 lei avec un CD) pour les membres de l’association (15/20 lei pour les autres).

Lansarea numărului special Primăvara 2011 al Caietelor lui Charlotte, « Cântece şi poezii tradiţionale franţuzeşti pentru copii »

După primul număr special (Primăvara 2010) în întregime consacrat lui Charlotte Sibi şi mărturiilor foştilor elevi, al doilea număr special (Primăvara 2011) este dedicat generaţiei micilor francofoni.
« Folosindu-se de bogăţia patrimoniului cultural francez ce cuprinde cântecele şi poeziile care i-au legănat copilăria, Charlotte Sibi a făcut din acesta element de bază al pedagogiei sale, închinată mai ales copiilor. Născută la Iaşi în 1901, Charlotte Sibi nu a trăit decât doi ani în Franţa, între 1917 şi 1919, când era deja tânără. Cântecele tradiţionale pentru copii i-au fost aşadar transmise mai întâi oral, de către tatăl său, Joseph, francez născut lângă Paris în 1870 şi stabilit la Iaşi la începutul anilor 1890. Patrimoniul de care vorbim este aşadar anterior secolului XX şi are astfel valoare istorică şi culturală preţioasă. Charlotte Sibi l-a reînviat departe de graniţele Franţei până în mai 1989, de el beneficiind sutele de copii care i-au fost elevi.
Cântecele şi poeziile pentru copii din acest număr al Caietelor lui Charlotte au fost folosite de profesoară, regăsindu-se în caietele sale cu lecţii şi în unele înregistrări audio făcute de părinţii elevilor.
Acum, la 110 ani de la naşterea sa, am hotărât să le publicăm în semn de omagiu si pentru a-i duce mai departe munca în favoarea limbii franceze şi a celor mici; ele vor folosi profesorilor de azi aşa cum i-au folosit ieri lui Charlotte … » (introducere la revistă de Olivier Dumas)
Atragem atenţia că aceste Caiete conţin 150 pages, 68 de poezii şi cântece, partituri, desene ale elevilor şi comentarii (făcute de profesori şi de Charlotte Sibi). Numărul este în vânzare la CCF (Mediateca Charlotte Sibi) la preţul de 10 lei (15 lei cu CD) pentru membrii asociaţiei, (15/20 lei pentru alţi doritori).

Réunion des anciens élèves et de l’Association Charlotte Sibi
Pour terminer cette journée d’hommage, les anciens élèves et membres de l’Association Charlotte Sibi étaient invités, comme depuis 2009, à se réunir dans la salle B. Fondane du CCF et à renouveler leur adhésion. Cette année a été marquée par une mobilisation en baisse mais a permis d’accueillir de nouveaux membres : anciens élèves ou professeurs de français attirés par nos activités. Cette rencontre a été l’occasion de faire le point sur les dernières informations biographiques et illustrées de photos concernant Charlotte Sibi, ainsi que sur les activités et projets de l’association.

Intîlnirea dintre foşti elevi şi Asociaţia « Charlotte Sibi »
Pentru a încheia acesta zi de omagiu, foşti elevi şi Asociaţia « Charlotte Sibi » au fost invitaţi, cum se întâmplă din 2009, să se întrunească în sala “Benjamin Fonfane” a CCF şi să-şi reînnoiască aderenţa. Anul acesta am semnalat o aderenţă mai scăzuta, dar am avut si ocazia de a găzdui noi membri : foşti elevi sau profesori de franceză care au fost atraşi de activităţile noastre. Aceasta întâlnire a fost o oportunitate pentru a face bilanţul ultimelor informaţii biografice şi a ilustratiilor fotografice cu privire la Charlotte Sibi, precum şi a activităţilor şi proiectelor Asociaţiei.

L’Association « Charlotte Sibi »
Le 16 mars 2011 ont été signés le Statut et l’Acte Constitutif de l’Association « Charlotte Sibi ». Le 11 avril 2011 la demande d’enregistrement en tant que personnalité juridique de l’association a été déposée au Tribunal de Iasi. Le 21 avril, la demande a été acceptée et l’association a reçu son certificat d’inscription en tant que personne juridique sans but patrimonial. Le 02 mai, l’association a reçu son Certificat d’enregistrement fiscal (CIF) et a pu ouvrir un compte en banque.

Asociatia « Charlotte Sibi »
Pe 16 martie 2011 au fost semnate Statutul şi Actul de Constituire al Asosiaţiei « Charlotte Sibi ». Pe 11 aprilie cererea de înregistrare ca personalitate juridică a asociaţiei a fost depusă la Judecătoria Iaşi. Pe 21 aprilie, cererea a fost acceptată şi asociaţia a primit certificatul de înregistrare ca personalitate juridică fără scop patrimonial. Pe 2 mai, Asociaţia a primit certificatul de înregistrare fiscală (CIP) şi a fost în masură să-şi deschidă un cont bancar.

Les membres : anciens élèves et nouveaux adhérents

L’association Charlotte Sibi compte – sur le papier – une soixantaine de membres, dont la plupart sont d’anciens élèves de Charlotte Sibi.
Mais nous constatons au fil des années une certaine fluctuation du nombre d’adhérents de l’Association à jour de leur cotisation (entre 30 et 40), chiffre auquel nous devons rajouter entre 10 et 20 personnes qui ont « oublier » de renouveler leur adhésion, ainsi qu’une dizaines de membres d’honneur.
De nouveaux adhérents :
Aujourd’hui, de plus en plus de professeurs de français qui n’ont pas été élèves de Charlotte Sibi, mais qui ont appris qui elle a été, ce qu’elle a fait et ce que fait désormais l’association qui porte son nom, décident de nous rejoindre.
La vie et l’avenir d’une association tient par le nombre de ses adhérents et l’activité de ses membres.
Je rappelle que la cotisation annuelle à l’Association Charlotte Sibi est seulement de 10 lei afin que personne ne soit pénalisé financièrement par une adhésion.
Les membres qui en ont la possibilité peuvent donner des sommes plus importantes à l’occasion de l’ouverture des Fonds de Prix des Concours « Charlotte Sibi ».

Membrii : foşti elevi şi noi membri

Asociaţia Charlotte Sibi numără – pe hartie – aproximativ şaizeci de membri, majoritatea dintre aceştia fiind foşti elevi ai lui Charlotte Sibi.
Dar constatăm, de-a lungul timpului, o oarecare fluctuaţie a numărului de membri ai asociaţiei care şi-au plătit cotizaţia (între 30 şi 40), cifră la care se adaugă între 10 şi 20 de persoane care se pare că au "uitat" să îşi reînnoiască legitimaţia de membru, la care se adaugă aproximativ zece membri de onoare.
Noi membri :
În prezent, din în ce mai mulţi profesori de limba franceză, care nu au fost elevii lui Charlotte Sibi, dar care au aflat cine a fost ea, în ce a constat munca sa, şi ce face asociaţia care îi poartă numele, au hotărît să ni se alăture .
Existenţa şi viitorul unei asociaţii depind de numărul de membri, precum și de activitățile acestora în cadrul asociației.
Țin să precizez că valoarea cotizației anuale a Asociației Charlotte Sibi este de doar 10 lei, tocmai pentru ca nimeni să nu fie afectat din punct de vedere financiar de pe urma statutului de membru.
Membrii care au posibilități financiare pot dona sume mai importante cu ocazia deschiderii, în fiecare an, a Fondului de Premii pentru Concursurile "Charlotte Sibi".

Les professeurs-traducteurs de l’Association Charlotte Sibi

Notre association veut promouvoir le multilinguisme (roumain, français…), ainsi, les professeurs adhérents, sont parfois appelés à traduire en roumain de courts textes qui sont publiés dans Les Cahiers de Charlotte, sur le blog, des affiches ou des flyers !
Désormais, les professeurs adhérents qui proposent des traductions et des cours de français, anglais ou autres, peuvent se faire connaître. Nous publierons leurs annonces dans les Cahiers et sur le blog.
Profesoarea Charlotte Sibi (Mihai Matei, revista « Luceafarul » 12/2010, Botosani) – Ultima Parte
În vara anului 1941, fiind stare de război cadrele didactice au fost mobilizate şi ele. Charlotte Sibi, împreună cu colga sa, A. Chersin, au lucrat ca voluntare la Crucea Roşie în orasul Focşani, unde au primit sarcini de la comandamentele militare.
În vremea refugiului, când Liceul Carmen Sylva era cantonat în comuna Cermei, jud. Arad, profesoarele au lucrat în localităţile unde au fost repartizate. În acest refugiu profesoara Sibi a predat lb. franceză la cursurile preparatoare liceale, din comuna Zlatna, alte cadre didactice, colege ale ei, lucrând în spitale, diferite cancelarii, poşta şi Crucea Roşie.
Întoarcerea din refugiu s-a produs în luna aprilie 1945, ea durând din 6 până pe 20 ale acestei luni, cu peripeţii, greutăţi şi lipsuri, cu teama de tifos exantematic etc. Din cauza localurilor vandalizate, Liceul ,,Carmen Sylva” îşi desfăşoară cursurile, pentru o vreme în cadrul Liceului ,,A.T. Laurian”. Directoarea unităţii prof. de matematica Maria Manolescu s-a zbătut, a cerut ajutor peste tot, reuşind să repare în mare parte sălile de clasă, internatul şi cantina.
În aceste vremuri grele apare, în liceu şi viitoarea figură luminoasă, profesoara de înaltă ţinută etică şi profesională Ileana Darie, care se va împrieteni cu Charlotte Sibi. La o întâlnire cu prof. Ileana Darie, în casa sa din str. Tudor Vladimirescu, când împlinea 94 de ani, mi-a spus că nu mai trebuie să mai fie aşa de mult lăudata ea, că ar trebui să se scrie laudativ fără a se greşi şi despre buna sa prietena Charlotte Sibi.
În anul şcolar 1947-1948, profesoara este încadrată cu 18 ore de lb. franceză, ducând la capăt şi dirigenţia la clasa VIII- a si astfel încheindu-si activitatea la Botosani.
Scriitoarea botoşăneancă Lucreţia Andronic, despre care C. Ciopraga are aprecieri elogioase privind creaţia sa poetică, ne-a oferit unele amintiri, ca fostă elevă a liceului ,,Carmen Sylva”, despre profesoara Charlotte Sibi, în cartea sa ,,Păcate omeneşti sau Jurnalul unei fete bătrâne”, carte publicată la Editura Axa, 2003, Botoşani.
Redăm fragmente din aceste amintiri asa cum sunt în textul cărţii: ,,La franceza aveam cele mai multe caiete şi câte 10 note pe trimestru. Profesoara noastra d-şoara Sibi era ceea ce ar trebui să fie prototipul ideal al profesorului. Franţuzoaică la origine, catolică, excesiv de pură, de corectă, de bună, mai ales bună creştină – fanatică aş zice – cultă, se ocupa de cultura, de buna noastra creştere, cu o ravna dincolo de apostolat. La terminarea liceului cunoşteam limba si literatura franceza, mult mai temeinic decât pe cea română. În anii de internat, în fiecare joi, după amiaza, venea în repetitoar, unde ne făcea adevărate lecţii civice şi ne explica cuvintele radicale, expresii şi dictoane ale caror înţelesuri nu ne erau clare.
Îşi alesese câteva fetiţe cu care purta corespondenţă în scris pe nişte foi mici. Toate scrisorile începeau cu Copil drag. Am avut si eu acest noroc”. Noi ce scriem aceste rânduri nu am avut norocul să intrăm în posesia unor asemenea scrisori, caiete, manuale, planuri etc. Ar fi fost foarte interesant să aflăm mai multe despre aleasa sa lume sufletească, despre modul cum generaţia nouă a beneficiat de darurile minţii şi inimii sale. Le aflăm totuşi prin intermediul unor foste eleve precum Lucreţia Andronic, Eufrosina Costeschi şi Ileana Darie.
Lucreţia Andronic în cartea menţionată mai consemnează: ,,Domnişoara Sibi a fost mulţi ani profesoară la Liceul «Carmen Sylva». Era o persoană distinsă, delicată, mai degrabă slăbuţă, totdeauna îmbrăcată în cenuşiu cu părul strâns cu grijă într-un coc mic, chiar când mergea pe stradă, mergea citind. Totdeauna cu o carte în mână. Mă mir şi acum cum făcea de nu se împiedica de borduri sau alte obstacole. La pensie s-a mutat la Iaşi, unde cândva părintele său fusese Consulul Franţei şi unde mai avea o soră, tot «Mireasa lui Cristos», adică necăsătorită. A continuat şi în restul vieţii să citească şi pe stradă, cu acelaşi instinct al echilibrului necesar, care îi asigura elementara precauţie. La Iaşi a ajuns repede cunoscută şi venerată. Împreună cu sora sa, pe puţinii lor bani, întreţinea o minusculă grădiniţă ce cuprindea 10-11 copii, pe care îi învăţa gratis lb. franceză şi îi stimulau cu cadouri simbolice, dar cu efect la copii”.
Charlotte Sibi a iubit scoala botoşăneană, pe colegele şi elevele sale, devenind o strălucită profesoară de limba franceză, stimulând generaţiile noi să guste şi să se adape mereu din marea cultură franceză.
Am aflat că la Iaşi s-a înfiinţat nu demult, la Centrul Cultural Francez, o asociaţie ce poartă numele acestei valoroase profesoare. Nicoleta Marinescu, membră a acestei asociaţii şi elevă a profesoarei noastre se interesează la Colegiul Naţional ,,Mihai Eminescu” de activitatea desfăşurată la Botoşani.
Întreaga sa viata reprezintă suprema lecţie pe care ne-a dat-o prin activitatea sa didactica la Liceul ,,Carmen Sylva”, articolul nostru reprezentând un merituos şi cald omagiu adus profesoarei Charlotte Sibi.

La biographie bilingue : Charlotte Sibi : la Demoiselle de français / Biografia bilingvă : Charlotte Sibi : Domnişoara de franceză

L’un des objectifs de l’association est d’aider à la réalisation de l’écriture de la biographie de Charlotte Sibi
Depuis 2009, Olivier Dumas rassemble les informations – les pièces – qui lui permettent de reconstituer la vie – comme un puzzle – de celle qui a été Charlotte Sibi. Il n’est pas facile d’être le premier à écrire l’histoire de la vie de quelqu’un que l’on a pu interroger et sur lequel n’existe aucune autre biographie complète. Il s’agit bel et bel de trouver et de vérifier les pièces incomplètes d’un puzzle dont on ne connaît pas l’image finale et définitive – et que l’on doit néanmoins terminer. Au terme de ce travail de pionnier, la réussite sera jugée au fait que chacun y reconnaîtra le portrait de celle qu’elle ou qu’il a connu tout en découvrant des facettes inconnues de celle-ci. Pour les lecteurs qui n’ont pas directement côtoyé Charlotte Sibi, le livre sera la découverte d’une histoire familiale et d’une vie exceptionnelle à travers les siècles, la France et la Roumanie, les guerres, les régimes…
Afin de faciliter la lecture et la diffusion de la biographie de cette personnalité franco-roumaine, le livre paraîtra en édition bilingue. Charlotte Sibi : la Demoiselle de français / Charlotte Sibi : Domnisoara de franceza sera lancé fin octobre 2010 aux éditions Institutul European, Iaşi.
Charlotte Sibi : Domnişoara de franceză

En exclusivité pour Les Cahiers de Charlotte, le début du premier chapitre :
În exclusivitate pentru Les Cahiers de Charlotte ; începutul primului capitol :

1
Căminul alsacian
« J’aperçois là-bas Metz, là-bas Strasbourg, là-bas… »
(Victor Hugo)
Soarele străluceşte pe cerul albastru al Alsaciei în ziua binecuvântată a căsătoriei lui Henri Sibi. Satul e înconjurat de păduri, care se întind cât vezi cu ochii până spre Germania vecină, iar câmpurile dimprejur sunt pline de berze, devenite simbolul acestei regiuni franceze.
Clopotele capelei închinată Sfintei Treimi bat cu putere şi bucurie în inimile tinerilor miri, ale părinţilor şi prietenilor prezenţi la eveniment. Familiile miresei Anne Marie Scherer şi a lui Henri Sibi locuiesc de mai multe generaţii în satele Freyming şi Merlebach din regiunea Warndt, în partea de răsărit a departamentului Moselle, în apropierea frontierei cu Germanie. Oraşul german Sarrebruck se află numai la 18 km distanţă, pe când cel mai apropiat oraş francez se găseşte la 50 de km.
Regiunea forestieră Warndt est situată în zona frontalieră franco-germană, împărţită fiind între departamentul Moselle şi landul Sarre. Pădurea a fost dintotdeauna sursa de venit a locuitorilor din aceste ţinuturi, al căror sol, neprielnic culturilor, se va dovedi a fi bogat într-un minereu cu mare căutare în epocă : cărbunele. În secolul al XIX-lea, în vreme ce se efectuau primele prospecţii miniere în partea orientală a Bazinului de Huilă, comunităţile din Freyming şi Merlebach obţineau profituri deloc neglijabile şi din industria artizanală, din prelucrarea lemnului, fabricarea ţiglei, sau morărit. La Sainte-Antoine, în cătunul Freyming se afla o fierărie şi vreo cincisprezece fabrici de cuie, unde lucrau în 1844 aproape o sută de persoane.
Nu se cunoaşte ocupaţia profesională a membrilor familiei Sibi. Este foarte probabil ca Henri să fi fost meşteşugar, sau poate învăţător, asemenea urmaşilor săi, cine ştie…

Informations diverses et prochaine réunion de l’association

- La plaque commémorative signalant la maison de la rue T. Pallady, nr. 12, a été mise en place un matin du printemps 2011. Le texte insiste sur le fait qu’en ces lieux vivaient Joseph Sibi, agent consulaire de France et ses filles Marie et Charlotte Sibi, professeurs.

- Le 26 mai , le Père Anton Despinescu et 10 membres de notre association ont adressé un pétition demandant à l’Evêque catholique Petru Gherghel de disposer l’introduction de la cause canonique de béatification de Charlotte Sibi.

- Début juin, Olivier Dumas a évoqué Charlotte Sibi au cours de l’émission Parfum de Iasi (Oana Lazar – TVR Iasi)

Prochaine réunion de l’association / Sedinţă urmatoare :

Sâmbata 02 iulie 2011, 10.00, Médiathèque Charlotte Sibi, CCF Iasi

Ordre du jour : bilan du 26.05, projets de rentrée (rencontre en septembre rue Pallady, 1er anniversaire de la Médiathèque Ch. Sibi et lancement de la biographie fin octobre…).

Invitaţii :
Miercuri 06 iulie, 18.00, sala B. Fondane CCF Iasi, film « L’homme de chevet » cu Sophie Marceau si Christophe Lambert
Vineri 08 iulie, 20.00, CCF Iasi, cu ocazia sărbătoririi zilei nationale a Frantei cu muzica si dansuri traditionale bretone


« Récompense pour le bon travail » C.S.
Les Cahiers de Charlotte

Buletinul Asociaţiei «Charlotte Sibi »
Nr. V – Hiver (Iarna) 2011
Numéros I, II, III et IV sur le site : http://charlottesibi.wordpress.com

La Multi Ani ! Bonne Année 2011 !
110ème anniversaire de la naissance de Charlotte Sibi

Sommaire :
Baptême de la Médiathèque Charlotte Sibi du CCF de Iasi (20.10.2010) / Mediateca CCF-ului Iaşi poartă de la 20.10.2010 numele lui Charlotte Sibi
Fondul documentar « Charlotte Sibi »
Bilan et résultats du Concours « Charlotte Sibi » 2010/ Bilanțul și rezultatele Concursului
Recueillement et souvenir au cimetière « Eternitatea » le 26.12.2010 / Sub semnul reculegerii şi amintirii la cimitirul « Eternitatea »
Profesoara Charlotte Sibi – Mihai Matei (Prima parte)
Le Projet « Comptines et chansons enfantines – Charlotte Sibi » Printemps 2011
Curriculum vitae (manuscrit de Charlotte Sibi – 1987) Suite et fin
L’Association Charlotte Sibi – officielle !

Baptême de la Médiathèque Charlotte Sibi du CCF de Iasi / Mediateca CCF-ului Iaşi poartă de la 20.10.2010 numele lui Charlotte Sibi

Comme annoncé lors de la rencontre de notre association et des anciens élèves, le 26 mai 2010 au CCF de Iasi, la médiathèque de cette institution a pris officiellement le nom de Charlotte Sibi, le 20 octobre 2010.
Aşa cum s-a anunţat în întâlnirile asociaţiei noastre şi a foştilor elevi, în ziua de 26 mai 2010, mediateca acestei instituţii poartă oficial numele lui Charlotte Sibi( din 20 octombrie 2010).
Pour donner de l’ampleur à l’événement, le CCF organisa ce jour-là, une Journée Porte Ouverte de la Médiathèque Charlotte Sibi annoncée dans les médias et par voie d’affiches, de programmes et de fiches d’inscriptions distribuées aux élèves. Des centaines d’élèves et d’étudiants sont venus et se sont inscrits le 20 octobre à la médiathèque. Ce succès est notamment du au partenariat réussi entre le CCF, l’Inspectorat Scolaire, le Lectorat de Français, l’Association Charlotte Sibi, l’Association des étudiants francophones de Iasi et l’Association Roumaine des Professeurs de français.
Pentru a da amploare evenimentului, Centrul Cultural Francez a organizat în această zi de 20 octombrie, Ziua porţilor deschise în cadrul Mediatecii « Charlotte Sibi », eveniment anunţat în mass-media şi prin afişe, programe şi fluturaşi distribuiţi elevilor la înscriere. Sute de elevi şi studenţi s-au înscris în această zi la Mediatecă. Succesul este datorat parteneriatului Centrului Cultural Francez, Inspectoratului Şcolar, Lectoratului Francez, Asociaţiei « Charlotte Sibi », Asociaţiei Studenţilor Francofoni din Iaşi şi ai Asociaţiei Române a Profesorilor de Franceză.
Le soir, à 18.00 les membres de notre association et les anciens élèves étaient invités pour le dévoilement de la plaque « Médiathèque Charlotte Sibi » placée sur la porte d’entrée de cette institution. Une cinquantaine de personnes de tous les âges étaient présents. Mlles Solenn Pierre et Cristina Iliescu (CCF), Mme Cristina Poede (As. Charlotte Sibi) ainsi que M. Olivier Dumas (CCF- As.Charlotte Sibi) ont pris la parole à cette occasion et ont invité les participants à entrer dans la médiathèque pour boire un verre de l’amitié.
În seara zilei, la orele 18, membrii asociaţiei noastre şi foştii elevi au fost invitaţi la dezvelirea plăcii « Mediateca Charlotte Sibi » aşezată la intrarea în instituţie. Vreo cincizeci de persoane de toate vârstele au fost prezente. Domnişoarele Solenn Pierre et Cristina Iliescu (CCF), doamna Cristina Poede (As. Charlotte Sibi) ca şi domnul Olivier Dumas (CCF- As.Charlotte Sibi) au vorbit cu acest prilej şi au invitat participanţii la un pahar al prieteniei.
A cette occasion il fut décerné des diplômes de membres d’honneur à Mlles Cristina Iliescu (coordinatrice de la Médiathèque Charlotte Sibi) et Anca Tanasa (présidente de l’association des étudiants francophones de Iasi) ainsi qu’à Mme Madalina Golgotiu (bibliothécaire à la Médiathèque Charlotte Sibi). La soirée s’est terminée par l’inauguration du Fonds documentaire Charlotte Sibi, situé au sein de la médiathèque.
Cu acest prilej s-au decernat diplomele de onoare domnişoarelor Cristina Iliescu (coordinatoarea Mediatecii « Charlotte Sibi) » şi Anca Tanasa (preşedinta Asociaţiei Studenţilor Francofoni din Iaşi) dar şi doamnei Madalina Golgotiu (bibliotecara Mediatecii « Charlotte Sibi »). Seara s-a terminat prin inaugurarea Fondului documentar Charlotte Sibi prezent în mediatecă.
Olivier Dumas traduction Nicolata Marinescu (As. Charlotte Sibi)
Photos : http://charlottesibi.wordpress.com/photos-20-10-10-mediatheque-charlotte-sibi/
Foto Adrian Cuba

Fondul documentar “Charlotte Sibi”
Documente despre prezenta franceză si francofonă la Iasi
Fondul documentar aparține Asociației “Charlotte Sibi” și este disponibil la Mediateca Charlotte Sibi de la CCF Iași spre conservare și consultare la sală de publicul instituției. Fondul conține documente în franceză, română sau ediție bilingvă și are ca tematică istoria relațiile franco-române, în special prezența franceză și francofonă la Iași: Charlotte Sibi (pedagogia și predarea limbii franceze), comunitatea franceză sau de origine franceză și francofonă, locurile, instituțiile și monumentele franco-române din Iași. Multumim sprijinul acordat Fondului din partea editurii Institutul European, Junimea si Polirom. Inventar la 16.12.2010 : 151 doc
Foto A. Cuba
Chaque membre de l’association est invité à compléter ce Fonds avec tous les documents concernant sa thématique : Charlotte Sibi (cahiers, Pif, Vaillant, livres et manuels portant sa signature, photos…), la communauté et les lieux d’origine française de Iasi, les relations franco-roumaines.
A l’heure actuelle l’inventaire du Fonds comprends déjà 101 documents.
Attention ! Vous resterez propriétaires de vos documents et les documents rares et originaux : cahiers, photos, revues, livres et manuels d’époque signés par Ch. Sibi seront gardés sous-clés en toute protection. Vous pouvez également les récupérer à tout moment, les documents ne pouvant pas être empruntés à la maison par le public.
Ce fonds est particulièrement destiné à tous les spécialistes (professeurs, chercheurs, doctorants, étudiants…) et à toutes les personnes s’intéressant à l’histoire, l’enseignement du français, la pédagogie du FLE, la francophonie, le patrimoine de Iasi.
Catalogue disponible sur http://charlottesibi.wordpress.com/fonds-documentaire-charlotte-sibi/

Bilan et résultats du Concours « Charlotte Sibi » 2010

Après une première édition « expérimentale » en 2009 avec les classes d’enfants du Centre Culturel Français de Iasi, cette année nous avons décidé d’ouvrir le concours à des élèves des écoles de Iasi.
Le nombre de participants a été de 70 (soit le double par rapport à 2009) mais plus d’une centaine ont participé à des tests de sélection que nous avions préparé au sein de leur classe et de leur école. Les institutions participantes ont été : CCF, Collèges nationaux « Mihai Eminescu », « National », « Negruzzi », « G. Ibraileanu », Lycées « Vasile Alecsandri », « Dimitrie Cantemir », Ecole Normale « V. Lupu » et Groupe Scolaire « B.P. Hasdeu ».
Les partenaires du concours sont passés de 2 en 2009 à 6 en 2010 : les associations des Départements Universitaires de Français de Roumanie (ARDUF), des Etudiants Francophones (AEFI), des Professeurs de Français de Iasi (ARPF), « Moldova-Normandia » et « Izverna-Tarabac/Mavrodin » ainsi que la maison d’édition « Institutul European ».
Les épreuves se sont déroulées au CCF (salle 4, salle Benjamin Fondane et Médiathèque Charlotte Sibi) les 6 et 11 décembre 2010. Les remises des prix et des diplômes se sont effectuées les 13 et 18 décembre au CCF.
După prima ediție «experimentală» din 2009 cu clasele Centrului Cultural Francez din Iași, am hotărât ca în acest an să includem și elevi din școlile ieșene. Numărul participanților a fost de șaptezeci (adică dublu față de 2009), însă mai bine de o sută au participat la teste de selecție organizate în cadrul orelor de clasă de la școala lor. Instituțiile participante au fost: CCF, Colegiile naționale « Mihai Eminescu », « Național », « Negruzzi », « Garabet Ibrăileanu », liceele « Vasile Alecsandri », « Dimitrie Cantemir », Școala Normală « Vasile Lupu » și Școala Generală « Bogdan Petriceicu Hasdeu ».
Partenerii concursului au ajuns de la doi în 2009, la șase în 2010: Asociația română a departamentelor universitare francofone (ARDUF), Asociația studenților francofoni (AEFI), Asociația profesorilor de franceză din Iași (ARPF), Asociația «Moldova-Normandia» și « Izverna-Tarabac/Mavrodin» și Editura «Institutul European». Probele s-au desfășurat la CCF (sala 4, sala Benjamin Fondane și Mediateca Charlotte Sibi), pe 6 și 11 decembrie 2010. Acordarea premiilor și diplomelor a avut loc pe 13 și 18 decembrie la CCF.
Gagnants du concours « Charlotte Sibi » 2010 / Cîstigatorii concursului :
Groupe CCF 1
1er Prix : Pecincu Andrada (25.5/30) CCF/Colegiul N. « M. Eminescu » 12 ans
2ème Prix : Botez Ilinca (25/30) 12 ans
3ème Prix : Zamfir Catalina-Elena (23.5/30) 12 ans
Groupe CCF 2
1er Prix : Rezus Ioana-Irina (24.5/30) CCF/Colegiul N. « M. Eminescu » 12 ans
2ème Prix : Barhalescu Matei (23.25/30) 11 ans
3ème Prix : Hriapca Petrina-Teodora (22.5/30) 13 ans
Groupe EXT 1
1er Prix : Calistru Bianca (25.5) Colegiul « National » classe de 6ème
2ème Prix : Bogos Elena (25.25) Colegiul National 6ème
3ème Prix : Molbar Stefan et Emmanuel Dumas (24) C. Eminescu 6ème et 3ème
Groupe EXT 2
1er Prix : Luca Tamara (25/30) Colegiul « National » classe de 7ème
2ème Prix : : Toma Bogdan (24.5/30) Colegiul Mihai Eminescu 7ème
3ème Prix : Harabula Raluca (24/30) Colegiul National 7ème

Pour la 3ème édition du concours, en décembre 2011 – et pour le 110ème anniversaire de la naissance de Charlotte Sibi – nous nous proposons de développer encore le concours avec un nombre symbolique de 110 participants sélectionnés en phase finale !

Voir aussi : http://charlottesibi.wordpress.com/

Pentru cea de-a 3-a ediție a concursului din decembrie 2011 și pentru a 110-a aniversare a nașterii lui Charlotte Sibi, ne propunem să organizăm concursul cu numărul simbolic de 110 participanți selecționați pentru etapa finală !
Olivier Dumas traducere Anca Gavril (As. Charlotte Sibi)
Recueillement et souvenir au cimetière « Eternitatea » le 26.12.2010

Comme l’année dernière à la même date, les membres de notre association, les sympathisants et les anciens élèves ont été invités à se retrouver quelques instants devant la tombe de Charlotte Sibi (qui est aussi celle de sa sœur Marie et de son père Joseph) du cimetière « Eternitate » de Iasi.
Le 26 décembre 2010, après nous être regroupés à 10.00 devant le monument des héros français du cimetière, nous avons été quelques-uns à aller nous recueillir et nous souvenir de Mlle Sibi, en déposant des bougies et quelques fleurs sur sa tombe.
Déjà, nous vous donnons rendez-vous pour de pareils hommages au cimetière « Eternitatea » les 26 mai et 26 décembre à 10.00.
Photos disponible sur : http://charlottesibi.wordpress.com/eternitatea-26-12-2009-2010/

Sub semnul reculegerii şi amintirii la cimitirul « Eternitatea » ( 26 decembrie 2010 )

La aceeaşi dată a anului trecut, membrii asociaţiei noastre, simpatizanţii si foştii elevi au fost invitaţi să se reunească în faţa mormîntului Charlottei Sibi din cimitirul « Eternitatea » din Iasi. Marie si Joseph Sibi, sora si tatăl ei, se află în acelaşi loc de veci.
In 26 decembrie 2010 ne-am întîlnit la ora 10 00 în faţa monumentului eroilor francezi din « Eternitatea » şi am plecat spre mormîntul Domnişoarei Sibi pentru a ne reculege şi a ne aminti de ea, aprinzînd lumînări şi depunînd flori pe mormînt.
Urmatoarele întîlniri pentru aceste aduceri aminte la cimitirul « Eternitatea » vor fi în 26 mai si 26 decembrie la ora 10. 00. Fotografii disponibile : http://charlottesibi.wordpress.com/eternitatea-26-12-2009-2010/
Olivier Dumas traducere Cristina Poede (As. Charlotte Sibi)
Profesoarea Charlotte Sibi (Mihai Matei, revista « Luceafarul » 12/2010, Botosani) – Prima Parte
Este încadrată la Liceul ,,Carmen Syva” din Botoşani, pe catedra de limbă franceză, rămasă liberă prin pensionarea titularei Maria Mascany, începând cu anul şcolar 1930-1931.
Este absolventă a Facultăţii de Litere, a Universităţii ieşene cu examen de capacitate, trecut în anul 1929.
A funcţionat mai întâi la Şcoala Comercială de Fete din Botoşani, având completare de catedră la Şcoala Arte şi Meserii, apoi transferată la Şcoala Normală ,,Despina Doamnă”, unde însă nu a funcţionat. A fost detaşată la Liceul ,,Carmen Syva”, unde şi-a desfăşurat activitatea până în anul 1948.
Încadrarea sa la Liceul de Fete din Botoşani adaugă un alt nume sonor galeriei de profesoare recunoscute pe plan naţional pentru profesionalismul si ataşamentul faţă de şcoală. Amintim aici pe Eugenia Savinescu cu specializare pentru limba franceză, la Paris, Gabriela Leonardescu (lb. română)…
Charlotte Sibi s-a integrat repede în specificul şcolii botoşănene, şcoală ce era nu numai o instituţie de învăţământ liceal, dar şi o flacără mereu vie, ce răspândeşte cea mai de preţ creaţie a omenirii, cultura.
Redăm câteva din constatările unor asistente realizate la orele sale, inspecţii realizate de specialişti ai Inspectoratului Regional Iaşi si ai Ministerului Învăţământului. Astfel, în zilele de 27 şi 28 martie 1931, inspectorul de specialitate Dimitriu Bârlad, o asistă pe
d-şoara Charlotte Sibi, la o lecţie ţinută, la clasa a VI-a, consemnând în procesul verbal faptul că ,,a fost o lecţie izbutită”, lăudând apoi în continuare uşurinţa de-a vorbi a elevelor; ,,o lecţie condusă cu pricepere pedagogică”, nu învăţată, ci înnăscută; cu rară îndemânare a evocat cu ajutorul textului toată viaţa sociala, psihologică, literară, curtea şi moravurile secolului.
Pe nesimţite pagina de carte devenise, pentru toate elevele reprezentarea caracteristică a secolului al XVII- lea. În realizarea acestei evocări a contribuit şi uşurinţa şi abilitatea de a vorbi a d-şoarei profesoare (în lecţia despre ,,La Bruyère”). Rezultatul căutat de d-şoara profesoară a fost pe deplin ajuns. La d-şoara Sibi s-a precizat siguranţa şi îndemânarea profesionalismului înnăscut, nu făcut”!
La o altă inspecţie, făcută de C. Botez, în ziua de 30 octombrie 1934, este recomandată pentru obţinerea definitivatului în învăţământ.
În raportul de sfârşit de an şcolar 1932-1933, întocmit de Elena Haralamab, directoarea liceului si înaintat Ministerului Învăţământului, sunt cuprinse şi observaţiile făcute în consiliile profesorale de către profesoara Charlotte Sibi, cu privire la notarea elevelor cu calificative (se introdusese acest sistem).
Iată ce susţinea ea: ,,credem că nu e o justă apreciere a situaţie copiilor; e în avantajul unora şi dezavantajul altora. Întregul corp didactic e de părere de a se introduce din nou notarea cu cifre, fiind si un criteriu mai just, în clasificarea la finele anului şcolar. Lipsa de precizie e un mare neajuns şi a deprinde pe elevi cu ea înseamnă a pregăti pentru viaţă fiinţe superficiale; cerem deci cu insistenţa revenirea la note. Nu e o metodă învechită, este singura modalitatea de apreciere justa, nepărtinitoare unde hotărăşte calculul şi nu dispoziţia celei ce apreciază.”
În anul şcolar 1933-1934 sunt aprobate şi folosite la lb. franceză manualele întocmite de Charlotte Sibi, Gabriela Leonardescu şi Olga Savinescu.
În zilele de 18-21 aprilie 1940, Liceul ,,Carmen Sylva” este inspectat de Alex Trandaf care asistând un număr mare de profesoare, le acordă calificativul de ,,Foarte bine”, bineînţeles şi Charlotte Sibi obţine acelaşi calificativ… (va urma)

Le Projet « Comptines et chansons enfantines – Charlotte Sibi » Printemps 2011
Ce projet, réalisé en partenariat avec notre association, le CCF, l’Association Roumaine des Professeurs de Français et Institutul European, comporte deux parties : un concours et une édition (numéro spécial des Cahiers de Charlotte). Il est destiné aux enfants, parents, éducateurs, instituteurs et professeurs de français.
L’idée de ce projet est née de la (re)découverte des dizaines de comptines et chansons enfantines présentes dans les cahiers de français écrits de la main de Mlle Charlotte Sibi (dont une partie est conservée dans le Fonds documentaire Charlotte Sibi). Ces chansons faisaient partie intégrante de la pédagogie de Charlotte Sibi.
D’autre part, les professeurs de français sont à la recherche et demandent souvent où trouver les textes de ces chansons pour les utiliser en classe…
Nous avons décidé d’organiser un concours de dessins ayant pour thèmes des chansons enfantines françaises et dont les meilleurs illustreront un numéro spécial des Cahiers de Charlotte consacrés aux comptines…Le concours sera organisé au mois de février, en mars se déroulera la sélection. Les gagnants seront récompensés.
A partir de la richesse du patrimoine culturel français, qui comprend notamment ces chansons et comptines qui ont bercé son enfance, Charlotte Sibi a construit un des fondements de sa pédagogie particulièrement destinée aux enfants. Née à Iasi en 1901, Charlotte Sibi n’a vécu que deux année en France entre 1917 et 1919 lorsqu’elle était déjà une jeune fille. Toute cette tradition de chansons enfantines lui à donc était transmise, d’abord oralement, par son père Joseph, français né près de Paris en 1870 et établi à Iasi au début des années 1890. Ce patrimoine est donc bien antérieur au 20ème siècle et c’est en cela aussi qu’il a une valeur culturelle historique et précieuse. Charlotte Sibi l’a fait vivre loin de la France jusqu’en mai 1989 au plus grand bénéfice des centaines d’enfants qui ont été ses élèves. 110 ans après sa naissance, c’est pour poursuivre son travail en faveur de la langue française auprès des plus petits et aussi pour lui rendre hommage que nous avons décidé de publier ces chansons et comptines, qui seront des plus utiles aux professeurs d’aujourd’hui comme ils l’ont été à Charlotte Sibi hier… Textes des chansons sur : http://charlottesibi.wordpress.com/%C2%AB-chansons-comptines-fables-et-poesies-francaises-pour-les-enfants/

Concours d’illustration et d’interprétation de comptines et chansons enfantines françaises « Charlotte Sibi »
1ère édition mars 2011 – Réservé aux classes d’élèves de 6 à 11 ans
Phase préliminaire
Choix d’au moins 3 comptines et chansons enfantines par classe (parmi celles proposées par les organisateurs)
Première étape : Concours d’illustration de comptines et chansons enfantines (un dessin par enfant illustrant une des comptines choisies)
Deuxième étape : Interprétation des chansons enfantines choisies par la classe
A l’issue de la Première étape, il sera choisi au moins 3 dessins par classe illustrant des comptines et chansons enfantines différentes. Les gagnants seront récompensés individuellement. Les meilleurs dessins seront sélectionnés pour illustrer un livret de comptines et chansons enfantines.
A l’issue de Deuxième étape, les classes seront invitées à chanter leurs comptines et chansons enfantines au CCF. Les classes participantes recevant un prix de participation.

CD en vente au CCF Iasi (voir Olivier Dumas, Médiathèque Charlotte Sibi) : 10 lei

Curriculum vitae (manuscrit de Charlotte Sibi – 1987) Suite et fin

De 21 à 28 ans : Période de fin d’études de lycée. Alice avait suivi le français avec M. Serban. Papa était Agent Consulaire et très apprécié par M. Mouille, consul à Galatz. Marie voulait d’abord faire de la philosophie – puis sur les conseils du Dr. Demetrian – la chimie section biologie. La vie était désormais orientée vers les sciences.
Ayant fini mes études scolaires, j’habitais entre la médecine et le français – et me suis décidée pour cette dernière étude pensant que le professeur s’adresse à des gens normaux (p.14) alors que le médecin n’a affaire qu’à des gens malades.
Sainte Thérèse a été mon amie idéale humainement je me sentais très seule. Comme mes études universitaires coïncidaient avec les tragiques évènements du début du Légionnarisme – les 2 premières années l’université a été fermée. En IIème année on nous a permis de passer les examens de Ière mais c’est seulement la IIIème et la IVème année que j’ai faite entièrement. J’avais commencé à donner des leçons Marina et Nellu – Marioara Tanasescu et Ionel et tants d’autres. Je faisais beaucoup de ménage, maman était faible et on ne trouvait pas de servante.
J’ai connu Maronsia Celan et j’ai cru avoir une vrai amie sœur de mon âme mais elle ne voulait sans doute qu’apprendre le français. Alice manifeste pour la première fois son tempérament jaloux. Je passe licence et sur les insistances de maman me présente à la « capacité » à Bucarest. Je vais tous les jours à l’église (j’habitais chez les Orthodoxes (étant professeur dans le même institut à Iassy). J’ai connu Mme Perianu, très gentille. En 1925 elle avait organisée une excursion dans l’Ardeal où Marie à Cluj ayant fait la connaissance du professeur Thomas a été engagée comme assistante.
Par un concours de circonstances providentielles – j’avais été deux ans professeur à l’Ecole Commerciale de garçon) – j’ai entendu le Président dire « Mata alegi prima » (p. 15) bien que je fusse la 17ème – 10 de l’année précédente qui étaient restées sans place et 7 avant moi de ma promotion. J’ai choisi Botosani – Corneli B… m’ayant dit qu’il y avais là un excellent prêtre.
De 28 à 42 ans : Période la plus heureuse de ma vie. Activité intense. Entré au Lycée « Carmen Sylva » » comme professeur au cours supérieur par un concours miraculeux de circonstances. Enfants exceptionnellement douées, travail intense et fructueux. Le Père Clofanda admirable me donnait chaque jour la Sainte Communion à 7.20. Le vendredi à 13.0 je partais pour Iassy par un long trajet en chemin de fer via Dorohoi. Je retournais le lundi dans la nuit. Et cela jusqu’en 1944, année du refuge et du triste séjour à Zlatna.
En 1934 j’ai commencé (p.16) un Journal systématique – inutile d’insister ici.
De 42 à 49 ans : Période trouble – douloureuse – Zlatna, puis retour à Botosani. Mes parents restent seuls à Zlatna. On me détache au gymnase qu’on vient de fonder. Enseignement pénible – …. Difficile, ressources modiques. Maman est malade et meurt le 26 février 1946 – départ en juin. Quelques années difficiles, activité intense. Je revenais parfois à Iassy voir mon pauvre Papa – vieilli – sans occupation précise, soigné par Marie. Toute la maison est occupée. J’ai connu Ticu Oprescu, Marioara Baltaceanu – espoir d’amitié.
De 49 à 56 ans : Mise hors de l’enseignement. Je vais à Bucarest, habite rue Mendeleieff (p.17) et viens rarement à Iassy. En 1952, le Dr. Balataceanu meurt subitement, on harcèle sa veuve – obtiens miraculeusement par le Judas Thadée de rster encore ½ année pour sortir Marioara et l’enfant d’une impasse bien pénible (inflation – manque d’argent – j’ai quelques leçons).
La milice me renvoie à Iassy. J’écris souvent à Marioara mais vais peu les voir. Le 10 mars 1953 papa meurt d’une congestion pulmonaire. Mme Launay fut très dévouée. Je commence à donner beaucoup de leçons – les enfants de Marioara, Anca Untu, Stejarel…
De 56 à 63 ans : Leçons ultra-nombreuses – je vais chaque jour à l’église, achète beaucoup de livres, de jouets, de bonbons, pour récompenser les enfants et les amuser. Fêtes – Anca Magureanu. (p.18)

De 63 ans à …Même activité. Marie mange chez Alice, lui donne le temps qu’elle ne passe pas au laboratoire et tout son argent. Pierre travaille, Alice est professeur à Oltea et donne des cours pour les étudiants. Moi je mange à la cantine. Petrisor se marie, tristes souvenirs. Ils habitent la mansarde, la maison est encore occupée. Puis on construit beaucoup et les maisons se dégagent. La famille Gradinaru part et Petrisor occupe une grande partie de la maison. Je donne des leçons aux deux enfants, leur fait beaucoup de cadeaux. Marie me reproche d’aller tous les jours à l’église. Alice y va avec Lotus et Sânziana tous les dimanches, Marie jamais. Pourtant elle a soigné avec beaucoup de dévouement le Père Romila, mais quand j’ai parlé à celui-ci de Marie il m’a dit : « Am incercat nu e nimic, nimic de facut » (p.19) – l’heure n’était pas encore venue. Le dimanche je vais manger chez Alice . En été nous allons à SânGiorz, pour Alice. J’ai donné des leçons à Musat et Florin. La vie suit son cours.
En novembre 1983 je tombe malade – le genou droit me faisait mal depuis longtemps. Un microbe pénètre dans le sang- les pieds supurent – 4 mois d’hôpital. Bouleversement, je ne peux plus aller à l’église. Marie a tout changé. On m’a pris beaucoup de choses. Retour douloureux, Mlle Catherine me rend beaucoup de services mais me tourmente terriblement.
Je reprend quelques leçons. Mmes Lujinschi, … et surtout Mme Dobrovici m’aident beaucoup.
Le Père Despinescu vient (p.20) le mercredi m’apporter la Sainte Communion.
+ + +
Mon Dieu, faites de moi ce qu’il vous plaira, ne me laissant que la consolation de vous obéïr. 1er août 1986

24 mai 1987
A deux reprises, cette année, le Père Despinescu a dit une messe dans la hall :le 1er février à 16.00 et le 10 mai à 16.00.
La première fois Marie n’a pas pu venir à cause des trottoirs glissants. La seconde fois elle est venue, en retard comme toujours. (p.21)
La première fois Lotus a été retenue à Tg. Frumos – Petrisor a été présent tenant la petite Loreley sur les genoux. Elle a été très sage. La seconde fois Petrisor seul était présent mais cette fois la petite a fait beaucoup de bruit et il a dû la conduire dans son bureau. Par contre il y avait une assistance étrangère (Mme Dobrovici, Mme Lefter et son amie, Mutzi, Eva, Mme Catherine et Mathilde). Mon Dieu « Nul n’est prophète en son pays »

Peut-être après ma mort se rendra t-on compte que Dieu doit être « premier servi »
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C’est par cette croix que ce termine le « Curriculum vitae » de Charlotte Sibi. Les mots soulignés l’ont été par Charlotte Sibi

L’Association Charlotte Sibi – officielle !

Après un fonctionnement informel -mais organisé et efficace- pendant 18 mois, notre association est devenue officielle en ce début d’année 2011. Nous remercions pour cela le dévouement de notre vice-présidente Mme Anca Untu Dumitrescu qui a mis à notre disposition juriste et comptable de l’Institutul European qu’elle dirige.
Nous allons pouvoir désormais recevoir les subventions et les 2% d’impôts de tous ceux (institutions et personnes) qui voudront bien nous les accorder. En espérant accroître notre budget nous espérons faire plus encore pour réaliser nos actions.

Adhésions 2011 : Si vous ne voulez pas attendre le 26 mai pour renouveler votre adhésion « officielle » à notre Association vous pouvez le faire dés maintenant auprès de M. Olivier Dumas (Médiathèque Charlotte Sibi – CCF Iasi – 26 Bd. Carol I – Iasi)

Nr. Sp. Cahiers de Charlotte en vente 10 lei au CCF (voir Olivier Dumas, Médiathèque Charlotte Sibi)

Bulletin de l’association « Charlotte Sibi »
Buletinul asociaţiei «Charlotte Sibi »

Nr. IV – Eté/Automne (Vara/Toamna) 2010
Prix : 1.5 lei (Gratuit pour les membres de l’association)
Abonnement (4 numéros/an) + expédition à domicile : 14 lei
Numéros I, II et III sur le site : http://charlottesibi.wordpress.com

Sommaire :
Bilan de la journée « Charlotte Sibi » du 26 mai 2010
La soirée « Charlotte Sibi » en détail / Seara « Charlotte Sibi » detaliata
Fondul documentar “Charlotte Sibi” / Médiathèque Charlotte Sibi du CCF Iasi
Curriculum Vitae (manuscrit de Charlotte Sibi – 1987)
Le Concours « Charlotte Sibi » 2010
Invitation

Bureau de l’association et Comité de rédaction: Cristina Poede, Sânziana Caraman, Lotus Havarneanu, Rodica Dimitriu, Anca Untu Dumitrescu, Olivier Dumas

Qui sommes-nous ?
Amis, ancien élèves, famille, « enfants spirituels » et admirateurs de l’œuvre de cette personnalité remarquable qu’était Charlotte Sibi se sont retrouvés, 20 ans après sa mort pour remémorer et faire connaître son travail, sa morale et sa pédagogie. De cette réunion est née l’association « Charlotte Sibi » et son bulletin: Les cahiers de Charlotte. Ce bulletin est rédigé en roumain et en français, pour faire honneur à la professeur de français née à Iasi mais d’origine française qu’elle était.

Bilan de la journée « Charlotte Sibi » du 26 mai 2010

Le matin à 10.00, au cimetière « Eternitatea », une dizaine d’anciens élèves se sont retrouvés avec le Père Despinescu, devant la tombe de Charlotte Sibi, pour une petite cérémonie religieuse.
Le soir, à partir de 17.45, au CCF de Iasi, d’anciens élèves – mais pas seulement – ont commencé à se réunir et ont été invités par les membres du bureau de l’association à adhérer ou ré-adhérer à l’association « Charlotte Sibi » et acheter le numéro spécial des Cahiers de Charlotte et l’enregistrement sur CD de Charlotte Sibi.
A partir de 17.50, un diaporama constitué de notre fonds photographique a été projeté en continu pour le public déjà présent dans la salle, tandis qu’il pouvait écouter chanter Charlotte Sibi (CD en vente à l’entrée).
Lorsque les formalités d’adhésions (10 lei) et de ventes (10 lei la revue et le CD, 5 lei pour les membres de l’association) ont été terminées, la soirée a pu commencer dans la salle.
Le nombre de participants – une quarantaine – était inférieur à l’année dernière, mais on a réalisé 12 nouvelles adhésions et 15 ré-adhésions, ce qui porte le nombre d’adhérents à 46, une douzaine devant ré-adhérer d’ici la fin du mois de juillet. On note que plus de la moitié des présents n’avaient pas participé à la soirée de 2009, ce qui montre un renouvellement du public. De nombreuses personnes s’étaient excusées de ne pouvoir venir pour des raisons familiales ou professionnelles, une présence à l’étranger ou dans une autre localité.
Cristina Poede et Olivier Dumas ont pris la parole pour un mot de bienvenue et ont présenté le programme de la soirée et l’association.
Cristina Iliescu, responsable de la médiathèque du CCF de Iasi, a annoncé officiellement la décision du Centre d’accorder le nom de Charlotte Sibi à sa médiathèque à partir d’octobre 2010.Olivier a présenté le bilan des activités de l’association, l’annuaire des anciens élèves et le blog. Anca Untu Dumitrescu a présenté le numéro spécial des Cahiers de Charlotte et évoqué ses souvenirs. Cristina Poede a parlé de l’avenir des Cahiers de Charlotte.
La parole a été ensuite donnée à tous les anciens élèves présents – qui se sont exprimés le plus souvent en français – pour quelques mots sur leur expérience aux côtés de Charlotte Sibi. La petite Ondina Lipsa a récité une prière en français. Le Père Despinescu a conclu en affirmant « Charlotte est vivante ».
Olivier a présenté les dernières découvertes concernant la biographie de Charlotte Sibi en projetant des photos et en lisant des extraits du « Curriculum vitae » écrit par Ch. Sibi.
Cristina Iliescu a précisé que la soirée avait été inscrite au programme international de la manifestation « A vous de lire » et a lu des extraits des cahiers de Ch . Sibi et d’un manuel de français roumain de l’époque.
Olivier a abordé les objectifs et projets de l’association pour 2010-2011 – notamment la réalisation d’une article « Charlotte Sibi » pour Wikipedia, d’un PPS sur la base du diaporama et du CD présenté en début de soirée, l’organisation de manifestations au CCF marquant le jour de l’attribution du nom de Charlotte Sibi à sa médiathèque, et le concours « Charlotte Sibi ».
Au niveau médiatique, la soirée a été annoncé par la presse locale (article papier dans Evenimentul) et sur internet. Deux interview ont été accordées pour Radio Iasi (GO et FM).

La soirée « Charlotte Sibi » du 26 mai 2010
Seara « Charlotte Sibi »

Oliver Dumas : Bonsoir…
Olivier Dumas. Bună seara…
C. Poede : Nous avons déjà fait beaucoup de choses et nous allons continuer en étant encore plus cohérents et visibles, je remercie Mme Anca Dumitrescu pour son travail et son soutien pour la revue ainsi que tous les collaborateurs.
Je voudrais une rencontre humble et tendre une plongée dans notre passé avec cette belle exposition de livres et de cahiers que vous voyez et je remercie M.Olivier Dumas qui a fait beaucoup d’efforts pour que l’association fonctionne.
C.Poede. Am făcut deja multe lucruri şi vom continua fiind mai coerenţi şi mai vizibili. Mulţumesc doamnei Anca Dumitrescu pentru munca şi susţinerea depusă pentru revistă, dar şi tuturor colaboratorilor.Aş vrea să fie o întâlnire de suflet ancorată în trecutul nostru cu această frumoasă expoziţie de cărţi şi caiete pe care le vedeţi . Îi mulţumesc domnului Olivier care a făcut eforturi deosebite pentru ca asociaţia să funcţioneze.
C. Iliescu : Nous avons pensé améliorer l’identité de la médiathèque en lui cherchant un nom qui combine un héritage culturel français, une localisation en Roumanie, et rester dans l’histoire du contexte franco-roumain. Donc on s’est décidé au fur et à mesure de l’évolution de votre association et du projet à attribuer cette année le nom de Charlotte Sibi à la médiathèque du Centre Culturel Français de Iasi. Cette soirée est également incluse dans le cadre de la manifestation française « A vous de lire ».
C. Iliescu Ne-am gândit să îmbunătăţim identitatea mediatecii căutându-i un nume care să combine o moştenitre culturală franceză, o localizare în România şi să rămână în istoria colaborărilor franco-române. Deci s-a hotărât în urma evoluţiei asociaţiei voastre şi a proiectului de a atribui anul acesta numele lui Charlotte Sibi mediatecii Centrului Cultural Francez din Iaşi. Această seară este inclusă în cadrul manifestărilor franceze « A vous de lire ».
Olivier : C’est une idée qui a eu un assez large écho dans le milieu francophone de Iasi puisque 100 personnalité francophones de Iasi l’ont soutenue et je pense que l’on pourra inaugurer le nouveau nom de la médiathèque au mois d’octobre. Je vous distribue notamment l’annuaire provisoire des anciens élèves de C.S, c’est un des premiers objectifs de l’association de retrouver et d’inventorier les anciens élève de C.S ce qui n’est pas facile parce qu’il n’y a pas de fiche officielle et comme il s’agissait de cours particulier…
Olivier : O ideee care s-a bucurat de un larg ecou, pot spune, în mediul francofon al Iaşului, pentru că 100 de persoane ai oraşului, francofoni, au susţinut idee şi cred că se va putea inaugura mediateca în octombrie purtând acest nume. Vă distribui şi un anuar provizoriu al foştilor elevi ai lui Charlotte Sibi, este unul din primele obiective ale asociaţiei de a regăsi şi de a « inventaria » foştii săi elevi. Nu este uşor pentru că nu există înscrisuri oficiale, sunt doar cursuri particulare…
Mais avec le temps et le bouche à oreille on arrive à retrouver totu le monde. Un autre objectif de l’association est de collecter les documents et photos de Charlotte Sibi, notamment celles faites par C.S elle-même avec son vieil appareil Kodak.
Timpul şi zâmbetul ne vor ajuta să regăsim pe toţi foştii elevi. Un alt obiectiv al asociaţiei este acela de a aduna documente şi fotografii de-ale lui Charlotte Sibi şi în mod special imortalizările făcute de ea cu vechiul său aparat Kodak.
Ce matin nous nous sommes retrouvés avec une dizaine d’anciens élèves et le Père Despinescu sur la tombe de Charlotte Sibi et M. Gradinaru m’a donné une photo prise au début des années 50 dans la pièce où C.S. donnait ses leçons et petit à petit nous enrichissons l’album de Charlotte Sibi et tous les anciens élèves qui ont des photos sont invités à nous les scanner ou nous les prêter pour que nous puissions faire des copies.
În această dimineaţă ne-am adunat în jurul mormântului lui Charlotte Sibi vreo zece foşti elevi şi părintele Despinescu. Domnul Grădinaru mi-a dat o fotografie de la începutul anilor 50 din camera în care Charlotte dădea lecţii(preda) şi încet încet îmbogăţim albumul său şi al foştilor săi elevi pe care îi rugăm să scaneze sau să ne împrumute fotografiile pentru a face copii.
Nous récupérons aussi les cahiers de Charlotte Sibi pour travailler dessus sur les textes, poésies, chansons qu’elle utilisait et les conserver. Un autre objectif de l’association est de récupérer des témoignages et souvenirs des anciens élèves, donc si vous avez envie d’écrire quelques lignes ou préférez être interviewer c’est possible et ces témoignage seront publiées dans les Cahiers de Charlotte – l’essentiel du numéro spécial est composé de témoignages et d’interview d’anciens élèves de C.S.. Il est important de récupérer la mémoire avant qu’elle ne se perde.
Recuperăm şi caietele lui Charlotte pentru a lucra pe texte, poezii, cântece pe care le preda şi le păstra. Un alt obiectiv al asociaţiei este recuperarea mărturiilor şi amintirilor foştilor elevi, deci dacă doriţi să scrieţi câteva rânduri sau preferaţi să daţi un interviu există posibilitatea, iar aceste mărturii vor fi publicate în « Cahiers de Charlotte »-numărul special fiind dedicat mărturiilor şi interviurilor foştilor elevi ai lui Charlotte Sibi.Este important să recuperăm memoria înainte ca aceasta să se piardă.
Une autre activité de l’association cette année a été le concours « Charlotte Sibi » adressé aux élèves qui apprennent le français aujourd’hui, nous avons commencé cette année en décembre avec les élèves du CCF et l’objectif cette année est d’ouvrir le concours à d’autres écoles de Iasi et sur le modèle de ce que faisait Charlotte Sibi tous les participants ont eu droit à une récompense pour leur travail.
O altă activitate a asociaţiei în acest an a fost concursul »Charlotte Sibi » adresat elevilor care învaţă azi franceza. Am început anul acesta în decembrie cu elevii Centrului Cultural Francez şi obiectivul a fost acela de a oferi o deschidere şi altor şcoli din Iaşi după modelul lui Charlotte, astfel toţi participanţii au avut dreptul la o recompensă pentru munca lor.
Alors les récompenses de C.S vous les reconnaissez ici à côté des cahiers et les récompenses d’aujourd’hui se sont des revues françaises que l’on a la chance de trouver à Iasi dans certaines librairies et avec les dons que vous avez fait pour le fonds de récompense du concours nous avons pu ne acheter et en offrir à chaque participant.
Recompensele lui Charlotte , le recunoaşteţi aici alături de caietele, iar recompensele de azi sunt reviste franţuzeşti pe care aveam norocul să le găsim la Iaşi în anumite librării şi cu donaţiile pe care le-aţi făcut pentru fondulde recompensă al concursului am putut să nu cumpărăm, dar să oferim fiecărui participant.
Il y a eu également les partenaires, les sponsors qui nous ont aidé avec au premier rang l’Institut Européen qui nous a offert des livres et je lance dés aujourd’hui un appel pour la fin de cette année s’il y a parmi vous des gens qui peuvent sponsoriser le concours ou faire une petite donation on hésitera pas à vous contacter à la fin de l’année.
Mai sunt partenerii, sponsorii care ne-au ajutat , în primul rând Institutul European care ne-a oferit cărţi şi lansez chiar acum un apel pentru sfârşitul acestui an dacă sunt printre dumneavoastră persoane care pot sponsoriza concursul sau pot dona ceva, nu vom ezita să vă contactăm .
En tous ca je tien à vous remercier tous car la réponse que vous avez apporté l’année dernière est allé au delà de nos espérance car on est resté avec un petit peu d’argent en caisse ce qui nous permis d’offrir des revues à des élèves qui apprennent le français dans une commune proche de Iasi Aroneanu où les élèves n’ont pas trop les moyens de se les offrir. Nous nous sommes également réunis dans l’année notamment autour de photos afin de retrouver des élèves et leur nom et compléter l’annuaire. Nous nous sommes réunis également le 26 décembre sur la tombe de Charlotte Sibi pour fêter sa naissance et comme je le disais ce matin pour l’anniversaire de sa disparition.
Je vous signale également une réalisation de l’association, le blog avec notamment le questionnaire aux anciens élèves dont je vous fais passer une version papier.
În orice caz, ţin să vă mulţumesc tuturor pentru aportul dumneavoastră nesperat ; având puţini bani, am reuşit totuşi să oferim reviste elevilor care învaţă franceza într-o comună de lângă Iaşi, Aroneanu, localitate în care elevii nu prea au posibilităţi să şi le cumpere.. Ne-am adunat anul trecut în jurul fotografiilor pentru a regăsi numele elevilor completând anuarul.Pe 26 decembrie ne-am adunat la mormântul lui Charlotte Sibi pentru a marca naşterea, aşa cum am spus azi dimineaţă când am comemorat dispariţia sa.
Anca Untu Dumitrescu
Les cahiers de Charlotte ont trouve dans ces quelques pages les souvenirs de ses anciens élèves, beuacoup d’émotion . J’ai pris des leçons avec elle jusqu’au baccalauréat et même après elle m’a invité à continuer à venir la voir, pour parler. Je l’ai beaucoup aimé et je crois que je l’aime encore de tout mon cœur avec beaucoup d’énergie, avec la même force avec le même dévouement, croyez-moi je suis très très émue. Et je suis sur que vous l’avez aimer aussi et c’est pour cela que vous êtes ici, nous avons beaucoup appris de ses leçons mais je veux insister maintenant sur un aspect, sur une sublime leçon de vie qu’elle nous a donné. La leçon de la solidarité et surtout de la solidarité des âges et c’est une raison de nous retrouver ici de nous rappeler de crayonner son portrait, son visage moral. Elle a été véritablement un modèle et je pense que notre devoir maintenant est de nous rappeler d’intégrer ce portrait dans le contexte d’autrefois un portrait merveilleux, lumineux et qui conduit nos pas et je pense que c’est le devoir suprême de l’association à qui je souhaite succès.
Anca Untu Dumitrescu
Caietele lui Charlotte au adunat în acele câteva pagini amintirile foştilor elevi, multă emoţie. Am luat lecţii cu ea până la bacalaureat şi chiar apoi m-a invitat să continui să o vizitez pentru a mai discuta. Am iubit-o foarte mult şi cred că o mai iubesc şi acum,din tot sufletul, cu multă putere, cu aceeşi forţă, cu acelaşi devotament, vă rog să mă credeţi, sunt foarte, foarte emoţionată. Sunt convinsă că şi voi aţi iubit-o, de aceea sunteţi aici,am învăţat mult din orele sale, dar aş insista acum asupra unui aspect : asupra unei sublime lecţii de viaţă pe care ne-a dat-o. Lecţia solidarităţii şi în mod special a solidarităţii vârstelor fiind şi acesta un motiv de a ne reîntâlni, de a ne reaminti de ea, de a-i creiona portretul, portretul său moral.A fost cu adevărat un model şi cred că datoria noastră acum este de a ne reaminti şi de a integra portretul său în contextul de altădată, un portret minunat, luminos, care ne conduce paşii şi cred că este datoria supremă a asociaţiei căreia îi doresc succes.
Rodica Dumitriu
Je crois que petit à petit cette journée deviendra pour nous une petite fête que les anciens élèves de Charlotte Sibi vont partager dorénavant ensemble. L’année dernière j’ai parlé de mes souvenirs d’enfance qui ont été profondément marqués par C.S à qui je le répète je dois une partie de ma carrière et surtout mon évolution en tant que personne les bon côtés de toute façon viennent de Mlle Sibi. J’aimerais cette fois-ci dire quelque chose qui se rattache au présent et à l’avenir puisque l’année dernière j’évoquais le passé et j’ai été très contente de collaborer dans la mesure où le temps me l’a permis de collaborer avec Cristina Poede et M. Olivier Dumas qui nous organise tous ici du Centre culturel, nous recevons les e-mail, nous essayons de nous rencontrer pour mettre en place d’autres activités donc j’ai été bien content ede voir se passer beaucoup de choses pendant cette année, le concours « Charlotte Sibi », le futur nom de la médiathèque et sur internet les anciens élèves ont réagi tout de suite en disant, oui oui, nous soutenons, nous sommes d’accord, même si il y a des absents comme toujours des gens occupés, aujourd’hui, les gens pensent à Charlotte et la garde dans leurs souvenirs les plus chers, donc, il ne serait pas modeste de notre part de nous féliciter maintenant de ce que nous avons fait mais en tant que membre de l’association et du comité directeur je félicite mes collègues de ce qu’ils ont fait et nous devons penser à l’avenir de cette revue nous en avons parlé avec Cristina Poede pour qu’elle ne soit pas seulement une revue de souvenir mais aussi un modèle un repère pour divers domaine de la didactique, de la recherche pourquoi pas, donc je suis très contente de tout ce qui se passe dans l’association.
Rodica Dumitriu
Cred că puţin câte puţin această zi va deveni pentru noi o sărbătoare pe care foştii elevi ai lui Charlotte Sibi o vor petrece-o pe viitor împreună.Anul trecut vorbeam de amintirile copilăriei mele care au fost profund marcate de către Charlotte Sibi căreia, repet, îi datorez o parte din cariera mea şi în mod special evoluţia mea personală, toate părţile bune vin de la domnişoara Sibi. Mi-ar place să spun acum câteva lucruri care au o legătură cu prezentul dar şi cu viitorul pentru că anul trecut evocam trecutul fiind foarte mulţumită să colaborez în măsura în care timpul mi-o permite cu Cristina Poede şi Olivier Dumas care organizează totul de aici, din Centrul Cultural Francez,ne trimite mesaje electronice, încercîm să ne întâlnim pentru a demara noi proiecte ; sunt foarte mulţumită să constat că s-au petrecut atât de multe lucruri frumoase în acest an, concursul « Charlotte Sibi », viitorul nume pe care îl va primi mediateca iar datorită internetului foştii elevi au reacţionat imediat, spunând DA, DA, susţinem, suntem de acord, chiar dacă sunt absenţi, persoane ocupate, dar care se gândesc la Charlotte şi o păstrează în amintirea lor cea mai dragă. Nu este o modestie din partea noastră să ne felicităm pentru ce am realizat ca membrii ai asociaţiei şi ai comitetului director, trebuie să gândim la viitorul revistei, am vorbit deja cu Cristina Poede să nu rămână doar o revistă a amintirilor, ci să devină un model, un reper pentru domeniile didacticii, ale cercetării, sunt foarte mulţumită de tot ce se petrece în asociaţie.
Olivier : je remarque la présence de personnes nouvelles ce soir par rapport à l’année dernière, un renouvellement, et notamment M. Gradinaru, qui est le premier élève de Charlotte Sibi à Iasi, en 1953, quelques mots…
Olivier : Remarc prezenţa unor persoane noi în această seară faţă de anul trecut, o reînnoire şi în mod special îl remarc pe domnul Grădinaru, care a fost primul elev al lui Charlotte la Iaşi, în 1953..câteva cuvinte…
Dan Vasile Gradinaru : en roumain parce que je n’est pas parlé français depuis longtemps. En 1953 ma mère a décidé qu’avant que j’aille à l’école je devais apprendre le français avec Mlle Sibi que je connaissais puisque nous habitions ensemble. J’ai de vagues souvenir de Joseph qui est mort la même année. Après d’autres enfants de la maison ont suivi mon exemple et ainsi nous sommes devenus un groupe et ainsi de suite avec les enfants de la rue, du quartier… C’était une personne extraordinaire, un pédagogue extraordinaire moi j’avais six ans. J’ai gardé les cahiers pendant des année mais je crois que ma femme les a jeté. Lorsque nous faisions une bonne action elle nous donnait une sorte de récompense, u billet où était écrit « Bonne Action » et que nous déposions dans un cœur rouge, et à la fin de l’année je crois que on les sortait et on les lisaient et près du cœur il y avait un petit meuble fait en boite d’allumette où chaque élève avait un tiroir où il écrivait les mauvaises action qu’il avait fait et il devait aussi les lire à la fin de l’année. Il y avait aussi ces fêtes que l’on faisait, vous en avez des photographies, des « Femmes savantes » où moi j’ai lu le sonnet de Prissotin. Ca a été une école parallèle à l’école qu’on a fait et qui a été beaucoup moins mensongère parce que à peu près tout ce qu’on appris à l’école était faux à part les mathématiques, pour le reste tous les savants étaient russes, toute l’histoire fausse…
Dan Vasile Grădinaru : în limba română, pentru că nu am mai vorbit franţuzeşte de foarte mult timp. În 1953 mama a decis ca înainte de a merge la şcoală trebuie să învăţ franceza cu domnişoara Sibi pe care o cunoşteam locuind acelaşi imobil.. Vagi amintiri am despre Joseph care a murit în acelaşi an. Apoi, exemplul meu a fost urmat de alţi copii din casă, devenind astfel un grup, apoi, foarte repede copiii de pe stradă noastră, apoi din cartier.Era o persoană deosebită, un pedagog minunat, eu aveam pe atunci şase ani.Am păstrat mulţi ani caietele, dar cred că soţia le-a aruncat. Când făceam un lucru bun ne dădea un fel de recompensă, o hârtiuţă pe care scria “Bonne Action” şi pe care le puneam într-o inimă roşie iar la sfârşitul anului cred, le scoatea, le sorta, le citea iar lângă inimă era o mobilă construită din cutii de chibrite în care fiecare elev avea un sertar în care scria lucrurile rele făcute pe care şi el le citea la sfârşitul anului.Mai erau serbările care se organizau, aveţi fotografii, “Les Femmes savants” în care am citit sonetul lui Prissotin. A fost o şcoală paralelă cu cea pe care o urmam, sinceră, pentru că exceptând matematica, tot ce învăţam la şcoala de Stat era fals, toţi savaţii erau ruşi, istoria falsă…
Après le premier, peut-être le dernier élève de C.S., Mircea Bîrsan :
După primul, poate ultimul elev al lui Charlotte Sibi, Mircea Bîrsan
Mircea Birsan
Je m’excuse de mon français mais je vais essayer quand même. Quand je l’ai connue j’avais environ 14 ans en 1985, 1986. Après quelques années je me suis rendu compte que les leçons de Mlle Sibi on eu une grande influence sur ma vie et tout mon être.
Elle était très religieuse et lors de notre première rencontre en tête à tête elle m’a regardée dans les yeux et elle m’a demandée « Tu crois en Dieu ? » et moi j’ai répondu oui, plutôt par politesse par ce que je savais qu’elle croyait beaucoup. Elle racontait l’histoire de deux garçons qui se battaient parce que l’un disait à l’autre que Dieu n’existait pas et elle disait qu’il ne fallait pas se battre mais demandait au non croyant en qu’elle année sommes-nous ? Par exemple 1985. Et lui demander que c’est-il passé il y a 1985 années ? Pour lui montrer l’importance de Dieu pour l’humanité. J’ai grandi et à cause de mon âge on a pu discuter d’autres choses plus profondes et même s’il elle était catholique et moi orthodoxe elle me disait toujours qu’elle priait Dieu pour que les deux confessions se rejoignent et finalement elle m’a dit un jour que quand elle était professeur dans un lycée une inspectrice est venue et a dit devant les élèves que Dieu n’existe pas, alors Charlotte Sibi qui asistait à la leçon s’est levée et elle a dit que ce n’était pas vrai, que Dieu existe et après cet épisode elle a été forcée de donner sa démission.
Mircea Bîrsan : Îmi cer scuze pentru franceză, voi încerca totuşi. Când am cunoscut-o aveam în jur de 14 ani, era în 1985, 1986. După câţiva ani am înţeles că lecţiile făcute cu domnişoara Sibi au avut o mare influenţă asupra vieţii mele, a întregii mele fiinţe.Era foarte credincioasă şi în timpul primei mele lecţii, în patru ochi, m-a privit şi m-a întrebat « Crezi în Dumnezeu ? » iar eu am răspuns da, mai mult din politeţe pentru că ştiam că era o practicantă adevărată.Povestea istoria unor doi băieţi care se certau dacă există sau nu Dumnezeu şi ea spunea că nu trebuie să se bată şi să întrebe pe un necredincios în ce an suntem.De exemplu 1985.Şi să-l întrebe ce se întâmpla acum 100 de ani. Pentru a arăta importanţa lui Dumnezeu în lume. Am crescut şi vârsta mi-a permis să discut alte subiecte mai profunde şi chiar dacă ea era catolică şi eu ortodox îmi spunea că se roagă lui Dumnezeu ca cele două confesiuni să se unească. Într-o zi mi-a povestit că pe vremea când preda într-un liceu, a venit o inspectoare care a spus în faţa elevilor că Dumnezeu nu există, atunci Charlotte Sibi care asista la lecţie s-a ridicat şi a spus că nu este adevărat, că Dumnezeu există , iar după acest episod a fost forţată să demisioneze.
Anca Sirbu : Elle aimait beaucoup le 17ème siècle, les grands auteurs classiques. Elle avait des manuels de littérature, d’histoire et de géographie.
Anca Sîrbu . Iubea foarte mult secolul 17, marii autori clasici. Avea manuale de literatură, istorie şi geografie.
Radu Linde : je suis élève de la promotion 1956 j’ai étudié avec Mlle Sibi je crois 4 ou 5 années et je regrette d’avoir arrêté trop tôt cette expérience. Je me souviens que l’on disait le notre Père avec une bougie à la main tous les garçons et les filles qui étaient là-bas vers midi, c’était un moment très émouvant, nous les enfants qui prions ensemble, c’est un très émouvant souvenir que j’ai gardé.
Radu Linde : Sunt elevul promoţiei 1956, am studiat cu domnişoara Sibi cred 4-5 ani şi regret că m-am oprit prea devreme din această experienţă. Îmi amintesc că se spunea Tatăl nostru cu o lumânare aprinsă în mână, băieţii şi fetele care eram acolo la prânz.Era un moment foarte emoţionant, noi copiii care ne rugam împreună, este o amintire foarte dragă pe care o păstrez.
Mihai Vata : Moi j’ai étudié avec Mlle Sibi environ 10 années et ce qi m’est resté, à part sa grande culture, son amour pour Dieu, pour l’humanité et pour les chats et tous les animaux, mais il y avait toujours environs 8 ou 10 chats sur la terrasse dans les arbres, qu’elle aimait beaucoup.
Mihai Vata . Eu am studiat cu domnişoara Sibi vreo 10 ani şi ce m-a impresionat exceptând cultura sa imensă, dragostea pentru Dumnezeu, pentru umanitate, dragostea ce o avea pentru pisici şi toate animalele, erau mereu 8-10 pisici pe terasă, în copaci, pe care le iubea foarte mult.
Mitica Nichitus : Je me sens comme une bouteille de Champagne. Je me souviens de la précision de Mlle Sibi pour les chiffres soixante et onze, quatre vingt onze, qu’elle écrivait en grand sur des papiers. J’ai été élève jusqu’en 1980 et ma sœur jusqu’en 1985.
Mitica Nichitus : Sunt ca o sticlă de şampanie. Îmi amintesc de precizia domnişoarei Sibi pentru cifrele 71, 90, pe care le scria cu litere mari pe hârtie.Am fost elevul său până prin 1980, iar sora mea până în 1985.
Dr. Ciprian Rezus : en roumain. Mon plus grand bonheur c’est ma fille qui est en cours au CCF depuis 4 ans et en décembre à la première édition du concours elle a eu la meilleure note et c’a été une très grande surprise la médiatisation du succès de ma fille que j’ai découvert une semaine après en entrant sur internet et c’a m’a impressionné que l’on médiatise l’effort et le succès d’enfants, c’est rare aujourd’hui qu’une école apprécie cet effort. J’ai connu C.S. par une de mes tantes qui était catholique pratiquante et était très bonne amie de Mlle C.S et entre 1967-1969 j’ai été son élève. Elle aimait en effet énormément les chats et en avait beaucoup, je me souviens également de la maison, de la cour et des récompenses pour le bon travail que j’ai conservées à la maison avec l’amour pour la langue française.
Dr. Ciprian Rezuş, în lb. română : Cea mai mare fericire a mea este fiica care urmează cursurile în cadrulCentrului Cultural Francez de 4 ani şi în decembrie, la prima ediţie a concursului a avut cea mai bună notă şi a fost o foarte mare surpriză mediatizarea succesului său pe care l-am descoperit după o săptămână navigând pe internet şi m-a impresionat efortul de a mediatiza succesul copiilor, rar se mai întâmplă azi ca o şcoală să aprecieze succesul unui elev.Am cunoscut-o pe Charlotte Sibi prin intermediul unei mătuşe care era catolică practicantă şi foarte bună prietenă cu domnişoara. Charlotte Sibi mi-a fost profesoară între 1967-1969.Iubea întra-adevăr enorm pisicile şi avea multe, îmi amintesc casa, curtea dar şi recompensele pentru lucru bine făcut pe care le-am păstrat acasă cu dragoste pentru limba franceză.
Vanda Petrescu-Dîmbovita De Pologne : C’était pour moi une deuxième famille car nous étions minoritaires à Iasi. Quand j’ai commencé le français avec tante Charlotte je ne parlais pas roumain puisqu’à la maison on parlait polonais et allemand que je parlais aussi avec tante Charlotte. Pour moi elle était une leçon de tolérance envers toutes les nationalités et c’est encore un message valable pour aujourd’hui.
Vanda Petrescu-Dîmboviţa din Polonia. Pentru mine a fost o a doua familie, pentru că eram minoritari la Iaşi.Când am început franceza cu tante Charlotte nu vorbeam româneşte, pentru că acasă se vorbea polona şi germana pe care o vorbeam şi cu tante Charlotte. Pentru mine a fost o lecţie de toleranţă faţă de toate naţionalităţile fiind şi pentru azi un mesaj valabil.
Cristina Dana Paidos : J’enseigne l’anglais depuis 37 ans et je n’ose pas parler français même si je le comprend très bien et en plus j’ai des émotions. J’ai été son élève de l’âge de 4 ans à 16 ans ma mère a été son élève et ma tante qui a 92 ans a été son élève à Botosani. Je me souviens de Mlle Cunégonde, des récompenses pour le bon travail et de tous les conseils qu’elle nous donnait de façon délicate et discret, la croyance en Dieu, de faire notre procès de conscience avant de nous coucher le soir, ce que l’on a fait de bon et de mal afin de nous corriger le lendemain. Elle m’a dit de ne pas par ler de Dieu à l’école, seulement en pensée et quand j’ai été interroger une fois par un professeur si je croyais en Dieu je lui ai répondu « A l’école en aucun cas ! ». la prochaine fois je promets de parler en français !
Cristina Dana Paidos : Predau engleza de 37 de ani şi nu îndrăznesc să vorbesc franceza, chiar dacă o înţeleg foarte bine, în plus am mari emoţii. Am fost elevul său de la 4-16 ani.Mama i-a fost elevă şi mătuşa care are 92 de ani a fost eleva lui Charlotte la Botoşani. Îmi amintesc de domnişoara Cunegonde, de recompensele pentru lucru bine făcut şi de toate sfaturile pe care ni le dădea într-un mod delicat şi discret, credinţa în Dumnezeu, să ne facem procesul nostru de conştiinţă seara, înainte de culcare, să vedem ce am făcut bine şi dar şi rău pentru ca a doua zi să ne corectăm. Mi-a spus să nu vorbesc de Dumnezeu la şcoală, numai în gând şi când am fost odată întrebată de un profesor dacă cred în Dumnezeu, i-am răspuns . « La şcoală în nici un caz ! ». Data viitoare promit să vorbesc în franceză !
Dr Antoaneta Smau : Ma mère a été son amie à Notre-Dame de Sion nous allions chaque dimanche à l’église et là nous rencontrions à chaque fois. Elle était modeste mais extraordinaire et elle avait toujours avec elle une sacoche pleine de livres. Tout le monde en ville connaissait Mlle Sibi et j’ étais stupéfaite du fait que tout le monde la connaisse et c’est seulement maintenant que je comprend.
Dr. Antoni a Smău : mama a fost prietenă la Notre Dame de Sion, mergeam în fiecare duminică la biserică şi acolo ne întâlneam de fiecare dată.Era modestă, dar extraordinară şi avea mereu la ea o sacoşă cu cărţi. În oraş toată lumea o cunoştea şi eram mirată de acest fapt. Acum înţeleg.
Antonia Luminita Budei : Moi je suis une élève éternelle de la langue française je n’ai pas encore fini de l’apprendre. Quand mes filles ont été l’élève de C.S je ne pouvais pas les aider à la maison et j’ai demandé la permission d’enregistrer des cassettes pour mes filles pour qu’elles écoutent à la maison. Mlle Sibi a été enchantée d’enregistrer et elle a voulu enregistrer encore et encore je ne sais combien de chansons. Aujourd’hui j’ai deux filles au Canada qui parlent seulement français.
Antonaia Luminita Budei : Sunt o eternă elevă a limbii franceze şi nu am terminat încă să o învăţ.Când fiicele mele erau elevele lui Charlotte nu puteam să le ajut acasă, ceream permisiunea să înregistrez casete pentru ele ca să le asculte acasă.Domnişoara Sibi a fost încântatăşi dorea să tot înregistreze cântece. Azi am două fiice în Canada şi vorbesc numai în franceză.
Dr. Magda Dogaru : A partir de 1965 pendant 15 ans j’ai été son élève, jusqu’à mon entrée à la fac de médecine, mais elle venait à la maison . Mais elle ne me donnait pas seulement des leçons de français mais d’histoire de la France, de littérature, il y avait les proverbes en français et en latin et elle a été un guide moral pour moi et dans notre famille grâce à elle la tradition française s’est perpétuée car mes deux filles parlent aussi français
Dr. Magda Dogaru. Începând cu 1965, 15 ani am fost eleva domişoarei Sibi, până la intrarea mea la facultatea de medicină, dar venea acasă. Nu îmi dădea numai lecţii de franceză ci şi de istoriea Franţei, de literatură, erau şi proverbele în franceză şi în latină. A frost un ghid moral pentru mine şi în familia mea, datorită tradiţiei franceze şi cele două fiice ale mele vorbesc franceza.
Rodica Lipsa : J’ai travaillé plusieurs années avec elle, je me rappelle son intelligence, sa grande mémoire, elle savait par cœur des pièces de Molière, de Corneille, de Racine, des poésies. J’ai beaucoup appris, l’amour pour le français, la psychologie, l’histoire de France, les proverbes, la grammaire, par cœur au début mais ça m’est resté pour toute la vie.
Rodica Lipsa : Am lucrat mai mulţi ani cu ea, îmi amintesc inteligenţa, memoria imensă, ştia pe de rost piese de Moliere, Corneille, Racine, poezii. Am învăţat mult de la ea, dragostea pentru franceză, psihologie, istoria Franţei, proverbe, gramatică, pe de rost la început, dar mi-au rămas cunoştinţele pe viaţă.
Ligia Leocov : Je me rappelle avec amour et reconnaissance de Mlle Sibi qui a été pour moi et près de moi à des heures difficiles de ma vie, elle et sa sœur Marie.
Ligia Leocov. Îmi amintesc cu dragoste şi recunoştinţă de domnişoara Sibi care a fost pentru mine şi alături de mine în momentele dificile ale vieţii mele, ea şi sora sa Marie.
Père Despinescu : Pour répondre à la provocation de dire de deux mots j’ose dire une phrase très simple : « Charlotte est vivante » (applaudissement) Charlotte se réjouit devant Dieu parce que nous sommes ici ce soir ensemble et chacun a dit quelques mots en sa mémoire et je vous assure que Charlotte en se réjouissant près de Dieu prie pour chacun de vous. J’ai connu son âme, sa personne, je peux vous dire que c’était une Sainte et vous pouvez confirmer cela alors elle peut prier pour. Nous avons prié ce matin pour elle mais n’oubliez jamais « Charlotte est vivante ».
Preotul Despinescu : Pentru a răspunde provocării de a spune două cuvinte îndrăznesc să spun o frază simplă : « Charlotte trăieşte ! » (aplauze). Charlotte se bucură în faţa lui Dumnezeu pentru că suntem aici împreună şi fiecare a spus câteva cuvinte în memoria sa şi vă asigur că Charlotte se bucură lângă Dumnezeu, se roagă pentru fiecare dintre dumneavoastră.I-am cunoscut sufletul, personalitatea, pot să vă spun că era o sfântă şi puteţi confirma aceasta, iar ea se poate ruga pentru noi.Ne-am rugat dimineaţă pentru ea, dar nu uitaţi niciodată « Charlotte trăieşte »
Cristina Poede : Ce qui est émouvant dans cette soirée c’est – toute proportion gardée – une démarche proustienne parce que c’est à la recherche du temps perdu et à la recherche d’une personnalité et au fur et à mesure vous voyez ça se recompose un peu comme un puzzle et c’est formidable de ce point de vue je crois que le Père Despinescu a rempli de joie nos cœurs parce que on a le sentiment qu’elle est avec nous qu’elle est vivante. Il faudrait que l’association aussi soit vivante, on va se réunir pour des conférences… mais les français de Iasi aimaient la fête et pourquoi pas son peut faire une fête à la campagne et se réjouir de la vie tout simplement. Pour ce qui est de la revue, c’est une démarche pédagogique qu’on va suivre il s’agirait de faire des numéros thématique, par exemple consacré à l’enfance et au monde de l’enfant avec le concours de personnalités extérieures, ou alors un numéros historique sur cette époque grotesque, sinistre où elle a apporté tant de lumière.
Cristina Poede. Ceea ce este emoţionant în această seară este proporţia păstrată, un demers prustian pentru că este în căutarea timpului pierdut şi în căutarea unei personalităţi care se recompune ca un puzzle şi este cred formidabil din acest punct de vedere ca părintele Despinescu ne-a umplut sufletele de bucurie pentru că avem sentimentul că ea este aici cu noi, că trăieşte.Ar trebui ca şi asociaţia să trăiască, să ne întâlnim la conferinţe, iar pentru că francezii din Iaşi iubesc serbările, să organizăm la ţară o serbare, bucurându-ne simplu de viaţă. În ceea ce priveşte revista vom urma o cale pedagogică, să organizăm numere tematice. De exemplu dedicate copilăriei şi lumii copilului cu concursuri privind personalităţi de afară, sau un număr istoric privind această epocă grotescă, sinistră în care ea a adus atâta lumină.

Fondul documentar “Charlotte Sibi”
Documente despre prezența franceză și francofonă la Iași

Fondul documentar aparține Asociației “Charlotte Sibi” și este deja disponibil la Mediateca Charlotte Sibi de la CCF Iași (care va fi inaugurata pe 20 octobrie) spre conservare și consultare, numai la sală, de publicul instituției. Fondul conține documente în franceză, română sau ediție bilingvă și are ca tematică relațiile franco-române, în special prezența franceză și francofonă la Iași: Charlotte Sibi (pedagogia și predarea limbii franceze), comunitatea franceză sau de origine franceză și francofonă, locurile, instituțiile și monumentele franco-române din Iași.
Chaque membre de l’association est invité à compléter ce Fonds avec tous les documents concernant sa thématique : Charlotte Sibi (cahiers, Pif, Vaillant, livres et manuels portant sa signature, photos…), la communauté et les lieux d’origine française de Iasi, les relations franco-roumaines.
A l’heure actuelle l’inventaire du Fonds comprends déjà 101 documents.
Attention ! Vous resterez propriétaires de vos documents et les documents rares et originaux : cahiers, photos, revues, livres et manuels d’époque signés par Ch. Sibi seront gardés sous-clés en toute protection. Vous pouvez également les récupérer à tout moment, les documents ne pouvant pas être empruntés à la maison par le public.
Pour consulter la liste des documents disponibles dans le fonds documentaire « Charlotte Sibi » voir http://charlottesibi.wordpress.com ou venez à la médiathèque du CCF de Iasi.

Numéro spécial en vente au CCF Iasi (Olivier Dumas) : 10 lei

Curriculum Vitae (manuscrit de Charlotte Sibi – 1987) – première partie
(par étapes de 7 ans)

1) De la naissance 26 décembre 1901, sept années de petite enfance sans aucune notion religieuse – ma mère étant protestante et mon Père catholique non pratiquant.
Mon parrain Carlo Scolari – voilà pourquoi je m’appelle Charlotte. Sa fille Inès – compagne de jeux et de péchés. Je ne savais même pas faire le signe de la croix. A 5 ans reçu de M. de Prat Les malheurs de Sophie en belle édition reliée – ai appris à lire (lettre par lettre, syllabe après syllabe) sur ce beau livre que je connaissais par cœur dans ses premières pages. (p. 1)
2) (de 7 à 14 ans)
Premières études à l’école d’application. Mme Mitru Nathalie comme institutrice – Yvonette Prassa ma rivale – ai appris à crocheter. Je lisais avec passion.
A 8 ans, mal mystérieux du genou droit qui m’a tenu immobilisée 8 mois – la jambe dans une espèce de gouttière de métal. Docteurs Juvara, Demetrian amis de la famille, n’y comprenaient rien car je n’avais pas mal et le genou était terriblement enflé et ne cédait à aucun traitements. Le dr. Juvara voulait une opération. Maman s’y opposait (p. 2) ou voulait être internée avec moi à l’hôpital La Battière – donne un remède efficace (des bains de vapeur avec « scuturatura de fîn » – c’était justement l’époque. Après trois bains le genou s’est désenflé. Le dr. Juvara était stupéfait et disait à maman « umblati cu leacuri babesti », maman le laissait dire – ai réappris à marcher.
Avant les grandes vacances Mère Zchi, la supérieure de Sion a dit à Papa de donner une de ses trois filles à Sion – gratuitement – (les études étaient forts chères et très recherchées). Maman décide que la « petite » en profiterait étant donné son genou encore faible. La Providence ! (p.3) C’est moi que Dieu a choisie. Pourtant j’ai beaucoup pleuré – disant que c’était une « prison » et que je j’aimais pas l’uniforme noir. Mais Mère Imelda (j’étais en IIIème primaire) a été d’une bonté sans égale. En décembre 1911 j’ai reçue la Confirmation et un beau chapelet (le premier) de Mère Marie-Charles – sous-directrice parce que j’avais le même nom qu’elle.
Instruction religieuse avec Mère Suzanne, très surnaturelle – notion de péché. Première leçons de catéchisme ave le Père Exariu et première confession. Le samedi soir (p. 4) je revenais à la maison et y restais jusqu’au lundi matin. Instruisais Marie et Alice à la notion de péché et leur apportais des friandises que je recevais de mes compagnes qui m’aimaient beaucoup : Emilie Lahovari rivale, Sophie Edelstein, très riche – Marie Kessim catholique comme moi, ne me rappelle pas trop du nom des autres. En IVème désir intense de sainteté. Mère Clausia maîtresse de classe.
Quand le cours primaire à été fini, examen – et…. Nouvelle intervention de la Providence – on a instituté pour la première fois à Sion le « cours roumain » donnant droit à l’exament d’état de fin d’année équivalant aux cours lycéaux de la ville (p.5).
Bleu foncé liseré – première de ma classe – Préphète – Préphète honoraire – ne pouvais pas encore être enfant de Marie n’ayant pas quinze ans. Admirais les grandes « tricolores » – grandes assemblées (sous la chapelle) tous les mois. Je prenais des leçons de piano avec sœur Lodois qui me dit un jour (la guerre avait éclaté le 3 août 1914) qu’elle priait en même temps pour son frère et pour mon père.
En novembre1915 mon Père part rejoindre son régiment en France. Maman est désolée elle devient catholique. Marie était près de finir son lycée à Humpel, Alice était compagne de Dudu Popovici que j’aimais beaucoup (p. 6).
3) de 14 à 21 ans
La Roumanie est envahie par les Allemands qui prennent Bucarest et avancent vers la Moldavie. Suis en IVème – Mère Gabriela, inoubliable, est ma maîtresse de classe. Mlle Ianovici est ma professeur de sciences naturelles que j’aimais et admirais à l’égal de Mlle Trantomir – que j’avais en roumain dans le cours primaire – tête toute bouclée et pleine de savoir).
Après la IVème secondaire avons du partir avec peu de bagages – rapatriées avec 105 autres personnes françaises – venues de Bucarest et 60 religieuses françaises. Départ au mois d’août 1917. La révolution russe commençait (p.7). A Kiev on trouve une religieuse (Mère Christophe) morte sur la banquette du train. Emoi, formalités, arrêt du voyage pour 24 heures, visite de Kiev. A Moscou – rencontres sinistres – les régiments de femmes en « uniformes jaunes ». Impressions ineffaçables – Alice a peur.
Arhanghel – arrivée quelques heures après le départ du bateau qui devait nous conduire en France. Il n’a pas attendu ayant un chargement d’armes et de militaires.
Attente de 3 semaines dans un monastère vide. La ville est assez belle. Dans le jardin public un maïs trônait au milieu d’une plate bande. Regrets intenses de tout ce qu’on avait laissé à Iassy – nourriture surtout sardines. Je tombe malade de la jaunisse. Un bateau arrive (l’autre qui devait nous prendre a été coulé au large, dans la mer Blanche). Tout l’équipage a péri englouti par les flots. Notre capitaine est très énergique et le Dr., très sympathique, m’a bien soignée. Nous sommes restés quelques jours en attente, par une tempête effroyable – le capitaine disait : réjouissez-vous, les sous-marins ne peuvent élever leurs périscopes. Tout le monde était malade, exceptée moi que le Dr. a prit comme aide pour soigner les malades. (p.8)
Enfin départ pour le nord de l’Angleterre – Inverdarden. Tout le temps, tempêtes énormes – notre chance. Arrivée à Invergarden. Arrêt à Londres. Traversée de la Manche, arrivée à Paris. Papa est démobilisé et on l’engage à la Mission Roumaine avec un bon salaire. Marie est engagée au Ministère du ravitaillement, nouvellement institué. Alice également. Demeurions rue de Vanves, non loin de la Tante Louise. Je vais à Notre-Dame des Sion, rue Notre-Dame des Champs, mais on ne reçoit les Enfants de Marie qu’à 18 ans ! Visitons Paris – Papa nous conduit à Saint Etienne du Mont (p.9) où nous entendons le Père Les…langes et ses sermons nous enthousiasment tellement que nous décidons de revenir à St. Etienne le dimanche suivant . Les sermons étaient magnifiques. Le Père était transfiguré : « Mes frères, les vrais chrétiens ne doivent avoir nulle crainte. Tout est entre les mains de Dieu ». J’ai gardé de ses sermons un souvenir inéffaçable. Quand le Père a passé à la Madeleine nous l’avons suivi. La nef était comble – une fois o na applaudi.
Puis nous avons habité le quartier Montmartre. Chaque matin dans la belle basilique (qui n’était pas encore terminée). C’est là que j’ai acheté en double exemplaire « La vie d’une âme » de Sainte Thérèse (qui n’était encore que Bienheureuse).
1919, année bénie où la chère sainte a rempli mon âme du sérieux désir d’aimer Dieu par dessus tout. J’ai lu et relu ce livre. Mlle Perrin (que Dieu la bénisse spécialement pour cela) me l’avait recommandé et prêté. (p. 10)
Le 14 juillet il y a eu un beau défilé sous l’Arc de Triomphe – Maréchal Foch en tête sur un beau cheval blanc, puis le roi Albert de Belgique avec sa femme, le roi Georges V d’Angleterre avec sa femme, Wilson, etc. et aussi le roi Ferdinand, le Japonais, puis l’armée. L’enthousiasme était formidable. Sur les toits des Champs-Elysées les Américains sifflaient (c’est leur manière d’applaudir nous explique Papa). Nous étions aux premières loges puisque nous travaillions toutes les trois au Ministère du Ravitaillement (Champs-Elysées).
En automne nous sommes rentrés en Roumanie par Marseille, Naples, la Grèce, Constantinople et Constanta, où une terrible tempête a failli nous être fatale (p.11). La famille Magrin que je connaissais de Sion nous a hébergé. A Iassy je suis entrée en Vème chez les « Orthodoxes » rue Lascar Catargi (à l’époque, là où est actuellement « Scoala de partid »). J’avais la nostalgie de la France. 4 ans d’étude, de travail…

Le Concours « Charlotte Sibi » – Connaissance de la France et de la langue français – 2ème édition – Décembre 2010

Objectif du concours (organisé par l’association « Charlotte Sibi » et le CCF de Iasi en partenariat avec les associations des professeurs de français ARPF, des départements universitaires de français ARDUF, des étudiants francophones AEFI et de Institutul European):
- Promouvoir, encourager et récompenser l’apprentissage de la langue française parmi les élèves les plus jeunes.
- Faire connaître auprès des professeurs, des élèves et de leurs parents, la vie et l’œuvre de Charlotte Sibi.
Public : enfants de 8 à 14 ans apprenant le français à l’école ou au CCF.
Renseignements et inscriptions : Olivier Dumas au CCF de Iasi.

INVITATIE

Anul scolar începe în curînd !
De aceea, fostii elevi si membrii asociatiei « Charlotte Sibi » sunt invitati sà petreacà împreunà un moment festiv, sîmbàtà11 septembrie, ora 17, str. Theodor Pallady, nr. 12, în gradina casei care và e atît de familiarà.
Và invitam sà veniti àa ne împartasiti din amintirile Dumneavoastra de tinerete la o ceascà de cafea sau de ceai si sà và alàturati nouà pentru o fotografie cu clasa la cîteva zeci de ani de la primele Dumneavoastrà ore de limba francezà.
Deci, rendez-vous simbata, 11 septembrie, la ora 17.00, str. Pallady, nr. 12 !
Pe curînd

Les Cahiers de Charlotte

Bulletin de l’association « Charlotte Sibi »
Buletinul asociaţiei «Charlotte Sibi »

Nr. I – Eté (Vara) 2009
Prix : 1.5 lei (Gratuit pour les membres de l’association)
Abonnement (4 numéros/an) + expédition à domicile : 14 lei

Sommaire :
Qui sommes-nous ?
But de « L’association Charlotte Sibi »
La soirée « Charlotte Sibi et ses élèves » le 28.05.2009 au CCF de Iasi
« Portrait de jeunesse » (Olivier Dumas)
Charlotte Sibi : pedagogia fermecării (Cristina Poede)
La Langue française par les Cahiers de Charlotte Sibi (extraits choisis)
Interview-portrait avec le Père Anton Despinescu
Stafeta şi ştacheta (Dan Mititelu)
Interview-portrait avec la Fraga Caraman
Profesorul Joseph Sibi ( Felicia şi Olivier Dumas) Prima parte
Projets immédiats de l’association
Adhérez à l’association – Rejoignez-nous !
Avantages et droits des membres de l’association
Appel ! Annonces
Adhérez – Ecrivez-nous – Envoyez-vos témoignages !

Comité de rédaction et Bureau de l’association
: Cristina Poede, Sânziana Caraman, Lotus Havârneanu, Rodica Dimitriu, Olivier Dumas (Rédacteur en chef)

Qui sommes-nous ?
Amis, ancien élèves, famille, « enfants spirituels » et admirateurs de l’œuvre de cette personnalité remarquable qu’était Charlotte Sibi se sont retrouvés, 20 ans après sa mort pour remémorer et faire connaître son travail, sa morale et sa pédagogie. De cette réunion est née, le 22 juin 2009, l’association « Charlotte Sibi » et son bulletin: Les cahiers de Charlotte. Ce bulletin est rédigé en roumain et en français, pour faire honneur à la professeur de français née à Iasi mais d’origine française qu’elle était.

But de l’association « Charlotte Sibi »

L’association a pour but de :
- rassembler les personnes voulant honorer la mémoire et l’oeuvre de Charlotte Sibi. Cet objectif sera réalisé par des rencontres/échanges, par la publication d’écrits et par l’organisation de toute manifestation pouvant servir ce but.
- continuer le travail de Charlotte Sibi pour soutenir un enseignement permanent de la langue française quels que soient les époques, les modes et les lieux d’enseignement, dans le respect de l’élève quelles que soient ses origines, par une pédagogie adaptée et s’appuyant toujours sur des valeurs morales intangibles, et de soutenir toutes personnes ou toute organisation/institution partageant ses principes .
- soutenir le multilinguisme par la connaissance et la diffusion de la langue et de la culture française, encourager les relations franco-roumaines et participer au devoir de mémoire concernant ces relations et les personnalités françaises ayant vécu de Iasi.

Moyens : Rassembler les anciens élèves de Charlotte Sibi, les personnes qui l’ont connue et de toutes celles intéressés par sa vie et son œuvre.
Créer une base de données des anciens élèves et amis de charlotte Sibi.
Contacter ses personnes pour leur demander d’adhérer à l’association.
Collecter leur témoignage en vue de leurs publications ultérieures.
Créer le bulletin de l’association : Les Cahiers de Charlotte.
Initier ou participer à d’éventuelles recherches scientifiques (historiques, pédagogiques, culturelles, théologiques…).
Organiser des rencontre thématiques, conférences, tables-rondes etc. afin d’exposer et de débattre des sujets ayant été au centre de la vie et de l’action de CS : enseignement, pédagogie, morale chrétienne.
Organiser des concours « Charlotte Sibi » primés à destination des élèves des classes de français des écoles et collèges, et des commémorations anniversaires (dépôt de couronne…).
Réaliser un travail scientifique sur les cahiers des cours de CS et ses méthodes pédagogiques ainsi que sur l’enseignement parallèle pendant la période communiste.
Recenser les écrits, publiés ou pas (livres, manuels, articles, cahiers), de CS et de son père pourra aussi être réalisé ainsi qu’un fonds documentaire « Charlotte Sibi » (photos, documents divers).
Participer à la mise en place d’une plaque commémorative sur la maison Sibi-Caraman et à la réalisation d’un documentaire de télévision sur Charlotte Sibi
Réaliser une biographie bilingue, ouvrage collectif devrant être publié en 2011 pour le 110ème anniversaire de la naissance de Charlotte Sibi.
Collaborer avec les institution pouvant soutenir et servir le but de l’association : CCF, Eglise catholique, ARPF, Institut Xenopol, Université « Al.I. Cuza » (Fac. De lettres et d’histoire), Rotary Club, lycées bilingues…

Membres : Toute personne majeure peut être membre de l’association. Après le paiement d’une cotisation symbolique, elle se verra remettre une carte de membre.

La soirée « Charlotte Sibi et ses élèves » 28.05.2009 au CCF de Iasi

L’invitation à la manifestation dédiée à Charlotte Sibi était rédigée ainsi :
Cu prilejul apariţiei cărţii La France et Iaşi – 600 ans d’une histoire d’amour de Felicia şi Olivier Dumas (Iaşi, Casa editorială Demiurg, 2009), Centrul Cultural Francez din Iaşi organizează o serie de patru conferinţe-dezbateri pe parcursul întregului an despre personalităţi franceze de la Iaşi şi vă invită să participaţi la a doua dintre acestea :
Joi 28 mai 2009 la ora 18.00, la Centrul Cultural Francez (în sala Fondane):
"Charlotte Sibi et ses élèves"

Invitaţi permanenţi şi participanţi la dezbateri : Cristina Poede (Colegiul National), Pr. Anton Despinescu, Constantin Ostap (scriitor), Andi Mihalache (Institutul de Istorie « A.D. Xenopol) si José-Maria Queiros (CCF Iasi). Moderator : Olivier Dumas (Centrul Cultural Francez din Iaşi). Din program : portret Charlotte Sibi, marturii ale foştilor elevi, proiecţii de fotografii, dezbateri, întrebări …

Environ 70 personnes sont venus pour cette soirée d’hommage à Charlotte Sibi, une majorité d’anciens élèves, des amis et la famille de Charlotte, dont certains étaient assez âgés ou venus de très loin (famille de Galati). La soirée animée par Olivier Dumas et marquée par des portraits et témoignages – dont certains se retrouvent dans ce bulletin – fut pleine de surprises (exposition, photos, poésie…) et chargée d’émotion. Elle fut surtout un moment unique pour tous ceux qui ont connu Charlotte Sibi, sans forcément se connaitre entre-eux, de se „retrouver” et de retrouver leur professeur, amie, parente. C’est pour que ce moment et cette réunion exceptionnelle de tant de personnes de valeurs ne se conjugue pas au passé et crée de nouvelle perspectives que nous avons décidé de créer l’association „Charlotte Sibi”.


« Portrait de jeunesse » (Olivier Dumas – 28.05.2009)

Charlotte Sibi est née à Iasi le 26 décembre 1901 (elle y mourra le 26 mai 1989 il y a 20 ans presque jour pour jour). Elle est la troisième fille et dernière enfant du français Joseph Sibi, professeur de français et d’anglais qui était également employé au vice-consulat de France de Iasi situé à Copou puis deviendra agent consulaire de France en 1910. La mère de Charlotte, Horthense, d’origine allemande, ne travaillait pas en ville mais donnait des cours particuliers de français au domicile familial. Chez les Sibi la langue maternelle et de communication familiale était le français. Joseph Sibi ne parlait pratiquement jamais roumain. Entre-elles, les sœurs Sibi, Marie, l’aîné, née en 1896, Alice, née en 1898, et Charlotte donc, née au lendemain de Noël 1901, parlaient français, mais elles apprendront aussi parfaitement dans l’enfance le roumain, l’anglais. On peut dire que la famille était une véritable famille européenne avant l’heure puisqu’on y rencontrait trois nationalités et qu’on y parlait quatre langues européennes : français, roumain, allemand, anglais… Une famille où les membres auront tous le sens de l’accueil et de la tolérance face à la diversité culturelle et religieuse.
La petite Charlotte habite et passe son enfance avec sa famille dans une petite maison de Sararie (où elle est certainement née comme sa sœur Alice) puis à Copou, 2 Fundacul Codrescu, dans maison où se trouvait le vice-consulat de France jusqu’en 1910, année de sa fermeture et de son achat par le professeur Sibi qui y travaillait aussi . Il s’agit d’une vieille maison, qui sera habitée plus tard par Alice Sibi, son mari Petru Caraman et leurs enfants. La famille Sibi est catholique, la mère, de famille bavaroise est catholique pratiquante et emmène ses enfants tous les dimanche à l’église, le père, Joseph, a fait le séminaire et même deux ans de grand séminaire à Paris mais a arrêté ses études pour venir à Iasi, pourquoi ? On ne sais pas, mais depuis lors il a également arrêté toute pratique religieuse. Marie Sibi l’aînée des 3 sœurs deviendra professeur de biochimie à l’Université de Médecine. Alice, la seconde, va fréquenter le lycée des jeunes filles orthodoxes – où son père enseigne depuis 1898 – et deviendra professeur d’anglais au lycée Oltea Doamna et à l’Institut , Charlotte, elle, qui est très croyante, va prier son père de l’inscrire à l’Institut Notre-Dame de Sion où elle est inscrite en 3ème classe en 1911 et où elle restera jusqu’à la première classe lycéale (1913-1914). En 1914 elle termine ses examens à la première place de sa classe avec notamment des moyennes de 9.50 en français, histoire et sciences, 8.50 en mathématique, 8 en roumain et gymnastique et 10 en piano (instrument dont elle joue également à la maison).
Pendant la première guerre mondiale la famille Sibi part en France, Horthense et les enfants se réfugient à Paris chez la mère de Joseph (231, rue de Vanves) – Joseph qui se bat contre les Allemands sera blessé et décoré. Pendant quatre ans, entre 1914 et 1918, Charlotte va probablement fréquenter les cours d’un lycée parisien, ce qui va lui permettre d’atteindre un niveau de français plus que parfait.
De retour à Iasi Charlotte prépare son examen de fin de lycée et son baccalauréat au lycée « Oltea Doamna », puis elle et s’inscrit à la faculté des lettres en 1922. En 1928 elle obtiendra sa licence en filologie moderne, spécialité langue et littérature française avec la note maximale de troix billes blanches et la mention « Magna cum laude ».
Etant jeune, Charlotte fréquente tous les jours l’église catholique dont elle anime un groupe de prière composé de jeunes femmes très pieuses. Elle écrit également dans le journal « Lumina Crestinului ».
Ayant la citoyenneté roumaine, comme ses sœurs, Charlotte veut enseigner et pour cela s’inscrit au Séminaire Pédagogique de Iasi où elle passera avec succès son examen de capacité en 1929, lui permettant de devenir professeur. Charlotte sera envoyée enseigner le français au lycée de filles « Carmen Sylva » de Botosani. A partir des années 30 Mademoiselle Sibi habite et travaille la semaine à Botosani, revenant à Iasi toutes les fins de semaines pour voir sa famille, installée depuis la fin des années 20 dans une grande maison achetée par sa sœur Marie Sibi, rue Pallady.
En 1936, les professeurs Gabriela Leonardescu, Charlotte Sibi et Joseph Sibi co-signent un Livre de français à l’usage des élèves de la VIIe classe secondaire, « ouvrage approuvé par le Ministère de l’Instruction Publique » et publié à Botosani. Il s’agit d’un livre d’un livre répondant au nouveau programme analytique de 1935 et où sont étudiés la vie et l’œuvre de Rousseau, Chateaubriand, Lamartine, Hugo, Vigny et Musset.
Pendant la seconde guerre mondiale, Charlotte se réfugie avec ses parents à Zlatna en Transylvanie où sa mère Horthense va mourir. De retour à Iasi, la famille découvre leur maison en partie détruite et occupée par d’autres.
Après la guerre Charlotte Sibi repart donc travailler à Botosani, dans un lycée où ses élèves font souvent parties de familles de la bonne société de la ville. Charlotte est un professeur charismatique, aux connaissances riches et variées, s’appuyant notamment sur la philosophie et la littérature française. De plus, son français et ses méthodes sont excellentes, et ses élèves obtiennent les meilleurs résultats et n’oublierons jamais leur professeur de français distinguée, habillée sobrement. Malheureusement le régime commence à changer et le royaume roumain devient une république populaire athée, comme son grand voisin soviétique.
Lors d’une inspection scolaire dans sa classe à Botosani, Charlotte se heurte à une inspectrice au sujet de Dieu et de la religion. Charlotte, d’origine étrangère et bourgeoise, se déclare croyante et pratiquante, formatrice de conscience et tolérante vis à vis de toutes les religions de ses élèves, elle refuse cependant de déclarer à ses élève que Dieu n’existe pas. Agée d’une cinquantaine d’années, Mademoiselle Sibi est alors exclue définitivement de l’enseignement public aux plus grands regrets de ses élèves, généralement issues des « bonnes familles » de la ville.
De retour à Iasi elle rejoint son père et sa sœur Marie dans la maison de la rue Pallady, obligée de vivre au débuts de ses économies puis de ses cours particuliers et d’une aide-sociale obtenue notamment grâce à l’aide d’anciens élèves hauts placés dans le nouveau régime . En 1953, un an après avoir été forcé à prendre la citoyenneté roumaine en renonçant à sa citoyenneté français, Joseph Sibi meurt dans sa ville d’adoption. Dorénavant et jusqu’à la fin de sa vie, Charlotte va occuper sa chambre, celle où elle recevra pendant des dizaines d’années des centaines d’enfants qui viendront y apprendre le français. En effet, des années 50 jusqu’à la fin des années 80, tous les après-midi – les matins étant consacré à l’église – elle recevra plusieurs générations d’enfants en cours particuliers de français qu’aucun d’entre-eux ne pourra jamais oublier, la preuve en est encore leur présence si nombreuse ce soir ici. Les raisons qui lui ont attiré le respect et la sympathie des parents et des enfants, les raisons du succès des leçons de Charlotte Sibi sont connues de tous : sa connaissance naturelle du français, sont excellente préparation didactique et pédagogique, ses connaissances encyclopédiques, sa grande tenue morale, sa politesse, sa gentillesse, sa générosité et son amour des enfants.

Charlotte Sibi : pedagogia fermecarii (Cristina Poede)

In mai 2009 se vor fi împlinit douăzeci de ani de cînd se stingea blînd o fiinţă bine cunoscută şi preaiubită a Iaşilor : Charlotte Sibi, « Domnişoara de franceză », cea de a treia fiică a profesorului Joseph Sibi, consul al Frantei stabilit la Iaşi la începutul secolului trecut. Surorile Sibi , Marie, Alice si Charlotte , au studiat în Romania şi au avut destine diferite, traversînd dramele a două războaie mondiale şi vicisitudinile unui regim totalitar. Ceea ce le-a unit a fost fineţea spiritului, calmul şi stăpînirea de sine, încrederea în forţa culturii şi a educaţiei şi mai ales, preţuirea adîncă a familiei şi a copiilor. Doctor în chimie, Marie a fondat o importantă şcoală de biochimie la Facultatea de Medicină din Iaşi şi a fost « tolerată » cu mai multă bunavointă de către regimul comunist decît ceilalţi membri ai familiei : profesorul Petru Caraman, etnolog şi lingvist celebru, soţul lui Alice, sau Charlotte Sibi, sora mezină, care şi-a aflat chemarea în învăţămîntul secundar.
După studiile liceale la Institutul « Notre-Dame de Sion » din Iaşi şi la Facultatea de Litere a Universităţii « Al.I.Cuza » din Iaşi, Charlotte şi-a început cariera didactică la Şcoala Primară Catolică din Iaşi, apoi la liceul « Carmen-Sylva » din Botoşani. Mulţi ani după perioada interbelică sau a războiului, fostele eleve şi-o aminteau ca tînără şi distinsă profesoară, îmbrăcată cu un gust sobru si sigur, cu un păr bogat, impecabil aranjat. Cursurile sale încîntau prin bogăţia informaţiei, prin exemplele revelatoare şi, nu în ultimul rind, prin capacitatea de a vibra emoţional sau de a percepe latura comică a vieţii. Mai presus de orice a fost – la liceul de fete din Botoşani sau la « Oltea-Doamna » din Iaşi- o mare formatoare de constiinţe. Elevele proveneau in general din medii educate, cu profile religioase diverse : Domnisoara le respecta cu stricteţe convingerile, limitîndu-se la sublinierea importanţei de a crede într-o instanţă divină plină de bunătate şi de a respecta cîteva imperative morale universal valabile. Volume întregi din literatura si filosofia franceză erau prezentate, comentate pertinent si atrăgător. De la ea şi-au însuşit tinerele fete din Botoşani sau Iaşi un generos orizont de cultură , un program riguros de viaţă şi un sistem limpede de valori morale.
Charlotte Sibi a fost o persoană cu o credinţă puternică, pe care şi-o arăta însă cu o mare discreţie. A dorit de tînără să se călugărească, dar a respectat refuzul părintelui ei, consulul Joseph Sibi. In anii ’50 i-a fost dat să sufere profund din cauza convingerilor personale. In urma unei inspecţii la liceul “Oltea Doamna”, i s-a reproşat că a pomenit de Dumnezeu, culpă de o indicibilă gravitate pentru un educator al timpurilor noi. “Nu există Dumnezeu ; religia este opiu pentru popor !” i s-a spus în faţa clasei. “Nu este adevărat , Dumnezeu există !” a replicat Domnişoara. Răspunsul a costat-o excluderea definitivă din învăţămînt. Avea 50 de ani. S-a retras în frumoasa casă în stil românesc din strada Pallady cumpărată de consul în 1929 , unde locuiau Joseph Sibi (curînd după aceste evenimente avea să dispară), Marie, Alice şi familia ei. Tante Charlotte s-a dedicat cu tandreţe şi profund talent pedagogic copiilor, elevilor de liceu care se pregăteau pentru bacalaureat şi studii universitare francofone – doua examene ce aveau foarte curînd să nu mai existe , urmare a interzicerii predării oricărei alte limbi străine în afară de limba rusa. Veneau timpuri sumbre,în care casa din Pallady a fost ocupată de chiriaşii repartizaţi de stat, în care s-au dărîmat hoţeşte, peste noapte, primul sediu al Academiei Mihăilene din faţa Liceului Naţional, precum şi clădirea Jockey-Club-ului, sediu al Societăţii Junimea, unde urma să se construiască « Casa Tineretului ». Trecutul cu « plăgile « lui trebuia îndepărtat, cu violenţă, dacă era cazul, urmînd să fie înlocuit de noile temple ale culturii comuniste.
In vitrinele librăriilor erau aranjate maiestuos operele complete legate în carton vişiniu ale lui Marx şi Engels, Lenin şi Stalin. De la romanul de dragoste pînă la poveştile pentru copii, nu puteai întîlni decît luptă de clasă, muncitori puri si burghezi decăzuţi moral. Era extrem de greu în această atmosferă apăsătoare să mai vorbesti de literatură şi filosofie franceză, de libertate şi democraţie. Şi totuşi… Tante Charlotte a reuşit să păstreze odaia mare de la etaj, unde veneau copiii la lecţiile de franceză, pentru sume mai mult decît simbolice. Urcai scarile încolăcite de piatră însoţit de mama sau de un bunic şi ajungeai…într-un fel de rai al copiilor : cufere pline cu cărţi ilustrate – mai rămăseseră si din cele nepolitizate !-,jucării simple si fascinante, reviste Vaillant si Pif, Roudoudou si Riquiqui, cîţiva pisoi jucăuşi, cutii octogonale de metal cu praline sau caramele. Domnisoara stătea la masa rotundă din mijlocul camerei , cu un surîs blînd şi fin, cu o masă de păr argintiu strîns la spate, cu privirea de un albastru nobil. Iţi repetai verbele si cuvintele noi înainte de lecţie, trăgînd cu ochiul la maldărul de cărti si jucării de unde te astepta un potenţial premiu, dacă răspundeai frumos şi sigur de tine… Te orientai chiar, examinînd titlurile şi trăgînd cîte un album de carton ce se desfăcea într-un mirific peisaj exotic sau vreo păpuşă însoţită de cutia ei de rochiţe. Incepea lecţia. Recitai « pouvoir » si « savoir » la viitor , răspundeai la întrebările scrise în caiet şi spuneai poezia de Théophile Gauthier sau de Lamartine. Pînă şi la cărţile momentului se adaptase Domnisoara Sibi ! Evident, nu la conţinutul lor ! In caietul tău erau mici texte pe care le intitula « Tableaux russes » şi care prezentau vocabularul meseriilor , al diverselor medii şi situatii pentru care folosea un mare album rusesc cu imagini. Invăţai « les labours », « les semailles », « le menuisier et ses outils », totul presărat cu proverbe (« Charbonnier est maître chez soi ») sau mici poveşti vesele. La urmă, Les petites filles modèles , Le Général Dourakine ou Les malheurs de Sophie de Contesa de Ségur, din care citeai cîte un fragment , aşa cum peste ani aveai să priveşti un episod dintr-un serial. In fine, evaluarea. Extrem de interesantă ! La sfîrşitul caietului , Domnişoara desenase o « cămară», un mare dreptunghi prevăzut cu un lacăt unde puteai acumula puncte si jumătăţi de puncte. La un anumit număr de puncte, primeai « récompense pour le bon travail » : te aflai in momentul de graţie al alegerii premiului şi te îndreptai măreţ spre cărţi şi jucării. Cotrobăiai îndelung şi într-un tîrziu găseai o carticică captivantă despre un savant care descoperise o soluţie miraculoasă prin care să devină mic şi să studieze firele de iarbă şi buburuzele sau un « bilboquet », jucărie tradiţională franceză prin care trebuia să arunci o bilă ataşată cu aţă de un baston prevăzut cu un păhărel de lemn. Tante Charlotte vorbea cu gentileţe şi interes cu părinţii în timp ce tu mai mîngîiai o dată spatele pisicului care torcea, fericit şi el într-un paradis felin.
Creşteai. De curînd, orele de franceză se reîntorseseră în şcoli. Bineînţeles, te duceai mereu în minunata odaie, iar dacă era timpul cald, lecţia era pe terasă, sub un dud enorm, din care cădea din cînd în cînd cîte o dudă albă şi parfumată peste subjonctivul fioros al verbului « acquérir »… O întîlneai urcînd Copoul, venind de la biserică, din ce în ce mai mică şi mai adusă de spate, cu acelaşi surîs blînd, cu ochii albaştri visători . Te întreba la ce facultate eşti, ce mai citeşti, iar daca urma să te căsătoreşti, îţi mai scria cîteva mici sfaturi importante pentru viaţă.
Intr-un sfîrşit de mai, în 1989, în parfumul de tei ce începea să se reverse pe străzile oraşului , am mers la înmormîntarea Domnişoarei. « Jumătate de Iaşi a învăţat franceza cu Mademoiselle Sibi …» a şoptit cineva în urma mea. Am adus o ramura de tei ce înflorise naiv si am pus-o peste sicriul unde odihnea umbra ei suavă.

La Langue française par les Cahiers de Charlotte Sibi (extraits choisis) et pour comprendre Les Cahiers de Charlotte

Mots
L’acquisition = dobindirea but = obiectiv
Enseigner = a învata jeunesse = tineretea
Se repentir = a se cai chargé = încarcat
Apprentissage = ucenicie témoignage = marturie
Le moine = calugar œuvre = opéra
La chancellerie = cancelarie travail = munca
La Vierge = fecioara rassembler = a aduna
La foi = credinta rencontre = întilnirea
Fainéant = lenes échange = schimb
Atroce = groaznic enseignement = învatamint
Austère = sever si serios lieu = loc
Iassyotes = habitants de Iasi toujours = întotdeuna
Viande hâchée = carne tocata moyen = mijloc
A moins que = doar daca table = masa
Environ = în jur de, aproape âgé = în vîrsta, batrin
Certains = unii assez = destul

Conjugaison des verbes
Je comprends – je ne comprends pas Je reçois = eu primesc
Tu comprends – tu ne comprends pas Tu reçois
Il comprend – il ne comprend pas Il reçoit
Nous comprenons – nous ne comprenons pas Nous recevons
Vous comprenez – vous ne comprenez pas Vous recevez
Ils comprennent – ils ne comprennent pas Ils reçoivent

Je suis né = m-am nascut Je suis parti = am plecat Je suis allé = am mers
Tu es né tu es parti tu es allé
Il est né il est parti il est allé
Nous sommes nés nous sommes partis nous sommes allés
Vous êtes nés vous êtes partis vous êtes allés
Ils sont nés ils sont partis ils sont allés

Je bois = eu beau je suis resté = am ramas je crois = eu cred
Tu bois tu es resté tu crois
Il boit il est resté il croit
Nous buvons nous sommes restés nous croyons
Vous buvez vous êtes restés vous croyez
Ils boivent ils sont restés ils croient


Message aux parents et grands parents
:
Aujourd’hui pratiquement tous les enfants roumains apprennent l’anglais dés l’école (maternelle, générale) et au lycée comme on apprend les mathématiques et le roumain, ce qui est très bien mais pas suffisant. Nous soutenons le multilinguisme alors, donnez à vos enfants et petit enfants un plus, un avantage par rapport aux autres, faites leur apprendre aussi le français, le plus tôt possible. Souvenez-vous de l’initiative de vos propres parents, souvenez-vous de votre enfance, de vos cours chez Mlle. Charlotte Sibi, et du français que vous n’avez pas oublié. Offrez la langue française à vos enfants !

Interview-portrait avec le Père Anton Despinescu (réalisé par Olivier Dumas)

Mon Père, qui était la Charlotte Sibi que vous avez connue ?
Je l’ai connue enfant quand j’avais 14 ans, elle avait environ 35-40 ans elle était jeune et tout le monde connaissait Mlle Charlotte.
J’étais Enfant de Cœur à l’église et pour la quête, la collecte, j’allais avec un plateau et ça m’a marqué car elle avait toujours dans un petit livre de prière, préparé un billet neuf pour la quête qu’elle mettait très discrètement dans le plateau de la collecte.
Charlotte Sibi faisait partie d’une équipe de femmes très pieuses qui presque chaque jours, ensemble, dans l’ancienne église de la paroisse catholique restaient prier ou faire des exercices de piété et elle était le leader de ce groupe.
Je la considère moi même et pas seulement moi comme une sainte, parce que elle était si pieuse et si charitable même à un âge avancé, et qu’elle a eu beaucoup à souffrir à cause des communistes. Elle était professeur dans le grand lycée public de filles de Botosani et on l’a chassé de l’enseignement parce qu’elle était pratiquante ! Heureusement, un de ses élèves qui était arrivé à un poste important dans le nouveau régime a eu le bon sens de l’aider à obtenir une pension, mais elle a préparé beaucoup d’enfants avec des cours de français. Elle n’avait pas besoin de beaucoup d’argent car elle vivait dans la maison de l’ancien « consul » Joseph Sibi avec la grande famille Caraman, elle avait son appartement là-bas et ce qu’elle gagnait lui suffisait, parce qu’elle n’avait pas de tarifs fixes et chers.
Une heure de français chez Charlotte S. était une satisfaction, c’était une grande joie d’avoir C.S. pour enseignante car elle avait toujours dans sa pièce des objets, des jouets et des livres et les enfants qui suivaient les cours de français avec Charlotte bénéficiaient en même temps d’une éducation morale et civique. Elle leur inculquer d’aimer les parents, de respecter les autres enfants, la collégialité, la politesse. Elle était la politesse incarnée.
Elle a suivi les cours de l’université à Iasi, à la faculté des lettres, je ne sais si elle a été à l’école de Notre-Dame de Sion mais un arrière-neveu de C.S. est évêque greco-catholique à Cluj.
Elle écrivait dans le jounal Lumina Creştinului avant la 2ème guerre mondiale.
Après son exclusion de l’enseignement elle a pu continué à donner des cours de français chez elle, les autorités l’ont laisser faire parce qu’il y avait des anciens élèves qui occupaient des postes dans la hiérarchie communiste et ces ex-élèves la protégeait en quelque sorte comme pour son aide de pension, mais elle était inoffensive Charlotte, non, elle ne faisait pas du tout de propagande elle s’occupait des enfants avec son tact sa méthode exceptionnelle pour apprendre le français aux gamins de 3 à 5 ans et dans la mémoire de ces enfants elle est restée unique j’ai écrit un article avec ces témoignages.
Le mercredi de chaque semaine les 3 dernières années j’ai été chez elle pour lui donner la communion, parce qu’elle était très pratiquante et les dernières années elle ne pouvait plus aller à l’église alors comme me connaissait bien et que je n’était pas loin au Séminaire, j’y allait chaque mercredi, jour de Joseph époux de Marie, le patron de son père, dont avait la piété. C’est comme ça que j’ai pu la connaître de très prés.
Savez-vous pourquoi son père, qui avait été séminariste à Paris, était venu à Iasi, personne ne semble le savoir ?
Moi je crois que je sais… il est venu à Iasi pour nous donner trois filles, trois âmes merveilleuses, exceptionnelles, Maris, Alice et Charlotte…

Stafeta si stacheta (Dan Mititelu)
(…) Pentru ceea ce am fi putut realiza in scoala romaneasca noua am o singura exemplificare. Desigur, veche. Se numeste Charlotte Sibi. Cine i-ar putea prelua stafeta si cine s-ar incumeta sa-i depaseasca stacheta dintre nori? Prin anii ‘60-’70, puzderie de copii din Iasi au invatat limba franceza cu domnisoara Charlotte Sibi. Prescolarii, insotiti de parinti, elevii din clasele primare si adolescentii asteptau cuminti, laolalta, sa intre la orele pe care batrina doamna-domnisoara le tinea in camera ei strimta ca o chilie, dar mare cit un palat. Al copiilor, bineinteles.
Avea o metoda de predare infailibila si cuceritoare. Asezata la o masuta, scria in caietul fiecarui francofil tot ceea ce trebuia retinut. Parintii invatau odata cu prichindeii. Cei care asteptau la rind ascultau, fara sa vrea, lectiile trecute sau viitoare. Acestea contineau crimpeie, dozate cu intelepciune, de conversatie, dictare, gramatica si povestire. De fiecare data, nota in caietele noastre maxime si proverbe. Nu doar in limba franceza, ci si in latina. Inca le mai tin minte cu mare drag. Tarde venientibus ossa. Cei care intirzie la ospat au parte numai de oase.
La domnisoara Charlotte Sibi, oricind ajungeai, aveai parte doar de surprize placute. Nota opt era o catastrofa. Punea foarte multi de zece, subliniind nota maxima cu o linie, doua sau trei. Era un fel de foarte-foarte-bine, ce incuraja invataceii. La sfirsitul caietului aveai o „camara" speciala in care se adunau „sublinierile", adica toate calificativele obtinute. Cind atingeai o anumita „suma", puteai sa iti alegi un cadou din „Cutia surprizelor" cea mica. De aveai rabdare si erai mai stringator, aveai dreptul sa deschizi „Cutia surprizelor" cea mare. Inauntrul acestora se gaseau de toate: jucarii, delicatese, carti pentru copii, reviste si alte bunataturi. Asteptam cu infrigurare, saptamini la rind, sa pot extrage din „Cutia mare" inca un exemplar din revistele „Vaillant" sau „Pif". Pe cadourile daruite, oricind se putea, domnisoara Charlotte Sibi nota: „Récompense pour le bon travail". Uneori, pentru a sublinia ceva, folosea un creion minune care lasa o dira multicolora daca era continuu rotit in timpul scrierii. Camera ii era plina de carti. Toate vechi, aproape toate frantuzesti. Clasici si iar clasici ai literaturii. Deasupra patului avea citeva icoane si doua-trei fotografii din care Papa ne zimbea. Domnisoara Charlotte Sibi era o catolica ferventa ce isi daruise toata dragostea Lui Dumnezeu si copiilor. Este de la sine inteles ca plata cuvenita pentru orele de franceza era, mai degraba, simbolica. Atunci cind afla ca ziua de nastere a unui elev coincidea cu ziua lectiei, cumpara prajituri, le oferea tuturor, scotea copiii in curtea casei si, cu aparatul ei vechi si nostim, ne facea fotografii care ni s-au tot adunat in albumele de familie. Daca vremea era placuta, orele se tineau afara, sub un dud enorm. In caiete, printre pagini, mi-au ramas urme, atit ale dudelor cazute de coapte, cit si ale pisicilor cazute de somn, pe care domnisoara Charlotte Sibi le iubea si nu le deranja daca se tolaneau pe masuta noastra de studiu.
Mi-am revazut profesoara dupa vreo douazeci de ani. M-am trezit brusc la usa ei, nu stiu de ce dor minat. I-am spus doar prenumele si numele. A inceput sa imi povesteasca repede, cu o incredibila precizie, ceea ce isi amintea despre Mama mea, care ma insotise la toate lectiile de franceza. Dupa alti ani, i-am cautat mormintul. Probabil, ingerasii orientali s-au inteles cu cei occidentali, caci era tocmai ziua unei sarbatori ne-ortodoxe si unul dintre putinii preoti catolici pe care ii cunosc trecea prin parcelele cimitirului, pentru a sluji la mormintele celor plecati la Domnul. Am aprins impreuna o luminare. Parintele si-a rostit rugaciunea, iar eu, asa cum ne dorea domnisoara Charlotte Sibi, am gindit numai in franceza si apoi am soptit: Récompense pour le bon travail.
Interview-portrait avec Fraga Caraman (réalisé par Olivier Dumas)

Des 3 sœurs Sibi Charlotte était la plus croyante et la plus pratiquante, elle allait tous les matins à l’église catholique, sa sœur Alice y allait tous les dimanches, comme leur mère Hortense. Marie leur sœur aînée était plutôt athée, comme leur père Joseph, qui pourtant avait fait le séminaire et commencé le grand séminaire à Paris ! Charlotte et Alice ont influencé d’ailleurs par leur foi et leur pratique leur neveux et petit-fils qui est devenu évêque gréco-catholique à Cluj.
Fraga Caraman :
« On ne sait pas pourquoi Joseph Sibi est venu à Iasi mais il a enseigné dans les années 1890 dans un lycée privé pour garçons de bonnes familles, nommé « Institutele-Unite » où il a eut comme élève mon grand-père (le fils de Teodor Serbanescu qui a été Junimiste, poète) mais nous ne savions pas que Joseph avait fait le séminaire, pour nous il n’était pas pratiquant ! Après quelques temps à Iasi il a voulu repartir en France puis il a été invité chez des amis à Bucium, il y est allé à cheval et c’est là qu’il a rencontré Horthense, elle l’a vu et ça a été le coup de foudre et quand il lui a dit après qu’il voulait partir en France elle a commencé à pleurer, c’est sa fille Marie qui me l’a raconté. Sa famille de France, des Alsaciens se sont fâchés terriblement lorsqu’il a épousé une allemande. Pendant la première guerre lorsqu’ils sont partis en France, après il voulait rester en France mais Mme Sibi, Horthense, qui était très autoritaire, allemande, a refusé. Joseph Sibi parlait tout le temps français, il n’a jamais parlé le roumain. Sa femme parlait français elle a donné des cours de français ici. Elle était d’une très bonne famille de pharmaciens allemands installés à Bucarest, avec des parents à Iasi, à Bucium ».
En 1895 ou 1896 Joseph s’est marié, et décide de rester définitivement à Iasi, le 5 octobre il demande à s’inscrire à la Faculté des lettres de Iasi et le 10 octobre née sa première fille Marie. Les 3 filles du couple sont naitront à Iasi, françaises par leur père, un doute existe sur l’acquisition de leur citoyenneté roumaine, à leur naissance (sur le sol roumain) ou, plus vraisemblablement, plus tard, à leur majorité, à la fin de leurs études pour pouvoir travailler dans l’enseignement public roumain. A ce moment-là elles ont du perdre leur citoyenneté française car le code civil de l’époque (jusqu’en 1945) n’admettait pas la double citoyenneté des « français de l’étranger. M. Sibi, lui, est resté français jusque un an avant sa mort quand le régime communiste l’a obligé à prendre la citoyenneté roumaine.
Fraga Caraman : « Joseph parlait si joliment français avec des expressions, de l’humour, sauf pour les « boches », ah, il détestait les allemands, sauf sa femme, bien sur.
Alice a été élève chez les filles orthodoxes rue Lascar Catargi, mais Charlotte a été chez les sœurs de Notre-Dame de Sion, comme Marie je crois avant elle. Mais Marie était devenue tellement influencée, qu’elle rentrait à la maison et ne faisait que prier, alors Monsieur Sibi l’a retirée de là, il n’aimait pas ça… Charlotte y a pourtant été aussi, et même interne je crois, elle en a été très influencée. Après ses études à la Faculté des lettres de Iasi, on ne l’a pas retenue à l’Université c’est curieux, mais c’était très difficile d’y enseigner alors, même dans les lycées il y avait des examens, mais elle pouvait réussir avec son français, elle était française on aurait pu la garder à l’université. Je ne sais pas si elle a été professeur à Iasi comme sa sœur Alice, je ne crois pas elle a été professeur à Botosani en revanche. Charlotte était professeur de français au lycée public de filles de Botosani lorsqu’elle a été exclue de l’enseignement après une inspection où elle s’est opposée à une inspectrice athée ce déclarant ouvertement croyante et catholique pratiquante en face des élèves…
Avant la guerre Marie Sibi, en 1924, qui était très bien payée à l’Université de Médecine, avec l’aide de son père, a acheté la grande maison de la rue Palade (construite en 1920) et les Sibi, qui vivaient la vieille petite maison de Codrescu s’y sont installés.
Pendant la deuxième guerre Charlotte s’est réfugiée à Zlatna, avec sa mère, qui est morte là-bas. Les autres sœurs n’y étaient pas. Puis elle est revenue à Iasi où toute la maison était occupée par des gens, Tante Marie dormait dans la salle de bain et Tante Charlotte dans le salon, dans une autre pièce du rez de chaussée habitait M. Sibi – c’est la pièce qu’a occupé Charlotte à sa mort dans les années 50. Quand elle travaillait à Botosani elle revenait chaque week-end à Iasi et elle dormait dans le salon. Elle a enseigné beaucoup d’années à Botosani et elle avait de très bonnes élèves, d’une très bonne société. Et beaucoup d’élèves de là-bas l’ont aidé après son départ, pour obtenir une petite pension…Après elle a enseigné ici à la maison et on l’a laissé tranquille parce que peut-être aussi d’anciens élèves et sa sœur Marie l’ont protégé. Marie a fait que la la maison ne soit pas prise par les communistes, nationalisée.
Entre elles les trois sœurs parlaient français, Charlotte parlait très rarement en roumain, parfois avec des parents où de petits élèves, où dehors. Marie qui enseignait à l’université parlait plus souvent le roumain que le français après la guerre, des trois sœurs, parfois même elle leur parlait un mélange de roumain et français et Charlotte n’aimait pas ça du tout ça l’énervait et disait ou tu parles roumain ou tu parles français ! Charlotte est restée la plus « française » des trois sœurs, Marie s’est très bien intégrée au système, Alice s’est mariée à un roumain, elle a été professeur d’anglais à Oltea Doamna et à l’Institut Polytechnique de Iasi…Avec ses petites nièces (Fraga et Lotus Caraman) elle parlait français pour leur apprendre la langue dés le début.
Depuis les années 60 elle vivait dans la maison au rez de chaussée elle avait une pièce et une petite cuisine, Marie Sibi dans une pièce, ainsi que Petru et Fraga Caraman avec leurs deux filles. La troisième sœur, Alice et son mari Petru Caraman habitaient la petite maison de l’Impasse Codrescu, ancien consulat de France ayant appartenu à Joseph Sibi, qui n’existe plus.
Quand elle n’était pas avec ses enfants ou à l’église Charlotte lisait tout le temps, elle revenait de l’église à midi avec le nez dans un livre, quand elle avait du temps à la maison elle lisait où s’occupait de ses chats. Elle achetait de la viande et des organes pour les chats parce que chaque chat avait un régime de spécialités différentes, ses préférences. Mais elle avait tout le Larousse dans sa tête, s’était une véritable encyclopédie, elle avait une mémoire fantastique.
Elle aimait aussi le cinéma, on allait ensemble voir les films que passaient le soir les lecteurs français à l’université dans les années 60, 70. Elle a reçu ici presque tous les lecteurs, MM. Wallet, Louyot, après M. Bazin, on était très ami, avec M. Wallet spécialement qui nous a envoyé des livres après son départ. Mon mari Petru Caraman a même envoyé du courrier par leur intermédiaire. Mais ils étaient surveillés par la Securitate, on voyait leur voiture dans la rue qui attendait, ils ne se cachaient même pas. Elle aimait beaucoup les films, quand elle allait en ville à l’église à pieds, chaque jours, elle rentrait à pieds, achetait des livres ou des joujoux pour les enfants et certains jours, une fois par semaine elle allait au cinéma, il y avait trois cinéma sur son chemin dans le centre, elle était très intéressée par les films français, russes. Elle admirait la culture russe et la croyance du peuple russe dont elle pensait qu’il allait régénérer la foi en Europe un jour. Le soir quand il y avait le mercredi un film à la télé on l’appelait et elle venait voir le film, même si quelquefois elle s’endormait en cours de route… Une fois elle était très indignée parce que c’était un film policier avec Jean Gabin, qu’elle aimait bien, elle a dit « mais on ne comprend plus rien c’est de l’argot » et elle étant ici coupé de la France depuis tant d’années elle ne connaissait pas l’argot des années 60, 70… Une fois quelqu’un venu de France lui a dit «vous parlez une langue d’il y a plus de cinquante ans ». Mais elle nous apprenait aussi de l’argot familier : « bagnole »… ce qu’on voyait dans « Pif », « Vaillant ».
Dans sa pièce de cours elle avait toujours des revues françaises pour les enfants : Pif, Vaillant, Ricki et Roudoudou… auxquelles elle s’était abonné de France par la poste ou qu’elle achetait en ville avec son argent, vers la fin des années 60 jusque au début des années 70 on les trouvait (nda ces revue appartenait au groupe de presse du parti communiste français). Elle ne recevait rien de l’ambassade de France.

Profesorul Joseph Sibi ( Felicia şi Olivier Dumas ) Prima parte (articol intreg a fost publicat în 2006 în revista Dacia Literara)

Joseph-Jules Sibi (1870-1953) provine dintr-o familie alsaciană refugiată în regiunea pariziană. S-a născut la Vanves, într-un beci, în timpul bombardamentelor nemţeşti, la 3 aprilie 1870. Sosit la Iaşi la începutul anilor 1890, se angajează ca profesor de franceză într-o pensiune particulară de băieţi. Din 1894 ocupă postul de interimar la vice-consulatul Franţei de la Iaşi. În 1898, devine profesor de franceză la Institutul de Domnişoare al Societăţii Ortodoxe Naţionale a Femeilor Române (din Strada Lascăr Catargi nr. 22, în prezent sediul Televiziunii din Iaşi), unde va preda pînă în 1925 (exceptînd perioada războiului). În acelaşi an (1898) este numit (după o dispariţie a postului vreme de şase ani) comis titular al cancelariei vice-consulatului francez, funcţie pe care o va deţine pînă în 1910.
Căsătorit cu o catolică nemţoaică din Iaşi – Hortense (născută Maus), pe care o cunoscuse acasă la nişte prieteni francezi de la Bucium-, Joseph Sibi a avut trei fiice, născute la Iaşi. Cea dintîi –Marie Sibi- se naşte în 1896; au urmat Alice şi Charlotte. Charlotte îşi va face studiile liceale la măicuţele de la Notre-Dame de Sion. Supărată din cauza căsătoriei sale cu o nemţoaică, familia franceză a lui Joseph Sibi nu se va împăca cu el decît după naşterea primei sale fiice şi mai cu seamă în urma unei călătorii făcute împreună cu ea în Franţa, pe cînd copila avea patru sau cinci ani.
Intre 1904-1906, Joseph Sibi este profesor de limbă franceză la Seminarul Pedagocic Universitar din Iaşi unde v-a mai lucra ca profesor preparator/repetitor în 1927-1929 fiind coleg atunci şi cu fiica sa Alice Sibi, profesoară de limbă engleză.
În 1910, vice-consulatul francez de la Iaşi a fost închis la cererea vice-consulului de Buyer, din cauza numărului redus de francezi din circumscripţie (nu mai erau decît vreo douăzeci de profesori), de naturalizaţi (circa 23) şi a schimburilor economice din ce în ce mai reduse cu Franţa. În luna august 1910, Joseph Jules Sibi a primit în mod oficial Brevetul de Agent consular (neretribuit) al Franţei la Iaşi din partea consulului de la Galaţi. Principala sarcină a noului consul era aceea de a furniza în scris acestuia din urmă (consulului de la Galaţi) şi Legaţiei franceze de la Bucureşti informaţii economice sau referitoare la recensămîntul francezilor; el asigura de asemenea şi traducerea şi legalizarea actelor de stare civilă, precum şi a diverselor altor tipuri de documente, se ocupa de apărarea intereselor comerciale ale Franţei, informarea publicului etc. Din serviciile cu publicul se strîng aproape 500 de franci pe an, sumă ce de-abia reuşeşte să acopere cheltuielile de subzistenţă ale biroului. În perioada 1911-1912, Joseph Sibi a fost, de asemenea şi profesor la liceul Internat din Iaşi.
În 1913, considerînd că relaţiile comerciale franco-române puteau să cunoască o dezvoltare de mai mare amploare pentru a ajunge la nivelul lor de altădată –lucru argumentat într-un voluminos raport economic trimis Ambasadei Franţei la Bucureşti, Joseph Sibi le cerea comercianţilor francezi să le dea o mînă de ajutor confraţilor români, propunînd trimiterea pe teren a unor comis-voiajori cu cataloage ale produselor însoţite de preţ; el mai solicita şi crearea unor posturi permanente de agenţi comerciali, precum şi a unor depozite de mărfuri franţuzeşti. Camille Blondel, ambasadorul Franţei scria, la rîndul său Parisului: “Repet din nou, pentru a nu ştiu cîta oară, că dacă influenţa germană cîştigă teren, nu este decît din vina compatrioţilor noştri, care au abandonat lupta din punct de vedere comercial, neştiind să profite de avantajele pe care li le-ar fi asigurat sentimentele de prietenie nutrite de români faţă de ţara noastră. … Cred că am putea recăpăta, cu puţin mai mult efort, influenţa de care ne bucuram altădată în România”.
În 1914, cînd izbucnea în Europa primul război mondial, Joseph Sibi se întoarce în Franţa cu toată familia, trecînd prin Rusia. Lăsîndu-şi soţia şi copiii în grija rudelor din Franţa, se înrolează voluntar la 45 de ani, luptînd împotriva nemţilor din 1915 pînă în 1917, cînd este rănit şi decorat. Din decembrie 1917 pînă în decembrie 1918 (cînd a fost demobilizat), caporalul Sibi a făcut parte din Misiunea militară română din Franţa, condusă de generalul Rudeanu (de pe bulevardul Champs-Elysées), unde a continuat să lucreze pînă în februarie 1919.
În 1919 se reîntoarce la Iaşi, pe Copou (locuind pe strada Codrescu) şi în luna noiembrie a aceluiaşi an îşi va recăpăta postul de agent consular.
Din decembrie 1919 pînă în septembrie 1922, Joseph Sibi este profesor la Şcoala Normală « Vasile Lupu ». Din 1925 şi pînă aproape de pensie în 1935, va fi profesor la Liceul Internat, unde îl va avea ca elev pe tatăl viitorului său ginere –profesorul Petru Caraman. Joseph Sibi va ţine ore de franceză şi în cadrul cercului Lutetia, prin anii ‘20, iar în anii ’30, la Şcoala Comercială Superioară din Iaşi (unde a predat şi ore de engleză).
La 22 ianuarie 1921, Joseph Sibi participă la ceremonia oficială de depunere a rămăşiţelor pămînteşti ale eroilor francezi în cripta monumentului construit în acest scop la cimitirul Eternitatea din Iaşi.
În 1922 este numit ofiţer al Instrucţiei publice şi decorat, iar în 1927 va fi decorat cu Legiunea de onoare, primind rangul de cavaler. (Va urma)

Projets immédiats de l’association

L’association a 3 projets principaux immédiats :
- la recherche de tous les anciens élèves de Charlotte Sibi et la constitution d’une liste avec leur nom, adresse et téléphone et e-mail, en vue de constituer un « annuaire », une base de données indispensable pour l’association et son développement. Les amis et les personnes ayant bien connu C.S. y seront également inclus.
- Le recueil de témoignages écrits ou enregistrés en vue de leur publication dans Les cahiers de Charlotte ou ailleurs.
- La collecte de photos, documents, cahiers ou manuels écrits par C.S. en vue de leur conservation (dons) ou de leurs copies – les documents originaux étant alors rendus à leurs propriétaires !

Adhérez à l’association – Rejoignez-nous !

Nous vous prions de rejoindre l’association le plus nombreux possible afin de pouvoir nous aider à réaliser ses objectifs, d’honorer la mémoire Charlotte Sibi, faire connaître son œuvre et son travail et découvrir ce que sont devenus ses anciens élèves au plus grand nombre. Sans vous l’association ne pourra pas vivre et réussir. Faites-vous connaître et annoncez-nous votre intention de devenir membre de l’association « Charlotte Sibi ».

Avantages et droits des membres de l’association

En adhérant à l’association vous garderez le contact avec tous ceux qui ont connu C.S. qui l’ont aimé et admiré. Vous aurez l’occasion de rencontrer d’anciens élèves et amis. Vous pourrez partager vos souvenirs et serez informés gratuitement des activités de l’association par le bulletin Les Cahiers de Charlotte, des courriers et des e-mail. Lors de votre remise de carte d’adhérent vous recevrez également en cadeau le livre bilingue Iasi à l’heure de la francophonie. Enfin vous participerez à faire vivre la mémoire de C.S., à la faire découvrir à ceux qui ne l’ont pas connu et à soutenir ceux qui se reconnaissent dans son œuvre et son modèle. Devenir membre de l’association vous permettra également de garder le contact avec la langue et la culture française, de recevoir gratuitement le programme du Centre Culturel Français de Iasi et de bénéficier d’autres avantages et surprises.

Important !
Pour rester fidèle à la mémoire de Charlotte Sibi, la cotisation annuelle demandée aux membres de l’association sera symbolique et adaptée à la situation financière de chacun. Une cotisation est néanmoins nécessaire pour payer les frais minimum : l’édition des Cahiers de Charlotte et leur expédition par la Poste à tous les membres. Ainsi une cotisation moyenne de 10 lei par an est fixée pour tous ceux pouvant la payer, des réductions pouvant être accordées au cas par cas. Les dons supérieurs à 10 lei et inférieurs à 100 lei sont acceptés afin de faire, notamment, bénéficier certains anciens élèves de réductions.

Appel !
Nous faisons appel à vous pour vous faire connaître, nous donner des noms d’anciens élèves, nous écrire vos témoignages et nous donner ou prêter vos documents concernant Charlotte Sibi.

Info : L’association « Charlotte Sibi » se réjouit et soutien l’initiative du « Rotary Club » de Iasi de mettre une plaque commémorative sur la maison où elle a enseigné tant d’années à des centaines d’enfants.

Annonces

Dans le numéro de juillet 2009 de Dacia Literara vous pourrez lire un article de Felicia et Olivier Dumas consacré à Charlotte Sibi
Le CCF de Iasi organise des cours de français pour les enfants au mois de juillet.
Olivier Dumas (CCF) nous informe que la 3ème conférence sur les personnalités françaises de Iasi aura lieu le jeudi 24 septembre à 18.00 au CCF et aura pour thème : Victor Castan et Albert Patrognet, professeur au Lycée National de Iasi.

Nr. II – Automne (Toamna) 2009
Prix : 1.5 lei (Gratuit pour les membres de l’association)
Abonnement (4 numéros/an) + expédition à domicile : 14 lei

Sommaire :
Charlotte Sibi : Domnişoara de franceză (Felicia et Olivier Dumas)
Poésies(extrait des cahiers de Charlotte Sibi)
Un suflet ales (Pr. Anton Despinescu) Prima parte
Proverbes/ Morale chrétienne (extrait des cahiers de Charlotte Sibi)
Profesorul Joseph Sibi ( Felicia şi Olivier Dumas) Partea doua (sfîrşit)
Témoignage de Mircea Bîrsan (Prima parte)
Interview-portrait avec Sînziana Caraman
Chanson : Il court, il court, le furet
Langue française : conjugaison/vocabulaire (extrait des cahiers de Charlotte Sibi)
Témoignage de Michel Louyot
But de « L’association Charlotte Sibi »
Adhérez à l’association – Rejoignez-nous !
Avantages et droits des membres de l’association
Appel ! Annonces
Ecrivez-nous – Envoyez-vos témoignages !

Comité de rédaction et Bureau de l’association: Cristina Poede, Sânziana Caraman, Lotus Havarneanu, Rodica Dimitriu, Olivier Dumas (Rédacteur en chef)

Qui sommes-nous ?
Amis, ancien élèves, famille, « enfants spirituels » et admirateurs de l’œuvre de cette personnalité remarquable qu’était Charlotte Sibi se sont retrouvés, 20 ans après sa mort pour remémorer et faire connaître son travail, sa morale et sa pédagogie. De cette réunion est née l’association « Charlotte Sibi » et son bulletin: Les cahiers de Charlotte. Ce bulletin est rédigé en roumain et en français, pour faire honneur à la professeur de français née à Iasi mais d’origine française qu’elle était.

Charlotte Sibi : « Domnişoara de franceză » (Felicia et Olivier Dumas) – Article publié dans « Dacia Literara » de juillet 2009

Pe 26 mai 2009 se împlineşte două zeci de ani de la moartea unei personalităţi « bine cunoscută şi preaiubită a Iaşilor : Charlotte Sibi» . Memoria « Domnişoarei de franceză » a fost omagiată joi 28 mai, la ora 18,00, la Centrul Cultural Francez din Iaşi – în cadrul manifestăţiile La France et Iasi… de către foşti săi elevi, prieteni şi familia.
Nascută la Iaşi, la data de 26 decembrie 1901, a două zi de crăciun, Charlotte era cea de a treia fiică a profesorului de limbă franceză Joseph Sibi, agent consular al Franţei stabilit la Iaşi prin 1892, şi a Hortensei, de origine germană, ambii părinţi de religie catolică. Prima fiică familiei Sibi, Marie, născută în 1896, nu se va căsatori şi va deveni o biochimistă de renume, profesor universitar dr. docent la Institutul de Medicină şi Farmacia din Iaşi, a doua, Alice, născută în 1898, se va căsatori cu profesorul Petru Caraşan şi va deveni profesoară de limba engleză la liceul Oltea Doamna şi la Institutul Politehnic din Iaşi.
Charlotte vorbea în limba franceză cu părinţii săi şi surorile sale, dar acestea vor învaţa în copilărie şi limbile române, germană, şi engleză. Era înca de atunci o adevărată familie europeană pentru că era formată de trei naţionalitate şi unde se vorbea patru limbe europeane… O familie care va cultiva simţul deschiderii către ceilalţi şi toleranţa culturală şi religioasă,
Mica Charlotte îşi petrece copilaria cu familia mai întii în Sararie si apoi în Copou, într-o casă veche din Fundacul Codrescu nr.2 (numit mai tîrziu Str. Asachi nr.1), casa care a adapostit, pina în 1910, Vice-Consulatul francez din Iasi, si care apoi a fost cumparata de Joseph Sibi. Această casă – care astazi nu mai exista -va fi locuită mai tîrziu de Alice Sibi, căsătorită cu profesorul Petru Caraman şi copii lor.
După ce a urmat şcoala generala la Iaşi, la Institutul de fete Notre-Dame de Sion, şi la Scoala secundară de fete Oltea Doamnă, Charlotte Sibi – o persoană cu o credinţă puternică, pe care şi-o arăta însă cu o mare discreţie – a dorit să se călugărească, dar a respectat refuzul părintelui ei, Joseph Sibi. Charlotte decidă tot atunci că nu se va căsători niciodată, timpul său liber fiind aproape în totalitate rezervat rugăciunii.
În timpul primului război mondial familia Sibi pleacă în Franţa unde Joseph Sibi, rănit în luptă va fi decorat şi unde Charlotte îşi continu liceul, la Paris. După război întreaga familie se întoarce la Iaşi.
Charlotte este absolventa liceului Oltea Doamnă şi, după bacalaureatul, vrea să se incrie la Facultatea de litere şi filozofie. Ea va urma cursurile pe care le doreşte, la secţia franceză, inscriindu-se în octombrie 1922. Va avea ca profesori personalităţi acadeşice ale vremii Iorgu Iordan, G. Ibraileanu, Al. Phillipide, C. Balmuş, C. Papacostea, Niculae Şerban (şef catedra de franceză), J. Voilquin şi Pinot (lectori francezi). Este licenţiată în Filologie modernă, specialitate limba şi literatură franceză în martie1928 cu o teză la limba latină şi o teză la limba franceză (Les théories esthétiques de Boileau) cu menţiune Magna cum laude.
Tînără fiind, Charlotte, care cunoaşte limba latină, frecventează în fiecare zi biserica – unde liturghia se spună atunci în limba latină – şi unde este capul unui grup de rugăciune compus de nişte tînere femeie foarte credincioase. Ea scrie de asemenea în ziarul catolic din Iaşi Lumina Crestinului.
După ce a optat pentru cetaţenia română – necesară ca lucrează în învaţamintul public – ca şi surorile sale, Charlotte şi-a început cariera didactică la liceul « Carmen-Sylva » din Botoşani.
« Mulţi ani după perioada interbelică sau a războiului, fostele eleve şi-o aminteau ca tînără şi distinsă profesoară, îmbrăcată cu un gust sobru si sigur, cu un păr bogat, impecabil aranjat. Cursurile sale încîntau prin bogăţia informaţiei, prin exemplele revelatoare şi, nu în ultimul rind, prin capacitatea de a vibra emoţional sau de a percepe latura comică a vieţii. Mai presus de orice a fost (…) o mare formatoare de constiinţe. Elevele proveneau in general din medii educate, cu profile religioase diverse : Domnisoara le respecta cu stricteţe convingerile, limitîndu-se la sublinierea importanţei de a crede într-o instanţă divină plină de bunătate şi de a respecta cîteva imperative morale universal valabile. Volume întregi din literatura si filosofia franceză erau prezentate, comentate pertinent si atrăgător. De la ea şi-au însuşit tinerele fete din Botoşani sau Iaşi un generos orizont de cultură , un program riguros de viaţă şi un sistem limpede de valori morale » , scrie profesoara Cristina Poede, fostă elevă din Iaşi, mama sa fiind o fostă elevă din Botoşani .
In timpul de al doilea razboi mondial, Charlotte Sibi pleaca cu parintii sai în refugiu la Zlatna, în Transilvania, locul unde o sa moare mama sa, Horthense. Intoarsa la Iasi, familia îsi descopera casa distrusa în parte si ocupata de alte familie…
Cu timpul, regimul se schimba si regatul României devine o Republica Populara ateista, ca marele sau vecin Sovietic.
La Botosani, în cursul unei inspectie scolara in clasa Charlottei, aceasta este provocata de o noua inspectoara despre Dumnezeu si religia. Charlotte, deja considerata de noul regim ca de origina burgheza si straina, îsi declara atunci fara teama credinta în Dumnezeu, credinta pe care ea, ca formatoare de constiinta, nu ezita s-o împartasesc elevilor, fiind în acelasi timp toleranta fata de toate religiile reprezentata în clasa. Ea nu ezita s-o contrazice pe inspectoara cînd aceasta îndrazneste sa afirma ca Dumnezeu nu exista si pentru asta va plati foarte scump. La vîrsta de aproximativ cinzeci de ani, Domnisoara Sibi este exclusa definitiv din învatamîntul de stat spre disperarea elevelor sale dintre care multe veneau din marele familie din Botoşani.
N-am avut onoarea si placerea s-o cunoastem pe Charlotte Sibi, o stim numai din cercetariile noastre în arhive despre ea şi familia consulului Sibi, şi de la marturii culese la cei care i-au fost rude, prieteni sau elevi. O sa ne permitem să redam, deci, mai departe, cîteva din aceste mărturii.
Dr. Docent Vlad Apăteanu scria despre ea în 1996 : « a fost nu numai o ambasadoare strălucită a limbii şi culturii franceze dar în acelaşi timp un om de o rară bunătate, deosebit de sensibilă la problemele personale ale elevelor sale de la liceul « Carmen Silva » care o iubeau ca pe o rudă apropriată ».
La casa din Iasi, strada Pallady, nr. 12, unde Charlotte s-a întors definitiv linga sora sa Marie si tatal sau Joseph, profesoara este obligata sa traiasca din economiile sale, din cursurile de limba franceza dati în particular, si de un ajutor social obtinut datorit unor interventii din parte unor fosti elevi cu responsabilitate în administratie. In 1953, Charlotte sufera un nou soc cu disparitia tatalui sau, obligat cu un an inainte sa renunta la cetatenia franceza ca sa ia cetatenia româna. Din acest moment Charlote va ocupa camera si biroul fostului agent consular, unde va primi timp de zeci de ani sute de copii – viitorii intelectuali ai Iaşului – la lecţiile de franceză, pentru sume simbolice.
Intr-adevar, din anii ’50 pîna la sfirsitul anilor ’80, în fiecare după amiază – dimineţiile fiind rezervată bisericii unde catolică unde se ducea pe jos în fiecare zi – Charlotte Sibi va primi mai multe generaţii de copii – indiferent de religie sau originea lor socială – pentru nişte cursuri particular de limbă franceză pe care nici unul nu le va putea uita. Doamna prof. Cristina Poede povesteste :
« Urcai scarile încolăcite de piatră însoţit de mama sau de un bunic şi ajungeai…într-un fel de rai al copiilor : cufere pline cu cărţi ilustrate – mai rămăseseră si din cele nepolitizate !-,jucării simple si fascinante, reviste Vaillant si Pif, Roudoudou si Riquiqui, cîţiva pisoi jucăuşi, cutii octogonale de metal cu praline sau caramele. Domnisoara stătea la masa rotundă din mijlocul camerei , cu un surîs blînd şi fin, cu o masă de păr argintiu strîns la spate, cu privirea de un albastru nobil. Iţi repetai verbele si cuvintele noi înainte de lecţie, trăgînd cu ochiul la maldărul de cărti si jucării de unde te astepta un potenţial premiu, dacă răspundeai frumos şi sigur de tine… Te orientai chiar, examinînd titlurile şi trăgînd cîte un album de carton ce se desfăcea într-un mirific peisaj exotic sau vreo păpuşă însoţită de cutia ei de rochiţe. Incepea lecţia. Recitai « pouvoir » si « savoir » la viitor , răspundeai la întrebările scrise în caiet şi spuneai poezia de Théophile Gauthier sau de Lamartine…La urmă, Les petites filles modèles , Le Général Dourakine ou Les malheurs de Sophie de Contesa de Ségur, din care citeai cîte un fragment…In fine, evaluarea. Extrem de interesantă ! La sfîrşitul caietului , Domnişoara desenase o « cămară», un mare dreptunghi prevăzut cu un lacăt unde puteai acumula puncte si jumătăţi de puncte. La un anumit număr de puncte, primeai « Récompense pour le bon travail » : te aflai in momentul de graţie al alegerii premiului şi te îndreptai măreţ spre cărţi şi jucării».
Profesoara Alice Donose scria în almanahul catolic « Presa Buna » din 1996 : « Profesoara Charlotte Sibi a fost o personalitatea remarcabilă a culturii române, înscriind în patrimoniul româno-francez valori spirituale mai durabile decît piatra şi aurul, pentru că ea a contribuit la zidirea sufletului zecilor de generaţii de tineri… Lecţiile ei de limbă franceză erau sublime”. Tot acolo, Venera şi Dumitru Motreanu adaugau ca era o erudită subtilă, un fin intelectua cu o dragoste nemărginită pentru copii. Lecţiile sale de franceză erau de fapt lecţii de cultură şi de viaţă… « Cînd intram în camera ei pentru ora de franceză, o găseam mereu rugîndu-se pentru elevii săi, pentru familii, pentru un viitor fericit al României…”
Un alt fost elev, Dan Mititelu, scria în Ziarul de Iasi în 2008: «Puzderie de copii din Iaşi au învaţat limba franceză cu domnişoara Charlotte Sibi. Preşcolarii, însosiţi de părinţi, elevi din clasele primare şi adolescenţi aşteptau cuminţi, laolaltă, să intre la orele pe care bătrina doamna-domnişoara le ţinea în camera ei strimte ca o chilie şi pline de cărţi. Toate vechi, aproape toate franţuzeşti mai ales clasici ai literaturii. Avea o metodă de predare infaibilă şi cuceritoare. Aşezată la o măsuţă, scria în caietul fiecărui francofil tot ceea ce trebuia reţinut… La sfîrşitul caietului aveia o « camara » specială în care se adunau toate calificativile obţinute. Cînd atingeai o anumită sumă, puteai să îţi alegi un cadou din cutia surprizelor cea mică. De aveai rabdare şi erai mai stringator, aveai dreptul să deschizi Cutia surprizelor cea mare, Înăuntru acestora se gaseau de toate jucării, delicatesse, cărţii pentru copii, reviste şi alte bunătaţuri. Pe cadouri obţinute nota Récompense pour le travail …. Deasupra patului avea cîteva icoane şi două-trei fotografii din papa ne zimbea. Domnişoara Sibi era o catolică freventă ce îşi dăruise toată dragostea lui Dumnezeu şi copiilor… Mi-am revăzut profesoara după vreo două zeci de ani. M-am trezit brusc la uşa ei, nu ştiu de ce dor minat. I-am spus doar prenumele şi numele. A început să îmi povestească repede cu o incredibilă precizie ceea ce îşi amintea Mama mea care mă însoţise la toate lecţiile de franceză”.
Lecţiile de franceză domnişoarei Sibi erau impresionante dar cea mai deosebite lecţie a sa rămîne propriul exemplu de altruism, generozitate, încredere în divinitate, în esenţa vieţii spirituale, motorul al vieţii.
Cristina Poede adauga: “O întîlneai urcînd Copoul, venind de la biserică, din ce în ce mai mică şi mai adusă de spate, cu acelaşi surîs blînd, cu ochii albaştri visători . Te întreba la ce facultate eşti, ce mai citeşti, iar daca urma să te căsătoreşti, îţi mai scria cîteva mici sfaturi importante pentru viaţă ».
Charlotte Sibi, personalitate exceptională, modelatoare, model şi mentor rar, care patrona întelepciunea supremă a copilăriei, devenise mai mult decît o alma mater, o legendă, icoană a vechiului Iasi. Domnişoara Sibi sau Tant’ Charlotte îl iubea pe Dumnezeu, iubea copiii, oameni în general, dar şi animalele căinele şi mai ales pisicile care o înconjurau.
Părintele profesor Anton Despinescu scria în 1996 : « În ultimii patru anii ai vieţii sale, bătrâneţea înaintată şi infirmitatea de care suferea nu-i permiteau să se deplaseze pînă la Catedrala Catolica… Aflînd de situaţia ei, fiind la Institutul Teologic Romano-Catolic m-am oferit să-i duc eu, în fiecare zi de miercurim sfînta Împărtăşanie… Cu aprobarea deosebita a Mons. Petru Gherghel, aş putut sluji sfînta Liturghie, la sărbătorile mari de peste an în holul locuinţei sale. Cu această ocazie veneau alături de ea sora ei mai în vîrstă, Marie, unii de ai casei, prietene şi cunoştinţe devotate ei. Sufletul îi era inundat de bucurie… Ultimele patru luni din călătoria pămîntească a Charlottei Sibi au fost, după cum s-au exprimat mult, purgatorul ei sufletesc. Fractura de bazin a obligat-o la o spitalizare îndelungată şi dureroasă ».
Anton Despinescu spune că, pentru el şi nu numai, Charlotte Sibi era o sfîntă. Ultima oara cînd a văzut-o se ruga pentru ca nepotul său Florin Crihălmeanu să devină preot, astăzi este episcop greco-catolic din Cluj.
Charlotte Sibi se stinge pe data 26 mai 1989. « La înmormîntare, pe lîngă preoţi şi enoriaşi ai comunităţi catolice din Iaşi, au ţinut să o conducă la locul de odihnă, numeroşi foşti elevi şi eleve care îşi exprimau şi în felul acesta recunoştinţă faţă de buna şi înţeleapta lor profesoară » scria parintele Despinescu. Printre ei şi Cristina Poede : « Intr-un sfîrşit de mai, în 1989, în parfumul de tei ce începea să se reverse pe străzile oraşului , am mers la înmormîntarea Domnişoarei. « Jumătate de Iaşi a învăţat franceza cu Mademoiselle Sibi …» a şoptit cineva în urma mea. Am adus o ramura de tei ce înflorise naiv si am pus-o peste sicriul unde odihnea umbra ei suavă ».
Dan Mititelu mai scria că, după mulţi ani a căutat mormîntul profesoarei sale, a aprins o luminare, a rostit o rugăciune, şi aşa cum dorea domnişoara Charlotte Sibi, a gîndit numai în franceză, şi apoi a zis: „Récompense pour le bon travail”.
Personalitate franceză contemporană marcantă din Iaşi, cea mai cunoscută printre ieşeni trecuţi de 30 de ani, Domnişoara Charlotte Sibi sau Tant’ Charlotte merita pe deplin omagiu care îi a fost adus pe 28 mai la Centrul Cultural Francez şi la care au participat multi dintre cei care au cunoscut-o.

Poésies

Enfants de l’école
Travaillez gaiement
Chaque instant s’envole
Profitez du temps

Et dans la jeunesse
Pour bien acquérir
Instruction, sagesse
Sachez obéïr

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Gloire à la France au ciel joyeux
Si belle au cœur, si douce aux yeux
Sol béni de la Providence
Gloire à la la France ! (Paul Déroulède)

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Mon père ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul hussard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille
Parcourait à cheval le soir d’une bataille
Le camps couvert de morts sur qui tombait la nuit (Victor Hugo)
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Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d’autrefois,
Où l’eau court, où le buisson tremble
Dans la maison qui touche aux bois,
Elle avait dix ans, et moi trente;
J’étais pour elle l’univers.
Oh! comme l’herbe est odorante
Sous les arbres profonds et verts!
Elle faisait mon sort prospère,
Mon travail léger, mon ciel bleu.
Lorsqu’elle me disait : Mon père,
Tout mon coeur s’écriait : Mon Dieu! (Victor Hugo)

Un suflet ales: Charlotte Sibi (Pr. Anton Despinescu) – Prima parte (Text publicat în Almanahul « Presa Buna » 1996, pp. 99-100)
De-a lungul a multe decenii, comunitatea catolica din Iasi a fost edificata sufleteste de prezenta pilduitoare, in mijlocul ei, a acestei adevarate crestine.
Nascuta la Iasi, la data de 26 decembrie 1901, fiica a profesorului francez Joseph Sibi si a Hortensiei, Charlotte era a doua dintre cele trei fete ale familiei. Dupa ce a urmat scoala generala la Iasi, in timpul primului razboi mondial (1916-1918) a trebuit sa se refugieze in Franta, la rude, trecand prin multe si mari peripetii. Dupa razboi, intreaga familie se intoarce la Iasi. Charlotte urmeaza cursurile Universitatii "Al.I. Cuza", devenind profesoara de limba franceza.
Am avut fericirea s-o cunosc inca din copilarie, in anii scolii primare parohiale catolice (1935-1939), cand, ca si ministrant la Liturghie, in catedrala, o vedeam pe tanara profesoara Charlotte Sibi, nelipsita de la Liturghia duminicala si sfanta Impartasanie, chiar si in timpul saptamanii. Mai intotdeauna statea in aceeasi banca, reculeasa, iradiind de prezenta divina. Ma gandeam: asa trebuie sa fie o sfanta a lui Dumnezeu. Cand, la ofertoriu, mergeam sa strang obolul crestinilor, ma impresiona faptul ca aceasta buna
crestina scotea de fiecare data din carticica ei de rugaciune o bancnota nou-nouta pe care o aseza cu multa discretie pe tava ce trecea prin fata ei. Intreband-o pe mama mea, de ce domnisoara Sibi procedeaza asa, mi s-a raspuns ca are un asa mare respect fata de Dumnezeu si fata de lacasul sau sfant, incat ofera ce are mai curat, din inima curata. Aceste cuvinte ale mamei m-au facut sa am o stima din ce in ce mai mare fata de acest suflet deosebit de frumos.
Au trecut multe decenii de atunci, evenimente deosebit de importante, cu transformari radicale in istoria tarii si a lumii intregi, pentru foarte multi derutante, catastrofale. Profesoara Charlotte Sibi nu a fost scutita de prigoana aberanta impotriva a tot ceea ce se voia vertical in valtoare. Desi recunoscuta ca un cadru didactic eminent, tinuta ei moral-crestina nu intra in tiparele noii oranduiri comuniste. Marginalizata, obligata sa traiasca din putinele economii, dintr-un ajutor social modest, devenit ulterior o pensie inadecvata demnitatii ei, Charlotte Sibi si-a pastrat neclintite convingerile ei crestine si umane. Sfidand ironiile ateiste indreptate impotriva crestinilor curajosi, statornici in practica vietii spirituale crestine, profesoara Sibi a continuat sa participe cu si mai multa pietate la serviciile religioase, reusind sa adune in jurul ei persoane doritoare de a-si mentine echilibrul sufletesc si forta necesara pentru depasirea dificultatilor si propasirea in viata lor spirituala. Puteau fi vazute impreuna recitand rozariul sau
parcurgand cu multa evlavie Calea Sfintei Cruci. Dispunand de o bogata biblioteca ascetica, Charlotte Sibi era capabila sa ofere o buna indrumare spirituala celor care apelau la dînsa.

Proverbes

A tout seigneur tout honneur
Ce que femme veut Dieu le veut
N’écrits que ce que tu peux signer
A quelque chose malheur est bon
Qui cherche trouve
Frappez et l’on vous ouvrira

Plus on est de fous plus on rit
Vox populi vox dei
Chat échaudé craint l’eau froide
Chien qui aboie ne mord pas
Qui vivra verra
Tout est bien qui finit bien

Morale chrétienne (Phrases écrites par Ch. Sibi dans ses cahiers de cours en 1986-1989)
L’évangile de Jésus-Christ dit aux hommes : si vous recevez un coup sur une joue, tendez l’autre joue.
Celui qui aime Dieu ne hait jamais son prochain.
La prière du juste est agréable à Dieu.
Dieu a posé le travail pour sentinelle de la vertu.
L’impie blasphème et se venge. Le chrétien loue et pardonne.
Dieu accorde ses biens aux hommes vertueux.
Certaines douleurs aigües font qu’on regarde la mort comme une consolation et la vie comme un exil.
La terre est un exil. Le ciel est une patrie.

Profesorul Joseph Sibi ( Felicia şi Olivier Dumas) – Partea doua

În 1929, Joseph Sibi se mută într-o casă impunătoare din strada Pallady. Cumpărată de fiica sa, Marie Sibi, casa, cu o arhitectură deosebită de mică citadelă cu elemente de stil brîncovenesc, decoraţiuni din fier forjat şi vitralii de tip art nouveau , a fost construită în 1924 de un arhitect francez pasionat de stilul brîncovenesc, la comanda unui anume Diamant. În această casă va locui –la început- întreaga familie : Joseph Sibi, fiica lui Alice, împreună cu ginerele său Petru Caraman, precum şi celelalte două fiice ale sale, necăsătorite, Marie şi Charlotte. Toată lumea vorbea în casă franţuzeşte, inclusiv Horthense şi nepoţii. În prezent, în această casă locuieşte profesorul Petru Caraman, fiul lui Alice Sibi şi al profesorului de slavistică şi etnologul Petru Caraman, împreună cu soţia sa Fraga, fiicele Sînziana şi Lotus şi cei trei nepoţi. Alice Caraman (născută Sibi) a avut trei copii : Petru, Alice şi Marie.
În anii 30, mica comunitate franceză de la Iaşi (formată din familiile Launay, Rivalet, Patrognet, Cazaban) îi va atribui pe viaţă agentului consular Joseph Sibi titlul oficios de « consul francez ». Acesta îi va primi acasă la el pe toţi francezii din Iaşi şi din împrejurimi, atît în calitate de prieten, cît şi de reprezentant al Franţei. Era foarte bun prieten, spre exemplu, cu fotograful Alfred Launay. De ziua Franţei, drapelul tricolor era arborat la balconul casei familiale din strada Pallady, care era totodată şi sediul Agenţiei Consulare Franceze la Iaşi : Strada Pallade nr.12, telefon 1159, după cum este indicat pe hirtiile cu en-tête din corespondenţa lui J . Sibi. La rîndul său, este invitat adesea acasă la majoritatea francezilor, sau în familiile de origine franceză din Iaşi (am descoperit de curînd o fotografie cu familiile Sibi, Rivalet şi Patrognet, făcută în via acestuia din urmă de lîngă spitalul Paşcanu din Tătăraşi).
În 1935, profesorul Joseph Sibi iese la pensie, însă agentul consular continuă să desfăşoare o activitate extrem de dinamică, devenind şi un « agent cultural » al Franţei la Iaşi. Sediul Agenţiei consulare din propria sa casă devine un loc de întîlniri culturale: serate muzicale şi literare, expoziţii şi lansări de carte etc. Pe de altă parte, în anii 1930, Charlotte Sibi preda franceza la Liceul de fete Carmen Silva din Botosani.
In 1936, Charlotte si Joseph Sibi, împreuna cu Gabriela Leonardescu sînt coautori la patru manuale pentru clasele IV, V, VI si VII a liceelor şi gimnaziilor, publicate la editura Saidman din Botosani (Livre de français- a l’usage des élèves de la IV-e classe secondaire…).
Începînd din 1936, atmosfera politică şi socială devine din ce în ce mai apăsătoare la Iaşi, mai cu seamă în ceea ce priveşte importanta comunitate evreiască a oraşului (aproape jumătate din populaţia totală de mai bine de 120 000 de locuitori –la vremea aceea- a Iaşului). Fetele din familiile evreieşti bogate învăţau la Liceul Francez al măicuţelor de la Notre-Dame de Sion, însă o mare parte a acestei comunităţi era săracă şi vulnerabilă. Pe la finele anului 1939, Joseph Sibi va încerca să ajute doi croitori evrei să emigreze în Franţa, însă consulul Franţei la Galaţi, Gaston Mouille, îi va răspunde negativ într-o scrisoare din 9 decembrie: “regulamentele actuale referitoare la acordarea vizelor, nu îmi permit să vizez favorabil paşapoartele domnului Zuckermann şi al doamnei Jeanette Katz…”.
La 2 aprilie 1938, primeşte o diplomă de recunoştinţă din partea societăţii Mărăşeşti (a foştilor combatanţi din campaniile anilor 1913-1916-1919) pentru sprijinul acordat construirii căminului Regele Carol al II-lea de la Poiana Ţapului, destinat invalizilor, orfanilor şi văduvelor de război.
In 1943, Joseph scrie cu fiica sa Charlotte : Carte de limba franceză pentru clasa III-a liceelor şi gimnaziilor, publicata la editura Cartea româneasca din Bucureşti.
Viaţa familiei Sibi/Caraman se desfăşoară în linişte pînă în preajma războiului şi a refugiului de la Zlatna (Alba Iulia) din 1944-1945, în timpul căruia moare Horthense Sibi. La întoarcerea sa la Iaşi, familia Sibi îşi va regăsi casa în mare parte distrusă de bombardamente şi jefuită. Asemenea întregii populaţii a Iaşilor, familia are de suportat prezenţa militară rusă, asistînd la instaurarea unui nou regim, cel comunist.
La 31 ianuarie 1947, Joseph Sibi îi scrie consulului de la Galaţi, Nugues-Bourchat, că “cercul franco-român Lutetia a fost înlocuit –la iniţiativa lui Alphonse Dupront, directorul de la E.H.E.F. (Ecole des Hautes Etudes Françaises) de la Bucureşti-cu Centrul universitar franco-român condus de doi lectori, ambii francezi, de la universitatea din Iaşi. Acest centru este frecventat de elita oraşului şi de studenţi, care se înscriu la biblioteca destul de bine aprovizionată şi amenajată… Institutul Notre-Dame de Sion nu mai funcţionează aproape deloc din pricina pagubelor suferite, a jafurilor sistematice… Mai sînt acolo patru măicuţe franţuzoaice, toate patru cu studii superioare… Comunitatea franceză este redusă la cea mai puţin numeroasă reprezentare a sa”.
De ziua naţională a Franţei -la 14 iulie 1947-, agentul consular Sibi este felicitat de profesorul Radu Vulpe, care îi scrie, printre altele: “Nu putem spune că evenimentele recente ne liniştesc în ceea ce priveşte viitorul. Pacea, adevărata pace, pare să se îndepărteze din ce în ce mai tare… Trăim vremuri dintre cele mai neliniştitoare. Dar, cum nimic nu este imuabil, avem dreptul să sperăm că totul va fi bine. Cînd, însă?”
La 12 decembrie 1947, consulul Franţei la Galaţi îi aduce la cunoştinţă lui Joseph Sibi că I-a fost trimisă suma de 18 000 de lei, reprezentînd contravaloarea indemnizaţiei acestuia din urmă, datorită fondurilor insuficiente strînse de agenţia consulară pentru semestrul al patrulea al anului 1947.
În data de 24 decembrie 1947, Joseph Sibi îi trimite şi el o scrisoare consulului său. “Iată că vine Crăciunul şi, apoi, Anul Nou. Permiteţi-mi să vă urez –dumneavoastră şi celor dragi- un Crăciun fericit… o liniştire a furtunii…”, citim în scrisoarea care însoţeşte raportul cu numărul 134. Şi se continuă: “De mai bine de o jumătate de secol de cînd sînt la Iaşi, n-am văzut niciodată un an care să se încheie la fel de “ciudat” ca acesta… Parcă se descompune totul… Căminele studenţeşti şi cantinele de ajutor –atît cea franceză cît şi cea suedeză- şi-au închis porţile pentru a le redeschide…Dumnezeu ştie cînd. Vacanţa de Crăciun va fi mult mai tristă decît de obicei, pentru că anul acesta, nu vor fi brazi de Crăciun …se spune că e interzisă vînzarea lor pe piaţă…obiceiul fiind unul nemţesc, nu trebuie ca românii să-l pună în practică…Salariile au fost plătite în ultimul moment…Mîncarea se găseşte greu şi e scumpă…Pe lîngă acest aspect fizic al lucrurilor, mai este şi aspectul răului… Războiul nervilor devine din ce în ce mai intens…Toate propagandele se dezlănţuie, în presa scrisă sau vorbită, la radio… Lumea speră ca anul 1948 să fie mai bun decît ceilalţi fraţi ai săi…”
A fi francez, catolic, de origine “burgheză” este mai mult decît suspect în noua Republică Populară Română, proclamată la 30 decembrie 1947. Familia profesorului pensionar Joseph Sibi este îndeaproape supravegheată; ginerele său, profesorul Petru Caraman, va fi de altfel, arestat şi închis de Securitatea al cărei sediu era nu foarte departe de casa familiei Sibi.
Mulţi români îşi vor găsi sfîrşitul în închisorile comuniste; reprezentantul Franţei la Iaşi va avea de suportat o serie de presiuni şi de şicane administrative…
La 3 mai 1949, consulul Franţei la Bucureşti îi trimite “domnului Joseph Sibi, agentul consular al Franţei la Iaşi” paşaportul prelungit pentru o perioadă de doi ani, valabil pînă la 11 aprilie 1950…, precum şi cartea de identitate consulară a acestuia valabilă pînă la 28 aprilie 1952. Pe 13 septembrie 1949, gerantul consulatului Franţei la Bucureşti îi va trimite aceluiaşi agent consular de la Iaşi o scrisoare recomandată, ce conţinea o copie legalizată după certificatul său de naştere, precum şi traducerea în limba română a respectivului act.
La începutul anilor 50, are loc un proces de epurare a profesorilor “de origine burgheză”, sau cu o atitudine anti-comunistă. Fiica lui Joseph Sibi, Charlotte, catolică practicantă (nu devenise călugăriţă decît pentru că tatăl ei nu fusese de acord, însă mergea la biserică în fiecare zi şi colabora la revista episcopiei catolice, “Lumina creştinului”), este astfel dată afară din învăţămîntul public, de la liceul “Oltea Doamna” din Botoşani, în urma unei inspecţii făcute la o oră de franceză. În timp ce le vorbea de Dumnezeu elevilor săi, inspectoarea I-a replicat că Dumnezeu nu există, lucru pe care Charlotte Sibi l-a negat în faţa clasei, consecinţa fiind excluderea sa din învăţămînt. Ea a continuat însă, să ajute generaţii întregi de elevi sau de copii, dîndu-le meditaţii de limba franceză. Sora ei, Marie Sibi, şef de secţie la Institutul de igienă din Iaşi, este angajată –în schimb- în acelaşi timp la Facultatea de Medicină, unde va preda pînă la moarte. Spre deosebire de sora ei, Marie era un om de ştiinţă, doctor în chimie al universităţii din Cluj şi, prin urmare, mai folositoare regimului decît o profesoară de franceză. Mai “diplomată” în relaţiile ei cu noul regim şi mult mai puţin religioasă decît sora sa Charlotte, Marie va trebui să intervină de nenumărate ori pentru a asigura protejarea întregii familii. Regimul se temea deci mult mai tare de limbile şi literaturile străine decît de ştiinţele exacte. Prietenă cu preşedintele Simionescu al Academiei Române, Marie Sibi va crea la Iaşi o renumită şcoală de biochimie; a murit la Iaşi în 1991. Cea de-a treia soră, Alice Sibi –singura care s-a căsătorit, devenind Alice Caraman şi la rîndul ei mamă a trei copii: Marie Henriette Lucette, Alice şi Patru- era profesoară de engleză la Liceul “Oltea Doamna” (actual “Eminescu”) din Iaşi.
La începutul anilor 50, corespondenţa familiei Sibi este cenzurată şi încetul cu încetul, sînt rupte toate legăturile cu Franţa şi cu restul familiei de acolo; prietenii francezi sau de origine franceză, de religie catolică, nu mai îndrăznesc să se mai întîlnească, să-şi vorbească, simţindu-se urmăriţi, spionaţi…
Joseph Sibi va muri la Iaşi în 1953, la vîrsta de 83 de ani, la un an după ce a fost obligat de regimul comunist să renunţe la cetăţenia franceză şi să devină cetăţean român; dacă nu ar fi fost de acord, ar fi fost expulzat în Franţa singur, restul familiei sale urmînd să rămînă în România. O Franţă în care nu mai avea aproape nici o legătură cu nimeni, dar al cărei preţios drapel îl păstra ascuns în podul casei, pentru că nu-I mai era permis să-l scoată la lumină, arborîndu-l la poartă.
Casa familiei Sibi nu a fost naţionalizată, probabil din cauza aspectului exterior, sau datorită relaţiiilor lui Marie, însă regimul comunist nu s-a sfiit să o umple de chiriaşi, cîte o familie în fiecare dintre cele cinci camere, familiei Sibi/Caraman revenindu-I o cămăruţă la mansardă. Abia în anii 1970, Marie Sibi –proprietara de drept a casei- îi va putea transmite imobilul nepotului său, Petru Caraman (fiul), căsătorit şi tată a doi copii, lucru ce va permite familiei să se bucure de redobîndirea integrală a proprietăţii.
Petru Caraman, fiul lui Alice (născută Sibi) şi al lui Petru Caraman (tatăl), nu va fi primit să predea la universitate din cauza originii mamei sale şi a ideilor tatălui său. Va fi cercetător la filiala Iaşi de matematică a Academiei Române, unde se mai duce încăşi astăzi, să lucreze, la cei 75 de ani ai săi. Petru Caraman, care mărturiseşte că a învăţat limba franceză acasă, în familie, înainte de a învăţa româneşte la şcoală, se va căsători cu Fraga Ciocîrdia-Şerbănescu, nepoată de procuror, ce provine dintr-o familie de moşieri din Brăila. Vor avea două fete şi trei nepoţi. După Revoluţia din decembrie 1989, Petru Caraman va deveni senator.
La finele anilor 60, Michel Louyot, lector francez la universitatea din Iaşi, scria: “Am făcut multe comenzi de carte, pentru profesorii de aici. Pentru profesorul de matematică Petru Caraman, spre exemplu, foarte competent, foarte integru şi, lucru rar, îndrăgostit de libertate. Tatăl său, patriot român anti-sovietic, profesor de limbi slave la universitate, a fost dat afară de acolo după război, nemaidorind să se întoarcă, în ciuda mai multor propuneri de reîncadrare. Domnişoara Sibi I-a ajutat mult pe copii, contribuind în mod discret la răspîndirea culturii noastre la Iaşi în perioada anilor sumbrii”.
La sfîrşitul lunii mai a anului 1989, Charlotte Sibi era înmormîntată la Iaşi de întreaga comunitate catolică a oraşului. Cunoscută de toată lumea ca fiind una dintre cele mai bune profesoare de limba franceză din oraş (dacă nu cea mai bună), “tant’ Charlotte” a predat franceza în casa familiei Sibi la generaţii întregi de copii şi de tineri; de altfel, una dintre încăperi fusese chiar amenajată în sală de clasă, fiind mereu plină de copii ce asistau la scenetele de marionete, jucate în limba franceză. Iubită şi admirată de foştii elevi, “tant’ Charlotte” a fost însoţită pe ultimul drum de foarte mulţi dintre aceştia. Părintele A. Despinescu, profesor la seminarul catolic din Iaşi, îi va duce un cald omagiu în Almanahul editurii Presa Bună (Iaşi, 1996).
De mai bine de 50 de ani, drapelul tricolor francez este păstrat cu preţiozitate în casa strănepotului şi stră- stră- nepoţilor lui Joseph-Jules Sibi. Astăzi, urmaşii consulului Sibi mărturisesc cu mult umor că albul drapelul a îngălbenit, cu timpul, “românizîndu-se încetul cu încetul, ca şi noi”.

Comptine enfantine – Un, deux, trois…

Un, deux, trois, j’irai dans les bois,
Quatre, cinq, six, cueillir des cerises,
Sept, huit, neuf, dans mon panier neuf,
Dix, onze, douze, elles seront toutes rouges.

Témoignage de Mircea Bîrsan – (Prima parte)

Am avut fericita ocazie de a o cunoaşte pe domnisoara Charlotte Sibi, luând lecţii particulare de limbă franceză de la dumneaei în perioada mai 1986 – februarie 1989. Pe atunci aveam între 13 si 16 ani şi, deşi rolul dumneaei nu era să-mi educe caracterul a avut în timp o foarte mare influenţă asupra mea, in totalitate pozitivă. Intrebându-mă în ce fel a realizat domnişoara acest lucru, mi-am dat seamă că prin forţa exemplului personal care este mai puternică decât orice povata, dumneaei a reusit sa ma corecteze şi să mă îndrume pe carari placute Domnului. Fiind o personalitate foarte puternică, exemplul Dumneaei de muncă, dragoste de Dumnezeu şi smerenie a contat mai mult decât multe alte influenţe negative pe care, ca tânar, le întâlnesc în ziua de azi.
Un fapt care mi-a atras atenţia de la început este felul cum muncea, căci domnisoara Sibi facea cu aceeasi tragere de inimă şi atentie cele mai neînsemnate actiuni, ca şi cele de mare importanţă. După cum mi-a spus la o lectie, deviza vieţii dumneaei era « Fais bien ce que tu fais ! ».

Interview-portrait avec Sânziana Caraman

« Tante Charlotte avait un groupe d’une trentaine d’élèves par an mais qu’elle recevait en cours particuliers l’après-midi, sauf parfois pour des frères et sœurs qu’elle prenait ensemble. Elle avait des marionnettes, elle organisait des tombolas, chacun apportait un objet, un jouet, on mettait des numéros, chacun tirait un numéro et gagnait un objet. On faisait des rondes et on chantait « il court il court le furet… ». elle organisait des fêtes pour les anniversaires ave tous ses enfants et prenait des photos de groupe avec son appareil photo. Etant jeune elle avait été l’ami d’Alfred Launay, français de Iasi, photographe rue Lapusneanu, et de son épouse. C’est lui qui a pris la photo du mariage d’Alice à Vârlezi. Elle ne parlait pas tout le temps français aux enfants, elle disait aux plus petits « Mamicule chéri », « Mamicule scump ».
Le dimanche toute la famille mangeait ici, ou à Codrescu, les trois sœurs, les deux Petru Caraman, père et fils, leurs épouses et les enfants et en général les deux Petru parlaient en roumain, même s’ils parlaient aussi français et alors Charlotte aussi pouvait parler roumain. Elle venait de l’église son foulard sur la tête chargée de sacs. Elle ne voyait pas la vie toute en rose elle aimait critiquer, sans violence ni agressivité, elle avait des opinions tranchées, Marie elle, voyait tout en rose, optimiste, elle disait, ce n’est rien, tant qu’on a la santé… et les deux Petru Caraman et Charlotte critiquaient, et Alice disait à son mari « Ticule, mon chéri, ne t’énerve pas » en français. Charlotte n’était pas triste, elle était sérieuse, elle souriait ou riait parfois mais en général elle n’avait pas un visage souriant mais avec un air sérieux. Ce n’était pas le style du professeur qui fait devient l’ami de son élève, elle imposait le respect, elle était très polie, et sa sœur Alice aussi, très polie. Mais elle disait les choses en face, critiquait et faisait des reproches très clairs, sans diplomatie, sans mettre des gants Elle n’était pas le style : « allez, même si tu ne sais pas très bien ce n’est pas grave ».
Elle avait la mesure pour tous. Elle ne mettait pas sa famille avant les autres personnes. Si elle avait une bonne communication avec une autre personne celle-ci passait avant la famille. Elle avait beaucoup d’amis de relations avec qui elle parlait beaucoup parfois plus qu’avec la famille. Par exemple elle recevait souvent en visite Mme Launay. Mais il y avait aussi des discussion animées en famille parce que mon père Petru Caraman n’étant pas une personne très religieuse il disait : « oui, et l’inquisition qu’est-ce-que-c’était ? » et elle entrait dans des discussions comme ça. Elle est allée à l’église tous les jours tant qu’elle a pu marcher, elle rentrait et elle lisait. Les deux dernières années elle ne pouvait plus, et c’est le père Anton Despinescu, qui était très attaché à Charlotte, qui venait la voir du séminaire catholique de Copou tous les mercredi pour lui donner la confession et même, pour les fêtes, célébrer ici la messe.
Elle a continué à travailler jusqu’à la fin de sa vie et son deuxième accident, sa deuxième chute. Quelques mois ou quelques années après sa première chute elle est tombée une deuxième fois dans sa chambre et s’est fracturé le bassin, elle est allée à l’hôpital d’urgence mais ils n’ont rien pu faire pour l’opérer et la sauver même si on la connaissait, de nombreux médecins étaient d’anciens élèves, elle est morte à l’hôpital, elle avait quand même 87 ans et on était en 1989 »…

Chanson : Il court, il court, le furet

Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.
Il est passé par ici
Le furet du bois, mesdames
Il est passé par ici
Le furet du bois joli.

Il court, il court, le furet
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet
Le furet du bois joli.

Il repassera par là
Le furet du bois, mesdames
Devinez s’il est ici
le furet du bois joli.

Langue française : conjugaison/vocabulaire (extrait des cahiers de Charlotte Sibi)

Mots
Un âne = magar escargot = melc corps = trup
Tandis que = în timp ce oiseaux = pasari jambes = picioare
Chaise = scaun loin = departe cou = gît
Coquelicot = mac près de = lingă pourquoi = de ce
Les autres = ceilalţi fusil = puscă plusieurs = mai mult
Cloche = clopot moins = mai puţin bouche = gură

Je parles eu vorbesc Je finis eu termin Je vais eu merg
Tu parles tu finis tu vas
Il parle il finit il va
Nous parlons nous finissons nous allons
Vous parlez vous finissez vous allez
Ils parlent ils finissent ils vont

Message aux parents et grands parents :
Aujourd’hui pratiquement tous les enfants roumains apprennent l’anglais à l’école (maternelle, générale) et au lycée, comme on apprend les mathématiques et le roumain. Donner à vos enfants et petit enfants un plus, un avantage par rapport aux autres, faites leur apprendre le français, le plus tôt possible. Souvenez-vous de l’initiative de vos propres parents, souvenez-vous de votre enfance, de vos cours chez Mlle. Charlotte Sibi, et du français que vous n’avez pas oublié. Offrez la langue française à vos enfants et petits enfants !

Témoignage de Michel Louyot

Le professeur Michel Louyot, un des lecteurs de français à l’université « Al.I. Cuza », écrit ses impressions dans un des rapports qu’il envoie à sa tutelle au début des années 1970: « Mlle Sibi a beaucoup fait, auprès des enfants, pour assurer discrètement le rayonnement de notre culture à Iasi pendant les années sombres. (Dans Iasi à l’heure de la Francophonie d’Olivier Dumas et Guillaume Robert, Samia, Iasi, 2006, fragment lu par le père A. Despinescu lors de la soirée du 28.05.2009).
Michel Louyot écrit dans un e-mail envoyé à Olivier Dumas le 13.06.2009 : « Je prends connaissance , non sans émotion, même si mes souvenirs sont flous, de l’hommage que vous rendez à Charlotte Sibi qui, toute frêle qu’elle apparaissait, fut une vraie lumière dans cette sombre époque ».

Projets immédiats de l’association

L’association a 3 projets principaux immédiats :
- la recherche de tous les anciens élèves de Charlotte Sibi et la constitution d’une liste avec leur nom, adresse et téléphone et e-mail, en vue de constituer un « annuaire », une base de données indispensable pour l’association et son développement. Les amis et les personnes ayant bien connu C.S. y seront également inclus.
- Le recueil de témoignages écrits ou enregistrés en vue de leur publication dans Les cahiers de Charlotte ou ailleurs.
- La collecte de photos, documents, cahiers ou manuels écrits par C.S. en vue de leur conservation (dons) ou de leurs copies – les documents originaux étant alors rendus à leurs propriétaires !

Adhérez à l’association – Rejoignez-nous !

Nous vous prions de rejoindre l’association le plus nombreux possible afin de pouvoir nous aider à réaliser ses objectifs, d’honorer la mémoire Charlotte Sibi, faire connaître son œuvre et son travail et découvrir ce que sont devenus ses anciens élèves au plus grand nombre. Sans vous l’association ne pourra pas vivre et réussir. Faites-vous connaître et annoncez-nous votre intention de devenir membre de l’association « Charlotte Sibi ».

Avantages et droits des membres de l’association

En adhérant à l’association vous garderez le contact avec tous ceux qui ont connu C.S. qui l’ont aimé et admiré. Vous aurez l’occasion de rencontrer d’anciens élèves et amis. Vous pourrez partager vos souvenirs et serez informés gratuitement des activités de l’association par le bulletin Les Cahiers de Charlotte, des courriers et des e-mail. Lors de votre remise de carte d’adhérent vous recevrez également en cadeau le livre bilingue Iasi à l’heure de la francophonie. Enfin vous participerez à faire vivre la mémoire de C.S., à la faire découvrir à ceux qui ne l’ont pas connu et à soutenir ceux qui se reconnaissent dans son œuvre et son modèle. Devenir membre de l’association vous permettra également de recevoir gratuitement le programme du Centre Culturel Français de Iasi, des invitations à ces activités et d’autres avantages et surprises.

Important !
Pour rester fidèle à la mémoire de Charlotte Sibi, la cotisation annuelle demandée aux membres de l’association sera symbolique et adaptée à la situation financière de chacun. Une cotisation est néanmoins nécessaire pour payer les frais minimum : l’édition des Cahiers de Charlotte et leur expédition par la Poste à tous les membres. Ainsi une cotisation moyenne de 10 lei par an est fixée pour tous ceux pouvant la payer, des réductions pouvant être accordées au cas par cas. Les dons supérieurs à 10 lei sont acceptés afin de faire, notamment, bénéficier certains anciens élèves de réductions.

Appel !

Nous faisons appel à vous pour vous faire connaître, faire connaître l’association, nous donner des noms d’anciens élèves ou les contacter, nous écrire vos témoignages et nous donner ou prêter vos documents concernant Charlotte Sibi.

Annonces/Invitations :

Rencontre avec l’écrivain Michel Louyot, ancien lecteur français à l’université « Al.I. Cuza » (1967-1971), le mercredi 14 octobre à 18.00 au CCF de Iasi.

La 4ème conférence sur les personnalités françaises de Iasi aura lieu le jeudi 3 décembre 2009 à 18.00 au CCF avec pour thème : le général Berthelot et le dr. Clunet, pour modérateur O. Dumas et pour invités : I. Mitican, C. Ostap et Olga Rusu.

Nr. III – Hiver (Iarna) 2009-2010
Prix : 1.5 lei (Gratuit pour les membres de l’association)
Abonnement (4 numéros/an) + expédition à domicile : 14 lei
Numéros I et II sur le site : http://charlottesibi.wordpress.com

Sommaire :
Charlotte Sibi în contextul aniilor 50 (Istoricul Andi Mihalache)
Un suflet ales (Pr. Anton Despinescu) Partea doua
Témoignage de Mircea Bîrsan – Partea doua si sfîrsit
Interview-portrait avec Elizabeta Saracaceanu
Chanson : Il pleut bergère – Poème : Jeannette et sa poupée (extrait des cahiers de C.S.)
Interview-portrait avec Rodica Dimitriu
Langue française : conjugaison/vocabulaire (extrait des cahiers de Charlotte Sibi)
Témoignage d’Antonius Cristinel Cuba
Concours « Charlotte Sibi » 2009

Bureau de l’association et Comité de rédaction: Cristina Poede, Sânziana Caraman, Lotus Havarneanu, Rodica Dimitriu, Olivier Dumas (Rédacteur en chef)

Qui sommes-nous ?
Amis, ancien élèves, famille, « enfants spirituels » et admirateurs de l’œuvre de cette personnalité remarquable qu’était Charlotte Sibi se sont retrouvés, 20 ans après sa mort pour remémorer et faire connaître son travail, sa morale et sa pédagogie. De cette réunion est née l’association « Charlotte Sibi » et son bulletin: Les cahiers de Charlotte. Ce bulletin est rédigé en roumain et en français, pour faire honneur à la professeur de français née à Iasi mais d’origine française qu’elle était.

Charlotte Sibi în contextul aniilor 50 (Andi Mihalache, historien, Institut „A.D. Xenopol”, membre de l’association „Charlotte Sibi”)

Viaţa Charlottei Sibi nu este relevantă doar pentru persoanele care au cunoscut-o. Ea reiterează povestea multor profesori din anii 50, obligaţi fie să îşi vândă la talcioc lucrurile de preţ, fie să predea franceză la domiciliu. Cazul Sibi ne permite un exerciţiu de micro-istorie, în sensul că biografia ei nu reprezintă doar un individ, ci un mod de adaptare şi de supravieţuire constructivă în condiţii vitrege. Noua suspiciune faţă de limba franceză se datora atât constituirii celor două lagăre (capitalist în vest, socialist în est) cât şi politicii interne a regimului „democrat-popular”. Din perspectiva politicii externe a României staliniste, franceza nu era decât limba unei ţări aflate în tabăra adversă. Şi tot ce venea din Vest era, prin urmare, nociv. Charlotte Sibi fiind catolică şi franţuzoaică, suspiciunea că ar fi ostilă „puterii populare” nu avea nevoie de prea multe dovezi. Mai greu atârna însă perspectiva internă, limba ei fiind asociată cu vechile elite şi cu stilul de viaţă „burghezo-moşieresc”. Ca să înţelegem mai exact împrejurările, apelăm, pe scurt, la amintirile lui Alexandru Paleologu. Din ele reiese că şi vestimentaţia devenise o oglindă a luptei de clasă: „Nu mai vedeai aceiaşi oameni, spunea el, foarte puţini mai purtau pălărie sau mănuşi, pentru că riscau să fie bătuţi pe stradă; venise şapca la putere” . În plan religios, lucrurile deveneau la fel de sumbre. Legea cultelor din 4 august 1948 instaura controlul statului asupra acestui domeniu, luându-se măsuri împotriva confesiunilor legate într-un fel sau altul de Occident. Bunăoară, din cauza dependenţei sale de papă, Biserica Greco-Catolică era defiinţată chiar în acelaşi an. Mai mult, raporturile cu Vaticanul se agravau şi din cauză că Pius XII decidea, la 13 iulie 1949, excomunicarea comuniştilor activi, interzicând accesul la sacramente oricărui catolic membru de partid . Persoana la care ne gândim astăzi era catolică practicantă, fiind dată afară din învăţământ pe motiv că sfidase o inspectoare care predica ateismul . Nu a urmat însă nici o arestare. Norocul Charlottei Sibi era că Biserica Catolică nu avusese aceeaşi soartă cu aceea greco-catolică, fiind tolerată, dar nerecunoscută oficial. Era o indulgenţă datorată faptului că majoritatea credincioşilor de această confesiune erau maghiari, iar regimul de la Bucureşti nu voia să aibă tensiuni cu o ţară vecină şi la fel de socialistă .
Evocările dedicate anilor 50 ne oferă suficiente informaţii, apte să contextualizeze cazul Sibi. Memoriile şi interviurile publicate în perioada postcomunistă ne dezvăluie multe biografii similare, ajutându-ne să apreciem cum se cuvine lecţiile de franceză desfăşurate în imobilul din strada Pallady. De exemplu, atunci când Irinei Nicolau i s-a cerut să evoce una din casele vechiului Bucureşti, ea ales să descrie locuinţa d-nei Teodorescu-Dragalina, nora cunoscutului general: „… era casa profesoarei mele de franceză, relaţia noastră debutând cu o grădiniţă de franceză, care se afla la câţiva metri de casa noastră şi unde, când am pătruns, am simţit că e altceva[...].Doamna Dragalina mai ocupa o cameră şi jumătate. Mai precis, o cameră foarte mare în care funcţiona grădiniţa franţuzească, şi odată va trebui ca cineva să facă efortul de a scoate din uitare ce însemnau grădiniţele şi, mai ales, profesoarele de franceză, prin anii 50. E o istorie care merită să fie reluată. [...]acolo fiecare obiect avea o poveste, pe care doamna Dragalina ne-o spunea ba pe româneşte, ba pe franţuzeşte şi, în felul acesta, eu am prins un mare respect pentru poveştile legate de obiecte…” . Dacă rememorile Irinei Nicolau fac parte doar din propria biografie, rândurile lăsate de Sanda Stolojan schiţează un tablou mai larg al situaţiei în care se aflau limba şi cultura franceză în România anilor 50. Citez pe larg: „ tovarăşilor din Partidul Comunist Francez li se datorează retuşările aduse imaginii Franţei în România, pe vremea erei staliniste. Influenţa considerabilă a culturii franceze s-a prăbuşit în acelaşi timp cu cultura română, în hecatomba inaugurată de reformele dictate de Jdanov, sosit în persoană la Bucureşti pentru aceasta. Între închiderea şcolilor franceze şi sfârşitul libertăţii culturale în România(1947-1948) a fost mai mult decât o paralelă: a fost un uriaş şi veritabil simbol al rupturii cu Occidentul, care datează din acel moment. Un alt fel de prezenţă franceză s-a instalat, prezenţa tovarăşilor din PCF, aşezaţi în posturi culturale. Acestor agenţi ai PCF-ului li se datorează, între altele, noua imagine a Franţei, transmisă prin manualele de franceză şi presa românească a anilor 50: imaginea Franţei prezentată ca o ţară de mizerie, de corupţie burgheză şi de împilare a poporului muncitor. Elevii anilor 50 îşi amintesc de sovietizarea manualelor de franceză. Lista autorilor din Manualul Unic de Franceză din 1954 spune totul despre ajutorul frăţesc al tovarăşilor intelectuali din PCF. Pe lângă Stalin, Jdanov, Ehrenburg, Marx şi Engels, se aflau la loc de cinste bucăţi de lectură din Maurice Thorez, Aragon, Gabriel Péri, Romain Rolland şi Jean-Richard Bloch. Pe de altă, Manualul Unic de Istorie din 1957, al lui Mihail Roller, istoricul de serviciu de sinistră memorie din acea vreme, ştersese rolul Franţei în istoria română a secolului al XIX lea, îi ştersese pe Edgar Quinet, pe Michelet, pe Napoleon III şi, mai târziu, numele generalului Berthelot, fără de care istoria română nu se poate înţelege. Istoriografia, devenită domeniu rezervat al ideologiei marxist-leniniste, alungase Franţa burgheză din istoria României” . Memorialista încheie acest pasaj invocând vizita generalului de Gaulle, când ea revenea în ţară ca interpretă a preşedintelui francez: „…cu zece ani înainte, în 1958, pe vremea când mai locuiam încă în ţară, ziarele scriseseră că generalul de Gaulle preluase puterea prin forţă şi teroare. În mai 1968, lina politică a Partidului Comunist Român schimbându-se, regimul s-a prefăcut că uită faptul că, sub Stalin, interzisese scrierile lui Charles de Gaulle, pe aceeaşi listă cu cele ale lui Adolf Hitler şi Leon Troţki” .
Din anii 50, pe care ţările satelizate i-au trăit cam în aceeaşi manieră, s-a păstrat, pentru mai târziu, un motiv literar: ideea că limba şi cultura franceză întreţinuseră o formă de subversiune, ajutând indivizii să evadeze, măcar temporar, dintr-un cotidian ameninţător. Este o realitate evocată, de explu, în romanul lui Andrei Makine, Pe vremea fluviului Amur sau în acela al lui Dai Sije, Balzac şi micuţa croitoreasă chineză. Un film cu Jean Paul Belmondo ori un roman parizian de secol XIX puteau fi nişte mici substitute ale libertăţii, salvând azi o copilărie, mâine o adolescenţă. Charlotte Sibi se numără şi ea printre oamenii care au păstrat câte o Franţă pentru fiecare, meritând cu prisosinţă reamintirile noastre.
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« Charlotte Sibi, care dadea lecţii de franceză in particular, devenise, cum sa spun, un monument viu al Iaşului ».
(Prof. Univ. Dr. Alexandru Calinescu, Directeur de la B.C.U. « Mihai Eminescu » dans « Francezi la Iaşi », publié dans Ziarul de Iaşi du 23.06.2006).

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Un suflet ales* (Pr. Anton Despinescu) – Partea doua şi sfîrşit

Temeinica ei pregatire didactica si pedagogica, întarita si prin tinuta ei moral crestina exemplara, i-a atras mare respect si simpatie din partea elevelor si a parintilor lor. Eminenta profesoara de franceza, Charlotte Sibi, a ajutat multe generatii de elevi si eleve la liceul « Carmen Silva » din Iasi, pâna în anul 1949, sa-si însuseasca temeinic cunostintele limbii franceze, s-o iubeasca si s-o foloseasca. Chiar si dupa ce a fost exclusa din învatamânt de catre comunisti, ea a continuat sa dea ore acasa sau în diferite familii care îi cunoasteau marele talent. Pe lânga însusirea acestor cunostinte, ea reusea sa imprime în sufletele elevelor sai, indiferent de confesiunea lor religioasa, nu atât prin cuvânt, cât mai mult prin exemplul vietii ei umane si crestine, o apreciere inteligenta a adevaratelor valori. Nu-i de mirare daca atâtea si atâtia i-au ramas recunoscatori si atasati de ea toata viata. Realizându-se în diferite domenii, acestia au tinut ca si copii lor s-o aiba de profesoara su indrumatoare. Cunosc cazul unei foste eleve a sa din Botosani, evreica, venita la Iasi pentru studii la Facultatea de Medicina, dar care în ultimul an, împrietenindu-se cu un coleg dintr-o familie sus pusa ramâne gravida ; repudiata de tatal copilului, în disperare de cauza, era gata sa se sinucida. Intâlnindu-se cu buna ei fosta profesoara Sibi, se întâlneste de fapt cu salvatoarea ei. Aducând-o pe linia de plutire, si-o apropie cu bunatate si întelepciune de mama, redându-i curajul de viata, deschizându-i în acelasi timp poarta credintei crestine. Totusi, Charlotte Sibi nu a fost învinuita niciodata de a fi inoportunat constiinta religiosa a cuiva. Ea a respectat cu sfintenie convingerile religioase ale tuturor. Pe cei indiferenti i-a ajutat totusi sa cunoasca si sa aprecieze adevaratele valori umane si crestine. Daca unii din anturajul ei au îmbratisat credinta si practica vietii catolice, au facut-o din initiativa proprie, la libera lor alegere. Si nu au regretat niciodata.
In ultimii patru anii ai vietii sale, batrânetea înaintata si infirmitatea de care suferea nu-i permiteau sa se deplaseze din strada Palade 12 pâna la Catedrala Catolica pe care a îndragit-o asa de mult. Din când în când, mergea un preot de la parohie sa-i duca sfânta Impartasanie. Aflând de situatia ei, fiind la Institutul Teologic Romano-Catolic, nu departe de locuinta ei, m-am oferit sa-i duc eu, în fiecare zi de miercuri, sfânta Impartasanie. S-a bucurat nespus de mult, vazând în aceasta o interventie speciala a sfântului Iosif pe care l-a venerat toata viata sa cu multa pietate, fiind si patronul tatalului sau, Joseph Sibi. In Biserica Catolica, ziua de miercuri este dedicata cinstirii sfântului Iosif. Cu aprobarea deosebita a Mons. Petru Gherghel, am putut sluji Sfânta Liturghie, la sarbatorile mari de peste an, în holul locuintei sale. Cu aceasta ocazie veneau alaturi de ea sora ei mai în vârsta, Marie, unii de a casei, prietene si cunostinte devotate ei. Sufletul îi era inundat de bucurie. Se pregatea cu mare grija si multumea cu toata recunostinta pentru marele favor.
Avea o consideratie extraordinara fata de preot. Printre nototele sale scrise cu o caligrafie impecabila, am aflat urmatoarele rânduri : « Ce splendid lucru este sa fii preot, poti da sufletelor nu numai învatatura si povata ; asta putem face si noi ceilalti, daca ne ajuta harul Domnului si o cerem cu smerenie ; dar sa poti da sufletelor pe Dumnezeu însusi ! ».
Ultimele patru luni din calatoria pamânteasca a Charlottei Sibi au fost, dupa cum s-au exprimat multi, purgatorul ei sufletesc. Fractura de bazin a obligat-o la o spitalizare îndelungata si dureroasa. Am vizitat-o de mai multe ori. Stiam ca se roaga pentru toti cei care i se încredinteaza sufleteste. Ar fi dorit ca din familia ei, cineva sa aiba vocatie preoteasca. Stranepotul Florin Crihalmeanu din Cluj se parea ca ar înclina, dar nu era hotarât. Ultima oara când am vazut-o la spitalul de urgenta mi-a spus ca ofera rugaciunile si suferintele ei pentru Florin. Când dupa trei ani l-am vazut pe acesta la Blaj, cu ocazia înscaunarii cardinalului Todea ca mitropolit unit, nu m-am mirat prea mult vazându-l îmbracat în sutana preoteasca. Mama sa mi-a spus ca a fost hirotonit si ca va pleca la Roma pentru studii de specializare. Rugaciunile si jertfele lui « Tant’ Charlotte » au fost primite.
Preasfânta Fecioara Maria, regina lunii mai, pe care a venerat-o cu însufletire toata viata, a voit s-o cheme la ea catre sfîrsitul lunii mai 1989. La înmormântare, pe lânga preoti si enoriasi ai comunitatii catolice din Iasi, au tinut sa o conduca la locul de odihna, numerosi fosti elevi si eleve care îsi exprimau si în felul acesta recunostinta fata de buna si înteleapta lor profesoara.

* Text publicat în Almanahul « Presa Bună » 1996, pp. 100-101

Proverbes

Qui donne aux pauvres prête à Dieu.
Mieux vaut tard que jamais.
A quelque chose malheur est bon.
Qui paye ses dettes s’enrichit.
C’est en forgeant qu’on devient forgeron.
Trop de repos nous engourdit.
Le génie est une longue patience.
Le bien fait peu de bruit, le bruit fait peu de bien.
En toute chose il faut considérer la fin.
Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin.

Témoignage de Mircea Bîrsan – Partea doua si sfîrşit (Conf. dr. Fac.de mathématiques, UAIC, membre de l’association « Charlotte Sibi »)

Domnisoara Sibi realiza totul cu dragoste. Acesta este primul lucru pe care l-am invatat de Dumneaei : sa muncesc cu daruire.
In al doilea rând, d-soara Sibi mi-a dat un exemplu de credinta si adevarata evlavie, caci pâna atunci… nu eram cu adevarat credincios. Povestirile ei din viata poporului ecreu sau a mântuitorului, din minunile Sf. Nicolae sau din cele întâmplate la lourdes, explicatiile privitoare la darul lui Dumnezeu, la pacat, au picurat în sufletul meu, ca samânta de mustar si au rasarit peste câtiva ani. In camera d-soarei era întotdeauna o atmosfera de reculegere, împacata si de bucurie, care mi-au ramas în amintirile. Figurile pioase ale unor sfinti în rugaciune, ale Sfintei Fecioare si ale Mântuitorului îsi revarsau caldura peste noi în timpul lectiei. De multe ori, când ajungeam mai devreme la ora o gaseam citind dintr-o carte de rugaciuni sau Vietile Sfintilor, pe care le tinea totdeuna la îndemâna.
Intr-o lectiei, mi-a scris pe coperta caietului urmatorul citat din Elisabeth Leseur subliniind cele trei cuvinte : « Penser est bien, prier est mieux, aimer est tout ».
Astazi, aceste cuvinte au devenit deviza vietii mele, fiind cele pe care le simt pai aproape de inima mea.
Orele erau totdeauna interesante si foarte complexe. Pentru aceste lectii primea o suma foarte mica si stateam întotdeauna un timp mult mai lung decât era convenit. M-am atasat de Dumneaei, iar domnisoara mi-a marturisit ca, desi eram de vârste foarte diferite, ma iubeste foarte mult. Pe atunci, participam la concursurile scolare de matematica. Domnisoara se bucura ca aveam talent si se ruga pentru mine ca sa reusesc la concursuri. Peste trei ani am izbutit sa iau medalia de aur la Balcaniada de Matematica.
Multe întâmplari legate de d-soara Sibi mi-au ramas în memmorie. Odata am ascultat împreuna cu dumneaiei înregistrarea unei slujbe oficiate la Lourdes. Domnisoara era în culmea fericirii, exprimându-se prin exclamatii de încântare uneori.
Charlotte Sibi era o sustinatoare a unificarii Bisericilor Ortodoxe si Catolica, spunând ca se roaga Domnului sa ajunga sa vada aceasta minune.
O pastrez si astazi pe d-soara Sibi în sufletul meu ca pe o prezenta vie. Când ma raportez la dumneaei o simt aproape si ma ajuta. Ii multumesc Domnului ca mi-a dat sa-o întâlnesc.

Interview-portrait avec Elizabeta Saracaceanu
(retraitée, membre de l’association « Charlotte Sibi »)

A partir de 1947 et jusqu’au début des années 50 j’habitais la maison Sibi, rue Palade, car j’étais une cousine et étudiais à Iasi. Pendant un an ou deux Charlotte travaillait encore à Botoşani mais elle venait tous les week-end à Iasi.
Monsieur Sibi récitait des poésies au moment des repas, il aimait ça et il avait une mémoire phénoménale. C’était une personnalité très intéressante, il avait une collection de proverbes du monde entier qu’il avait écrit sur un cahier qui a disparu1, français, roumains et autres. Il parlait très très peu roumain, et avec un accent mais comprenait très bien. Il était très sympathique, par exemple Mlle Marie, qui n’était pas très ponctuelle partait et lui disait toujours en français bien sur : «Papa je reviens dans un petit moment… » et lui rétorquait « laisse-moi Marie avec ton petit moment… » il était comme-ça très sympathique. Marie lui disait aussi au moment des repas : « Papa, manges, ça contient des vitamines… et lui répondait : laisse-moi avec ta chimie biologique ».Marie était tellement amoureuse de son métier de la biochimie qu’elle a été jusqu’à 91 ans au laboratoire. Tous étaient très bons dans leur métier, Joseph, Marie, Alice et Charlotte.
Avant la guerre ils avaient des gens de maison à la cuisine, après non.
Dans les années 50 ils n’allaient plus en vacances, avant la guerre oui.
Monsieur Sibi avait un encrier dont le couvercle était un casque militaire français et il ne supportait pas les Allemands, les « boches ». Charlotte me disait que même si Mme Sibi était Allemande jamais elle ne les aider pour les leçons d’allemand en présence de Monsieur Sibi. Chaque jour il allait manger chez sa fille Alice à Codrescu à midi, le soir il mangeait chez lui. Souvent c’est moi qui le conduisait jusqu’à table. Il aimait les gâteaux beaucoup, je lui en portais même si je savais qu’il n’avait pas trop le droit d’en manger, il était si content. Je lui faisais aussi des injections parce qu’il était malade du diabète et marchais difficilement.
Monsieur Sibi avant de mourir, en mars1953, c’était un hiver… a récité « Plutôt souffrir que mourir c’est la devise des hommes » du bûcheron et la mort de La Fontaine, c’est impressionnant…

Charlotte, son père Joseph et une amie

C’était des gens très délicats, sobres, modestes, qui n’ont jamais dit du mal ou des ragots par rapport aux autres. Alice allait tous les dimanches à l’église catholique avec son fichu sur la tête.
Charlotte y allait tous les jours, le matin et le soir aux vêpres. Et dans les années 80 elle était très courbée et marchait penchée en lisant un livre religieux pour ne pas perdre son temps. Elle avait dans sa bibliothèque Paul Claudel, Les Sermons de Bossuet, qu’elle me donnait à lire espérant peut-être me convertir, mais moi j’étais orthodoxe et pas très religieuse, mais elle n’a pas insisté. Elle avait une mémoire fantastique, elle écrivait par cœur les poésies de La Fontaine, de Florian dans les cahiers de mon fils, sans une seule erreur, et avec son système de boite à surprises… elle disait tu dois bien apprendre pour amasser des points parce qu’à l’intérieur de la boite il y a des « Pif » des surprises etc.
Des 3 sœurs Sibi c’était la plus croyante et la plus pratiquante, elle allait tous les matins à l’église catholique, sa sœur Alice y allait tous les dimanches, comme leur mère Henriette, et la sœur aînée était devenue athée, comme leur père Joseph, qui pourtant avait fait le séminaire et commencé le grand séminaire à Paris ! Charlotte et Alice ont influencé d’ailleurs par leur foi et leur pratique leur neveux et petit-fils qui est devenu évêque gréco-catholique à Cluj.

Chanson : « Il pleut, il pleut bergère »
Poème : « Jeannette et sa poupée »

Il pleut, il pleut bergère, Jeannette est occupée,
Rentre tes blancs moutons, A bercer sa poupée,
Allons sous ma chaumière Sur son coeur tendrement,
Bergère, vite, allons. C’est un tableau charmant,
J’entends sous le feuillage Mais pouponnette,
L’eau qui tombe à grand bruit, La blondinette,
Voici, venir l’orage N’a pas sommeil,
Voilà l’éclair qui luit. Il fait soleil,
Mademoiselle veut sortir,
Entends-tu le tonnerre ? Elle tourne ses beaux yeux,
Il roule en approchant, Si veloutés, si bleus,
Prends un abri bergère Vers sa jeune maîtresse,
A ma droite en marchant. Qui toujours la caresse,
Je vois notre cabane, Vous ne dormez donc pas,
Et tiens, voici venir Dit Jeannette tout bas,
Ma mère et ma soeur Anne Embrassez-moi, vilaine,
Qui vont l’étable ouvrir. Ce sera votre peine.

Bonsoir, bonsoir ma mère,
Ma soeur Anne bonsoir,
J’amène ma bergère
Près de nous ce soir.
Va te sécher ma mie,
Auprès de nos tisons.
Soeur, fais-lui compagnie,
Entrez, petits moutons.

Interview-portrait avec Rodica Dimitriu (Prof. univ. dr. chaire d’anglais « UAIC », vice-présidente de l’association « Charlotte Sibi »)

Charlotte Sibi a été une professeur de français très connue à Botoşani, une ville culturelle avec de très belles maisons, avec des familles très riches, roumaines et juives, et ses anciens élèves venaient lui rendre visite à Iasi. La tante de Mme Dana Paidos, qui a été son élève à Iasi, a été son élève à Botoşani et il faudrait lui parler aussi, elle a été professeur de français elle est âgée, et elle a des photos de la période de Botoşani. Ma mère a eut Charlotte Sibi comme professeur en septembre1942 et mars 1944 (à cause de la guerre et du « refuge » elle avait 17 ans) pendant 3 années de lycée à Botoşani, il faudrait voir les archives de l’école de filles, les archives de l’état. Elle a été très impressionnée à l’époque, parce qu’elle a fait plusieurs lycées en Roumanie à cause de la guerre, et Charlotte Sibi a été le professeur qui l’a marquée le plus et lui a servi de modèle professionnel et humain puisque après les cours avec Charlotte Sibi elle a décidé de devenir professeur de français. Elle se souvient de trois choses : Charlotte était une personne très exigeante comme professeur, après avec les enfants elle s’est adoucie…
En tant que professeur elle donnait beaucoup aux élèves mais elle était également très exigeante. Par exemple pour obtenir la moyenne finale les élèves devaient avoir des notes pour la conversation, la poésie, le résultat de 6 à 8 notes par semestre ce qui est beaucoup, donc la méthode qu’elle a poursuivie à Iasi était déjà mise en place à Botosani.
Elle avait une énergie débordante, elle travaillait énormément dans de bonnes conditions, elle était plus jeune, était très efficace.
Deuxièmement, elle avait mis en place une bibliothèque de français à Botosani avec ses propres livres, qui fonctionnait très bien par la volonté de Charlotte Sibi et qui remplissait sa fonction d’instruire les élèves et de contribuer à leur progrès en langue française. Elle prêtait ces livres aux élèves et ensuite elle avait des rencontres informelles avec les élèves où elles leur demandait d’expliquer ce qu’elles avaient compris de ce qu’elles avaient lues. A son départ du lycée « Carmen Sylva » de Botoşani elle a récupéré tout ou une partie de ses livres.
En fin elle était pleine de compassion envers les élèves qui travaillaient mais qui étaient moins douées, ou qui étaient plus pauvres, elle avait cette sensibilité que ceux qui l’ont connu ont beaucoup apprécié et qui était déjà manifeste à Botoşani. Elle aidait beaucoup les élèves qui n’avaient pas les même moyens intellectuels ou financiers etc.
J’ai commencé à « travailler » avec elle à 3 ans, dés que ma mère à retrouvé Charlotte à Iasi à la fin des années 1950, ma mère a voulu que je commence tout de suite des conversations de français avec elle et ensuite des cours. Ma mère l’admirait beaucoup et comme elle était française et qu’elle se rendait compte qu’elle ne pouvait pas travailler le français avec ses propres enfants elle m’a confiée à Charlotte et j’ai, nous avons eu beaucoup de chance de l’avoir. Quand j’était très petite en 1958-59 Charlotte venait chez nous pour les leçons, nous habitions un appartement d’un bloc « russe » de Pacurari. Au début elle venait chaque dimanche chez nous on déjeunait ensemble, il ne s’agissait pas d’une leçon de français proprement dites on parlait français, j’écoutait, j’entendais le français, après j’intervenais mais c’était beaucoup plus que ça c’était aussi des moments où sans prêcher une religion elle avait ce don extraordinaire de nous rendre sensibles à la problématique religieuse, à la culture française, je n’ai jamais était ennuyée qu’elle discute de choses profondes avec nous, comment il faut se conduire, des valeurs morales, elle parlait des livres avec ce genre de message, c’était pour tous très enrichissant à l’époque car personne n’avait ce genre de discours et de conversation. Elle a pris des photos alors avec son vieil appareil dans notre appartement, sur celle-ci on voit l’icône que Charlotte avait voulu qu’on mette au mur de la chambre, bien qu’elle soit catholique, mais qui montrait qu’on faisait notre prière. Elle faisait de petits albums avec des dessins de Jésus, de Saints catholiques, d’anges, puis elle me racontait en essayant de me rapprocher de Jésus. Les premières notions de religion je les aient eu d’elle, pas seulement à cause de l’époque communiste, mais mes grands parents qui m’emmenaient à l’église orthodoxe ne m’expliquaient rien, c’est Charlotte qui me racontait. Elle a eu une influence profonde sur ma formation personnelle, pas seulement au niveau du français, mais quand on est très jeune les valeurs morales sont très importantes et je lui dois énormément puisqu’elle m’a fait réfléchir sur un ts de choses : faire des bonnes actions, elle remplissait la fonction d’un prêtre, j’étais devenue consciente quand je faisais quelque chose de mal grâce à elle, car elle me demandait de lui raconter mes bonnes actions. Quand j’ai eu mes 10 ans elle m’a photographié sur son balcon chez elle, rue Pallady et m’a donné comme cadeau un livre : Jean qui grogne et Jean qui rit de la Comtesse de Ségur, que j’aimais beaucoup, c’était un grand privilège parce que d’habitude elle prêtait les livres seulement.
Plus tard, au début des années 60, j’ai été son élèves chez elle, rue Pallady, dans cette école particulière fabuleuse où les enfants appartenaient à une collectivité mais où les leçons était individuelles. La même méthode était appliquée à des enfants tout de même différents mais les contenus étaient ciblés selon le niveau et la personnalité de l’élève.

Mlle. Charlotte Sibi au milieu d’une petite partie de ses élèves (1956-57)

Bien qu’elle ait travaillé avec des adolescents qui préparaient le bac elle préférait, à Iasi, avoir comme élèves les plus jeunes ce qui est très difficile parce que la pédagogie avec eux est plus difficile qu’avec les plus grands. Mais elle voulait ça parce qu’elle savait bien que pour ce qui est de l’éducation c’est à partir des premières années que les résultats sont les meilleurs.
Elle était tellement modeste, gentille, qu’elle avait besoin d’autorité elle avait inventé un personnage, Mlle Cunégonde, la poupée qui nous regardait et elle disait aux plus petits qu’elle était vivante et que Mlle Cunégonde était la directrice de l’école pas elle, ou qu’elle était l’inspectrice et donnait les récompenses, pas Charlotte. C’est intéressant comme par modestie et pour plaire aux enfants qui voyaient une belle poupée qu’on n’avait pas le droit de toucher mais qui surveillait tout, elle disait que c’était elle aussi qui organisait les fêtes.. Elle avait un petit théâtre de marionnettes qu’elle manipulaient pour les fêtes. Chaque fête, en juin-juillet, et même avant Noël pour les plus petits, avait quelque chose de particulier elle ne répétait pas deux fois la même chose, c’était inoubliable, une fois s’était la fête des poupées et comme les garçons n’aimaient pas ça elle faisait quelque chose après pour eux..
Elle m’a prêté beaucoup de livres, des manuels de grammaire française, m’en a donné aussi. Elle ne parlait pas beaucoup d’elle de son passé, elle se concentrait sur le présent .

Message aux parents et grands parents :
Aujourd’hui pratiquement tous les enfants roumains apprennent l’anglais à l’école (maternelle, générale) et au lycée, comme on apprend les mathématiques et le roumain. Donner à vos enfants et petit enfants un plus, un avantage par rapport aux autres, faites leur apprendre le français, le plus tôt possible. Souvenez-vous de l’initiative de vos propres parents, souvenez-vous de votre enfance, de vos cours chez Mlle. Charlotte Sibi, et du français que vous n’avez pas oublié. Offrez la langue française à vos enfants et petits enfants ! Contactez-nous.

Langue française : conjugaison/vocabulaire (extrait des cahiers de C.Sibi appartenant à Mme Cristina Poede, prof. de français, Collège « National », présidente de l’association « Charlotte Sibi »)

La table = masa Les chaises =scaunele Le tapis = covorul
Le tableau = tabloul Le tableau noir = tabla Les livres = cartile
La montre = ceasul La carte = harta La craie = creta
L’encre = cerneala La porte = usa La règle = Linia
Le balai = matura La pelle = lopata Le rateau = Grebla

Je tiens = eu tin Je vois = eu vad Je prends = eu iau
Tu tiens tu vois tu prends
Il tient il voit il prend
Nous tenons nous voyons nous prenons
Vous tenez vous voyez vous prenez
Ils tiennent ils voient ils prennent

Témoignage d’Antonius Cristinel Cuba (membre de l’association)

J’ai connu Charlotte Sibi dans les années 1952-57 et après 1963. Ma mère avait été élève à Notre-Dame de Sion, comme elle, mais à Galati, c’était une intellectuelle mais elle aussi était très pieuse. Mon père avait été officier dans l’armée royale, arrêté, et il est mort en 1953, comme le père de Charlotte.
Je n’ai pas été son élève je l’ai connue à l’église, elle était toujours sur la troisième rangée de bancs à gauche, le matin à 8.00 et le soir aux vêpres.
Je l’accompagnais, avec quelques autres, de l’église catholique jusqu’à chez elle, tout en parlant de problèmes religieux et spirituels. C’était un privilège pour nous parce que, en général, elle lisait en marchant seule dans la rue. Un jour elle nous a dit doucement « am ochi iscuditori asupra mea », « il y a des yeux qui m’espionnent ». Elle était surveillée, elle aussi, par certains informateurs de la Securitate, mais elle ne faisait rien de mal, ils auraient du être contents car elle ne faisait pas de politique, elle apprenait seulement le français aux enfants… elle travaillait beaucoup.
Le père Despinescu, Monseigneur Despinescu, a prononcé des mots de poids lors de la soirée, qui peuvent emmener à un procès de béatification et je peux déposer un témoignage comme je l’ai fait pour le dr. Benedict, prêtre en clandestinité, arrêté par la Securitate. Je pense que pour Mlle Sibi il existe les prémisses pour cette question, peut-être que nous sommes peux nombreux sur cette ligne de pensée mais si Dieu le veux…
Je vous félicite et vous remercie pour votre initiative, la soirée, l’association, ça veut dire que le Seigneur, là-haut, travaille, ça veut dire qu’il a besoin de quelque chose, pour elle, du point de vue culturel et spirituel.

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Notre Père (cahier nr. II de Mme Cristina Poede – 1959)

Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté sois faites, sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour. Et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation mais délivrez-nous du mal, amen.

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« In ultimii ani ai revistei « Lumina Creştinului », apar nume noi de colaboratori : Emanoil Florens, Zoe Hasdeu, Charlotte Sibi, pr. Ioan Martinas, pr. Iacob Ferent, diac. Greco-catolic Iosif Naghiu. In primavara anului 1944, tipografia ia drumul refugiu în Transilvania, din cauza razboiului si nu se mai întoarce ».
Prof. univ. dr. pr. Emil Dumea (Doyen de la Faculté de Théologie Romano-Catholique de Iasi, dans Istoria Bisericii Catolice din Moldova, Sapienta, Iaşi, 2006, p. 302.

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Projets immédiats de l’Association « Charlotte Sibi »

L’association a 3 projets principaux immédiats :
- la recherche de tous les anciens élèves de Charlotte Sibi et la constitution d’un « Annuaire des anciens élèves», base de données indispensable pour l’association. Les amis et les personnes ayant bien connu C.S. y seront également inclus.
- Le recueil de témoignages écrits ou enregistrés en vue de leur publication dans Les cahiers de Charlotte ou ailleurs (voir Questionnaire).
- La collecte de photos, documents (papiers ou enregistrements audio), cahiers ou manuels écrits par C.S. en vue de leur conservation (dons) ou de leurs copies – les documents originaux étant alors rendus à leurs propriétaires !

Concours « Charlotte Sibi »
Connaissance de la France et du français

1ère édition – 11 Décembre 2009 – CCF Iasi
Réservé aux apprenants de 8 à 15 ans

Des dizaines de prix « récompenses pour le bon travail » ont été gagnés :
Livres, dictionnaires, albums bilingues, vidéos, CD, CDROM, magazines pour les enfants en français et en roumain, abonnements à la médiathèque du CCF,
et plein de cadeaux surprises…

« Le concours « Charlotte Sibi », organisé par le CCF de Iasi et l’association « Charlotte Sibi » en partenariat avec l’Association des Etudiants Francophones de Iasi et la maison d’édition Institutul European, à pour objet principal de promouvoir, encourager et récompenser l’apprentissage de la langue française des élèves les plus jeunes ».

Parmi les vainqueurs de cette année : Ioana-Irina REZUS – 11ans (fille du dr. Ciprian Rezus, ancien élève de Mlle Sibi), Maria VOICU (9 ans) et Filip HAVARNEANU – 15 ans (arrière petit-neveux de Charlotte Sibi).

Association « Charlotte Sibi »

Asociaţia « Charlotte Sibi »

Scopurile asociaţiei « Charlotte Sibi » (creată în 22 iunie 2009)

· Reunirea acelora care doresc să onoreze memoria şi activitatea lui Charlotte Sibi. Vom realiza acest lucru prin intermediul unor întâlniri / schimburi, prin publicarea de scrieri şi prin organizarea oricărei manifestari care ar putea servi acestui scop.
· Continuarea muncii depuse de Charlotte Sibi pentru a sprijini învăţarea permanentă a limbii franceze, indiferent de momentele istorice , de modurile şi locurile predării, în deplin respect faţă de elev, indiferent de originile sale, printr-o pedagogie corespunzătoare, construită întotdeauna pe valori morale intangibile, precum şi sprijinirea oricărei persoane fizice sau oricărei organizaţii / instituţii care îi impărtăşesc principiile .
· Sprijinirea multilingvismului prin cunoaşterea şi difuzarea limbii şi culturii franceze, încurajarea relaţiilor franco-române, cunoaşterea istoriei acestora, adevărată datorie de memorie faţă de personalităţile franceze care au trăit in Iasi.

Mijloace

· Reunirea foştilor elevi şi a prietenilor lui Charlotte Sibi, a tuturor acelora care au cunoscut-o, a celor interesaţi de viaţa şi de opera sa.
· Alcătuirea unei baze de date şi a unui anuar al foştilor elevi şi prieteni ai lui Charlotte Sibi.
· Contactarea acestor persoane pentru a le propune să se alăture asociaţiei.
· Adunarea mărturiilor lor în vederea publicării în Les Cahiers de Charlotte , în alte reviste sau cărţi.
· Crearea buletinului asociaţiei Les Cahiers de Charlotte.
· Iniţierea unor eventuale cercetări ştiinţifice (istorice, educaţionale, culturale, teologice…) legate de activitatea lui Charlotte Sibi.
· Organizarea de întâlniri tematice, conferinţe, mese rotunde, etc. pentru a expune şi dezbate acele probleme care au fost esenţiale în viaţa şi activitatea lui Charlotte Sibi: educaţie, pedagogie, etică.
· Cinstirea memoriei lui Charlotte Sibi prin organizarea unui concurs ce-i va purta numele, cu premii destinate elevilor ce studiaza franceza , prin comemorări aniversare (depuneri de coroane, aplicarea unei plăci comemorative).
· Recenzarea scrierilor, publicate sau nu (cărţi, manuale, articole, caiete), aparţinând lui Charlotte Sibi.
· Realizarea unui fond documentar «Charlotte Sibi» (fotografii, documente diverse).
· Realizarea unei lucrări ştiinţifice pe baza caietelor de curs ale lui Charlotte Sibi vizînd metodele sale de predare, precum şi învăţământul paralel în timpul perioadei comuniste, în general.
· Realizarea unei biografii care va fi publicată în 2011 pentru a 110-a aniversare a naşterii lui Charlotte Sibi.
· Colaborarea cu instituţiile care pot sprijini şi servi scopului asociaţiei: CCF, Biserica Catolică, ASFI, ARPF, Institutul Xenopol, Universitatea «Al.I.Cuza» (Facultatea de litere şi istorie), «Rotary Club», liceele cu profil bilingv…

Proiecte imediate ale asociaţiei:
· Căutarea tuturor foştilor elevi ai lui Charlotte Sibi şi constituirea unei liste cu numele lor, adresă, telefon şi adresa de e-mail,în vederea constituirii unui «anuar», a unei baze de date indispensabile asociaţiei şi dezvoltării acesteia. Persoanele care au cunoscut-o bine pe Charlotte Sibi vor fi, de asemenea, incluse.
· Adunarea de mărturii scrise sau înregistrate pentru publicarea acestora în Les Cahiers de Charlotte sau în alte reviste.
· Strîngerea de fotografii, documente (inclusiv audio), cărţi sau manuale scrise de Charlotte Sibi în vederea păstrării lor (donaţie) sau realizarea de fotocopii , originalele fiind ulterior returnate proprietarilor.

Aderaţi la asociaţie – Alăturaţi-vă nouă!
Vă rugăm să vă alăturaţi asociaţiei în număr cât mai mare, pentru a contribui la realizarea obiectivelor sale, pentru a onora memoria lui Charlotte Sibi, pentru a face cunoscută munca şi opera sa şi pentru a descoperi cum au evoluat foştii ei elevi.
Beneficii si drepturi ale membrilor asociaţiei.
Prin aderarea la asociaţie veti putea ţine legătura cu toţi cei care au cunoscut-o pe Charlotte Sibi , care au iubit-o şi au admirat-o.Veţi avea ocazia de a întâlni foşti elevi şi prieteni.Veţi putea împărtăşi amintirile dumneavoastră şi veţi fi informat gratuit asupra activităţilor asociaţiei prin newsletter-ul Les Cahiers de Charlotte, prin scrisori şi e-mail. La înmînarea cărţii de aderent, veţi primi si un cadou , cartea bilingvă Iasi à l´heure de la francophonie. Nu în ultimul rînd, veţi avea meritul de a păstra vie memoria lui Charlotte Sibi , de a o face cunoscută şi de a sprijini pe acei care se recunosc în munca sa , în modelul său.Devenind membru, veţi putea să păstraţi legătura cu limba şi cultura franceză, veţi primi programul Centrului Cultural Francez (CCF) din Iasi, veţi fi invitat la diferite activităţi şi veţi beneficia de alte avantaje (reduceri de preţ) şi surprize.
Important !
Pentru a rămâne fideli memoriei lui Charlotte Sibi, taxa anuală de membru al asociaţiei va fi simbolică şi adecvată situaţiei financiare a fiecăruia. O cotizaţie este totuşi necesară pentru a plăti taxa minimă: editarea Caietelor lui Charlotte ( Les Cahiers de Charlotte ) şi expedierea lor prin poştă tuturor membrilor. Astfel, o contribuţie medie de 10 de lei pe an este fixată pentru toate persoanele care o pot plăti.

Aderati la asociaţia « Charlotte Sibi » – Trimiteţi mărturiile dvs. la: Asociaţia « Charlotte Sibi » (CCF Iasi – Bd.Carol I, nr.26 – Iasi 700750 –
Tel. 0232.267.637 charlottesibi@yahoo.frhttp://charlottesibi.wordpress.com )

« Qui se ressemble s’assemble » (proverbe présent dans les cahiers de Charlotte Sibi)

Annonces/Invitations

Va invitam sâmbata 26 decembrie 2009 la ora 10.00, la cimitirul « Eternitatea » pe mormântul Domnisoarei Charlotte Sibi cu un buchet de flori (108 ani de la naştere)

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